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Esclavage aux Antilles

Période

Rétablissement et second esclavage

Cette page rassemble les récits, les repères et les sources déjà publiés sur ce sujet. Elle sert d’index et ne remplace pas une lecture suivie.

Dans les dossiers

Les récits suivis qui abordent ce sujet.

1676–1819 — Des semaines de captivité à bord d’un navire négrier

En 1676, sur un navire anglais parti de la Côte de l’Or, un homme se jette par-dessus bord. Une embarcation le rejoint et lui tend un aviron ; il refuse de le saisir. Le compte du capitaine enregistre une perte. Entre le moment où des personnes sont conduites à bord sur une côte africaine et celui où elles sont examinées devant un port antillais, elles passent des semaines enfermées dans un navire, sous la garde d’un équipage bien moins nombreux qu’elles, qui compte les vendre vivantes. Ce dossier suit ces semaines en s’attachant d’abord aux personnes captives : ce qu’on leur impose, ce qu’elles vivent et ce qu’elles font.

XVIIe–XVIIIe siècles — Ce qu’il y a entre une capture et un navire

Un jour, deux enfants restent seuls dans la maison pendant que les adultes travaillent aux champs. Des ravisseurs les emportent — et ce n’est pas encore le début d’une traversée. Ce dossier suit leur séparation, puis d’autres parcours jusqu’aux navires qui partent pour les Antilles, tels que les racontent des récits de personnes réduites en esclavage, publiés sous leur nom ou recueillis par d’autres, et des hommes qui menaient ou accompagnaient ce commerce.

Du XVIIᵉ siècle à aujourd’hui — D’où venaient, en Afrique, les ancêtres des Antillais ?

Beaucoup de Martiniquais, de Guadeloupéens et d’Haïtiens — Haïti est l’ancienne colonie française de Saint-Domingue — se demandent de quelle partie de l’Afrique viennent leurs ancêtres. Les voyages de traite montrent de quelles grandes régions de côtes partaient les captifs débarqués dans chaque île ; ils ne donnent ni le lieu de naissance de chacun, ni la part de chaque région parmi les ancêtres d’aujourd’hui. Ces régions diffèrent d’une île à l’autre. Ce dossier dit d’où viennent ces réponses, pourquoi elles s’arrêtent le plus souvent à de grandes régions, et ce qu’y ajoutent les Africains arrivés après l’abolition et l’ADN des Antillais d’aujourd’hui.

XVIIe siècle–années 1850 — Faire famille sous l’esclavage

Dans la nuit du 26 juin 1750, à Saint-Domingue, deux personnes enlèvent Marie-Jeanne « de la chaîne où [elle] était au pied du lit de sa maîtresse ». C’est son père, André, qui les a payées. André appartient à un maître, sa fille à un autre, et il n’a pas pu l’obtenir de celui-ci « pour de l’argent ». Après trois jours chez une femme libre du Cap et deux autres haltes, Marie-Jeanne est conduite près de son père, sur l’habitation où il vit.

Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue, XVIIe siècle–1848 — Grandir sous l’esclavage

Le 4 mars 1687, à la Guadeloupe, Élie Doucet, un marchand venu de La Rochelle, déclare les personnes de sa maison. Il inscrit sa femme, puis deux enfants de cinq ans et d'un an, puis, sous le mot « negresse », la seule personne qu'il tient en esclavage : Roze, dix ans. Le même jour, la déclaration que le sucrier Isaac Nicolas fait pour sa sœur range encore parmi les « negrittes », les filles, une fille de quinze ans inscrite sous le nom de « petitte marie ».

Dans les fiches

Des explications courtes pour ouvrir une notion, un document ou une question.

Notion

Le pécule : argent, biens et rachat de liberté

Aux Antilles françaises, des personnes esclavisées pouvaient accumuler un peu d’argent et de petits biens, notamment en travaillant en plus de ce que leur maître exigeait d’elles. Avec cet argent, certaines ont acheté leur liberté et celle de leurs enfants. Mais ce prix, c’est à leur maître qu’elles le payaient, et jusqu’en 1845, il pouvait refuser.

8 min · 1664–1848 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +3

Points établis dans les publications

Chaque point reprend un énoncé sourcé déjà employé dans un dossier, une fiche ou une entrée autonome de « Vies et actions », avec la localisation exacte de ses preuves et sa limite de portée.

Par son testament du 16 avril 1822, Mme de Bellecourt, propriétaire en Guadeloupe, lègue la liberté à cinq…

Point 1 sur 12 · Événement · testament, décès de la maîtresse (1832), arrêté de liberté

Par son testament du 16 avril 1822, Mme de Bellecourt, propriétaire en Guadeloupe, lègue la liberté à cinq de ses esclaves, dont Virginie et la mère de celle-ci, Modeste. Entre le testament et la mort de la maîtresse, en 1832, Virginie a deux enfants, Amélie et Simon, dont le codicille ne dit rien. Virginie est déclarée libre par arrêté du gouverneur le 18 février 1834 ; ses enfants, le plus jeune encore presque à la mamelle au décès de la maîtresse, sont retenus en esclavage par les héritiers. Selon son avocat, elle voulait les emporter, « disant qu’on ne pouvait les séparer d’elle ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les noms et les dates viennent de la notice du Bulletin ; ce que voulait Virginie est dit par son avocat. L’âge des enfants n’est pas donné.

L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819,…

Point 2 sur 12 · Témoignage · 1819-01-24–1819-06-21

L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819, atteignit la côte africaine le 14 mars, mouilla devant Bonny — lieu que l’article associe à la rivière du Calabar —, repartit le 6 avril, puis arriva en Guadeloupe le 21 juin. Environ quinze jours après le départ de Bonny, au moment où l’affection des yeux est observée, le texte compte 160 personnes captives enfermées dans la cale et l’entrepont. L’affection gagne ensuite l’équipage : le même article rapporte que des matelots en sont atteints, que le chirurgien du bord en est resté aveugle, et qu’à l’arrivée en Guadeloupe « l’équipage était dans un état déplorable ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Guillié nomme le chirurgien du bâtiment, Maignan, à la page 75, et indique en note de la page 78 qu’il lui a fourni une partie des détails. Ce texte médical ne remplace ni le journal de bord ni les documents d’armement et de débarquement ; la reprise anglaise traduit la même chaîne au lieu de la confirmer indépendamment. Le nombre de 160 porte chez Guillié sur le moment où l’affection est observée, environ quinze jours après le départ, et non sur l’embarquement ou le débarquement. Rupprecht écrit 170 à ce même stade ; Daget donne 200 personnes chargées à Bonny et 160 débarquées en Guadeloupe. Ces nombres ne doivent pas être fusionnés en un seul effectif de départ.

Guillié rapporte qu’à bord du négrier français le Rôdeur, en 1819, sur l’avis du chirurgien Maignan, on…

Point 3 sur 12 · Témoignage · 1819

Guillié rapporte qu’à bord du négrier français le Rôdeur, en 1819, sur l’avis du chirurgien Maignan, on faisait monter les personnes captives sur le pont « afin de leur faire respirer un air plus pur », et qu’il fallut y renoncer parce que beaucoup de ces personnes, « affectés de nostalgie, se jetaient dans la mer, en se tenant embrassés les uns les autres ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Guillié qualifie lui-même leur état de « nostalgie » et ne rapporte aucune parole de ces personnes. Le geste n’est connu que par ce médecin, qui l’explique par son diagnostic : ce mot ne dit pas ce que ces personnes voulaient. La version anglaise dérive du même article.

Dans un fragment probablement mis par écrit dans les années 1810–1830 et conservé sous le titre Memoirs of…

Point 4 sur 12 · Témoignage · date non établie

Dans un fragment probablement mis par écrit dans les années 1810–1830 et conservé sous le titre Memoirs of the Life of Florence Hall, la femme dont Robert Johnston transmet le récit présente Akeiso comme son nom « Eboe ». Elle raconte avoir été capturée enfant dans le pays qu’elle appelle « Eboe », avoir marché quinze nuits jusqu’à la mer, puis avoir accompli une longue traversée vers la Jamaïque. À bord, les enfants nus peuvent se déplacer sur le navire tandis que les hommes et les femmes sont enchaînés et maintenus dans l’obscurité sous le pont. Akeiso décrit la nourriture rare et mauvaise, les punitions fréquentes et sévères, et des morts si habituelles que les personnes restées en vie croient que les morts retrouvent leur peuple et leur pays.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le fragment de quatre pages est non signé, non daté et incomplet. Robert Johnston l’a matériellement écrit, mais il a pu écouter Akeiso directement ou copier un récit transmis. Les historiens Randy Browne et John Wood Sweet situent avec confiance cette mise par écrit entre 1810 et 1830 ; l’hypothèse plus précise de 1818–1833 n’est pas une certitude. La période structurée porte sur la création probable du document, non sur le voyage, qui a vraisemblablement eu lieu à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle sans que sa date, le navire ou le port d’embarquement soient établis. Dans la dernière page, « Jamaica » aurait remplacé un mot biffé : Browne et Sweet lisent ce mot comme « Port Royal », tandis que la chercheuse Nicole Aljoe proposait « Barbados ». Seule la destination finale « Jamaica » est certaine. Le titre est la seule indication interne attribuant le récit à une femme appelée Florence Hall, qui n’a pas été identifiée avec certitude dans les registres. Browne et Sweet lisent le pays que le fragment appelle « the Country of the Eboe » comme « clearly a reference to Igbo, somewhere in the Bight of Biafra interior » : cette interprétation appartient à ces deux historiens, et « Eboe » n’est converti ici ni en identification ethnique ni en région administrative actuelle. Le fragment qualifie Akeiso de nom « Eboe », mais ce nom n’est pas actuellement identifié comme un nom igbo certain.

  • Memoirs of the Life of Florence Hall — Powel Family Papers, collection 1582, boîte 46, dossier 9 ; vues 1 à 3 du fac-similé PDF pour le titre, le pays « Eboe », la capture, la marche, la traversée, les déplacements à bord, les fers, l’obscurité, la nourriture, les punitions, les morts, le nom Akeiso et l’arrivée en Jamaïque ; transcription Freedom Narratives FN-OB-1048
  • Florence Hall’s ‘Memoirs’: Finding African Women in the Transatlantic Slave Trade — p. 206–211 pour la provenance, la datation, la médiation, le contenu du fragment et l’arrivée en Jamaïque ; p. 210 pour la lecture du pays « Eboe » comme référence à l’Igbo, dans l’arrière-pays de la baie du Biafra ; note 59, p. 221, pour l’incertitude sur l’identification linguistique du nom Akeiso

Trois corpus martiniquais tardifs rendent la baie du Biafra particulièrement visible sans former un total…

Point 5 sur 12 · Interprétation · 1802–1848

Trois corpus martiniquais tardifs rendent la baie du Biafra particulièrement visible sans former un total commun. À Rivière-Pilote, douze des vingt-trois origines précises annoncées pour des baptêmes de 1802 à 1810 sont classées « Moco » ou « Ibo », même si les six effectifs imprimés ne totalisent que vingt-deux. Au Carbet entre 1810 et 1848, une recension place 73 personnes classées « Ibo » en tête de 244 personnes dont l’origine est dite connue, devant 47 classées « Cap Lahou », 46 « Congo », 38 « Sénégalais » et 15 « Mandingue ». Dans le sous-ensemble strict du répertoire de la traite clandestine pour 1815–1830, cinq des douze notices martiniquaises régionalisées mentionnent la baie du Biafra.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les baptêmes de Rivière-Pilote, les personnes recensées au Carbet et les notices d’expéditions clandestines ne comptent pas le même objet et ne sont pas indépendants au sens statistique ; leurs valeurs ne s’additionnent pas. Le texte complet de la monographie du Carbet n’est pas acquis, de sorte que ses chiffres sont portés par la recension contrôlée de Debien. « Moco » possède des attributions concurrentes selon les sources et n’est rattaché à la baie du Biafra ici que dans le calcul déjà publié par le corpus de Rivière-Pilote. Cette convergence établit une visibilité documentaire tardive, non une majorité démographique pour toute la Martinique.

Un port d’embarquement établit une sortie maritime et un réseau d’approvisionnement, pas automatiquement un…

Point 6 sur 12 · Interprétation · date non établie

Un port d’embarquement établit une sortie maritime et un réseau d’approvisionnement, pas automatiquement un lieu de naissance. Pour l’effondrement de l’empire d’Oyo entre 1817 et 1836, une étude de modélisation relie un réseau de plus de 250 lieux peuplés de la région aux ports de Lagos, Ouidah, Little Popo, Jakin, Badagry et Porto-Novo afin de calculer, année par année, plusieurs provenances probables conditionnelles à un port. Une étude de la baie du Biafra montre que Bonny et le Vieux-Calabar étaient alimentés par des routes, des marchands et des reventes reliant le delta du Niger à des régions plus intérieures. Une étude de la côte de Loango suit les circulations du royaume du Kongo et de l’arrière-pays angolais vers Boma, Cabinda, Malemba et cette côte.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le modèle d’Oyo est une première approximation propre à 1817–1836, fondée sur des conflits documentés, un réseau supposé constant et des choix statistiques ; il ne peut être appliqué à une autre façade ou période sans nouvelles données. L’étude de la baie du Biafra décrit des mécanismes régionaux, et la thèse sur la côte de Loango des circulations sur plusieurs siècles : aucune ne restitue la route personnelle de chaque personne arrivée aux Antilles. Le principe « port différent de naissance » est robuste ; le dessin exact d’un arrière-pays reste toujours à établir port par port et période par période.

Le sous-ensemble strict tiré du répertoire de Serge Daget pour 1815–1830 comprend 18 notices d’expéditions…

Point 7 sur 12 · Mesure · 1815–1830

Le sous-ensemble strict tiré du répertoire de Serge Daget pour 1815–1830 comprend 18 notices d’expéditions clandestines à arrivée martiniquaise et 23 à arrivée guadeloupéenne. Douze notices martiniquaises sont régionalisées et cinq mentionnent la baie du Biafra ; seize notices guadeloupéennes sont régionalisées et dix la mentionnent. Le rapport spécial de l’African Institution de 1821 documente sept routes d’arrivée guadeloupéennes régionalisées, dont cinq liées à Bonny ou au Vieux-Calabar, et une route Sénégal–Martinique.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Une notice d’expédition et une mention régionale ne sont ni une personne ni un effectif débarqué. Une expédition peut porter plusieurs régions : les treize mentions martiniquaises ne représentent que douze notices, et les dix-huit mentions guadeloupéennes seize notices. Le répertoire de Daget n’est pas exhaustif et le rapport de l’African Institution recouvre plusieurs de ses cas ; leurs nombres ne s’additionnent pas. Ces corpus rendent visible la concentration tardive de certaines routes vers Bonny et le Vieux-Calabar sans mesurer la composition entière des populations antillaises.

Les bornes britannique et française de l’interdiction

Point 8 sur 12 · Interprétation · 1807–1818

Audra A. Diptee emploie 1807 comme borne de la fin de la traite britannique. Pour la France, Serge Daget qualifie d’illégale la traite sanctionnée en théorie depuis 1814 et dotée de moyens officiels de répression à partir de 1818. Ces dates et ces degrés d’application ne forment pas une interdiction atlantique unique. Les voyages concernés doivent être qualifiés selon la puissance, le droit applicable, le lieu et la date, en examinant comment l’interdiction, la dissimulation ou la répression peuvent en modifier la forme. Ces bornes ne qualifient pas le statut juridique des captures commises en Afrique.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Diptee emploie 1807 comme borne de la traite britannique dans un article consacré aux enfants, non comme une analyse détaillée de la loi et de son application. Daget qualifie le régime français sans reproduire les textes qui le fondent ; « en théorie depuis 1814 » est sa formule et ne doit pas être transformée en application immédiate et uniforme.

Dans les baptêmes de 1803, 1804, 1807 et 1808 où le statut des parrains et marraines est précisé, des…

Point 9 sur 12 · Mesure · 1803–1808

Dans les baptêmes de 1803, 1804, 1807 et 1808 où le statut des parrains et marraines est précisé, des personnes libres et esclavisées entourent les enfants baptisés. Parmi les parrains esclavisés dont le propriétaire est indiqué, huit relèvent du même propriétaire que l’enfant et dix d’un autre ; pour les marraines, neuf du même et sept d’un autre. Le parrainage rend ainsi visibles des relations qui franchissent statut et propriété.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le sous-ensemble dépend des actes où le statut est explicite. Il établit un lien rituel au baptême, non la liberté du choix, la nature familiale ou affective de chaque relation, ni les services attendus ensuite.

Le 11 février 1815, un couple esclavisé reconnaît quatre enfants âgés de cinq à quatorze ans, dont l’aînée…

Point 10 sur 12 · Interprétation · 1815-02-11–1824

Le 11 février 1815, un couple esclavisé reconnaît quatre enfants âgés de cinq à quatorze ans, dont l’aînée appartient à un autre propriétaire. Deux autres couples mariés en 1818 et 1823 sont eux-mêmes répartis entre propriétaires ; en 1824, des témoins d’un mariage sont dits « amis et camarades ». Le mariage paroissial enregistre des liens que la propriété continue de diviser sans les faire disparaître.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’article localise les actes mais ne fournit pas les noms dans ce passage ni toute la suite des trajectoires. Le sacrement atteste les reconnaissances et les statuts au moment de l’acte, non la cohabitation quotidienne ou le sort ultérieur de chaque enfant.

Céline Flory analyse le « rachat » de captifs pratiqué dans l’empire français comme un enchaînement de trois…

Point 11 sur 12 · Interprétation · 1819–1862

Céline Flory analyse le « rachat » de captifs pratiqué dans l’empire français comme un enchaînement de trois opérations : acheter une personne, l’affranchir, puis l’engager pour plusieurs années au service de l’acheteur ou d’un cessionnaire du contrat. Le changement de statut intervient avant que la personne puisse disposer librement de son travail et de sa mobilité ; selon l’autrice, la liberté de condition n’arrive qu’au terme de l’engagement.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’article est la traduction portugaise d’un texte français ; le livre de 2015 reprend l’analyse. Flory y compare les engagés à temps du Sénégal de 1819-1848 à l’engagisme transocéanique de 1856-1862 : les deux régimes restent distincts et l’analyse ne les confond pas.

Longin affirme que certains artisans esclavisés peuvent travailler pour leur propre compte en versant chaque…

Point 12 sur 12 · Pratique · séjour attribué à Longin en Guadeloupe

Longin affirme que certains artisans esclavisés peuvent travailler pour leur propre compte en versant chaque mois huit ou dix gourdes à leur propriétaire. S’ils trouvent continuellement de l’ouvrage et épargnent, ils peuvent acquérir une petite aisance et parfois racheter leur liberté, issue qu’il dit très rare. Métier, pécule et mobilité restent donc organisés par une redevance au maître et par le maintien du statut servile.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Longin ne donne ni contrat, ni métier individuel, ni compte, ni acte d’affranchissement. Le montant et la rareté alléguée décrivent sa généralisation ; ils ne forment pas une série de revenus ou de rachats.

  • Voyage à la Guadeloupe. Œuvre posthume — p. 225-227, vues 237-239 ; passage porteur p. 226, vue 238 : l’ouvrier qu’un maître laisse « travailler pour son propre compte, moyennant qu’il en reçoit, chaque mois, huit ou dix gourdes », la « petite aisance » et « Rien de plus rare qu’un nègre puisse se racheter »

Sources reliées

Sources citées par les points publiés ou déjà repérées pour poursuivre l’enquête.