XVIIe–XVIIIe siècles — Ce qu’il y a entre une capture et un navire
Dans ce dossier : Journal de la Justice : méfiance et refus d’interlocuteurs côtiers, organisation du voyage, embarquement sur la côte d’Ardra et départ vers la Martinique.
Source
Delbée ; recueil anonyme signé « Par I. C. S. D. V. », attribué par les catalogues à un Clodoré
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Dans ce dossier : Journal de la Justice : méfiance et refus d’interlocuteurs côtiers, organisation du voyage, embarquement sur la côte d’Ardra et départ vers la Martinique.
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Delbée, commissaire général de la Marine, commande la Justice, que la Compagnie des Indes occidentales envoie en 1669 sur la côte du golfe de Guinée pour la traite et pour y fonder un établissement. Au cours de ce voyage, Delbée rapporte deux situations où des habitants se méfient des Français au moment de monter à bord. Dans la première, Delbée écrit que ces habitants attendent que les Français prennent de l’eau de mer dans la main et la versent sur leurs propres yeux avant de monter à bord ; ils tiennent ce geste pour la garantie qu’ils ne seront pas retenus. Delbée écrit aussi qu’un Français nommé Gelée aurait enlevé plusieurs personnes neuf ou dix ans plus tôt et que d’autres Français auraient ensuite été tués. Dans la seconde, le 26 décembre 1669 au soir, devant Assenay, des hommes venus en canot vers la Justice reconnaissent des Français et se jettent à la mer plutôt que de monter à bord. Delbée écrit que des Anglais leur ont fait croire que les Français sont des gens sans parole qui enlèvent tous ceux qui viennent commercer avec eux le long de la côte. Le lendemain matin, comme les habitants ne veulent toujours pas venir à bord, la Justice repart, puis doit s’arrêter de nouveau faute de vent. Des hommes venus en canot de Benay, bourg voisin, rapportent alors à Delbée cette explication du refus des habitants d’Assenay et l’invitent à jeter l’ancre devant leur bourg ; Delbée refuse pour poursuivre sa route selon ses ordres.
Le journal transmet le récit et les interprétations de Delbée ; il ne fournit ni le témoignage direct des habitants, ni une pièce indépendante sur les enlèvements attribués à Gelée, ni le détail des informations données par les Anglais. Il ne dit pas ce que deviennent les hommes qui se jettent à la mer devant Assenay. Les hommes qui hésitent ou refusent de monter à bord ne sont pas présentés comme captifs. Ces deux situations ne prouvent pas que toutes les relations entre habitants et Français suivent ce modèle.
Selon le journal de Delbée, la Justice gagne la rade du fort Saint-Pierre, en Martinique, le 7 juin 1670.
La date du 7 juin est déduite de deux indications successives du journal : l’île est aperçue le 6, puis le navire mouille le lendemain.
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