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Esclavage aux Antilles

Source

Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle)

Gabriel Debien

Étude · 1983

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Notice

Droits : Tous droits réservés © Société d’Histoire de la Guadeloupe, 1983, selon la page de diffusion Érudit ; PDF en accès libre soumis à la politique d’utilisation d’Érudit. Citation brève et synthèse attribuée ; aucune reproduction proposée.

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Notion

Qu’est-ce qu’un engagé dans les Antilles françaises ?

Dans cette fiche : Étude de Gabriel Debien qui relaie des listes de plantations de 1670 et 1684 : contenu des contrats, équipe du Cul-de-Sac, engagés de la Grande-Montagne, sépultures d’engagés.

7 min · 1620–1789 · Petites Antilles et circulations intercoloniales, Martinique, +7

Points étayés

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Selon Gabriel Debien (1983), les engagés partent de La Rochelle, de Nantes, de Lorient, du Havre ou de…

Point 1 sur 6 · Pratique · date non établie

Selon Gabriel Debien (1983), les engagés partent de La Rochelle, de Nantes, de Lorient, du Havre ou de Dieppe munis de leur contrat, qui dit s’ils vont travailler pour un colon, pour « un marchand qui les revendra à un colon » ou pour une compagnie de colonisation. Le contrat fait connaître leur nom, leur âge, leur lieu d’origine, souvent le nom de leur père ou leur qualité d’orphelin, leur métier éventuel, leur salaire et la durée de leur service, « presque toujours de 3 ans — ou 36 mois — », d’où leur surnom, « avec 300 livres de tabac ou de sucre ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Debien résume ici, sans les citer ni les dénombrer, les contrats qu’il connaît par ses travaux antérieurs ; « presque toujours » est son appréciation, non une proportion mesurée. Les 300 livres de tabac ou de sucre sont le salaire de l’engagé ordinaire pour tout son terme : dans le même article, des ouvriers qualifiés reçoivent des gages annuels en livres tournois ou en sucre. Le contrat fixe des obligations au départ ; il ne dit pas comment elles ont été tenues aux îles.

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 3, PDF p. 2, premier paragraphe : ports de départ, trois sortes de signataires, contenu du contrat, durée de 3 ans ou 36 mois et salaire de 300 livres de tabac ou de sucre

Selon Gabriel Debien, Pouançay, gouverneur de la Tortue et de l’île de Saint-Domingue, meurt au début de…

Point 2 sur 6 · Pratique · liste des biens de Pouançay · état du poste du Cul-de-Sac

Selon Gabriel Debien, Pouançay, gouverneur de la Tortue et de l’île de Saint-Domingue, meurt au début de 1683 ; la liste de ses biens, établie le 15 janvier 1684, comprend des indigoteries moyennes et petites, des places à tabac, une hatte ou parc à bétail et un corail à cochons, qu’il exploitait en association avec un nommé Gallichon, lequel semble administrer la succession. Au fond du Cul-de-Sac, à une lieue de la Grande-Rivière, deux cases forment un simple poste de travail au milieu d’un quartier qui paraît encore forestier ; le 1er mars 1684, elles abritent les charpentiers Bastien Fumay et André Renoleau, le tourneur Gilles Delaize, le tonnelier Gilles Rigaud, Antoine Aurolat, Louis Fausabry et un nommé Lyonnais. Debien ajoute qu’un esclave nommé Haouen avait été envoyé de l’habitation de l’Acul pour chasser et pour nourrir tous ces engagés.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Debien relaie une liste qu’il ne reproduit pas et ne localise que par la mention « Papiers Pouançay, Hardouineau et Beauharnais ». La phrase sur Haouen est celle de Debien, non une citation de la liste : elle ne dit pas qui l’a envoyé, et rien de plus n’est connu de lui. La liste ne donne ni le rôle d’Aurolat, de Fausabry et de Lyonnais, ni ce que faisait l’équipe en dehors des essentes confiées aux charpentiers.

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 9, PDF p. 8, section IV et note 6 : mort de Pouançay, liste du 15 janvier 1684, biens exploités en association avec Gallichon ; p. 10-11, PDF p. 9-10, section VII : poste du Cul-de-Sac, liste du 1er mars 1684, Haouen envoyé de l’Acul
  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 8, PDF p. 7, section III : Pouançay gouverneur de la Tortue et de l’île de Saint-Domingue

Dans la liste du Cul-de-Sac du 1er mars 1684 que cite Gabriel Debien, le charpentier Bastien Fumay, qui…

Point 3 sur 6 · Pratique · arrivée de Fumay et Delaize au Petit-Goâve · état du poste du Cul-de-Sac

Dans la liste du Cul-de-Sac du 1er mars 1684 que cite Gabriel Debien, le charpentier Bastien Fumay, qui gagne 200 livres tournois par an, est engagé pour trois ans ; il a été mis à terre au Petit-Goâve le 13 avril 1683 et doit servir « 4 mois outre les trois ans que dessus pour le temps qu’il a perdu dont il en faut prendre sa reconnaissance au premier compte qu’on en fera avec luy ». Gilles Delaize, que Debien dit tourneur de vocation, engagé pour trois ans à 100 livres tournois par an, a mis pied à terre au même lieu le même jour ; les deux hommes travaillent de compagnie « et mettent leur travail à part pour savoir ce qu’ils feront ». Le charpentier André Renoleau, lui, est un homme « qui a sorti sans congé, lequel doit faire encore un an suivant son contrat d’engagement en luy payant 100 francs. C’est à quoy il le faut faire condamner ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les citations sont celles de la transcription publiée par Debien ; la liste originale (« Papiers Pouançay, Hardouineau et Beauharnais ») n’est pas reproduite dans son article. La liste ne dit pas pourquoi Fumay a perdu du temps : rien n’autorise à parler de fuite. « Il le faut faire condamner » exprime l’intention du rédacteur de la liste ; on ne sait ni si Renoleau fut poursuivi, ni s’il revint servir.

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 11, PDF p. 10, engagés n° 1 à 3 et note 7 : Fumay, Renoleau et Delaize, gages, durée, débarquement au Petit-Goâve, quatre mois ajoutés, départ sans congé

Dans la liste du poste du Cul-de-Sac du 1er mars 1684, que cite Gabriel Debien, Gallichon écrit du tonnelier…

Point 4 sur 6 · Pratique · état du poste du Cul-de-Sac

Dans la liste du poste du Cul-de-Sac du 1er mars 1684, que cite Gabriel Debien, Gallichon écrit du tonnelier Gilles Rigaud, homme « qui est aujourd’huy libre », qu’il s’est accordé avec lui « suivant un escrit fait entre luy et moi » : Rigaud doit prendre la conduite de quatre personnes et d’un garçon chargé de la cuisine pour faire pendant six mois des essentes, dont il lèvera le quart sans rien fournir, hors les dépenses de ferrements ; il a sous lui Marin Guedouille, engagé pour trois ans.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Citation transcrite par Debien ; la liste originale n’est pas reproduite dans son article. La liste ne dit pas quel était l’état antérieur de Rigaud ni qui sont les quatre personnes qu’il conduit. Debien se demande s’il ne tenait pas l’office de commandeur : c’est une question, non un fait établi.

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 11-12, PDF p. 10-11, engagé n° 4 et commentaire : Rigaud « aujourd’huy libre », accord écrit avec Gallichon, quatre personnes et un garçon cuisinier, essentes pendant six mois, le quart du produit, Marin Guedouille

Gabriel Debien cite l’inventaire dressé le 10 avril 1670 et les jours suivants de la sucrerie de la…

Point 5 sur 6 · Pratique · 1670-04-10

Gabriel Debien cite l’inventaire dressé le 10 avril 1670 et les jours suivants de la sucrerie de la Grande-Montagne, à Saint-Christophe, qui appartient alors à la Compagnie des Indes occidentales : il présente la liste de ses 13 engagés et de ses 214 esclaves. Parmi les engagés figurent un chirurgien ; deux commandeurs, Christophe Oullard, qui conduit le travail des esclaves « au jardin », c’est-à-dire aux champs, pour 2 000 livres de sucre par an, et Alain dit Maringouin, commandeur des cabrouets, c’est-à-dire des charrois, pour 1 300 livres de sucre ; quatre maçons, dont Léonard Laplante, qui paraît leur chef ; et le sucrier Jean Mizemont. Debien conclut : « Sur cette plantation presque tous les engagés sont là pour encadrer les esclaves ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’inventaire est connu par l’analyse publiée par Debien ; la minute notariale n’est pas reproduite dans son article. La liste des « engagés » réunit des hommes sous contrat et des ouvriers payés au temps servi « sans autre engagement », et la fin de service d’aucun n’y est précisée. La conclusion sur l’encadrement est celle de Debien pour cette seule grande sucrerie : sur la place à tabac de La Pinoterie, en 1682, il écrit au contraire que les quinze engagés « sont sur le pied des autres esclaves ».

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 5-7, PDF p. 4-6, section II et note 4 (Archives nationales, Minutier central, LIV, 352, minutes Baudry) : 13 engagés et 214 esclaves, chirurgien, deux commandeurs, quatre maçons, sucrier ; p. 7 : conclusion sur l’encadrement

Gabriel Debien écrit en 1983 que, lorsqu’un engagé meurt, nul ne se soucie de noter son nom, ou du moins de…

Point 6 sur 6 · Mesure · date non établie

Gabriel Debien écrit en 1983 que, lorsqu’un engagé meurt, nul ne se soucie de noter son nom, ou du moins de le noter comme celui d’un engagé : sur tous les registres paroissiaux de Saint-Domingue conservés pour le XVIIe siècle, « à peine trouve-t-on une demi-douzaine de sépultures d’engagés ». Il se demande si on ne les enterrait pas « comme beaucoup d’esclaves sur les plantations ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le compte est celui de Debien, sans liste des registres ni des actes. Il porte sur les actes qui désignent le défunt comme engagé : un engagé enterré sous son seul nom lui échappe, et le chiffre ne mesure pas la mortalité des engagés. L’inhumation sur les plantations est une question qu’il pose, non un fait établi.

  • Les engagés des Antilles au travail (XVIIe siècle) (cette notice) — p. 3, PDF p. 2, troisième paragraphe : demi-douzaine de sépultures d’engagés dans les registres paroissiaux de Saint-Domingue du XVIIe siècle, question sur l’inhumation sur les plantations