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Esclavage aux Antilles

Source

Three Years Adventures, of a Minor, in England, Africa, the West Indies, South-Carolina and Georgia, volume I

William Butterworth ; Henry Schroeder, contributeur attribué par le catalogue

Source imprimée · 1831

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Sur le Hudibras, parti de Liverpool vers Old Calabar puis la Barbade et la Grenade en 1786–1787, le récit du…

Point 1 sur 2 · Témoignage · 1786–1787

Sur le Hudibras, parti de Liverpool vers Old Calabar puis la Barbade et la Grenade en 1786–1787, le récit du marin William Butterworth décrit une femme qu’il ne nomme pas, qui parle et chante sur le pont arrière au centre de cercles de femmes et de filles ordonnés par âge, les plus jeunes formant le cercle intérieur et les plus âgées le cercle extérieur ; le groupe lui répond à la fin de certaines phrases. Butterworth rapporte ces séances au passé : cette femme meurt subitement avant que le navire ne quitte la rivière, son corps reste sur le pont jusqu’à l’immersion à la marée montante suivante, et ses compagnes expriment pendant cet intervalle un chagrin bruyant en lui parlant à l’oreille. Le même récit décrit des garçons transportant des messages entre les espaces séparés des hommes et des femmes ; un garçon appelé Bristol sert d’interprète entre plusieurs langues de la région. Une femme appelée « Boatswain Bess » et d’autres femmes préparent avec les hommes un soulèvement prévu à trois heures du matin : les cloisons doivent être abattues pour gagner le pont et les femmes comptent s’armer près de l’espace où les repas sont préparés. Rien ne permet de dire si la femme qui chantait est ou non l’une de celles qui le préparent.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Butterworth publie son récit plusieurs décennies après le voyage et précise qu’il n’avait pas tenu de journal. Il observe depuis l’équipage et interprète les intentions et les émotions des personnes captives. Bristol et « Boatswain Bess » sont des appellations conservées dans son texte, non nécessairement les noms que ces personnes se donnaient ; il ne note pas le nom de la femme qui parle et chante. Le catalogue Wellcome décrit en outre « Wm. Butterworth » comme un pseudonyme et liste Henry Schroeder parmi les contributeurs de l’édition de 1831.

  • Three Years Adventures, of a Minor, in England, Africa, the West Indies, South-Carolina and Georgia, volume I (cette notice) — volume I, p. 93 pour l’usage du pont arrière, les cercles ordonnés du plus jeune au plus âgé, la femme qui parle et chante au centre et les réponses du groupe à la fin de certaines phrases ; p. 94 pour sa mort subite, le corps laissé sur le pont jusqu’à l’immersion à la marée montante et le chagrin de ses compagnes qui lui parlent à l’oreille ; p. 109–110 pour Bristol et les langues qu’il interprète ; p. 120–121 pour les messages portés par les garçons, le soulèvement prévu à trois heures, les cloisons à abattre et le rôle de « Boatswain Bess » et des autres femmes
  • The Slave Ship: A Human History — chapitre 9, sections « Communicating Belowdecks » et « Singing », récit de William Butterworth sur le Hudibras

Le récit de William Butterworth rapporte sur le Hudibras un soulèvement, puis un second projet qui n’aboutit…

Point 2 sur 2 · Témoignage · 1786–1787

Le récit de William Butterworth rapporte sur le Hudibras un soulèvement, puis un second projet qui n’aboutit pas. Le premier est mené : les hommes attaquent ensemble les quatre membres d’équipage qui distribuent les vivres, avec des barres, des bûches et des briques, et tentent de franchir la cloison qui sépare leur espace de l’arrière du navire. Butterworth écrit qu’ils ont agi avant l’heure prévue, minuit, parce que le navire allait perdre de vue l’île de Príncipe et qu’ils n’auraient alors plus su vers où gouverner pour la regagner. L’équipage tire ; un tiers environ des hommes passe par-dessus bord, certains encore enchaînés par la jambe à un mort qu’ils hissent avec eux sur le plat-bord. Plus des deux tiers des personnes à l’eau s’accrochent au filin de la bouée jetée sur ordre du capitaine ; d’autres ne s’en saisissent pas. Le second projet, préparé avec « Boatswain Bess » et les autres femmes, n’a pas lieu : Bristol apprend le plan dans les conversations qu’il interprète et le rapporte au capitaine. Une troupe armée descend, désigne les deux hommes qui détiennent des couteaux, les fait attacher aux haubans du mât avant et fouetter sans jugement, puis leur laver le corps d’une saumure de poivre de Cayenne, de sel et de jus de salaison ; le charpentier renforce les cloisons. Cinq femmes, dont « Boatswain Bess », sont trouvées au matin enveloppées dans une voile mouillée sur le pont arrière, et les femmes sont ensuite étroitement surveillées. Butterworth, qui compte ce projet comme un second soulèvement, écrit qu’il n’y en eut pas de troisième.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Butterworth publie son récit plusieurs décennies après le voyage et précise qu’il n’avait pas tenu de journal. Il écrit depuis l’équipage, dont il partage le vocabulaire, et prête aux personnes captives des intentions et des motifs. « Un tiers environ » et « plus des deux tiers » sont ses estimations, non un décompte : il ne donne pas le nombre de morts du premier soulèvement. Il attribue le refus de la bouée à la crainte d’être mis à mort par la torture en cas de reprise, sans rapporter de parole qui l’établisse, et il explique lui-même le déclenchement anticipé par la disparition prochaine de la terre, sans citer non plus de parole sur ce point. Interrogés après le second projet, des hommes en rejettent devant lui la cause sur les « Eboes » : la formule est celle qu’il rapporte, et le dossier ne la transforme pas en identification ethnique, non plus que pour le pays qu’Akeiso appelle « Eboe ». Le catalogue Wellcome décrit « Wm. Butterworth » comme un pseudonyme et liste Henry Schroeder parmi les contributeurs de l’édition de 1831.

  • Three Years Adventures, of a Minor, in England, Africa, the West Indies, South-Carolina and Georgia, volume I (cette notice) — volume I, p. 102–103 pour l’attaque des quatre distributeurs de vivres, la cloison et le déclenchement anticipé devant la disparition prochaine de Príncipe ; p. 105–107 pour la riposte armée, les hommes passés par-dessus bord et la bouée ; p. 120–121 pour le second soulèvement préparé avec « Boatswain Bess » ; p. 121–123 pour la dénonciation par Bristol, le châtiment des deux hommes, le renforcement des cloisons, les cinq femmes roulées dans une voile mouillée et la surveillance qui suit ; p. 126 pour l’absence de troisième soulèvement
  • The Slave Ship: A Human History — chapitre 9, récit de William Butterworth sur le Hudibras