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Esclavage aux Antilles

L’esclavage et ses héritages dans les Antilles françaises

Une histoire antillaise, au plus près des vies.

Pour beaucoup de familles antillaises, cette histoire est à la fois collective et intime. Dans la plupart des récits, les personnes réduites en esclavage n’apparaissent pourtant qu’en nombre : un effectif, une ligne d’inventaire. Elles avaient un nom, des proches, une langue, des savoirs — et elles ont fui, plaidé, refusé, transmis.

Esclavage aux Antilles rassemble des récits sourcés sur l’esclavage et ses héritages dans les sociétés antillaises. Le site cherche, autant que les sources le permettent, à raconter depuis les expériences, les liens et les actions des personnes esclavisées, plutôt que depuis les seules institutions coloniales. Les collections ordonnent les dossiers ; les fiches éclairent un document ou une notion ; l’exploration relie les lieux, les périodes, les thèmes et les sources.

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Des collections pour suivre une histoire

Chaque collection rassemble des dossiers autonomes dans un ordre de lecture. Elle peut s’enrichir sans transformer un seul dossier en résumé de tout un thème.

À lire

De la capture aux Antilles

Suivre des personnes capturées en Afrique jusqu’à leur vente aux Antilles : ce qu’elles vivent et ce qu’elles font à chaque étape, qui leur impose ce trajet, puis ce que les interdictions y changent.

5 dossiers publiés · 94 min

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À venir

Capitalisme racial : esclavage, richesses et droits inégaux

Comprendre comment, dans les Antilles françaises, la production de richesses et les hiérarchies raciales se sont construites ensemble, par la traite, les plantations, les marchés, la propriété des personnes et la distribution inégale du travail, des droits et du pouvoir — puis ce que les abolitions ont transformé sans tout défaire.

6 dossiers prévus · Collection à venir

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À venir

Contraindre les corps, gouverner les sexualités

Comprendre ce que des femmes esclavisées subissent — violences sexuelles, contrôle des grossesses et des naissances, accusations — et comment la conquête, la propriété et les institutions coloniales rendent ces violences possibles, déplacent la faute sur elles et limitent leurs recours.

3 dossiers prévus · Collection à venir

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Comprendre en quelques minutes

Les fiches

Un document, une notion, un lieu, une personne ou un événement expliqués en format court, avec les sources et les passages qui fondent le texte.

Notion

Qu’est-ce qu’un engagé dans les Antilles françaises ?

Au XVIIe siècle, des milliers de jeunes Français partent travailler aux Antilles sous contrat : on les appelle les engagés, ou les « trente-six mois ». Leur travail est contraint, mais leur service a une fin. Celui des Africains réduits en esclavage n’en a pas. Avec le sucre, les colons recourent de plus en plus à ces Africains asservis, et les engagés reculent à des rythmes différents selon les îles.

7 min · 1620–1789 · Petites Antilles et circulations intercoloniales, Martinique, +7

Événement

Prendre la chaloupe d’un navire pour quitter la Martinique

Avant le 17 juillet 1679, en Martinique, île française des Petites Antilles, plusieurs femmes et hommes tenus en esclavage prennent la chaloupe d’un navire mouillé devant la côte pour quitter l’île. Le Conseil de la Martinique, la cour de l’île, les condamne à être mutilés, puis ordonne de retirer chaque nuit des bateaux ce qui permettrait de repartir. Leur geste emprunte une route que d’autres fugitifs prenaient déjà, et la décision montre comment la colonie entreprend de la fermer.

5 min · 1620–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Notion

Des femmes et des familles amérindiennes dans la Guadeloupe du XVIIᵉ siècle

Dès les premières années de la colonie, des femmes amérindiennes vivent parmi les colons de la Guadeloupe. Certaines y ont été amenées des îles voisines ou du continent et tenues en esclavage ; l’une au moins, selon un historien, y était née. D’autres apparaissent comme épouses de colons et mères de leurs enfants. En 1664, le rôle fiscal de l’île inscrit une femme qu’il dit « sauvagesse » en tête d’une case, avec ses deux enfants.

8 min · 1620–1685 · Guadeloupe et dépendances, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Notion

Libres de couleur : devenir propriétaire sans devenir l’égal des Blancs

Dans la Guadeloupe de la fin du XVIIIe siècle, les autorités classent comme « libres de couleur » des personnes juridiquement libres qu’elles ne rangent pas parmi les Blancs. Cette liberté peut permettre d’acquérir une terre et même de tenir d’autres personnes en esclavage, sans faire disparaître les discriminations. L’histoire de deux frères et de leur sœur, les Remy-Miotte, montre comment des personnes sorties de l’esclavage peuvent acheter des terres et d’autres personnes sans échapper à la barrière de couleur.

9 min · 1664–1802 · Guadeloupe et dépendances, Martinique

Personne

Marie Kingué, soignante et fabricante de talismans dans le nord de Saint-Domingue

En 1785, dans le nord de Saint-Domingue, la colonie française devenue Haïti, on vient chercher de plusieurs paroisses Marie Catherine, dite Kingué, une femme tenue en esclavage qui soigne, fait accoucher et vend des talismans. Des planteurs la consultent pour trouver le poison auquel ils imputent des morts que le rapport qui la dénonce attribue lui-même à l’excès du travail, et font supplicier, brûler ou vendre les hommes qu’elle désigne. Quand la justice du roi se décide à intervenir, c’est elle qu’elle veut arrêter.

7 min · 1715–1789 · Saint-Domingue, Afrique atlantique

Personne

Mathieu demande à l’homme qui le retient de prouver son droit

En 1712, à la Martinique, un homme venu de l’Inde, que Paul Michel, un marchand de l’île, fait travailler comme esclave depuis treize ans, demande à la cour d’obliger Michel à prouver qu’il l’a acheté. La cour le déclare libre. Sa demande n’est connue que par un magistrat qui, soixante-quatorze ans plus tard, juge l’arrêt mal fondé.

6 min · 1685–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Événement

Salnave et les trente-deux : fuir Barbuda pour la Guadeloupe

Au début du XVIIIe siècle, pendant une guerre entre la France et l’Angleterre, trente-deux femmes, hommes et enfants tenus en esclavage quittent par la mer Barbuda, petite île anglaise des Petites Antilles, pour la Guadeloupe, île française. Ils y réclament la liberté que leur baptême, disent-ils, leur avait acquise chez les Anglais. L’intendant la leur refuse : il ordonne de livrer trente d’entre eux comme esclaves à des maîtres français, auxquels la plupart des chefs de famille avaient été enlevés, et de confisquer les deux autres pour en faire la propriété du roi.

5 min · 1685–1789 · Guadeloupe et dépendances, Martinique, +1

Notion

Femmes esclavisées et contrainte sexuelle : le pouvoir des maîtres et des commandeurs

Aux Antilles françaises, au XVIIe siècle, des missionnaires écrivent que des maîtres et des commandeurs, les hommes qui dirigent le travail des personnes esclavisées, obtiennent des rapports sexuels de femmes esclavisées par la peur, la menace ou la force, et que des commandeurs se servent aussi du pouvoir de les délivrer de la faim, du travail ou du châtiment. D’autres récits de missionnaires montrent des femmes qui repoussent l’homme ou le frappent. Les règlements de la Martinique prévoient en 1664 et en 1669 des peines contre les commandeurs, puis contre les maîtres, sans rien réparer pour les femmes ; et, selon l’historienne Domitille de Gavriloff, plusieurs religieux du XVIIIe siècle rejettent plutôt la faute sur les femmes elles-mêmes.

5 min · 1620–1789 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +3

Événement

Petite Rose et Isabelle portent leurs enfants au baptême

En 1722, à La Trinité, bourg de la côte atlantique de la Martinique, Petite Rose et Isabelle, deux femmes que le planteur Dubucq de L’Étang tient en esclavage, portent leurs nouveau-nés au baptême. Le curé refuse de baptiser les enfants tant que leurs mères n’auront pas fait une pénitence publique pour les avoir eus hors mariage. Pendant deux ans, le curé, son supérieur, le maître, les juges et le roi se disputent le droit de décider ce que ces deux femmes doivent faire ; aucune des pièces ne nomme les pères des enfants.

9 min · 1664–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales, +2

Notion

Quand une femme esclavisée a l’enfant d’un homme libre : l’article 9 du Code noir

Dans les colonies françaises des Antilles, l’article 9 de l’édit royal de mars 1685, appelé plus tard Code noir, prévoit des peines lorsqu’une femme tenue en esclavage a, hors mariage, un enfant d’un homme libre. Les versions enregistrées ne donnent pas exactement la même portée à l’amende ; elles s’accordent sur le cas où l’homme possède la mère : il perd alors la mère et l’enfant au profit de l’hôpital. L’article écarte ces peines si l’homme, qui n’était marié à aucune autre pendant leur liaison, épouse la mère : elle devient alors libre avec ses enfants. Dans les affaires réunies ici, le fouet est prononcé contre deux mères, et la sentence de l’une est annulée en appel ; une autre est confisquée avec sa fille ; deux amendes prononcées contre des hommes sont annulées en appel, et une troisième, en 1730, n’est connue que par l’intitulé de l’arrêt qui la prononce contre un père. Les registres des paroisses gardent aussi des mariages : certains actes invoquent l’article 9, d’autres unissent, sans le citer, un homme libre à une femme que l’acte dit sienne.

10 min · 1664–1794 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +2

Événement

Sébastien au cachot du Balisier, et les siens devant la cour

En 1838, à Marie-Galante, une petite île qui dépend de la Guadeloupe, un planteur fait enfermer au cachot Sébastien, un homme qu’il tient en esclavage et qu’il accuse d’empoisonner ses bœufs. Sébastien y meurt ; ses fils l’ont nourri et soutenu, sa compagne et d’autres personnes du domaine l’ont enterré. Quatre ans plus tard, le planteur est jugé pour cette mort : la cour entend des personnes esclavisées, dont la famille de Sébastien, avant d’acquitter le planteur.

6 min · 1830–1848 · Guadeloupe et dépendances, Petites Antilles et circulations intercoloniales, +2

Notion

Le pécule : argent, biens et rachat de liberté

Aux Antilles françaises, des personnes esclavisées pouvaient accumuler un peu d’argent et de petits biens, notamment en travaillant en plus de ce que leur maître exigeait d’elles. Avec cet argent, certaines ont acheté leur liberté et celle de leurs enfants. Mais ce prix, c’est à leur maître qu’elles le payaient, et jusqu’en 1845, il pouvait refuser.

8 min · 1664–1848 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +3

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Les mêmes dossiers et fiches peuvent être retrouvés par lieu, par période, par thème ou par source.

Lieux

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Thèmes

Comprendre la traite, le droit, le travail, les résistances et d’autres dimensions.

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Sources

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Les engagements éditoriaux

Ce que le site garantit

Dossiers, fiches et pages d’exploration n’ont pas le même rôle. Ils suivent toutefois les mêmes règles de portée, de sourçage et de transparence.

Se placer au plus près de leurs expériences

Le récit cherche ce que les personnes esclavisées vivent, préservent et font : leurs liens, leurs déplacements, leur travail, leurs décisions, leurs refus et leurs résistances. Lorsque les documents coloniaux les réduisent à un nombre ou à un statut, le site le signale au lieu de reprendre ce regard à son compte.

Délimiter chaque récit

Un dossier répond à une question située dans une période et des territoires précis. Les collections relient plusieurs dossiers sans faire passer l’un d’eux pour une histoire totale.

Montrer ce qui fonde le texte

Chaque publication indique les sources qu’elle emploie. Les chiffres, citations, dates discutées et faits précis renvoient à une page, un article, un folio ou une vue lorsque cette localisation est nécessaire.

Rendre visibles les limites

Le site distingue ce que les sources permettent d’établir, ce qui demande encore une vérification et ce qui reste à documenter. Une lacune de recherche n’est jamais présentée comme une absence historique.

Voir comment un fait est établi, du document à la page