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Esclavage aux Antilles

Les mots dans leur temps

Glossaire

Certains mots employés sur le site désignent une institution, un statut ou un peuple dans un contexte historique précis. Chaque définition explique le sens retenu dans les récits et indique les sources qui permettent de l’établir.

A

Affranchissement

Acte juridique par lequel une personne esclavisée devient libre. Les versions martiniquaise, guadeloupéenne et dominguoise de l’acte de mars 1685 en règlent les conditions et certains effets dans leurs articles 55 à 59, sans que la prescription suffise à décrire les pratiques locales.

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Ardra (Allada)

Ardra dans les sources françaises du XVIIe siècle · Allada dans les travaux historiques

Royaume d’Afrique de l’Ouest situé dans l’actuel Bénin. Des navires français y achètent des personnes captives au XVIIe siècle. Ce lieu d’achat documenté ne permet pas de leur attribuer un lieu de naissance ou une origine individuelle.

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Audiencia

Haute cour qui rend la justice et participe au gouvernement dans les territoires de la monarchie espagnole. À Santo Domingo, le gouverneur rapporte en 1677 qu’elle a reconnu la liberté de personnes venues de la zone contrôlée par les colons français d’Hispaniola ; sa lettre ne reproduit pas la décision et n’en donne pas le motif. Cette reconnaissance ne les soustrait pas aux autres pouvoirs coloniaux espagnols.

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C

Capitation

Impôt levé par tête. Aux Antilles françaises, les habitants la doivent surtout pour les personnes qu’ils tiennent en esclavage : en 1679, un arrêt du Conseil d’État interdit au fermier chargé de la percevoir de saisir, pour se faire payer, les esclaves, les chaudières et le bétail des sucreries ; vers 1740, des habitants du Cul-de-Sac, à Saint-Domingue, proposent d’avancer quatre années de la capitation due sur les personnes qu’ils tiennent en esclavage. Le roi en exempte certains : en 1721, chaque ordre religieux des Îles du Vent ne la paie pas pour un nombre fixé de personnes à son service. Selon l’historien Frédéric Régent, une déclaration royale l’impose aussi en 1694 aux libres ayant un ascendant africain, et la décision est annulée en 1696. En 1738, des libres de couleur de la Grande-Terre, en Guadeloupe, déclarent publiquement qu’ils ne la doivent pas.

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Captif, captive

Personne privée de liberté et maintenue sous contrainte avant ou pendant un déplacement imposé. Le mot décrit une situation, non la manière dont la personne y a été réduite : les chemins qui y mènent sont plusieurs, et celui-ci n’en désigne aucun.

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Catégories de couleur

Mots par lesquels les auteurs, les administrateurs, les religieux et les recensements des colonies françaises rangent une personne selon l’ascendance qu’ils lui prêtent. En 1652, Maurile de Saint-Michel appelle « mulâtres » les enfants de Français et de femmes noires ou amérindiennes ; à Jérémie, en 1681, un relevé compte ensemble « nègres, métis et mulâtres, Indiens et Indiennes ». Ces mots ne forment pas une liste fixe : en 1763, Chanvalon range tous les enfants issus de mélanges parmi les « Nègres ». Ces classements ont des effets en droit. Selon l’historien Frédéric Régent, une déclaration royale du 23 octobre 1694 soumet à la capitation, un impôt par tête, les libres ayant un ascendant africain, avant d’être annulée en 1696 ; en Guadeloupe, les libres de couleur sont exclus en 1733 des fonctions d’officier dans la justice et la milice, et il leur est interdit en 1763 de prendre le nom de famille de leur père naturel lorsque celui-ci est blanc. Le site cite ces mots comme ceux des documents : ils disent le classement qu’une pièce applique, non ce qu’est la personne.

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Compagnie

Société de marchands à laquelle le roi de France réserve le commerce français avec une région, parfois aussi le gouvernement de colonies. Ce monopole, c’est-à-dire ce droit réservé, lie les sujets du roi de France ; il n’interdit pas à lui seul aux sujets d’autres royaumes ou États de commercer dans la même région. Plusieurs compagnies se succèdent : il faut donc identifier leur nom et leur période. Dans cette fiche, il s’agit de la Compagnie française des Indes occidentales, active de 1664 à 1674. Dans un texte militaire, le même mot peut désigner une unité de troupe.

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Conseil souverain

Principale cour de justice d’une colonie française. Cette cour juge et inscrit officiellement les actes royaux dans ses registres : c’est l’enregistrement. Cette formalité permet à la cour de se référer au texte, mais ne garantit pas qu’il soit effectivement appliqué.

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D

Déclaration

déclaration royale · déclaration du roi

Acte royal à portée législative, dans la France et les colonies françaises des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Une déclaration peut servir à modifier ou compléter un texte antérieur, sans que ce soit sa définition : celle du 15 décembre 1738 reprend en son article IV l’article 5 de l’édit d’octobre 1716 et n’en change, à quelques variantes près, que la sanction finale — la liberté de la personne y devient sa confiscation au profit du roi. D’autres déclarations du même recueil ne reprennent aucun acte antérieur et créent un régime là où rien n’existait.

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F

Fers

Entraves métalliques fixées aux jambes ou aux poignets pour limiter les mouvements d’une personne. Leur tenue n’est pas assurée : des rapports de mer décrivent des personnes qui parviennent à s’en défaire.

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K

Kalinago

« Caraïbes » dans de nombreux textes coloniaux français

Nom employé sur le site pour les sociétés amérindiennes insulaires des Petites Antilles à la période du contact avec les Européens. Il ne sert pas à nommer toutes les populations ou cultures archéologiques antérieures, dont les identités et les chronologies sont plus diverses.

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M

T

Traite atlantique

Organisation du commerce forcé de personnes captives à travers l’Atlantique, depuis leur acquisition et leurs déplacements vers la côte jusqu’à l’embarquement, la traversée et la vente. La demande européenne des plantations américaines en transforme massivement l’échelle à partir de la fin du XVIIe siècle.

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V

Vivres

Dans les colonies des Antilles, les plantes cultivées pour nourrir les habitants, et d’abord les personnes tenues en esclavage : manioc, patates, pois. Elles se plantent sur les habitations à côté des cultures destinées à la vente, comme le café ou le coton, et sur des terres que certains maîtres laissent aux personnes qu’ils tiennent en esclavage pour qu’elles s’y nourrissent elles-mêmes : en 1667, Du Tertre décrit des colons qui leur laissent le samedi et un terrain où planter du manioc, des patates et des pois, au lieu de leur donner nourriture et vêtements. Leur manque pèse sur ces personnes : en 1695, après des ouragans, le procureur général de la Guadeloupe rapporte que la disette de manioc pousse des personnes esclavisées à arracher le manioc replanté, et que des habitants ne trouvent plus de quoi nourrir celles qu’ils tiennent en esclavage. À bord d’un navire, le mot garde son sens ordinaire de provisions de bouche.

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