Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

Source

Loix et constitutions des colonies françoises de l’Amérique sous le vent, tome I, 1550–1703

Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry

Source imprimée · 1784

Cette page indique où la source est utilisée sur le site et quels points elle permet d’étayer.

Consulter la source

Notice

Droits : Œuvre du domaine public ; reproduction numérique diffusée par la Bibliothèque nationale de France sur Gallica.

Dans les dossiers

Les publications qui citent cette source dans leur bibliographie.

Années 1650–1685 — Ce que le sucre exige, et l’ordre qu’on écrit

Faire du sucre demande un travail nombreux, coordonné, continu toute l’année. Les propriétaires antillais l’obtiennent en faisant déporter des personnes d’Afrique. Depuis les îles, des personnes s’échappent — en passant la frontière espagnole d’Hispaniola, ou en prenant la mer depuis la Martinique — et le contrôle se resserre. En 1685, le roi met par écrit un ordre que les colonies avaient déjà bâti.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Document

Une chaloupe pour quitter la Martinique, 1679

En 1679, plusieurs femmes et hommes esclavisés prennent la chaloupe d’un navire en rade pour quitter la Martinique. L’arrêt rendu par le Conseil souverain de la Martinique, principale cour de justice de la colonie, conserve leur action, les peines infligées et la réponse imposée à tous les détenteurs d’embarcations.

2 min · 1664–1685 · Martinique

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Un arrêt rendu par le Conseil de la Martinique le 17 juillet 1679 condamne plusieurs femmes et hommes esclavisés qui ont pris et enlevé une chaloupe à bord d’un navire en rade et s’en sont servis pour s’évader hors de l’île. Il condamne les hommes à l’amputation de la jambe gauche, et les femmes à l’ablation du nez suivie du marquage d’une fleur de lys ardente sur le front. Le Conseil déclare avoir « usé d’indulgence » envers les accusés et ordonne qu’à l’avenir un pareil crime soit puni du dernier supplice. Il ordonne aussi aux capitaines et maîtres de navires et de barques comme aux habitants de ne pas laisser voiles, avirons et agrès pendant la nuit ; les habitants doivent tirer leurs canots devant les corps de garde ou les enchaîner.

À garder en tête : L’arrêt est connu ici par le recueil imprimé en 1784 de Moreau de Saint-Méry, qui dit le tirer du recueil de M. Assier ; le registre original du Conseil n’a pas été contrôlé. Le texte ne donne ni la date de l’évasion, ni les noms, ni la destination. La condamnation montre que les personnes ont été reprises, sans préciser les circonstances.

L’arrêt du 17 juillet 1679 relie directement la condamnation des personnes reprises à une nouvelle organisation du contrôle des embarcations : il rend responsables des évasions les capitaines, maîtres et habitants qui laissent du matériel à bord pendant la nuit, et ordonne aux habitants de tirer leurs canots devant les corps de garde ou de les enchaîner.

À garder en tête : Le lien entre l’évasion jugée et les mesures générales est explicite dans l’arrêt transmis par Moreau. Le registre original du Conseil n’ayant pas été contrôlé, cette affirmation porte sur le texte tel qu’il est publié en 1784.