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Le raccord avec la déportation
La Concorde relie Ardra à la Martinique en 1670
En 1669, la Compagnie française des Indes occidentales organise une expédition de traite. Elle envoie la Justice et la Concorde acheter des personnes captives à Ardra, royaume d’Afrique de l’Ouest situé dans l’actuel Bénin, puis les transporter vers les colonies françaises d’Amérique. François d’Elbée, membre de l’expédition, en tient le journal.
La Concorde embarque 563 personnes. Lorsqu’elle arrive à la Martinique le 13 septembre 1670, l’avis de l’imprimeur placé en tête de la continuation du journal de d’Elbée n’en signale plus que 443 vivantes : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée. Le journal ne conserve ni leurs noms ni leur devenir après le débarquement.
Cette arrivée montre l’un des circuits par lesquels des personnes captives sont déportées vers la Martinique et contraintes au travail dans l’économie de plantation. Elle ne résume pas les routes empruntées vers les colonies françaises : avant que les expéditions françaises de traite deviennent régulières, des personnes y arrivent aussi par des marchands étrangers, des captures directes sur les côtes africaines ou la prise de navires ennemis en mer. Le dossier poursuit désormais ce qui se construit aux Antilles ; la collection De la capture aux Antilles est consacrée aux mises en captivité, aux déplacements vers la côte et à la traversée.
Document historique — à lire comme une source

Le journal signale l’arrivée de la Concorde en Martinique
Page 509 de la continuation du journal de François d’Elbée, publiée dans le tome II de la Relation de Jean de Clodoré en 1671. D’Elbée arrondit le nombre à « près de 580 » personnes ; l’avis de l’imprimeur, p. 473–474, en compte 563 au départ et 443 vivantes à l’arrivée. Le navire atteint la Martinique le 13 septembre 1670.
Jean de Clodoré, Relation…, tome II, 1671 · scan Internet Archive / John Carter Brown Library · domaine publicSource de cette partie : [1]
Sources de cette partie : [1] · [12] · [13] · [14] · [16] · [2]
Voir les preuves précises et leurs limites
Le journal de d’Elbée décrit une expédition française partie en 1669 avec la Justice et la Concorde vers la côte d’Ardra. La Justice y embarque 434 personnes avant de partir en mars 1670 ; la Concorde en embarque 563, dont 443 sont signalées vivantes à son arrivée à la Martinique le 13 septembre 1670 : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée.
- Source [1] — tome II, p. 347–348 pour le projet et les deux navires ; p. 414–415 pour les 434 personnes sur la Justice ; p. 473–474 pour les 563 personnes embarquées et les 443 arrivées vivantes sur la Concorde ; p. 495 et 509–510 pour les départs et l’arrivée du 13 septembre 1670
- Source [16] — export local 2019, voyages 21559 (Concorde) et 21560 (Justice)
- Source [2] — p. 75–76, tableau et discussion des voyages français arrivés à Allada en janvier et mars 1670, avec 997 personnes embarquées et 777 débarquées vivantes aux Antilles
À garder en tête : Le volume compte les personnes embarquées et donne un bilan d’arrivée pour la Concorde, mais aucun nom ni devenir après le débarquement. La somme des arrivées des deux navires varie selon les compilations postérieures ; elle n’est donc pas utilisée ici.
Avant qu’une traite française régulière ne soit installée, l’approvisionnement des colonies françaises en personnes esclavisées passe par plusieurs circuits : marchands étrangers, achats sur les côtes africaines, captures directes et prises sur des navires ennemis.
- Source [12] — p. 85–102, paragraphes 5–10
- Source [13] — p. 161–172, paragraphes 8 et 14–15
- Source [14] — p. 11–14, notamment notes 38–46
À garder en tête : Le poids de chaque circuit n’est pas établi pour chaque île, et les chroniques rendent mieux visibles les prises spectaculaires que les flux ordinaires.



