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Esclavage aux Antilles

Source

Histoire de la Guadeloupe, tome I

Auguste Lacour

Source imprimée · 1855

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Notice

Droits : Œuvre du domaine public ; texte de travail au fonds local.

Dans les dossiers

Les publications qui citent cette source dans leur bibliographie.

1625–1664 — Prendre une terre, fabriquer un statut

À Saint-Christophe, en Guadeloupe et en Martinique, des expéditions françaises s’installent sur des îles habitées et dépossèdent progressivement de leurs terres les Kalinagos, peuples amérindiens des Petites Antilles. Sur ces terres prises, deux formes de travail contraint coexistent d’abord : l’engagement européen, qui a une échéance écrite, et l’asservissement des personnes africaines, qui n’en a pas. C’est dans cet écart que se fabrique, sur place et avant le sucre, un statut dont on ne sort pas et qui tend à s’imposer aux enfants.

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Dans son Histoire de la Guadeloupe publiée en 1855, Auguste Lacour rapporte qu’au début de février 1640 un renfort de 264 hommes venu de Saint-Christophe, commandé par Sabouilly, débarque en Guadeloupe à la demande des colons attaqués. Les forces sont partagées entre la Basse-Terre et la Capesterre. Les Kalinagos sont « partout battus, contraints de sortir de la colonie, mais non sans avoir fait une étonnante résistance » : à la Capesterre, écrit Lacour, « il y eut une redoute contre laquelle ils s’acharnèrent pendant trente heures ». Repoussés de l’île, ils attaquent Antigua où ils l’emportent sur les Anglais, puis reviennent contre la Guadeloupe et y sont écrasés, avec des pertes telles qu’ils ne reparaissent pas sur le littoral pendant plusieurs mois.

À garder en tête : Lacour écrit plus de deux siècles après les faits, à partir des chroniques coloniales dont il ne donne pas ici le détail ; ni le chiffre de 264 hommes, ni la durée de trente heures n’ont été contrôlés sur une source d’époque. Le récit est mené du point de vue des colons, qui ont « sollicité » le secours ; rien n’y dit ce que les Kalinagos défendaient à la Capesterre, ni combien ils étaient, ni ce qu’ils ont perdu. Lacour lui-même qualifie ailleurs l’entreprise de « funeste et injuste guerre de l’Olive » : c’est son jugement, non celui des sources qu’il résume. Le mot « Caraïbes » qu’il emploie est l’exonyme colonial. Lacour situe le renfort « dans les premiers jours de février 1640 » sans donner de date d’acte ; la chronologie retient donc l’année.