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Esclavage aux Antilles

Document · Une route documentée

La Concorde : suivre un voyage de déportation en 1669–1670

La Concorde est un navire français qui transporte 563 personnes captives depuis le royaume d’Ardra, dans l’actuel Bénin. Le journal de l’expédition permet de suivre son voyage jusqu’à la Martinique.

Publié le 13 août 2026 · 501 mots de rédaction · 3 affirmations contrôlées

Période : Passage au sucre et prise de contrôle royal · Territoires : Afrique atlantique · Martinique

Document historique — à lire comme une source

Page 509 du journal de d’Elbée indiquant que la Concorde quitte la côte africaine et arrive à la Martinique le 13 septembre 1670.

Une traversée résumée en quelques lignes

La page 509 de la continuation du journal de François d’Elbée signale le départ de la côte et l’arrivée de la Concorde. L’avis de l’imprimeur donne le bilan plus précis des personnes embarquées et arrivées aux p. 473–474.

Jean de Clodoré, Relation…, tome II, 1671 · scan Internet Archive / John Carter Brown Library · domaine public

Source de cette partie : [1]

En 1669, la Compagnie française des Indes occidentales organise une expédition de traite vers Ardra, un royaume d’Afrique de l’Ouest situé dans l’actuel Bénin. Elle y envoie deux navires : la Justice et la Concorde. François d’Elbée, membre français de l’expédition, tient le journal qui raconte les négociations, les achats et les départs.

Avant même la traversée, l’enfermement a commencé. Au début de mars 1670, la Justice est encore au mouillage lorsque d’Elbée compte 434 personnes captives à bord. La terre reste visible, certaines personnes tombent malades, et l’auteur interprète leur état depuis son propre regard. Le passage montre l’attente sous contrainte, mais ne restitue pas directement ce que les captifs disent ou comprennent de la situation.

Pour la Concorde, le bilan conservé compte 563 personnes embarquées. Lorsque le navire arrive à la Martinique le 13 septembre 1670, 443 sont signalées vivantes. La différence est de 120 personnes mortes pendant la traversée. Ce calcul concerne ce navire seulement. Le total des personnes arrivées par les deux bâtiments varie dans les compilations postérieures ; la présente fiche ne le reprend donc pas.

Que sait-on de la vie de ces personnes avant leur embarquement ? D’Elbée décrit sur le marché d’Ardra plusieurs voies générales d’asservissement : guerre, livraison par des royaumes voisins, naissance dans l’esclavage, condamnation ou dette impayée. Mais il ne rattache aucune des 997 personnes embarquées sur les deux navires à l’une de ces catégories. Ardra est leur lieu d’achat documenté, pas une origine individuelle que l’on pourrait leur attribuer.

Les personnes comptées avaient des noms, des parentés et un devenir. Le journal de l’expédition ne les consigne pas : il retient surtout les décisions des organisateurs, les nombres et l’itinéraire. Il permet donc d’établir la route et la mortalité, mais pas de transformer ce qu’il laisse de côté en absence d’histoire.

La page reproduite en tête de cette fiche résume seulement le départ de la Concorde et son arrivée en Martinique. D’autres passages du volume apportent deux informations distinctes : le journal décrit l’attente au mouillage sur la Justice, l’autre navire de l’expédition, tandis que l’avis de l’imprimeur compte 563 personnes embarquées sur la Concorde, dont 443 signalées vivantes à l’arrivée. Ces textes permettent d’établir certaines étapes de l’expédition et la mortalité à bord de la Concorde, mais ils ne conservent ni les noms, ni les paroles, ni le devenir des personnes déportées.

Sur quoi repose cette fiche

Chaque énoncé structurant est repris du graphe documentaire. La localisation permet de remonter au passage utilisé ; la réserve indique ce que la preuve ne permet pas de conclure.

Au début de mars 1670, alors que la Justice est encore au mouillage sur la côte d’Ardra, d’Elbée écrit que 434 personnes captives se trouvent à son bord ; il rapporte que certaines tombent malades tandis que la terre reste visible.

À garder en tête : D’Elbée désigne ces personnes comme des « Noirs » et interprète lui-même leur état comme de la « mélancolie » et de la « tristesse ». Son témoignage rend visibles l’enfermement et la maladie, mais ne donne pas directement accès à leurs paroles.

Dans sa description du marché d’Ardra en 1670, d’Elbée distingue des prisonniers de guerre, des personnes livrées par des royaumes voisins, des personnes nées dans l’esclavage et d’autres asservies à la suite d’une condamnation ou pour une dette impayée.

À garder en tête : D’Elbée propose les catégories générales d’un organisateur européen de la traite. Il ne relie aucune des 997 personnes embarquées sur la Justice et la Concorde à une catégorie, un village ou une circonstance individuelle de mise en captivité.

Le journal de d’Elbée décrit une expédition française partie en 1669 avec la Justice et la Concorde vers la côte d’Ardra. La Justice y embarque 434 personnes avant de partir en mars 1670 ; la Concorde en embarque 563, dont 443 sont signalées vivantes à son arrivée à la Martinique le 13 septembre 1670 : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée.

À garder en tête : Le volume compte les personnes embarquées et donne un bilan d’arrivée pour la Concorde, mais aucun nom ni devenir après le débarquement. La somme des arrivées des deux navires varie selon les compilations postérieures ; elle n’est donc pas utilisée ici.

Dans un récit plus large

Cette fiche développe un point déjà présent dans le dossier suivant.

1625–1685 — Quand l’esclavage s’impose aux Antilles

Entre 1625 et 1685, la conquête, les compagnies, la traite, le sucre et le droit font de plusieurs colonies françaises des sociétés organisées autour de l’esclavage. Ce récit suit ce basculement à hauteur des personnes dont le déplacement, le travail, les enfants et les possibilités de fuite sont soumis à ce nouvel ordre.

Sources de la fiche

Une fiche publiée n’emploie que des affirmations contrôlées et des preuves précisément localisées.

  1. François d’Elbée ; publié avec Jean de Clodoré, Journal du voyage du sieur Delbée aux isles, dans la coste de Guinée (1671).

    Source d’époque pour l’attente au mouillage, les voies d’asservissement décrites à Ardra, les effectifs et la date d’arrivée.

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  2. John K. Thornton, Africa and Africans in the Making of the Atlantic World, 1400–1800 (1998).

    Cadre historique pour situer la guerre, les enlèvements et l’asservissement judiciaire dans les sources du XVIIe siècle.

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  3. SlaveVoyages Consortium, Trans-Atlantic Slave Trade Database (2024).

    Base de comparaison pour les deux voyages, utilisée sans reprendre un total d’arrivées devenu incertain.

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  4. Robin Law, The Slave Trade in Seventeenth-Century Allada: A Revision (1994).

    Étude régionale qui replace les deux voyages de 1669–1670 dans la chronologie et l’échelle du commerce d’Allada, sans attribuer d’origine individuelle aux personnes embarquées.

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