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Esclavage aux Antilles

Source

Mort de Salnave, chef de personnes évadées de la Barbade ; grâce à sa femme ; note sur Babet

Administration coloniale française

Pièce d’archives · 1709–1710

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Dans les dossiers

Les publications qui citent cette source dans leur bibliographie.

1685–1715 — Qui juge, une fois la loi écrite

L’ordonnance de mars 1685 est écrite, puis enregistrée par les cours coloniales. Elle ne dit pourtant pas qui tranche lorsqu’une femme réclame sa liberté, lorsqu’une procédure criminelle atteint un maître autant que ses esclaves, lorsque deux tribunaux se contredisent, ni lorsque des personnes invoquent leur baptême sans qu’aucun juge soit saisi. Cinq affaires de la Martinique, de Saint-Domingue et de la Guadeloupe, entre 1708 et 1714, montrent que ce qui décide n’est pas le texte mais le degré de juridiction devant lequel on se trouve — quand il y en a un — et la couleur de celui que la règle atteindrait.

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Un registre de décisions à donner sur les affaires de la Martinique, dressé en 1710, revient sur Salnave, « chef de l’entreprise des Negres qui se sauverent de la Barbade ». Il avait obtenu du roi la permission de racheter sa femme, appartenant au sieur Clermont, « sur le pied de mille livres », et ses enfants sur estimation. Il est mort depuis. L’administration hésite à continuer une grâce accordée « par rapport à son mary » ; sa veuve a déjà versé 728 livres à compte de sa rançon. L’avis porté en marge conclut que la mort ne doit rien y changer, « Sa Majesté ne retractant jamais les grâces qu’elle accorde ».

À garder en tête : Cette pièce est un registre de décisions à prendre, non l’acte de la grâce : elle rapporte une permission antérieure sans la reproduire, et l’avis marginal n’est pas une décision exécutée. La femme de Salnave n’est pas nommée, non plus que ses enfants, dont ni le nombre ni l’âge ne sont donnés ; on ignore si le rachat fut achevé. Le millésime de l’évasion y est d’une lecture délicate : la notice ANOM donne 1707, le manuscrit paraît porter 1705, et le registre de 1708 qui rapporte l’affaire ne la date pas. La pièce écrit « la Barbade », quand le registre de 1708 écrit « Barbude » pour l’île d’où les trente-deux se sont évadés.