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Esclavage aux Antilles

Source

Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale, 1814–1850

Serge Daget

Instrument de recherche · 1988

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Points étayés

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L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819,…

Point 1 sur 4 · Témoignage · 1819-01-24–1819-06-21

L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819, atteignit la côte africaine le 14 mars, mouilla devant Bonny — lieu que l’article associe à la rivière du Calabar —, repartit le 6 avril, puis arriva en Guadeloupe le 21 juin. Environ quinze jours après le départ de Bonny, au moment où l’affection des yeux est observée, le texte compte 160 personnes captives enfermées dans la cale et l’entrepont. L’affection gagne ensuite l’équipage : le même article rapporte que des matelots en sont atteints, que le chirurgien du bord en est resté aveugle, et qu’à l’arrivée en Guadeloupe « l’équipage était dans un état déplorable ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Guillié nomme le chirurgien du bâtiment, Maignan, à la page 75, et indique en note de la page 78 qu’il lui a fourni une partie des détails. Ce texte médical ne remplace ni le journal de bord ni les documents d’armement et de débarquement ; la reprise anglaise traduit la même chaîne au lieu de la confirmer indépendamment. Le nombre de 160 porte chez Guillié sur le moment où l’affection est observée, environ quinze jours après le départ, et non sur l’embarquement ou le débarquement. Rupprecht écrit 170 à ce même stade ; Daget donne 200 personnes chargées à Bonny et 160 débarquées en Guadeloupe. Ces nombres ne doivent pas être fusionnés en un seul effectif de départ.

Trois corpus martiniquais tardifs rendent la baie du Biafra particulièrement visible sans former un total…

Point 2 sur 4 · Interprétation · 1802–1848

Trois corpus martiniquais tardifs rendent la baie du Biafra particulièrement visible sans former un total commun. À Rivière-Pilote, douze des vingt-trois origines précises annoncées pour des baptêmes de 1802 à 1810 sont classées « Moco » ou « Ibo », même si les six effectifs imprimés ne totalisent que vingt-deux. Au Carbet entre 1810 et 1848, une recension place 73 personnes classées « Ibo » en tête de 244 personnes dont l’origine est dite connue, devant 47 classées « Cap Lahou », 46 « Congo », 38 « Sénégalais » et 15 « Mandingue ». Dans le sous-ensemble strict du répertoire de la traite clandestine pour 1815–1830, cinq des douze notices martiniquaises régionalisées mentionnent la baie du Biafra.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les baptêmes de Rivière-Pilote, les personnes recensées au Carbet et les notices d’expéditions clandestines ne comptent pas le même objet et ne sont pas indépendants au sens statistique ; leurs valeurs ne s’additionnent pas. Le texte complet de la monographie du Carbet n’est pas acquis, de sorte que ses chiffres sont portés par la recension contrôlée de Debien. « Moco » possède des attributions concurrentes selon les sources et n’est rattaché à la baie du Biafra ici que dans le calcul déjà publié par le corpus de Rivière-Pilote. Cette convergence établit une visibilité documentaire tardive, non une majorité démographique pour toute la Martinique.

Le sous-ensemble strict tiré du répertoire de Serge Daget pour 1815–1830 comprend 18 notices d’expéditions…

Point 3 sur 4 · Mesure · 1815–1830

Le sous-ensemble strict tiré du répertoire de Serge Daget pour 1815–1830 comprend 18 notices d’expéditions clandestines à arrivée martiniquaise et 23 à arrivée guadeloupéenne. Douze notices martiniquaises sont régionalisées et cinq mentionnent la baie du Biafra ; seize notices guadeloupéennes sont régionalisées et dix la mentionnent. Le rapport spécial de l’African Institution de 1821 documente sept routes d’arrivée guadeloupéennes régionalisées, dont cinq liées à Bonny ou au Vieux-Calabar, et une route Sénégal–Martinique.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Une notice d’expédition et une mention régionale ne sont ni une personne ni un effectif débarqué. Une expédition peut porter plusieurs régions : les treize mentions martiniquaises ne représentent que douze notices, et les dix-huit mentions guadeloupéennes seize notices. Le répertoire de Daget n’est pas exhaustif et le rapport de l’African Institution recouvre plusieurs de ses cas ; leurs nombres ne s’additionnent pas. Ces corpus rendent visible la concentration tardive de certaines routes vers Bonny et le Vieux-Calabar sans mesurer la composition entière des populations antillaises.

  • Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale, 1814–1850 (cette notice) — dépouillement local du répertoire de Daget et tableau dérivé associé : 41 notices strictes, dont 18 Martinique et 23 Guadeloupe ; 12 et 16 notices régionalisées ; 13 et 18 mentions régionales non additives contrôlées dans le corps du répertoire
  • De l’état actuel de la traite des noirs, rapport spécial présenté le 8 mai 1821, traduit de l’anglais et accompagné d’un avant-propos du traducteur — rapport spécial traduit, p. imprimées 112, 128, 130–131, 134–135 et 138–141, PDF 134, 150, 152–153, 156–157 et 160–163 : sept arrivées guadeloupéennes régionalisées, dont cinq Bonny ou Vieux-Calabar et deux Sénégal, plus le navire Valentine du Sénégal à la Martinique en 1820

Les bornes britannique et française de l’interdiction

Point 4 sur 4 · Interprétation · 1807–1818

Audra A. Diptee emploie 1807 comme borne de la fin de la traite britannique. Pour la France, Serge Daget qualifie d’illégale la traite sanctionnée en théorie depuis 1814 et dotée de moyens officiels de répression à partir de 1818. Ces dates et ces degrés d’application ne forment pas une interdiction atlantique unique. Les voyages concernés doivent être qualifiés selon la puissance, le droit applicable, le lieu et la date, en examinant comment l’interdiction, la dissimulation ou la répression peuvent en modifier la forme. Ces bornes ne qualifient pas le statut juridique des captures commises en Afrique.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Diptee emploie 1807 comme borne de la traite britannique dans un article consacré aux enfants, non comme une analyse détaillée de la loi et de son application. Daget qualifie le régime français sans reproduire les textes qui le fondent ; « en théorie depuis 1814 » est sa formule et ne doit pas être transformée en application immédiate et uniforme.

  • African Children in the British Slave Trade During the Late Eighteenth Century — p. 185, premier paragraphe et fin de l’introduction : la période postérieure à 1807 est qualifiée d’après la fin de la traite britannique ; le corpus de l’article est borné à 1775–1807
  • Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale, 1814–1850 (cette notice) — introduction, folio ii du volume, page 8 du PDF détenu : traite sanctionnée en théorie depuis 1814 et moyens officiels à partir de 1818

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