Point 1 sur 30 · Témoignage · date non établie · Dans le récit qu’il publie en 1789, Olaudah Equiano raconte sa propre traversée, depuis son embarquement sur…
Dans le récit qu’il publie en 1789, Olaudah Equiano raconte sa propre traversée, depuis son embarquement sur la côte africaine jusqu’à la Barbade, et les questions qu’il pose sous le pont à des personnes de sa région sur leur destination et sur la marche du navire. À la Barbade, il ne trouve pas d’acheteur : au bout de quinze jours au plus, estime-t-il, il est embarqué avec quelques autres captifs restés invendus sur un sloop, un petit navire, pour la Virginie.
À garder en tête : Le récit est étudié comme la publication d’Equiano en 1789, dont le statut autobiographique fait débat : aucun de ses détails n’est converti en déposition indépendante que confirmerait un journal de bord. Deux documents donnent la Caroline du Sud pour lieu de naissance d’Equiano, qui signait Vassa : le registre de son baptême à Westminster en 1759 et un rôle d’équipage du Racehorse en 1773. Vincent Carretta, qui les a produits, juge les preuves pour et contre une naissance africaine non concluantes ; Paul Lovejoy conteste la valeur de ces deux documents. Le site ne tranche pas. Quel que soit ce lieu, Fogleman et Hanserd retiennent le récit pour ce qu’il apporte, avec des éléments corroborés par d’autres sources, sur la traversée et l’esclavage dans les Amériques.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [7] — chapitre II, pagination imprimée de 1789 : p. 71–78 pour l’embarquement, la descente sous le pont, le refus de manger et les questions échangées ; p. 79–84 pour le départ, le manque d’air et les trois hommes se jetant à la mer ; p. 84–86 pour les poissons volants, le quadrant, la Barbade et Bridgetown ; chapitre III, p. 90–91, pour les quinze jours au plus passés dans l’île et le départ en sloop pour la Virginie avec quelques autres restés invendus
- Source [17] — chapitre 5, p. 123–126, analyse de la question « What was to be done with us? » et du navire comme « hollow place »
- Source [18] — introduction, p. 10 : découverte de Carretta sur le lieu de naissance, caractère « fierce » du débat entre spécialistes, et motif du maintien du récit au catalogue
- Source [19] — préface pour l’enjeu ; chapitre 4 pour le baptême du 9 février 1759 à St Margaret’s, Westminster, et sa planche ; chapitre 7 pour les rôles d’équipage du Racehorse, l’entrée « So. Carolina » du troisième appel et les réserves que Carretta y porte lui-même
- Source [20] — p. 115 pour « Paul Lovejoy may be correct » et le caractère « ultimately inconclusive » des preuves ; p. 116-117 pour l’asymétrie des mobiles, le calcul de vraisemblance sur le rôle du Racehorse et les trois hommes d’équipage nés en Afrique
- Source [21] — p. 7, 9 et 12, notes 2, 30 et 52-54 pour la mise en cause des deux documents — attribution par Lovejoy de la mention aux parrain et marraine, cousins de Pascal ; nom du rôle susceptible de ne pas désigner Vassa, présenté comme assistant du docteur Irving — ; p. 3 et 9-15, notes 39-50 et 55-69 pour l’identification proposée d’« Essaka » à Usaka et d’« Equiano » à Ikwuano
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés, chapitre 2 — Entassés sous le pont, chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 2 sur 30 · Témoignage · date non établie · Sous le pont du navire d’Equiano : l’air, les fers, la faim et le fouet
Dans le récit qu’il publie en 1789, Olaudah Equiano raconte qu’à l’embarquement des hommes de l’équipage le palpent et le soulèvent pour voir s’il est sain. Il demande aux hommes noirs qui l’ont conduit à bord si les hommes blancs vont le manger ; ils lui assurent que non, puis repartent, et il se voit sans chance de regagner la côte. Mis sous le pont, l’odeur et les pleurs le rendent si malade qu’il ne peut plus manger ; deux marins lui présentent à manger et, comme il refuse, l’un le maintient couché et lui lie les pieds pendant que l’autre le fouette. Il aurait voulu se jeter à la mer, mais des filets bordent le navire et l’équipage surveille de près ceux qui ne sont pas enchaînés pour les empêcher de sauter ; il voit d’autres captifs fouettés d’heure en heure parce qu’ils ne mangent pas. Parmi les hommes enchaînés, il trouve des gens de sa nation, qui lui disent qu’on les emmène travailler au pays des hommes blancs ; il leur demande si ces hommes n’ont pas de pays et vivent dans ce lieu creux. Il écrit que leur brutalité ne s’exerce pas seulement sur les captifs : il voit sur le pont un homme blanc fouetté près du mât avant jusqu’à en mourir, puis jeté par-dessus bord ; il en craint davantage ces hommes et s’attend à être traité de même. Tant que le navire reste sur la côte, il est surtout sur le pont, et certains captifs ont la permission d’y rester pour respirer ; le chargement terminé, tous sont mis sous le pont et ne voient plus comment on manœuvre. L’entassement — chacun a à peine la place de se retourner —, la chaleur et la sueur rendent l’air irrespirable, une maladie en fait mourir beaucoup, les fers blessent, des enfants tombent dans les baquets servant de latrines et manquent d’y étouffer, et il entend les cris des femmes et les gémissements des mourants. Affaibli, il est gardé presque toujours sur le pont et, très jeune, n’est pas mis aux fers. Un jour, les marins pêchent, mangent ce qu’ils veulent et rejettent le reste à la mer sous les yeux des captifs qui en demandent ; quelques hommes poussés par la faim essaient d’en prendre en cachette et, découverts, sont durement fouettés. Un jour de mer calme, deux hommes de son pays enchaînés ensemble passent à travers les filets et se jettent à la mer, suivis d’un troisième que sa maladie avait fait laisser sans fers ; l’équipage fait descendre les plus valides sous le pont et met un canot à la mer, deux hommes se noient et le troisième, repris, est fouetté sans pitié. Equiano écrit que beaucoup d’autres les auraient suivis si l’équipage ne les en avait pas empêchés.
À garder en tête : Le récit a le statut discuté dans la réserve de l’affirmation sur l’embarquement et la traversée d’Equiano : publication de 1789, dont aucun détail n’est converti en déposition indépendante. Equiano qualifie lui-même ce qu’il décrit et prête aux trois hommes la préférence de la mort à l’esclavage : c’est sa lecture de leur geste.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [7] — chapitre II, pagination imprimée de 1789 : p. 71 pour l’examen par des hommes de l’équipage ; p. 72–74 pour les hommes qui l’ont conduit à bord et son abandon ; p. 74–75 pour la descente sous le pont, l’odeur, le refus de manger, le fouet, les filets, la surveillance et les captifs fouettés d’heure en heure parce qu’ils ne mangent pas ; p. 75–78 pour ses compatriotes enchaînés, leur réponse, l’homme blanc fouetté à mort près du mât avant et le lieu creux ; p. 79–81 pour le pont sur la côte, la mise sous le pont au départ, l’entassement, l’air, la maladie, les fers, les baquets, les cris, et sa garde sur le pont sans fers ; p. 81–82 pour le poisson rejeté et les captifs fouettés ; p. 82–84 pour les trois hommes à la mer, le canot, les deux noyés, le troisième fouetté et les autres empêchés
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés, chapitre 2 — Entassés sous le pont et chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer.
Point 3 sur 30 · Témoignage · date non établie · Dans un fragment probablement mis par écrit dans les années 1810–1830 et conservé sous le titre Memoirs of…
Dans un fragment probablement mis par écrit dans les années 1810–1830 et conservé sous le titre Memoirs of the Life of Florence Hall, la femme dont Robert Johnston transmet le récit présente Akeiso comme son nom « Eboe ». Elle raconte avoir été capturée enfant dans le pays qu’elle appelle « Eboe », avoir marché quinze nuits jusqu’à la mer, puis avoir accompli une longue traversée vers la Jamaïque. À bord, les enfants nus peuvent se déplacer sur le navire tandis que les hommes et les femmes sont enchaînés et maintenus dans l’obscurité sous le pont. Akeiso décrit la nourriture rare et mauvaise, les punitions fréquentes et sévères, et des morts si habituelles que les personnes restées en vie croient que les morts retrouvent leur peuple et leur pays.
À garder en tête : Le fragment de quatre pages est non signé, non daté et incomplet. Robert Johnston l’a matériellement écrit, mais il a pu écouter Akeiso directement ou copier un récit transmis. Les historiens Randy Browne et John Wood Sweet situent avec confiance cette mise par écrit entre 1810 et 1830 ; l’hypothèse plus précise de 1818–1833 n’est pas une certitude. La période structurée porte sur la création probable du document, non sur le voyage, qui a vraisemblablement eu lieu à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle sans que sa date, le navire ou le port d’embarquement soient établis. Dans la dernière page, « Jamaica » aurait remplacé un mot biffé : Browne et Sweet lisent ce mot comme « Port Royal », tandis que la chercheuse Nicole Aljoe proposait « Barbados ». Seule la destination finale « Jamaica » est certaine. Le titre est la seule indication interne attribuant le récit à une femme appelée Florence Hall, qui n’a pas été identifiée avec certitude dans les registres. Browne et Sweet lisent le pays que le fragment appelle « the Country of the Eboe » comme « clearly a reference to Igbo, somewhere in the Bight of Biafra interior » : cette interprétation appartient à ces deux historiens, et « Eboe » n’est converti ici ni en identification ethnique ni en région administrative actuelle. Le fragment qualifie Akeiso de nom « Eboe », mais ce nom n’est pas actuellement identifié comme un nom igbo certain.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [8] — Powel Family Papers, collection 1582, boîte 46, dossier 9 ; vues 1 à 3 du fac-similé PDF pour le titre, le pays « Eboe », la capture, la marche, la traversée, les déplacements à bord, les fers, l’obscurité, la nourriture, les punitions, les morts, le nom Akeiso et l’arrivée en Jamaïque ; transcription Freedom Narratives FN-OB-1048
- Source [22] — p. 206–211 pour la provenance, la datation, la médiation, le contenu du fragment et l’arrivée en Jamaïque ; p. 210 pour la lecture du pays « Eboe » comme référence à l’Igbo, dans l’arrière-pays de la baie du Biafra ; note 59, p. 221, pour l’incertitude sur l’identification linguistique du nom Akeiso
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés, chapitre 2 — Entassés sous le pont et chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer.
Point 4 sur 30 · Témoignage · récit mis par écrit en 1799 ; faits non datés · ’Sibell : enlèvement, retrouvailles et dispersion
Dans son récit mis par écrit à la Barbade par John Ford en 1799, ’Sibell raconte qu’un homme présenté comme son beau-frère l’emporte loin de son pays, la fait marcher de nuit comme de jour, puis la vend contre un fusil et de la poudre après un enfermement avec d’autres personnes capturées. Elle dit découvrir alors les personnes blanches, les grands navires et le bruit des vagues. À bord, elle reconnaît Mimbo, Dublin, Sally et d’autres personnes de son pays ; les ventes les dispersent ensuite sans qu’elle sache ce qu’elles sont devenues.
À garder en tête : ’Sibell ne s’auto-écrit pas : Ford met son récit par écrit dans des circonstances inconnues, et Handler en donne une édition, non un fac-similé. Le texte s’arrête après l’entrée dans le navire et la dispersion par les ventes ; il ne décrit ni les jours en mer ni l’arrivée. Aucun des noms qu’elle rapporte — Mimbo, Dublin, Sally — ne permet d’assigner une origine ethnolinguistique individuelle.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [23] — p. 132–133 pour le récit intégral de ’Sibell ; p. 137–139 pour John Ford, le manuscrit Bodleian Library, MS. Eng. misc. b. 4, fol. 50–51, et les limites d’identification des noms
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 5 sur 30 · Prescription · 1687 · Au récit de sa traversée vers Saint-Domingue, en 1687, Michel Jajolet de La Courbe, envoyé de la Compagnie…
Au récit de sa traversée vers Saint-Domingue, en 1687, Michel Jajolet de La Courbe, envoyé de la Compagnie royale du Sénégal, interrompt son journal pour écrire deux pages de doctrine sur la manière de conduire les personnes captives pendant la traversée. Le rapport de force d’abord : « Lorsqu’on transporte des negres, comme il sont quelquefois au nombre de deux, trois ou quatre cents, et que l’équipage n’est ordinairement que de 30 ou 40 hommes, il faut bien prendre garde qu’ils ne se revoltent dans la traversée, comme cela arrive trés souvent par le peu de precaution des capitaines et, pour lors, on est obligé pour deffendre sa vie d’en tuer plusieurs, jusqu’a ce que les autres se soumettent ; il y en a même beaucoup qui, voyant qu’ils n’ont pas reussy dans leur entreprise, se jettent à la mer de desespoir et dans la crainte du chatiment. » Puis le dispositif : « on leur met a tous une paire de fers ou grillons, aux pieds, et lorsqu’ils sont mechants, on leur en met deux » ; le corps de garde fermé, aucun homme souffert sur le gaillard, « sur lequel il y a toujours des armes toutes prestes et qu’ils peuvent voir avec des soldats ou matelots pour les tirer, en cas de besoin, et pour leur montrer qu’on est toujours sur ses gardes ; car lorsqu’ils voyent que vous n’y estes pas, cela leur donne courage de se révolter » ; les fers visités « deux fois par jour » ; et à l’heure du repas sur le pont, « faire prendre les armes a ceux qui sont de garde, et faire tourner quelque pierier de leur costé pour les tenir dans le respect ». La résistance est décrite dans le même mouvement : « Se déferrants, et même avec leurs fers, ils ne laissent pas de sauter et de s’aider de ce qu’ils trouvent comme pillons, pinces et autres choses pour assommer les blancs », et « Il n’y avoit pas longtemps qu’on fut obligé d’en tuer jusqu’a 25 dans un des vaisseaux de la Compagnie. » Enfin l’entretien : un seul repas par jour « quand on en a beaucoup », de gros mil « que l’on fait monder par les femmes », c’est-à-dire décortiquer, du poisson mêlé quand on en prend ; la séparation des hommes et des femmes, puis leur enfermement de nuit « de peur que les matelots ne leur aillent rendre visite » ; les corps frottés « de deux jours l’un avec un peu d’huile, ou de beurre fondu, cela les rends luisants et dispots » ; un petit sac de tabac et une pipe à chacun « afin qu’ils puissent se desenuyer en fumant » ; « et aux femmes on leur donne à chacune une petite gamelle ou calbace pour mettre de leau a leurs enfans ». La dernière phrase est un calcul : « Pendans les trois ou quatre premiers jours, on a bon marché de leur nouriture parce qu’ils sont tous malades du mal de mer ; mais sitost qu’ils ont fait corps neuf, on ne sçauroit les rasasier. »
À garder en tête : Ce texte énonce ce qu’un capitaine doit faire, à l’usage de la Compagnie royale du Sénégal ; il ne rapporte pas ce qui a été fait à bord du navire où La Courbe écrit. Ses nombres — « deux, trois ou quatre cents » personnes, « 30 ou 40 hommes » d’équipage — sont des ordres de grandeur, non des relevés. Les vingt-cinq personnes tuées « dans un des vaisseaux de la Compagnie » sont un fait qu’il rapporte sans nommer le navire, la date ni le lieu, et sans dire qu’il en fut témoin. Les mots « obligé » et « méchants » sont les siens : il écrit en agent de la compagnie, du côté de ceux qui gardent. Le texte est cité d’après l’édition de Prosper Cultru (1913) ; le manuscrit, conservé en deux fragments à la BnF, est incomplet de seize pages.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [9] — pages 273-275, vues PDF 341-343 : la doctrine entière, du rapport de force au calcul sur la nourriture des premiers jours, ouverte au bas de la page 273 et close aux deux premières lignes de la page 275
- Source [9] — introduction de Prosper Cultru, folios romains LII-LIII, vue PDF 63 pour le folio LIII : citant un mémoire de La Courbe de 1693, « les comptoirs étaient encombrés de captifs qui mouraient de maladie dans les enclos, parce qu’on ne venait pas les prendre »
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés et chapitre 2 — Entassés sous le pont.
Point 6 sur 30 · Interprétation · date non établie · Les femmes captives face aux capitaines, aux officiers et aux marins des navires négriers
Dans son histoire du navire négrier, qui porte sur la traite britannique et nord-américaine du XVIIIe siècle, l’historien Marcus Rediker montre que les capitaines exerçaient une terreur sexuelle sur les femmes captives et, avec les officiers, disposaient d’elles à leur gré, et que des marins les violaient, certains à répétition. Devant le Parlement britannique, des défenseurs de la traite faisaient valoir que des ordres interdisaient ces relations ; d’après les témoins qu’il cite, dont l’ancien capitaine John Newton, de tels ordres étaient loin d’être généralement tenus. Rediker souligne enfin que le « consentement » dont parlent certains témoins n’avait pas de sens pour des femmes privées de toute protection.
À garder en tête : C’est l’analyse d’un historien sur les navires britanniques et nord-américains du XVIIIe siècle, fondée pour l’essentiel sur des témoignages publiés pendant la campagne abolitionniste britannique : elle ne décrit pas ce qui s’est passé sur le navire français de La Courbe en 1687, dont la prescription dit seulement la crainte des « visites » des matelots aux femmes.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [26] — chapitre 7, « The Captain’s Own Hell », pour la terreur sexuelle que les capitaines font peser sur les femmes captives ; chapitre 8, « The Sailor’s Vast Machine », passage sur les violences de l’équipage envers les femmes (notes 40 à 42) : témoignages de Newton, de Robert Norris devant la commission parlementaire, de Falconbridge et de Leigh, marins « serial rapist » et sens du « consent »
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés.
Point 7 sur 30 · Témoignage · date non établie · Cugoano : les marins prenaient les femmes africaines
Dans le récit qu’il publie en 1787, Ottobah Cugoano, conduit captif de Cape Coast vers la Grenade, écrit qu’il était courant que les marins prennent les femmes africaines pour se coucher sur leurs corps (« it was common for the dirty filthy sailors to take the African women and lie upon their bodies »), alors que les hommes étaient enchaînés et enfermés sous le pont.
À garder en tête : Cugoano écrit de mémoire, dans un livre abolitionniste publié en 1787 ; il généralise (« it was common ») à partir de ce qu’il a vu sur son navire, dont il ne donne ni le nom ni la date.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [12] — p. 10, dans le récit du projet d’incendie du navire : la femme qui dénonce le projet, les marins qui prennent les femmes africaines, les hommes enchaînés sous le pont
Employé dans : chapitre 1 — Réunis à bord, puis séparés.
Point 8 sur 30 · Pratique · 1788-05-19 · Le 19 mai 1788, un compte d'avitaillement pour le navire français La Seine place sous le titre « Vivres pour…
Le 19 mai 1788, un compte d'avitaillement pour le navire français La Seine place sous le titre « Vivres pour les nègres » des fèves, du riz, du biscuit, du « petit bœuf », du vin, du sel, du vinaigre, un « élixir de Stoughton », du tabac et des pipes. Il consigne ainsi des achats ou des provisions prévus pour les personnes qui doivent être déportées à bord.
À garder en tête : Ce compte documente un achat ou une prévision d'avitaillement. Il n'établit ni ce qui a effectivement été embarqué, ni les rations distribuées, ni ce que chaque personne a reçu ou consommé. Le titre cité est celui que les producteurs du compte imposent aux personnes visées.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — F/5851, vues 3–4 : compte daté du 19 mai 1788, rubriques « Vivres pour les nègres » et lignes des fèves, du riz, du biscuit, du bœuf, du vin, du sel, du vinaigre, de l’élixir de Stoughton, du tabac et des pipes
Employé dans : chapitre 2 — Entassés sous le pont.
Point 9 sur 30 · Témoignage · date non établie · Alexander Falconbridge, ancien chirurgien de navires négriers, décrit en 1788 des hommes attachés deux par…
Alexander Falconbridge, ancien chirurgien de navires négriers, décrit en 1788 des hommes attachés deux par deux, des espaces séparés pour les femmes et les garçons, des personnes couchées sur le côté et parfois sur des plateformes, des montées sur le pont sous chaîne lorsque le temps le permet, deux distributions quotidiennes de nourriture et d’eau, ainsi que le retour sous le pont par mauvais temps. Il décrit aussi le refus de manger réprimé par la violence — il dit avoir vu des braises portées sur une pelle et approchées des lèvres jusqu’à les brûler, avec la menace de les faire avaler —, la danse et le chant imposés, les violences sexuelles des officiers, la fermeture des ouvertures, la maladie et les blessures causées par le frottement du navire.
À garder en tête : Falconbridge écrit depuis son expérience de chirurgien dans le combat abolitionniste britannique. Il décrit des pratiques qu’il présente comme courantes et plusieurs situations observées, non un règlement appliqué sans variation sur tous les navires, toutes les routes ou toute la durée de la traite.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [10] — p. 19–20 pour les fers, les espaces et les plateformes ; p. 21–23 pour les montées, les repas, la danse et le chant ; p. 23 pour le refus de manger, les braises portées sur une pelle jusqu’aux lèvres et la menace de les faire avaler ; p. 23–25 pour les violences sexuelles, les ouvertures et les maladies ; p. 28–29 pour les blessures des malades et les personnes ferrées aux morts
Employé dans : chapitre 2 — Entassés sous le pont.
Point 10 sur 30 · Événement · 1784-05-21–1784-06-28 · Dans une déclaration du 28 juin 1784, les officiers du navire français La Bonne Société disent être partis…
Dans une déclaration du 28 juin 1784, les officiers du navire français La Bonne Société disent être partis de Loango le 21 mai pour Port-au-Prince, à Saint-Domingue, alors que la coque du navire laissait déjà entrer plus d’eau de mer qu’à l’ordinaire et qu’on actionnait les pompes toutes les deux heures. Après un grain violent et une mer très grosse, qui aggravent la fuite, ils font fonctionner continuellement les deux pompes avec des personnes captives et des marins. L’équipage se dit fatigué et atteint du scorbut ; les officiers décident alors de gagner la première île afin de mettre les personnes captives à terre et d’y faire soigner les marins malades.
À garder en tête : La déclaration est produite par les officiers du navire : elle ne dit ni comment le travail était réparti entre les personnes, ni ce qu'en pensaient les personnes captives. Elle ne mesure pas l'effet propre de ce travail sur l'issue du navire. Elle ne nomme pas la « première île » que les officiers décident de gagner.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [2] — MS 2290, fol. 55r, vue 35 : déclaration datée du 28 juin, départ de Loango le 21 mai pour Port-au-Prince, eau déjà plus abondante qu’à l’ordinaire et pompes actionnées toutes les deux heures, grain violent et mer très grosse, fonctionnement continuel des deux pompes avec le concours de personnes captives et de marins, équipage fatigué et atteint du scorbut, décision de gagner la première île, d’y mettre les personnes captives à terre et d’y soigner les marins malades
Employé dans : chapitre 2 — Entassés sous le pont.
Point 11 sur 30 · Événement · 1676-03-08–1676-05-26 · Le navire anglais James quitte la rade de Dixcove, sur la côte de l’Or, le 8 mars 1676 à destination de la…
Le navire anglais James quitte la rade de Dixcove, sur la côte de l’Or, le 8 mars 1676 à destination de la Barbade. Le journal du capitaine Peter Blake note le retrait des fers le 16 mars, plusieurs distributions de poisson à la fin de mars, puis l’apparition de la Barbade et le mouillage dans la baie de Carlisle le 21 mai : soixante-quatorze jours séparent le départ de l’apparition de l’île. Edwyn Stede, l’un des agents de la Royal African Company à la Barbade, examine les personnes à bord le 22 mai ; elles sont rasées, reçoivent de l’eau fraîche, de l’huile de palme et du tabac le 24 ; 163 sont vendues le 25 et 70 le lendemain, sans débarquement préalable consigné.
À garder en tête : Le journal est celui du capitaine et organise le voyage par vents, rations, pertes et opérations commerciales. Il date des événements mais ne rapporte pas la manière dont les personnes captives mesurent les jours ni ce qu’elles disent de leur destination. La durée de soixante-quatorze jours est la différence calendaire entre les deux dates, non un chiffre donné par Blake.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [24] — p. 204–205, journal de Peter Blake : départ de « Dickey’s road » le 8 mars, retrait des fers le 16 mars, poisson les 28–31 mars, Barbade et baie de Carlisle le 21 mai, visite de Stede le 22, préparation le 24 et ventes des 25–26 mai ; note 20 p. 204 pour la fonction de Stede comme l’un des agents de la compagnie à la Barbade
- Source [17] — chapitre 5, p. 131–148, particulièrement p. 142–148 pour la séquence du James entre le départ, la perte de la terre, les semaines en mer et l’apparition de la Barbade
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 12 sur 30 · Témoignage · 1676-03-31–1676-04-26 · Pendant la traversée du James en 1676, le compte des morts que tient Peter Blake (« Account of Mortallity »)…
Pendant la traversée du James en 1676, le compte des morts que tient Peter Blake (« Account of Mortallity ») porte un garçon malade tombé à la mer dans la nuit du 31 mars ; une femme morte le 15 avril, reçue de Wyembah, tombée malade et qui ne voulait « rien manger ni rien prendre » ; un homme qui se jette par-dessus bord et se noie le 17 avril ; et une femme morte le 26 avril, que Blake a achetée lui-même, après avoir continué à porter son enfant jusqu’à l’épuisement. La provenance que le compte inscrit distingue ces deux femmes. Une version du journal citée par Smallwood précise que l’homme du 17 avril refuse de saisir l’aviron tendu lorsque l’embarcation le rejoint.
À garder en tête : Blake décrit les personnes selon leur valeur, leur état physique et la perte enregistrée. Le geste de la mère et les refus sont conservés, mais le document ne livre aucun nom et ne permet pas d’attribuer un motif précis. Le refus de l’aviron est publié par Smallwood à partir du journal sans apparaître dans l’extrait abrégé donné p. 204 par Donnan.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [24] — p. 204 pour le saut du 17 avril ; p. 207–208, « Account of Mortallity », pour le garçon du 31 mars, le refus de manger du 15 avril, le saut du 17 avril et la mère morte après avoir porté son enfant le 26 avril
- Source [17] — chapitre 5, p. 144–146, notamment p. 145 pour l’embarcation, l’aviron tendu et le refus de le saisir
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer.
Point 13 sur 30 · Mesure · 1789-10-27–1789-12-05 · Dans son journal de La Rosalie, Augustin David Osmond compte 23 décès parmi les 523 personnes captives…
Dans son journal de La Rosalie, Augustin David Osmond compte 23 décès parmi les 523 personnes captives parties de Loango pendant les 38 jours qui vont du premier jour de mer, le 28 octobre 1789, à l'arrivée à la pointe de la Caravelle, en Martinique, le 5 décembre.
À garder en tête : Osmond produit le journal depuis l'équipage et désigne rarement les personnes mortes autrement que par une catégorie de sexe et d'âge. Les causes portées en marge sont ses qualifications. Dans leur étude de ce journal, Delente et Delente donnent 518 personnes et 31 morts avant la Martinique ; ces nombres ne concordent ni avec les 523 personnes du départ ni avec les 23 décès que le manuscrit relève jusqu'à la Caravelle, et ce sont ceux du manuscrit qui sont retenus.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [3] — Ms 516, fol. 24r–31v, vues 47–62 : départ de Loango avec 523 personnes le 27 octobre, jours de mer du 28 octobre au 5 décembre, 23 décès relevés dans les marges, arrivée à la pointe de la Caravelle au 38e jour
- Source [25] — p. 53–60, projection HTML Persée : 518 personnes transportées, 31 morts avant la Martinique et 38 jours de Loango à Saint-Pierre
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 14 sur 30 · Témoignage · date non établie · Dans le récit de vie publié sous le nom de Venture Smith en 1798, le navire part d’Anomabu, sur la côte de…
Dans le récit de vie publié sous le nom de Venture Smith en 1798, le navire part d’Anomabu, sur la côte de l’actuel Ghana, vers la Barbade. Broteer, acheté par l’homme chargé des vivres du navire — le « steward » du récit —, qui lui donne ensuite le nom de Venture, raconte qu’une épidémie de variole éclate pendant la traversée et que, sur 260 personnes parties d’Afrique, 200 au plus sont encore vivantes à l’arrivée.
À garder en tête : Les nombres appartiennent au récit publié et ne doivent pas être remplacés par les estimations de la base. SlaveVoyages rapproche le texte du voyage 36067 tout en examinant ses écarts ; cette validation de route ne transforme pas toutes les précisions du récit en journal de bord.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [15] — chapitre I pour le départ d’Anamaboo et les 260 personnes achetées, chapitre II pour la traversée et l’arrivée à la Barbade, avec la variole et les nombres 260 et 200
- Source [32] — export local 2026 de la Trans-Atlantic Slave Trade Database, voyage 36067 : Charming Susanna, capitaine James Collingwood, Anomabu, Barbade et année 1739
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer et note de méthode — Rapprocher des navires sans composer une traversée type.
Point 15 sur 30 · Témoignage · 1819-01-24–1819-06-21 · L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819,…
L’article médical publié par Sébastien Guillié rapporte que le Rôdeur quitta Le Havre le 24 janvier 1819, atteignit la côte africaine le 14 mars, mouilla devant Bonny — lieu que l’article associe à la rivière du Calabar —, repartit le 6 avril, puis arriva en Guadeloupe le 21 juin. Environ quinze jours après le départ de Bonny, au moment où l’affection des yeux est observée, le texte compte 160 personnes captives enfermées dans la cale et l’entrepont. L’affection gagne ensuite l’équipage : le même article rapporte que des matelots en sont atteints, que le chirurgien du bord en est resté aveugle, et qu’à l’arrivée en Guadeloupe « l’équipage était dans un état déplorable ».
À garder en tête : Guillié nomme le chirurgien du bâtiment, Maignan, à la page 75, et indique en note de la page 78 qu’il lui a fourni une partie des détails. Ce texte médical ne remplace ni le journal de bord ni les documents d’armement et de débarquement ; la reprise anglaise traduit la même chaîne au lieu de la confirmer indépendamment. Le nombre de 160 porte chez Guillié sur le moment où l’affection est observée, environ quinze jours après le départ, et non sur l’embarquement ou le débarquement. Rupprecht écrit 170 à ce même stade ; Daget donne 200 personnes chargées à Bonny et 160 débarquées en Guadeloupe. Ces nombres ne doivent pas être fusionnés en un seul effectif de départ.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [13] — p. 74 pour le départ, l’arrivée sur la côte, Bonny, le départ du 6 avril, l’apparition de l’affection environ quinze jours plus tard et les 160 personnes alors comptées ; p. 78 pour l’arrivée en Guadeloupe le 21 juin 1819
- Source [14] — p. 7–10, traduction du récit médical
- Source [30] — notice « Le Rôdeur, 1819/46 », p. 88 ; donne 200 personnes chargées à Bonny et 160 débarquées en Guadeloupe
- Source [31] — version française dans Les Mondes de l’esclavage, p. 278 ; donne 170 personnes captives au moment où les premiers symptômes sont observés
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer.
Point 16 sur 30 · Témoignage · 1819 · Guillié rapporte qu’à bord du négrier français le Rôdeur, en 1819, sur l’avis du chirurgien Maignan, on…
Guillié rapporte qu’à bord du négrier français le Rôdeur, en 1819, sur l’avis du chirurgien Maignan, on faisait monter les personnes captives sur le pont « afin de leur faire respirer un air plus pur », et qu’il fallut y renoncer parce que beaucoup de ces personnes, « affectés de nostalgie, se jetaient dans la mer, en se tenant embrassés les uns les autres ».
À garder en tête : Guillié qualifie lui-même leur état de « nostalgie » et ne rapporte aucune parole de ces personnes. Le geste n’est connu que par ce médecin, qui l’explique par son diagnostic : ce mot ne dit pas ce que ces personnes voulaient. La version anglaise dérive du même article.
Où le vérifier sur la pièce
Employé dans : chapitre 3 — Tomber malade, mourir, se jeter à la mer.
Point 17 sur 30 · Interprétation · date non établie · Sur les navires embarquant des personnes depuis la côte de l’Or à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe…
Sur les navires embarquant des personnes depuis la côte de l’Or à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, deux dialectes de l’akan, l’anyi-baoulé et le twi, côtoyaient notamment le guan, le ga, l’adangme, l’éwé et des variantes gbe. Des dialectes proches, la connaissance de plusieurs langues, des langues communes et des intermédiaires rendaient des échanges possibles ; des récits décrivent aussi des soins aux malades et aux enfants.
À garder en tête : Smallwood étudie principalement le commerce anglais depuis la côte de l’Or entre 1675 et 1725. Une langue comprise ne crée pas automatiquement une relation de confiance ou une action commune. Aucune source propre ne rattache ces situations à un voyage précis.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [17] — chapitre 4, p. 105–106 pour les deux dialectes de l’akan et les autres langues présentes ; p. 118–121 pour les dialectes proches, le bilinguisme, les langues communes et les intermédiaires ; chapitre 5, p. 122–125 pour les questions échangées, le soin aux malades et l’attention portée aux enfants
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage et note de méthode — Rapprocher des navires sans composer une traversée type.
Point 18 sur 30 · Témoignage · 1786–1787 · Sur le Hudibras, parti de Liverpool vers Old Calabar puis la Barbade et la Grenade en 1786–1787, le récit du…
Sur le Hudibras, parti de Liverpool vers Old Calabar puis la Barbade et la Grenade en 1786–1787, le récit du marin William Butterworth décrit une femme qu’il ne nomme pas, qui parle et chante sur le pont arrière au centre de cercles de femmes et de filles ordonnés par âge, les plus jeunes formant le cercle intérieur et les plus âgées le cercle extérieur ; le groupe lui répond à la fin de certaines phrases. Butterworth rapporte ces séances au passé : cette femme meurt subitement avant que le navire ne quitte la rivière, son corps reste sur le pont jusqu’à l’immersion à la marée montante suivante, et ses compagnes expriment pendant cet intervalle un chagrin bruyant en lui parlant à l’oreille. Le même récit décrit des garçons transportant des messages entre les espaces séparés des hommes et des femmes ; un garçon appelé Bristol sert d’interprète entre plusieurs langues de la région. Une femme appelée « Boatswain Bess » et d’autres femmes préparent avec les hommes un soulèvement prévu à trois heures du matin : les cloisons doivent être abattues pour gagner le pont et les femmes comptent s’armer près de l’espace où les repas sont préparés. Rien ne permet de dire si la femme qui chantait est ou non l’une de celles qui le préparent.
À garder en tête : Butterworth publie son récit plusieurs décennies après le voyage et précise qu’il n’avait pas tenu de journal. Il observe depuis l’équipage et interprète les intentions et les émotions des personnes captives. Bristol et « Boatswain Bess » sont des appellations conservées dans son texte, non nécessairement les noms que ces personnes se donnaient ; il ne note pas le nom de la femme qui parle et chante. Le catalogue Wellcome décrit en outre « Wm. Butterworth » comme un pseudonyme et liste Henry Schroeder parmi les contributeurs de l’édition de 1831.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [11] — volume I, p. 93 pour l’usage du pont arrière, les cercles ordonnés du plus jeune au plus âgé, la femme qui parle et chante au centre et les réponses du groupe à la fin de certaines phrases ; p. 94 pour sa mort subite, le corps laissé sur le pont jusqu’à l’immersion à la marée montante et le chagrin de ses compagnes qui lui parlent à l’oreille ; p. 109–110 pour Bristol et les langues qu’il interprète ; p. 120–121 pour les messages portés par les garçons, le soulèvement prévu à trois heures, les cloisons à abattre et le rôle de « Boatswain Bess » et des autres femmes
- Source [26] — chapitre 9, sections « Communicating Belowdecks » et « Singing », récit de William Butterworth sur le Hudibras
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 19 sur 30 · Témoignage · 1786–1787 · Le récit de William Butterworth rapporte sur le Hudibras un soulèvement, puis un second projet qui n’aboutit…
Le récit de William Butterworth rapporte sur le Hudibras un soulèvement, puis un second projet qui n’aboutit pas. Le premier est mené : les hommes attaquent ensemble les quatre membres d’équipage qui distribuent les vivres, avec des barres, des bûches et des briques, et tentent de franchir la cloison qui sépare leur espace de l’arrière du navire. Butterworth écrit qu’ils ont agi avant l’heure prévue, minuit, parce que le navire allait perdre de vue l’île de Príncipe et qu’ils n’auraient alors plus su vers où gouverner pour la regagner. L’équipage tire ; un tiers environ des hommes passe par-dessus bord, certains encore enchaînés par la jambe à un mort qu’ils hissent avec eux sur le plat-bord. Plus des deux tiers des personnes à l’eau s’accrochent au filin de la bouée jetée sur ordre du capitaine ; d’autres ne s’en saisissent pas. Le second projet, préparé avec « Boatswain Bess » et les autres femmes, n’a pas lieu : Bristol apprend le plan dans les conversations qu’il interprète et le rapporte au capitaine. Une troupe armée descend, désigne les deux hommes qui détiennent des couteaux, les fait attacher aux haubans du mât avant et fouetter sans jugement, puis leur laver le corps d’une saumure de poivre de Cayenne, de sel et de jus de salaison ; le charpentier renforce les cloisons. Cinq femmes, dont « Boatswain Bess », sont trouvées au matin enveloppées dans une voile mouillée sur le pont arrière, et les femmes sont ensuite étroitement surveillées. Butterworth, qui compte ce projet comme un second soulèvement, écrit qu’il n’y en eut pas de troisième.
À garder en tête : Butterworth publie son récit plusieurs décennies après le voyage et précise qu’il n’avait pas tenu de journal. Il écrit depuis l’équipage, dont il partage le vocabulaire, et prête aux personnes captives des intentions et des motifs. « Un tiers environ » et « plus des deux tiers » sont ses estimations, non un décompte : il ne donne pas le nombre de morts du premier soulèvement. Il attribue le refus de la bouée à la crainte d’être mis à mort par la torture en cas de reprise, sans rapporter de parole qui l’établisse, et il explique lui-même le déclenchement anticipé par la disparition prochaine de la terre, sans citer non plus de parole sur ce point. Interrogés après le second projet, des hommes en rejettent devant lui la cause sur les « Eboes » : la formule est celle qu’il rapporte, et le dossier ne la transforme pas en identification ethnique, non plus que pour le pays qu’Akeiso appelle « Eboe ». Le catalogue Wellcome décrit « Wm. Butterworth » comme un pseudonyme et liste Henry Schroeder parmi les contributeurs de l’édition de 1831.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [11] — volume I, p. 102–103 pour l’attaque des quatre distributeurs de vivres, la cloison et le déclenchement anticipé devant la disparition prochaine de Príncipe ; p. 105–107 pour la riposte armée, les hommes passés par-dessus bord et la bouée ; p. 120–121 pour le second soulèvement préparé avec « Boatswain Bess » ; p. 121–123 pour la dénonciation par Bristol, le châtiment des deux hommes, le renforcement des cloisons, les cinq femmes roulées dans une voile mouillée et la surveillance qui suit ; p. 126 pour l’absence de troisième soulèvement
- Source [26] — chapitre 9, récit de William Butterworth sur le Hudibras
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 20 sur 30 · Témoignage · date non établie · Dans le récit qu’Ottobah Cugoano publie en 1787, les personnes conduites de Cape Coast vers la Grenade…
Dans le récit qu’Ottobah Cugoano publie en 1787, les personnes conduites de Cape Coast vers la Grenade passent plusieurs jours enfermées à bord alors que la terre reste visible. Après le départ, elles concertent un projet pour mettre le feu au navire et mourir ensemble : Cugoano écrit que les femmes et les garçons doivent l’exécuter parce que les hommes sont enchaînés sous le pont ; le projet est dénoncé et empêché, et sa découverte donne lieu, écrit-il, à une scène cruelle et sanglante (« though that was prevented, the discovery was likewise a cruel bloody scene »).
À garder en tête : Cugoano relie la révélation du projet à une femme de leur région que des responsables du navire faisaient coucher avec eux. Cette situation de violence sexuelle ne permet ni de connaître sa marge de choix ni de la réduire à une figure morale de trahison. Le récit ne donne pas le nom du navire ni une date précise de la traversée.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [12] — p. 10, de l’enfermement à bord en vue de la côte au projet de mettre le feu au navire, à sa révélation et à la répression
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 21 sur 30 · Événement · 1784-04-20 · Le 20 avril 1784, alors que la chaloupe et le canot de La Bonne Société sont absents, des personnes captives…
Le 20 avril 1784, alors que la chaloupe et le canot de La Bonne Société sont absents, des personnes captives s'emparent d'une hache, affrontent les tirs des marins et tentent de gagner la mer. Le procès-verbal des officiers donne douze personnes noyées, dont dix hommes et deux femmes, et treize blessées à la tête ; les personnes restées à bord sont ensuite renvoyées dans l'entrepont et mises aux fers.
À garder en tête : Le procès-verbal est la version des officiers responsables du navire. Il ne nomme aucune personne captive, ne conserve pas leurs paroles et ne permet pas de distinguer leurs objectifs individuels. L'événement se déroule au mouillage à Loango, avant le passage atlantique ; ses nombres ne décrivent pas une pratique générale.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [2] — MS 2290, fol. 54v–55r, vues 34–35 : absence des embarcations, hache saisie, tirs, sauts à la mer, douze personnes noyées, treize blessées à la tête, retour dans l'entrepont et mise aux fers
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 22 sur 30 · Événement · 1788-12-12–1789-03-10 · À Malimbe, avant le départ de La Seine, la sortie du corps d'une personne morte dans l'espace des malades…
À Malimbe, avant le départ de La Seine, la sortie du corps d'une personne morte dans l'espace des malades détourne l'attention des surveillants le 12 décembre 1788. Un homme et un garçon malades franchissent alors la palissade, gagnent la côte à la nage et ne sont pas retrouvés. Le 10 mars 1789, quatre garçons et un homme malades ou infirmes profitent du déplacement des infirmiers, ouvrent la porte, pratiquent une ouverture dans la palissade, gagnent la côte et ne sont pas repris après plus de cinq heures de recherche.
À garder en tête : Les deux procès-verbaux sont produits par le capitaine et les officiers. Ils ne nomment aucune des sept personnes, ne rapportent pas leurs paroles et ne permettent pas de suivre leur vie après la fuite. Ces actions appartiennent au séjour du navire à Malimbe et précèdent son passage atlantique.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [4] — 2II/469, vue 13 : mort dans l'espace dit bombe aux malades, sortie du corps, attention détournée, franchissement de la palissade, nage vers la côte et recherche sans résultat le 12 décembre 1788 ; vue 15 : déplacement des infirmiers, ouverture de la porte et de la palissade, départ de quatre garçons et d'un homme vers la côte et recherche de plus de cinq heures le 10 mars 1789
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 23 sur 30 · Témoignage · 1750-05-08–1750-05-14 · Dans le récit envoyé par Hamilton Montgomery et publié par la Boston News-Letter, le King David fait route…
Dans le récit envoyé par Hamilton Montgomery et publié par la Boston News-Letter, le King David fait route en mer, venu de la côte de Guinée (« bound from the Coast of Guinea »), et les personnes captives ne sont pas aux fers le matin du 8 mai 1750. Un groupe de quinze personnes lance l'action, s'empare des armes, tue le capitaine Edmund Holland et cinq membres de l'équipage, obtient la reddition des autres puis jette neuf marins entravés à la mer. Le premier officier est gardé pour conduire le navire. Après vingt-quatre heures de dérive, ils exigent que le navire soit conduit vers la Côte de l'Or, Calabar ou São Tomé ; leur chef, persuadé qu'on ne pourra pas y parvenir, se range au choix d'une terre où ne vit aucun homme blanc, et La Désirade (« Desiada »), petite île à l’est de la Guadeloupe, est choisie et atteinte le 14 mai, six jours après la prise du navire ; deux hommes blancs et quatre Africains sont alors placés dans une embarcation envoyée vers l'île : si des hommes blancs y vivent, ils doivent revenir, et le reste de l'équipage doit être tué.
À garder en tête : Le récit est transmis depuis un membre de l'équipage par une chaîne de presse et attribue lui-même rôles, discours et intentions. Il ne nomme aucune personne captive. La première version imprimée du document 218 parle au contraire du 28 mai, d'un navire de Liverpool, d'environ cent hommes français, d'un sloop et de Port-Louis : les deux branches sont contradictoires, non les étapes d'une même chronologie. L'embarcation envoyée le 14 mai n'atteint pas l'île selon la suite du récit de Montgomery.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [27] — document 218, p. 486–487, vues PDF 550–551 : récit attribué à Hamilton Montgomery dans la Boston News-Letter du 6 septembre 1750, action du 8 mai, reddition et mise aux fers de l'équipage, neuf hommes jetés à la mer, maintien du premier officier, vingt-quatre heures de dérive, destinations discutées, La Désirade le 14 mai et embarcation de six personnes
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 24 sur 30 · Interprétation · 19 mai 1750, mouillage dans une île française · vers le 5 juin 1750, à Saint-Christophe · vers le 2 août 1750, départ de Saint-Christophe · 22 septembre 1750, retour à Bristol selon Richardson (variantes : 20 septembre, 10 octobre) · Selon le récit publié par la Boston News-Letter, le King David mouille le 19 mai 1750 dans une île…
Selon le récit publié par la Boston News-Letter, le King David mouille le 19 mai 1750 dans une île française, en un lieu dont le nom imprimé n'est pas résolu, où Montgomery ne mentionne qu'une aide française limitée. L'entrée de voyage publiée par l’historien David Richardson situe ensuite le navire à Saint-Christophe vers le 5 juin, son départ de l'île vers le 2 août et donne le 22 septembre pour son retour à Bristol, avec des variantes au 20 septembre et au 10 octobre 1750.
À garder en tête : Le toponyme imprimé par Donnan comme « Grand-tier Point, in Teage » n'est pas identifié. Richardson reconstruit les dates de Saint-Christophe depuis le rôle d'équipage et les marque comme approximatives. Les 350 personnes de son champ 9 constituent un effectif prévu, non un nombre réellement embarqué ou débarqué ; le champ 12 est vide. Aucune des deux sources n'établit ce que deviennent les personnes captives après le contact français.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [27] — document 218, p. 487, vue PDF 551 : mouillage du 19 mai au toponyme imprimé « Grand-tier Point, in Teage, a French Island », « small Assistance » française et absence déclarée de suite sur le navire ou les personnes captives
- Source [28] — p. xii–xiii, vues PDF 14–15, pour la définition des champs et le caractère approximatif des dates tirées des rôles d'équipage ; entrée King David 1749/17, p. 31, vue PDF 67, pour Saint-Christophe, les dates approximatives de juin et août, le retour à Bristol et l'absence de nombre livré ou vendu
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage et note de méthode — Rapprocher des navires sans composer une traversée type.
Point 25 sur 30 · Interprétation · 1731-11-27–1732-03-15 · La Diligent quitte Jakin le 27 novembre 1731 avec 256 personnes captives.
La Diligent quitte Jakin le 27 novembre 1731 avec 256 personnes captives. La reconstruction de Robert Harms donne au pont qui leur est réservé environ 63 pieds de long sur 21 de large, avec des plateformes et une ventilation médiocre. Le 29 novembre, le capitaine Pierre Mary fait hisser au bout de la vergue du mât avant, puis fusiller devant les autres, un homme qui avait appelé d’autres captifs à se soulever immédiatement ; Robert Durand, premier lieutenant du navire, écrit que cette mise à mort doit servir de leçon. Après des escales à Príncipe et São Tomé, le navire accomplit les soixante-six jours de passage vers Saint-Pierre, où il arrive le 15 mars 1732 avec 247 personnes vivantes.
À garder en tête : Le journal de Durand établit le départ, l'appel au soulèvement, la répression, les escales, la durée et l'arrivée. Les dimensions de l'espace réservé aux captifs et la ventilation restent celles que Harms reconstruit à partir du journal, des comptes et d'autres sources contemporaines. Ses développements généraux sur la vie quotidienne à bord mobilisent d'autres voyages et ne sont pas attribués à la Diligent. Les soixante-six jours comptent le passage de São Tomé à la Martinique, après la première séquence Jakin–îles portugaises.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [29] — p. 262–264 pour les 256 personnes, les dimensions, les plateformes, la ventilation et le départ du 27 novembre ; p. 269–270 pour l’action du 29 novembre, l’homme hissé au bout de la vergue du mât avant, la fusillade et la phrase du journal de Durand ; p. xi et xiv pour les charges de Pierre Mary, premier capitaine, et de Robert Durand, premier lieutenant ; p. 329 pour les soixante-six jours et les neuf personnes mortes en mer ; p. 350 pour l’arrivée du 15 mars 1732 et les 247 personnes débarquées vivantes
- Source [5] — p. 66–68 : total de 256 personnes, départ de Jakin le 27 novembre et action suivie de l'exécution du 29 novembre ; p. 70–78 pour les relâches à Príncipe et São Tomé ; p. 92–93 pour l'arrivée du 15 mars après soixante-six jours et les 247 personnes vivantes
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 26 sur 30 · Témoignage · 1790 · Le rapport de mer de L’Auguste rapporte qu’en 1790, alors que le navire était encore au mouillage sur la…
Le rapport de mer de L’Auguste rapporte qu’en 1790, alors que le navire était encore au mouillage sur la côte africaine, les personnes captives se libérèrent de leurs fers et que deux tentèrent de gagner le pont avec des morceaux de bois ; quatre jours après le départ, une nouvelle action collective eut lieu en mer, après quoi le capitaine et l’équipage firent hisser l’un des deux hommes, déjà blessé, au bout de la vergue de misaine puis le firent fusiller afin d’intimider les autres.
À garder en tête : Le rapport est produit par le capitaine, les officiers et les mariniers qui justifient leur conduite. Aucune personne captive n’est nommée ou citée et le texte emploie le vocabulaire répressif de l’équipage ; il établit la répétition des actions et la décision de mise à mort, pas les intentions individuelles.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — AD14 2II/478, vue 3, colonne de droite, et vue 4, conclusion
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage.
Point 27 sur 30 · Mesure · 1788-10-04–1789-06-17 · Dans la déclaration reçue au Cap-Français le 16 juin 1789, le capitaine et les officiers de La Seine disent…
Dans la déclaration reçue au Cap-Français le 16 juin 1789, le capitaine et les officiers de La Seine disent avoir mouillé à Malimbe le 4 octobre 1788, y avoir acquis 400 personnes, puis avoir quitté la côte le 13 avril 1789, relâché à l'île de l'Ascension le 30 avril et atteint le Cap le 15 juin. Ils retranchent sept personnes parties à la nage avant le départ et 43 mortes pendant le voyage pour déclarer 350 personnes présentes : 400 = 7 + 43 + 350. Le 17 juin, après que le capitaine a juré que personne n'a été débarqué ni n'est mort depuis l'arrivée, les agents montés à bord comptent eux aussi 350 personnes.
À garder en tête : La déclaration et le serment sont produits par les responsables du voyage ; le second chiffre de 350 provient du compte des agents de l'amirauté. Aucun de ces documents ne nomme les personnes déportées. Le bilan ne donne ni leurs trajectoires individuelles, ni les circonstances des 43 décès, ni la composition par âge ou sexe. Les sept fuites appartiennent au séjour de La Seine à Malimbe et précèdent le départ du 13 avril.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [4] — 2II/469, vues 19–20 : mouillage à Malimbe le 4 octobre 1788, 400 personnes acquises, sept fuites, départ le 13 avril 1789, relâche à l'Ascension le 30 avril, arrivée au Cap-Français le 15 juin, déclaration de 43 morts et de 350 personnes le 16 juin ; vues 17–18 : serment préalable et comptage physique de 350 personnes le 17 juin
Employé dans : chapitre 4 — Se parler et agir malgré la garde de l’équipage et chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 28 sur 30 · Témoignage · date non établie · À la Barbade, Equiano examiné, enfermé dans un enclos puis mis en vente
Dans le récit qu’il publie en 1789, Olaudah Equiano raconte que, pendant la traversée, il voit pour la première fois des poissons volants et qu’un marin lui fait regarder par le quadrant, où les nuages lui semblent une terre qui disparaît à mesure qu’ils passent. À la vue de la Barbade, l’équipage pousse un grand cri et fait aux captifs des signes de joie, dont ils ne savent que penser ; le navire mouille devant Bridgetown ; des marchands et des planteurs montent à bord le soir même — d’autres mains que celles des hommes d’équipage qui l’avaient examiné à l’embarquement —, répartissent les captifs en lots, les examinent, les font sauter et leur montrent la terre. Les captifs, qui croient être mangés, passent la nuit dans les cris, jusqu’à ce qu’on fasse venir de terre des esclaves âgés pour leur dire qu’ils ne seront pas mangés, qu’ils vont travailler et qu’ils retrouveront à terre beaucoup de gens de leur pays. Débarqués, ils sont enfermés dans la cour d’un marchand sans distinction de sexe ni d’âge ; quelques jours plus tard, ils sont vendus selon ce qu’il donne pour la manière habituelle : au signal d’un tambour, les acheteurs se ruent dans la cour et choisissent leurs lots. Equiano se souvient de plusieurs frères du compartiment des hommes de son navire vendus dans des lots différents, et de leurs cris quand on les sépare.
À garder en tête : Même statut que l’ensemble du récit publié en 1789, dont le caractère autobiographique est débattu. La séparation des frères est un souvenir qu’il rapporte de son propre navire.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [7] — chapitre II, pagination imprimée de 1789 : p. 84 pour les poissons volants, le quadrant et l’apparition de la Barbade ; p. 85–86 pour le cri de l’équipage, le mouillage devant Bridgetown, les marchands et planteurs à bord, les lots, l’examen, les sauts, la peur d’être mangés et les esclaves âgés venus de terre ; p. 86 pour la cour du marchand ; p. 87–88 pour la vente au signal du tambour et les frères vendus dans des lots différents
Employé dans : chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.
Point 29 sur 30 · Mesure · 1789-10-27–1790-01-27 · Le journal de La Rosalie compte 523 personnes captives au départ de Loango le 27 octobre 1789.
Le journal de La Rosalie compte 523 personnes captives au départ de Loango le 27 octobre 1789. Il porte 23 décès pendant les 38 jours de mer jusqu'à la pointe de la Caravelle, neuf autres jusqu'au 1er janvier 1790, puis inscrit 487 personnes dans les quatre catégories de son tableau du 2 au 27 janvier et isole encore quatre morts. Additionnés, ces quatre nombres redonnent les 523 personnes du départ : 23 + 9 + 487 + 4 = 523.
À garder en tête : Le journal et le tableau sont produits depuis le navire et l'opération de vente. Les 487 personnes sont inscrites dans les catégories du tableau ; cette inscription n'établit pas à elle seule l'issue individuelle de chaque personne ni les modalités de la vente. Les 518 personnes et 31 morts avant l'arrivée que donnent Delente et Delente ne concordent pas avec ces nombres du manuscrit, qui sont ceux retenus.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [3] — Ms 516, vues 47–62 pour les 523 personnes au départ, les 38 jours et 23 décès en mer ; vues 63–73 pour les neuf décès après l'arrivée jusqu'au 1er janvier ; fol. 40r, vue 79, pour les quatre colonnes totalisant 487 personnes et les quatre morts séparés
- Source [25] — p. 53–60, projection HTML Persée : 518 personnes transportées et 31 morts avant la Martinique
Employé dans : chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus et note de méthode — Rapprocher des navires sans composer une traversée type.
Point 30 sur 30 · Pratique · publication en 1797, date des faits non établie · Au terme d’un développement sur l’odeur, la Description de la partie française de Saint-Domingue, publiée…
Au terme d’un développement sur l’odeur, la Description de la partie française de Saint-Domingue, publiée par Moreau de Saint-Méry en 1797, note une pratique du commerce : « Les unes et les autres se distinguent bien de l’odeur qu’exhalent les nègres qui arrivent frottés d’huile de palme, par les soins des marchands négriers, qui veulent qu’une peau luisante annonce la santé. »
À garder en tête : Une phrase incidente dans un passage sur l’odeur, dont l’objet est de classer des corps : elle atteste un apprêt commercial avant la vente, sans dire où il se faisait — à bord, au débarquement, au magasin —, ni à quelle fréquence. L’auteur ne cite aucun marchand ni aucun capitaine.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [16] — page imprimée 54, PDF 80 : la mention de l’huile de palme, du soin des marchands et de l’effet recherché.
Employé dans : chapitre 5 — Arriver aux Antilles pour y être vendus.