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Esclavage aux Antilles

1625–1685 · Un premier récit

Quand l’esclavage s’impose aux Antilles

Entre 1625 et 1685, la conquête, les compagnies, la traite, le sucre et le droit font de plusieurs colonies françaises des sociétés organisées autour de l’esclavage. Ce récit suit ce basculement à hauteur des personnes dont le déplacement, le travail, les enfants et les possibilités de fuite sont soumis à ce nouvel ordre.

Publié le 12 août 2026 · Mis à jour le 13 août 2026 · 18 min de lecture · Texte, documents et schémas sourcés

Collection · Dossier de synthèse · 1/1 · La formation des sociétés esclavagistes

Pour beaucoup de familles antillaises, cette histoire est à la fois collective, intime et difficile à retrouver. Les archives du XVIIe siècle nomment volontiers les propriétaires, les compagnies, les cargaisons et les productions. Elles conservent beaucoup moins souvent le nom reçu à la naissance, la langue, les proches ou les choix d’une personne réduite en esclavage.

Une route documentée entre le royaume d’Ardra, dans l’actuel Bénin, et la Martinique rappelle d’abord que la plantation commence, pour les personnes déportées, par une capture, des ventes et une traversée imposée. Le dossier marque ce raccord, puis se concentre sur ce qui se construit aux Antilles : un statut héréditaire, une économie de plantation, un pouvoir colonial et des moyens de contrôle auxquels répondent des refus et des fuites.

Aux Antilles, cette histoire rencontre une colonisation menée sur des terres habitées et parcourues par les Kalinagos. Un chapitre consacré aux terres et aux pouvoirs revient sur cette profondeur amérindienne.

Chaque colonie suit sa propre trajectoire. La Guadeloupe, la Martinique, Saint-Christophe et la partie française de Saint-Domingue reçoivent des navires différents, développent leurs productions à des rythmes distincts et ouvrent des possibilités de fuite particulières.

Aller au chapitre sur les terres, les circulations et la conquête

9 repères

Comment l’ordre esclavagiste s’installe, de 1625 à 1685

  1. Saint-Christophe

    Les Français s’installent durablement à Saint-Christophe

    L’île reste disputée entre Français, Anglais et Kalinagos. L’implantation française sert ensuite de base à la colonisation d’autres îles des Petites Antilles.

    Sources de cette partie : [6] · [7]

  2. Guadeloupe et Martinique

    Les Français s’implantent en Guadeloupe et en Martinique

    Ces colonisations passent par des combats, des déplacements forcés, des trêves et des accords avec les Kalinagos qui habitent et parcourent les îles.

    Sources de cette partie : [6] · [7]

  3. Guadeloupe et Martinique

    Le sucre s’étend en Guadeloupe et en Martinique

    Des propriétaires et des négociants réunissent progressivement terres, crédits, techniques et travail forcé de personnes asservies autour des sucreries.

    Sources de cette partie : [13] · [7]

  4. Ardra et Martinique

    Le navire La Concorde arrive en Martinique depuis Ardra

    Le navire français avait embarqué 563 personnes captives dans le royaume d’Ardra, situé dans l’actuel Bénin. Dans la continuation du journal de François d’Elbée, l’avis de l’imprimeur en signale 443 vivantes à l’arrivée : selon ce bilan, 120 sont mortes pendant la traversée.

    Sources de cette partie : [1] · [16]

  5. Guadeloupe et Martinique

    Le sucre transforme déjà la Guadeloupe et la Martinique

    La production sucrière progresse dans les deux îles, tout en coexistant avec le tabac et de petites exploitations selon des rythmes différents.

    Sources de cette partie : [13] · [7]

  6. Antilles françaises

    La traite officielle avantage la Martinique

    Dans les circuits de traite autorisés par le pouvoir français, davantage de personnes captives sont déportées vers la Martinique. D’autres colonies recourent aussi au commerce étranger, aux transferts entre îles et à la capture de navires ennemis en mer.

    Sources de cette partie : [15] · [14]

  7. Saint-Domingue

    Des personnes esclavisées fuient vers la partie espagnole d’Hispaniola

    À Saint-Domingue, la frontière terrestre ouvre une voie de fuite. L’accueil de fugitifs par les autorités espagnoles transforme certaines de ces fuites, appelées marronnages, en conflits diplomatiques.

    Source de cette partie : [15]

  8. Martinique

    La Martinique enregistre l’ordonnance esclavagiste de mars 1685

    Le Conseil souverain, principale cour de justice de la colonie, inscrit officiellement dans ses registres l’acte royal de soixante articles qui règle notamment le statut des enfants, la religion, la propriété, les obligations des maîtres, les sanctions et l’affranchissement. Le Code de la Martinique édité par Jacques Petit de Viévigne en 1767 en transmet la version martiniquaise.

    Sources de cette partie : [20] · [19]

  9. Guadeloupe

    La Guadeloupe enregistre sa version de l’ordonnance de mars 1685

    Le Conseil souverain de Basse-Terre, principale cour de justice de la Guadeloupe, inscrit à son tour l’acte royal dans ses registres. La version guadeloupéenne conserve la même architecture de soixante articles que la version martiniquaise, avec certaines différences de rédaction.

    Sources de cette partie : [19] · [20]

1

Le raccord avec la déportation

La Concorde relie Ardra à la Martinique en 1670

En 1669, la Compagnie française des Indes occidentales organise une expédition de traite. Elle envoie la Justice et la Concorde acheter des personnes captives à Ardra, royaume d’Afrique de l’Ouest situé dans l’actuel Bénin, puis les transporter vers les colonies françaises d’Amérique. François d’Elbée, membre de l’expédition, en tient le journal.

La Concorde embarque 563 personnes. Lorsqu’elle arrive à la Martinique le 13 septembre 1670, l’avis de l’imprimeur placé en tête de la continuation du journal de d’Elbée n’en signale plus que 443 vivantes : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée. Le journal ne conserve ni leurs noms ni leur devenir après le débarquement.

Cette arrivée montre l’un des circuits par lesquels des personnes captives sont déportées vers la Martinique et contraintes au travail dans l’économie de plantation. Elle ne résume pas les routes empruntées vers les colonies françaises : avant que les expéditions françaises de traite deviennent régulières, des personnes y arrivent aussi par des marchands étrangers, des captures directes sur les côtes africaines ou la prise de navires ennemis en mer. Le dossier poursuit désormais ce qui se construit aux Antilles ; la collection De la capture aux Antilles est consacrée aux mises en captivité, aux déplacements vers la côte et à la traversée.

Document historique — à lire comme une source

Page 509 du journal de d’Elbée indiquant que la Concorde quitte la côte africaine chargée de captifs et arrive à la Martinique le 13 septembre 1670.

Le journal signale l’arrivée de la Concorde en Martinique

Page 509 de la continuation du journal de François d’Elbée, publiée dans le tome II de la Relation de Jean de Clodoré en 1671. D’Elbée arrondit le nombre à « près de 580 » personnes ; l’avis de l’imprimeur, p. 473–474, en compte 563 au départ et 443 vivantes à l’arrivée. Le navire atteint la Martinique le 13 septembre 1670.

Jean de Clodoré, Relation…, tome II, 1671 · scan Internet Archive / John Carter Brown Library · domaine public

Source de cette partie : [1]

Sources de cette partie : [1] · [12] · [13] · [14] · [16] · [2]

Voir les preuves précises et leurs limites

Le journal de d’Elbée décrit une expédition française partie en 1669 avec la Justice et la Concorde vers la côte d’Ardra. La Justice y embarque 434 personnes avant de partir en mars 1670 ; la Concorde en embarque 563, dont 443 sont signalées vivantes à son arrivée à la Martinique le 13 septembre 1670 : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée.

  • Source [1] — tome II, p. 347–348 pour le projet et les deux navires ; p. 414–415 pour les 434 personnes sur la Justice ; p. 473–474 pour les 563 personnes embarquées et les 443 arrivées vivantes sur la Concorde ; p. 495 et 509–510 pour les départs et l’arrivée du 13 septembre 1670
  • Source [16] — export local 2019, voyages 21559 (Concorde) et 21560 (Justice)
  • Source [2] — p. 75–76, tableau et discussion des voyages français arrivés à Allada en janvier et mars 1670, avec 997 personnes embarquées et 777 débarquées vivantes aux Antilles

À garder en tête : Le volume compte les personnes embarquées et donne un bilan d’arrivée pour la Concorde, mais aucun nom ni devenir après le débarquement. La somme des arrivées des deux navires varie selon les compilations postérieures ; elle n’est donc pas utilisée ici.

Avant qu’une traite française régulière ne soit installée, l’approvisionnement des colonies françaises en personnes esclavisées passe par plusieurs circuits : marchands étrangers, achats sur les côtes africaines, captures directes et prises sur des navires ennemis.

À garder en tête : Le poids de chaque circuit n’est pas établi pour chaque île, et les chroniques rendent mieux visibles les prises spectaculaires que les flux ordinaires.

2

Posséder une personne

Faire d’une vie un statut transmis aux enfants

Dans les premières colonies françaises, des engagés européens, liés par un contrat de travail à durée déterminée, et des personnes africaines réduites en esclavage travaillent côte à côte dans les plantations de tabac. La discipline peut être brutale pour les uns comme pour les autres. Leur avenir juridique les sépare.

Le contrat de l’engagé prévoit une échéance. L’esclavage, lui, saisit la vie entière et tend à se transmettre aux enfants. Le missionnaire Maurile de Saint-Michel décrit clairement cette frontière en 1652, à Saint-Christophe, dans le quartier de Cayonne placé sous l’autorité du gouverneur Philippe de Longvilliers de Poincy.

Maurile rapporte alors une dispute autour d’enfants baptisés nés de parents esclavisés. Des religieux demandent leur liberté ; le pouvoir colonial maintient leur asservissement. À travers ce conflit apparaît un enjeu décisif : qui peut décider du statut d’un enfant et disposer de son avenir ?

Document historique — à lire comme une source

Deux pages jaunies d’un livre de 1652 ; le texte rapporte un débat sur la liberté d’enfants baptisés nés de parents esclavisés.

Baptisés, mais maintenus en esclavage

Pages 80–81 du Voyage des isles Camercanes de Maurile de Saint-Michel. Dans ce chapitre situé à Saint-Christophe, où il dit avoir baptisé deux femmes adultes dans l’église du quartier de Cayonne, le missionnaire rapporte ensuite un conflit : des religieux demandent la liberté d’enfants baptisés et le gouverneur Poincy la refuse. Les familles concernées n’apparaissent qu’à travers son récit.

Maurile de Saint-Michel, 1652 · scan Internet Archive · domaine public

Source de cette partie : [10]

Schéma de synthèse

Ce que change un statut héréditaire

Le pouvoir esclavagiste prétend disposer d’une personne sa vie durant et étendre cette condition à ses descendants.

  1. 01
    Asservissement à vie

    L’asservissement est conçu pour durer toute la vie.

  2. 02
    Naissance d’un enfant

    Le statut des parents devient un enjeu pour celui de l’enfant.

  3. 03
    Baptême contesté

    Des religieux demandent si devenir chrétien doit ouvrir la liberté.

  4. 04
    Maintien en esclavage

    Dans le cas rapporté par Maurile de Saint-Michel, l’autorité refuse que le baptême affranchisse.

Le passage situe cette décision sous l’autorité du gouverneur Poincy, à Saint-Christophe. Les règles sont ensuite formulées et enregistrées selon des calendriers propres à chaque colonie.

Sources de cette partie : [10] · [12]

Sources de cette partie : [9] · [10] · [11] · [7] · [12]

Voir les preuves précises et leurs limites

Durant les premières décennies coloniales, des engagés européens et des personnes africaines réduites en esclavage travaillent simultanément dans les colonies françaises des Petites Antilles.

  • Source [7] — p. 70 et 112–113
  • Source [13] — p. 161–172, paragraphes 6 et 11–12
  • Source [12] — p. 85–102, paragraphes 2, 16 et 20–22
  • Source [11] — p. 99, passage repris et contextualisé par Verrand, note 13

À garder en tête : Leur poids relatif varie selon l’île, la date et la culture ; la dureté de l’engagement ne doit pas effacer la différence entre un contrat temporaire et un esclavage viager et héréditaire.

Dans son ouvrage imprimé en 1652, Maurile de Saint-Michel distingue l’engagement temporaire de Français de l’asservissement à vie imposé aux Africains et étendu à leur descendance dans l’espace placé sous l’autorité de Poincy.

  • Source [10] — chapitre XIV, pagination imprimée 78–80, pages PDF 138–140

À garder en tête : Maurile décrit et justifie l’ordre colonial depuis une position missionnaire ; son propos n’établit pas une norme écrite, uniforme et appliquée dans chaque île.

Maurile de Saint-Michel rapporte qu’au milieu du XVIIe siècle des religieux contestent le maintien en esclavage d’enfants baptisés nés de parents esclavisés, tandis que l’autorité de Poincy maintient leur descendance dans le statut servile.

  • Source [10] — chapitre XIV, pagination imprimée 80–81, pages PDF 140–141
  • Source [12] — p. 85–102, paragraphes 12–15 et note 8

À garder en tête : Le passage atteste un conflit et une décision attribuée à Poincy, pas une législation uniforme ni une pratique démontrée dans chaque colonie française.

3

Travailler sous la contrainte

Le sucre prend le temps, les gestes et les corps

Produire du sucre exige une chaîne continue de gestes : planter et couper la canne, la transporter, actionner le moulin, surveiller les cuissons, entretenir les équipements. Les personnes asservies accomplissent ce travail avec des savoir-faire indispensables, sous une contrainte qui s’étend à leur temps et à leur corps.

À partir des années 1650, la Guadeloupe et la Martinique réunissent progressivement terres, installations, crédits, débouchés commerciaux et travail forcé de personnes asservies. Les réseaux néerlandais participent au financement et à la circulation des techniques, aux côtés des compagnies, des négociants et des propriétaires coloniaux.

En 1671, le sucre occupe déjà une place croissante dans les deux îles. En Guadeloupe comme en Martinique, il coexiste encore avec le tabac et de petites exploitations ; la concentration des terres avance selon un rythme propre à chacune.

Des personnes amérindiennes sont elles aussi capturées, déplacées et mises au travail dans les colonies du XVIIe siècle. La gravure présentée ici en conserve une représentation : sa notice identifie des personnes amérindiennes asservies dans une sucrerie.

Document historique — à lire comme une source

Gravure montrant de nombreuses personnes coupant, transportant et broyant la canne puis manipulant le jus dans une sucrerie.

Des personnes amérindiennes asservies dans une sucrerie

Cette gravure est diffusée par la bibliothèque numérique Manioc sous le titre Une sucrerie aux Antilles, vers 1670. Sa notice décrit des personnes amérindiennes esclavisées. La composition rend visibles la multiplicité et l’enchaînement des tâches ; son ordonnancement exprime aussi le regard colonial, qui place chaque personne dans le fonctionnement régulier de la production.

Bibliothèque numérique Manioc · Fondation Clément · CC0

Source de cette partie : [23]

Schéma de synthèse

Le sucre organise un système

Terres conquises, crédits, équipements, routes maritimes et savoirs techniques se renforcent mutuellement. Au centre du schéma, le travail contraint transforme la terre et la canne en richesse exportable.

Ce qu’il faut réunir
  • Terres conquises
  • Crédits et équipements
  • Routes maritimes
  • Savoirs techniques
Plantation et sucrerietravail contraint
Ce que le système produit
  • Sucre exporté
  • Dettes et profits
  • Concentration des terres
  • Nouvelle demande de main-d’œuvre

Au sein de ce système, les personnes entretiennent des relations, transmettent des connaissances et des pratiques, refusent certains ordres et prennent parfois la fuite.

Sources de cette partie : [13] · [7]

Sources de cette partie : [13] · [7] · [12] · [23]

Voir les preuves précises et leurs limites

À partir des années 1650, l’essor du sucre en Guadeloupe et en Martinique mobilise des capitaux, du crédit, des savoir-faire techniques, des terres et un travail servile plus nombreux et plus durable.

À garder en tête : Les réseaux néerlandais jouent un rôle majeur dans plusieurs de ces apports sans être une cause unique ; la chronologie et les acteurs varient selon les établissements.

En 1671, la montée du sucre est déjà nette en Guadeloupe et en Martinique, mais les rythmes de transformation et les structures foncières diffèrent entre les deux îles.

À garder en tête : Le passage du tabac au sucre est un processus : les petites exploitations et les autres cultures ne disparaissent ni partout ni au même moment.

4

Le monde construit autour d’elles

Conquérir des terres, relier des ports, imposer un pouvoir

En Martinique, l’archéologie atteste autour du début de notre ère des communautés sédentaires qui pratiquent l’agriculture et fabriquent de la céramique, puis des transformations culturelles et des échanges avec d’autres îles. Dans l’ensemble des Petites Antilles, les objets et les matières premières révèlent des réseaux maritimes actifs sur une très longue durée.

Au temps du contact, des communautés kalinagos habitent, cultivent et parcourent cet espace. À partir de Saint-Christophe en 1625, puis de la Guadeloupe et de la Martinique en 1635, les Français élèvent des forts, occupent des terres et organisent des cultures d’exportation.

Les Européens donnent à ces opérations le nom de « prises de possession ». Sur le terrain, elles se réalisent par des combats, des déplacements forcés, des trêves et des accords constamment renégociés. La colonisation avance ainsi par la dépossession et par l’installation progressive d’un nouveau pouvoir.

Les terres conquises, les compagnies, le crédit, les navires et les forts rendent la plantation possible. Ensemble, ils organisent la production, son exportation et le pouvoir qui prétend posséder les personnes mises au travail.

Document historique — à lire comme une source

Document cartographique coloré de 1667 réunissant une carte de Cayenne, un moulin à sucre et une carte de Saint-Christophe.

Une seule image relie territoire, moulin et conquête

Cette composition cartographique publiée par Estienne Vouillemont en 1667 associe Cayenne, en Guyane, le fonctionnement d’un moulin à sucre et la conquête de Saint-Christophe. Le document exprime un regard colonial qui réunit dans une même image la cartographie du territoire, l’organisation de la production et la victoire militaire.

Estienne Vouillemont, 1667 · Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France · œuvre du domaine public

Source de cette partie : [24]

Sources de cette partie : [3] · [4] · [5] · [6] · [7] · [8] · [24]

Voir les preuves précises et leurs limites

Lorsque les Français s’implantent à Saint-Christophe, en Guadeloupe et en Martinique, les Petites Antilles forment un espace amérindien dynamique : les communautés insulaires entretiennent par mer des circulations, des échanges et des alliances qui relient les îles entre elles et au continent.

  • Source [4] — p. 292–294 pour la mobilité, les échanges, les relations avec le continent et les réseaux d’alliance au contact ; p. 309–310 pour la synthèse des réseaux
  • Source [5] — extrait consulté, p. 14–17, particulièrement p. 16–17

À garder en tête : Les données archéologiques sont inégalement réparties et les études de cas les plus détaillées de Hofman et al. portent surtout sur les îles du sud ; elles n’établissent ni la même organisation ni le même peuplement dans chaque île.

En Martinique, l’archéologie atteste des communautés agro-céramistes sédentaires autour du début de notre ère, puis plusieurs transformations culturelles et des échanges inter-insulaires bien avant l’implantation française de 1635.

  • Source [3] — p. 33–50 pour la chronologie, les villages et les échanges ; p. 102 pour le début assuré de l’occupation humaine sédentaire
  • Source [4] — p. 292–293, cadrage archipélagique

À garder en tête : L’ouvrage de 2013 juge encore douteuse l’attribution des indices archaïques martiniquais et indique qu’aucun site amérindien de la période de contact n’avait alors été identifié dans l’île ; la continuité précise jusqu’en 1635 ne peut donc pas être postulée site par site.

Le récit ancien d’une succession simple où des « Caraïbes » auraient remplacé par la violence des « Arawaks » ne correspond pas à la chronologie archéologique actuelle ; Kalinago désigne ici les sociétés insulaires de la période de contact, pas toutes les cultures matérielles antérieures.

  • Source [3] — Jean-Pierre Giraud, p. 15–30, et Benoît Bérard, p. 33–34
  • Source [5] — extrait consulté, p. 14–17, particulièrement p. 16–17

À garder en tête : Les usages savants et les autodésignations ont une histoire et peuvent varier. Employer Kalinago pour le contact ne permet pas d’attribuer rétroactivement cette identité à chaque site ou culture archéologique des Petites Antilles.

L’établissement français durable dans les Petites Antilles s’organise d’abord depuis Saint-Christophe à partir de 1625, puis se déploie vers la Guadeloupe et la Martinique en 1635.

À garder en tête : Le mot établissement ne signifie ni contrôle complet du territoire ni peuplement continu : ces implantations restent contestées et passent par la conquête.

À Saint-Christophe, en Guadeloupe, en Martinique et à la Grenade, l’implantation française combine des actes de prise de possession, des forts, des opérations armées, des déplacements et des accords imposés ou renégociés avec les Kalinagos.

À garder en tête : La chronologie, les acteurs et les rapports de force diffèrent d’une île à l’autre ; tous les conflits et tous les accords ne relèvent pas d’un modèle unique.

Les récits missionnaires et les cartes concernant les Kalinagos participent au projet colonial. Le dictionnaire de Raymond Breton conserve aussi, à travers la sélection et la traduction du missionnaire, des fragments de dialogues sur la dépossession, les frontières et la présence française.

  • Source [8] — chapitre 1, p. 39–46 pour les récits, la carte et le projet colonial ; p. 76–92, particulièrement p. 86–92, pour le dictionnaire et les fragments dialogiques

À garder en tête : Les paroles ont été sélectionnées, transcrites et traduites par les missionnaires, puis interprétées par les historiens ; elles ne constituent pas une voix autochtone intacte ou représentative.

5

Reprendre prise

Fuir, franchir une frontière, utiliser les rivalités

À Hispaniola, la conquête espagnole commence dès 1493. L’asservissement, le travail forcé et les maladies venues d’Europe bouleversent les sociétés taïnos et réduisent brutalement leur population ; des captifs africains sont importés dès le début du XVIe siècle. La présence française qui se développe à l’ouest au XVIIe siècle prend place dans cet espace colonial et esclavagiste déjà ancien.

À l’île de la Tortue puis sur la côte occidentale de Saint-Domingue, la présence française se développe dans un espace déjà partagé et disputé avec l’Espagne. La capture de navires ennemis par des bâtiments autorisés — la guerre de course — et le commerce mené en dehors des circuits officiels pèsent davantage dans l’arrivée de personnes esclavisées, tandis qu’une traite régulière demeure limitée avant la fin des années 1680.

La frontière terrestre ouvre aussi une possibilité absente des îles plus petites : fuir vers la colonie espagnole. Dans les années 1680, des personnes esclavisées passent à l’est. Les autorités espagnoles pratiquent dans certains cas l’asile, l’affranchissement ou l’intégration militaire, tandis que les autorités françaises réclament des restitutions.

Le marronnage devient ainsi une question de frontière et de diplomatie entre deux empires. Les fugitifs lisent le territoire, prennent un risque et exploitent les rivalités coloniales. Selon le lieu et le moment, ils peuvent obtenir une protection, entrer au service des Espagnols ou être repris.

Schéma de synthèse

Une frontière peut devenir une ressource

Dans l’ouest de Saint-Domingue, la fuite rencontre une rivalité entre pouvoirs français et espagnol.

  1. 01
    Décider de partir

    La personne évalue les risques avec les informations et les appuis dont elle dispose.

  2. 02
    Franchir la frontière

    Le relief, les chemins et les relais humains comptent autant que la ligne politique.

  3. 03
    Chercher protection à l’est

    L’accueil peut mener à l’asile, à la liberté, à l’intégration militaire ou à la reprise.

  4. 04
    Déclencher un conflit impérial

    Les autorités françaises réclament des restitutions ; les choix des fugitifs deviennent diplomatiques.

Le schéma rend visible une stratégie attestée dans les années 1680. Les chemins suivis et l’accueil reçu varient selon les personnes et les circonstances.

Source de cette partie : [15]

Sources de cette partie : [17] · [15] · [7]

Voir les preuves précises et leurs limites

Bien avant l’implantation française dans l’ouest d’Hispaniola, la colonisation espagnole commencée en 1493 avait imposé l’asservissement et le travail forcé aux Taïnos, contribué avec les maladies à leur effondrement démographique et introduit des captifs africains dès le début du XVIe siècle.

À garder en tête : Ce rappel précède la période principale du dossier et résume une histoire espagnole longue et complexe ; il sert à éviter de présenter l’arrivée française comme le début de la colonisation ou de l’esclavage à Hispaniola.

À la Tortue et dans la partie française de Saint-Domingue, l’esclavage se développe selon une chronologie différente de celle des Îles-du-Vent : les engagés restent longtemps nombreux, les prises et le commerce interlope jouent un rôle important, et la traite régulière demeure limitée avant la fin des années 1680.

À garder en tête : Les estimations disponibles sont prudentes et ne permettent pas de traiter la Tortue, le Cap et les différentes côtes comme un espace uniforme.

Dans les années 1680, la frontière entre la partie française de Saint-Domingue et la colonie espagnole offre une voie de fuite à des personnes esclavisées ; des pratiques espagnoles d’asile, d’affranchissement et d’intégration militaire font du marronnage un enjeu diplomatique et territorial.

  • Source [15] — p. 115–134, paragraphes 14–15 et notes 51–56

À garder en tête : Les motifs prêtés aux fugitifs viennent surtout d’autorités françaises hostiles, et l’accueil n’implique pas que chaque personne obtienne automatiquement liberté, terres ou intégration militaire.

À l’horizon de 1685

En 1685, l’ordre esclavagiste relie les terres, les ports et les vies

À la fin de la période, les principales pièces sont en place : des terres conquises, plusieurs formes de travail contraint, un esclavage africain conçu pour durer toute la vie et se transmettre aux enfants, des productions d’exportation, des circuits de déportation et de vente, ainsi que des pouvoirs coloniaux qui cherchent à fixer les statuts.

L’ordonnance de mars 1685 donne une forme royale écrite à cet ordre déjà constitué. Ses soixante articles règlent notamment la religion, le mariage et le statut des enfants, certaines obligations des maîtres, le traitement juridique des personnes esclavisées comme des biens transmissibles, les sanctions et les affranchissements. Mais l’appellation « Code Noir » n’apparaît dans un titre imprimé qu’en 1718, et les versions et copies locales conservées ne sont pas identiques.

La borne chronologique de 1685 choisie pour ce dossier permet de suivre les enregistrements de la Martinique, le 6 août, puis de la Guadeloupe, le 10 décembre. Le Conseil souverain de la côte de Saint-Domingue, réuni à Petit-Goâve, enregistre sa propre version le 6 mai 1687, juste au-delà de cette chronologie. Ces dates établissent la circulation institutionnelle de l’acte ; son application doit être cherchée séparément dans les règlements locaux, les décisions de justice, les pratiques, les contournements et les résistances.

Ce dossier établit l’architecture du système et quelques-uns des moyens par lesquels les personnes cherchent à agir sur leur propre vie. D’autres dossiers prolongeront cette histoire à travers des noms, des parentés, des pratiques, des paroles conservées et ce que les documents ont laissé de côté.

Sources de cette partie : [19] · [20] · [21] · [22]

Voir les preuves précises et leurs limites

L’ordonnance royale de mars 1685 a été préparée à partir de mémoires demandés aux administrateurs coloniaux et de consultations menées auprès des conseils et des principaux habitants ; sa clause d’exécution vise les conseils souverains de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Christophe, sans encore nommer Saint-Domingue.

  • Source [19] — présentation, p. 7–13 ; travaux préparatoires transcrits, p. 78–100 ; clause finale après l’article 60
  • Source [20] — p. 412, clause finale adressée aux conseils de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Christophe
  • Source [22] — paragraphes d’ouverture sur le périmètre initial et la préparation de l’ordonnance

À garder en tête : Les mémoires préparatoires permettent d’identifier les consultations et plusieurs propositions soumises au pouvoir royal, mais pas toujours d’attribuer à un acteur précis la formulation finalement retenue. La clause d’exécution établit une destination institutionnelle, pas une application effective et uniforme.

L’ordonnance de mars 1685 est enregistrée au Conseil souverain de la Martinique le 6 août 1685, au Conseil souverain de Basse-Terre en Guadeloupe le 10 décembre 1685, puis au Conseil souverain de la côte de Saint-Domingue tenu au Petit-Goâve le 6 mai 1687.

  • Source [20] — p. 404–412, particulièrement la mention d’enregistrement au bas de la p. 412 ; pages PDF 424–432 contrôlées
  • Source [19] — titre et présentation, p. 7–12 ; version Guadeloupe et mention d’enregistrement après l’article 60
  • Source [21] — p. 2–12, particulièrement la mention d’enregistrement au Petit-Goâve au bas de la p. 12 ; page PDF 11 contrôlée
  • Source [22] — premier paragraphe, chronologie du périmètre initial puis de l’extension à Saint-Domingue

À garder en tête : Les originaux manuscrits des versions martiniquaise et dominguoise ne sont pas connus dans l’état de la recherche consulté ; leurs dates sont transmises par des recueils imprimés postérieurs et contrôlées par l’édition comparative. Enregistrement, entrée en vigueur invoquée et application judiciaire doivent rester distingués.

Les versions conservées de l’acte de mars 1685 ne portent pas toutes le même intitulé et ne transmettent pas un texte identique : la compilation martiniquaise conserve « ordonnance », les versions guadeloupéenne et dominguoise emploient « édit », et l’édition Saugrain affiche « Code Noir » en 1718 ; à l’article 17, la première amende visant un maître qui tolère certaines assemblées est de dix livres dans les versions Martinique et Guadeloupe, contre dix écus dans la version Saint-Domingue.

  • Source [20] — p. 404, intitulé « Ordonnance du Roi » ; p. 406–407, article 17 et amende de dix livres
  • Source [19] — présentation, p. 7–13 ; article 17 et note comparative 102, p. 39–40 ; liste des versions, p. 100–103
  • Source [21] — page de titre ; p. 6, article 17 et amende de dix écus
  • Source [22] — paragraphe d’ouverture sur l’apparition de l’expression « Code Noir » en 1718

À garder en tête : La comparaison porte sur des versions conservées et publiées, souvent postérieures à l’enregistrement. Une variante de rédaction signale une différence normative possible ; elle ne prouve ni la peine effectivement requise ou prononcée, ni l’usage quotidien de l’article.

Les versions martiniquaise, guadeloupéenne et dominguoise de l’acte de mars 1685 partagent une architecture de soixante articles qui règle notamment la religion, le mariage et le statut des enfants, certaines obligations des maîtres, le traitement juridique des personnes esclavisées comme des biens transmissibles, les sanctions et les affranchissements.

  • Source [20] — p. 404–412, articles 1–60, notamment articles 1–14, 22–31, 32–46 et 55–59
  • Source [19] — articles 1–60, notamment articles 1–14, 22–31, 32–46 et 55–59 ; apparat des variantes
  • Source [21] — p. 2–12, articles 1–60, notamment articles 1–14, 22–31, 32–46 et 55–59

À garder en tête : Cette architecture commune ne rend pas les versions identiques et ne prouve aucune application uniforme. Le texte prescrit et classe ; les règlements locaux, la jurisprudence, les usages et les résistances doivent être documentés séparément.

Poursuivre en format court

Trois points du récit à ouvrir séparément

Ces fiches reprennent des affirmations contrôlées du dossier pour expliquer un document ou une notion sans relire tout le récit.

Document

L’ordonnance de mars 1685 : un texte, plusieurs versions

L’acte royal aujourd’hui appelé « Code Noir » n’est pas enregistré partout le même jour et les versions locales conservées ne sont pas identiques. Les comparer rend visibles la fabrication, la circulation et les limites de cette loi esclavagiste.

491 mots de rédaction · sources localisées

Document

La Concorde : suivre un voyage de déportation en 1669–1670

La Concorde est un navire français qui transporte 563 personnes captives depuis le royaume d’Ardra, dans l’actuel Bénin. Le journal de l’expédition permet de suivre son voyage jusqu’à la Martinique.

501 mots de rédaction · sources localisées

Les coulisses du récit

Comment les sources construisent ce récit

Les premières décennies sont surtout racontées par des missionnaires, des administrateurs et des chroniqueurs européens. Le croisement de leurs récits permet d’identifier leur position, les informations qu’ils recueillent et la manière dont ils ordonnent le monde colonial.

L’archéologie donne aux sociétés amérindiennes une profondeur différente. Elle distingue des périodes, des réseaux et des cultures matérielles ; les noms de peuples employés dans le dossier restent attachés à une époque et à un contexte précis.

L’ouverture africaine est un raccord limité à une route qui atteint les Antilles. D’Elbée documente le voyage de la Concorde entre Ardra et la Martinique ; les sociétés de départ, les mises en captivité, les déplacements vers la côte et la traversée sont développés dans la collection De la capture aux Antilles.

Les premiers dénombrements restent fragmentaires. Le dossier emploie donc les chiffres pour les ensembles qu’ils décrivent et les lieux d’achat pour localiser les transactions, tandis que les trajectoires individuelles reposent sur des traces nominatives.

Les illustrations sont traitées comme des documents : auteur ou dépositaire, date, source et droits sont indiqués. Leur mise en scène et leur vocabulaire sont commentés. Les schémas, eux, sont des synthèses originales du site et renvoient aux sources qui les soutiennent.

Sources de cette partie : [18] · [7] · [12] · [8] · [10] · [3] · [4] · [5] · [1]

Voir les preuves précises et leurs limites

Du Tertre est une source majeure pour les débuts coloniaux, mais une partie de son récit repose sur des témoignages oraux et sur des archives aujourd’hui perdues.

À garder en tête : Cette limite ne rend pas Du Tertre inutilisable ; elle demande seulement de préciser s’il témoigne directement, rapporte un récit ou reprend une pièce d’archive.

Les récits missionnaires et les cartes concernant les Kalinagos participent au projet colonial. Le dictionnaire de Raymond Breton conserve aussi, à travers la sélection et la traduction du missionnaire, des fragments de dialogues sur la dépossession, les frontières et la présence française.

  • Source [8] — chapitre 1, p. 39–46 pour les récits, la carte et le projet colonial ; p. 76–92, particulièrement p. 86–92, pour le dictionnaire et les fragments dialogiques

À garder en tête : Les paroles ont été sélectionnées, transcrites et traduites par les missionnaires, puis interprétées par les historiens ; elles ne constituent pas une voix autochtone intacte ou représentative.

Lorsque les Français s’implantent à Saint-Christophe, en Guadeloupe et en Martinique, les Petites Antilles forment un espace amérindien dynamique : les communautés insulaires entretiennent par mer des circulations, des échanges et des alliances qui relient les îles entre elles et au continent.

  • Source [4] — p. 292–294 pour la mobilité, les échanges, les relations avec le continent et les réseaux d’alliance au contact ; p. 309–310 pour la synthèse des réseaux
  • Source [5] — extrait consulté, p. 14–17, particulièrement p. 16–17

À garder en tête : Les données archéologiques sont inégalement réparties et les études de cas les plus détaillées de Hofman et al. portent surtout sur les îles du sud ; elles n’établissent ni la même organisation ni le même peuplement dans chaque île.

En Martinique, l’archéologie atteste des communautés agro-céramistes sédentaires autour du début de notre ère, puis plusieurs transformations culturelles et des échanges inter-insulaires bien avant l’implantation française de 1635.

  • Source [3] — p. 33–50 pour la chronologie, les villages et les échanges ; p. 102 pour le début assuré de l’occupation humaine sédentaire
  • Source [4] — p. 292–293, cadrage archipélagique

À garder en tête : L’ouvrage de 2013 juge encore douteuse l’attribution des indices archaïques martiniquais et indique qu’aucun site amérindien de la période de contact n’avait alors été identifié dans l’île ; la continuité précise jusqu’en 1635 ne peut donc pas être postulée site par site.

Le récit ancien d’une succession simple où des « Caraïbes » auraient remplacé par la violence des « Arawaks » ne correspond pas à la chronologie archéologique actuelle ; Kalinago désigne ici les sociétés insulaires de la période de contact, pas toutes les cultures matérielles antérieures.

  • Source [3] — Jean-Pierre Giraud, p. 15–30, et Benoît Bérard, p. 33–34
  • Source [5] — extrait consulté, p. 14–17, particulièrement p. 16–17

À garder en tête : Les usages savants et les autodésignations ont une histoire et peuvent varier. Employer Kalinago pour le contact ne permet pas d’attribuer rétroactivement cette identité à chaque site ou culture archéologique des Petites Antilles.

Pour remonter aux sources

Bibliographie du dossier

Les liens conduisent au texte intégral lorsqu’il est librement accessible. Les autres références restent indiquées pour permettre de les retrouver en bibliothèque ou en librairie.

  1. François d’Elbée, Journal du voyage du sieur Delbée aux isles, dans la coste de Guinée, voyage commencé en 1669 et publié dans Jean de Clodoré, Relation…, tome II, 1671, p. 347–558.

    Source d’époque sur les 563 personnes embarquées sur la Concorde, dont 443 sont signalées vivantes à son arrivée en Martinique.

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  2. Robin Law, « The Slave Trade in Seventeenth-Century Allada: A Revision », African Economic History, n° 22, 1994, p. 59–92.

    Cadre régional et chronologique des voyages français arrivés à Allada en 1670 ; ne permet pas d’attribuer une origine individuelle aux personnes embarquées.

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  3. Benoît Bérard (dir.), Martinique, terre amérindienne : une approche pluridisciplinaire, Sidestone Press, 2013.

    Chronologie archéologique de la Martinique, réseaux inter-insulaires et critique de la succession simpliste entre « Arawaks » et « Caraïbes ».

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  4. Corinne L. Hofman et al., « Island networks: Transformations of inter-community social relationships in the Lesser Antilles at the advent of European colonialism », The Journal of Island and Coastal Archaeology, vol. 16, 2021, p. 290–316.

    Mobilités, échanges et transformations des réseaux amérindiens des Petites Antilles avant et pendant le contact.

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  5. André Delpuech (dir.), Aux origines de la Caraïbe : Taïnos & Kalinagos, Éditions Hervé Chopin / musée du quai Branly – Jacques Chirac / Fondation Clément, 2025.

    Extrait public p. 14–17 utilisé pour le cadrage actualisé et la terminologie ; les autres chapitres n’ont pas encore été dépouillés.

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  6. Éric Roulet, Les relations entre Français, Caraïbes et Anglais aux Petites Antilles, 1625–1660 (2020).

    Conquête, conflits et accords entre Français, Anglais et Kalinagos de 1625 à 1660.

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  7. Philip P. Boucher, France and the American Tropics to 1700: Tropics of Discontent? (2008).

    Synthèse comparée des implantations, du travail et de la transformation économique.

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  8. Doris L. Garraway, The Libertine Colony: Creolization in the Early French Caribbean (2005).

    Lecture critique des récits, cartes et vocabulaires missionnaires.

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  9. Abel Cherbonnier (notaire), Contrat d’engagement de Jean Baumont (ou Beaumont) par Martin Bonneau pour l’île Saint-Christophe (14 avril 1645).

    Minute notariale utilisée pour rendre concret le fonctionnement d’un engagement individuel : destination, durée et point de départ du service.

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  10. Maurile de Saint-Michel, Voyage des isles Camercanes en l’Amérique, qui font partie des Indes occidentales (1652).

    Source d’époque sur l’engagement, l’esclavage héréditaire et le baptême sous Poincy ; fac-similé des pages 80–81 reproduit dans le dossier.

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  11. Jacques Bouton, Relation de l’establissement des François depuis l’an 1635 en l’isle de la Martinique (1640).

    Témoignage missionnaire d’époque sur la coexistence du travail engagé et du travail esclavisé en Martinique, utilisé avec les limites de son séjour bref.

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  12. Laurence Verrand, Premiers esclaves aux Petites Antilles d’après les chroniques et récits de voyages français (XVIIe siècle) (2008).

    Croisement critique des chroniques concernant les premiers asservissements et leurs circuits.

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  13. Christian Schnakenbourg, Le « cycle du tabac » et la mise en valeur des Antilles aux premiers temps coloniaux (1625–1680) (2019).

    Passage progressif du tabac au sucre et transformations économiques associées.

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  14. James Pritchard, In Search of Empire: The French in the Americas, 1670–1730 (2004).

    Limites des estimations précoces et critique de l’idée d’une traite française déjà régulière.

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  15. David Chaunu, Route des Indes ou îles esclavagistes ? La « pénétration commerciale de l’Amérique espagnole » à l’épreuve de la diplomatie des îles sous Louis XIV (2020).

    Inégalités d’approvisionnement et enjeux diplomatiques de la frontière dominguoise.

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  16. SlaveVoyages Consortium, Trans-Atlantic Slave Trade Database (2024).

    Base de comparaison pour les voyages documentés, utilisée avec ses lacunes et imputations.

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  17. Philippe Hroděj, Les esclaves à Saint-Domingue aux temps pionniers (1630–1700) : la rafle, la traite et l’interlope (2008).

    Trajectoire pionnière de la Tortue et de la partie française de Saint-Domingue.

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  18. Jean-Baptiste Du Tertre, Histoire générale des Antilles habitées par les François — volumes historiques de l’édition augmentée (1667–1671).

    Chronique majeure des débuts coloniaux, mobilisée avec une critique de sa position et de ses informations.

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  19. Jean-François Niort (éd.), Le Code Noir. Édit de mars 1685 sur la police des îles de l’Amérique française — version Guadeloupe enregistrée le 10 décembre 1685, 2015.

    Édition critique utilisée pour la version guadeloupéenne, les travaux préparatoires, l’histoire des versions conservées et la comparaison de dix versions anciennes.

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  20. Jacques Petit de Viévigne (éd.), Code de la Martinique, 1767, p. 404–412.

    Fac-similé de la version martiniquaise de l’ordonnance et de sa mention d’enregistrement au Conseil souverain le 6 août 1685.

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  21. Le Code Noir…, Paris, Veuve Saugrain, 1718, p. 2–12.

    Version dominguoise imprimée qui documente l’appellation « Code Noir » et l’enregistrement à Petit-Goâve le 6 mai 1687.

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  22. Jean-François Niort, « Code Noir », France-Amériques, Bibliothèque nationale de France, 2023.

    Synthèse de référence sur l’élaboration, le périmètre initial, l’extension à Saint-Domingue et la distinction entre loi et usages.

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  23. Auteur de la gravure non indiqué dans la notice, Une sucrerie aux Antilles, vers 1670 (vers 1670).

    Illustration d’une sucrerie et de l’enchaînement des tâches, lue comme représentation coloniale et non comme instantané.

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  24. Auteur non identifié ; édité par Estienne Vouillemont, L’Isle de Cayenne ; Représentation des moulins à sucres desdites isles ; Représentation de l’isle Saint-Christophe (1667).

    Composition cartographique de 1667 reliant territoire, production sucrière et conquête militaire.

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