Le lieu que les deux feuilles de la Marie-Séraphique appellent « Loangue » est rapproché ici de la baie de…
Point 1 sur 1 · Interprétation · 1769–1772
Le lieu que les deux feuilles de la Marie-Séraphique appellent « Loangue » est rapproché ici de la baie de Loango, sur la côte d’Afrique centrale, vers 4,7° de latitude sud, sur le rivage que Phyllis Martin nomme la côte de Loango et qu’elle borne au cap Lopez au nord et à l’embouchure du Congo au sud, « about 460 miles » plus loin. Le nom que l’armement nantais donne à cette destination est « Angole ». São Tomé, que la feuille de 1770 nomme comme provenance de trois mille livres de manioc, est une île du golfe de Guinée située au nord-ouest de cette côte, à quelque sept cent quatre-vingt-dix kilomètres de la baie de Loango. Kinamina, que la feuille de 1773 donne comme premier lieu de traite de la campagne de 1772, n’est situé par aucune source du projet.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Que le « Loangue » des deux feuilles soit la baie que Martin nomme « Loango Bay » n’est pas établi par une pièce : les feuilles écrivent un nom sans coordonnée, Martin place une baie sans citer les feuilles. Le rapprochement s’appuie sur la graphie, sur l’identification par Radburn et Eltis du mouillage de la vue peinte de 1770 au large de Loango, et sur le fait que Martin ne porte aucun autre lieu de ce nom sur toute la côte ; un port voisin de la même côte n’est pas exclu. La position qui en résulte est approximative : la latitude est lue sur une carte imprimée, à une quinzaine de kilomètres près, et la longitude, qui n’est pas de Martin, est prise sur le littoral actuel à cette latitude. Les bornes de la côte de Loango sont celles d’une étude de 1972 sur le commerce extérieur du royaume vili, non une limite d’époque : les feuilles de la Marie-Séraphique n’en portent aucune. Que « Angole » désigne cette côte n’est pas une identification du site : la feuille de 1770 écrit « pour Angole » comme destination et « qui a traité a Loangue » comme lieu, et c’est elle qui rapproche les deux mots. Kinamina n’est porté ni par les feuilles au-delà de son nom, ni par la carte de Martin, qui ne nomme rien d’approchant sur toute la côte.
- The External Trade of the Loango Coast, 1576–1870. The Effects of Changing Commercial Relations on the Vili Kingdom of Loango — chapitre I, « The Vili Kingdom of Loango and its Neighbours », deuxième phrase : « After Cape Lopez, the coastline follows a general south-easterly direction as far as the mouth of the Congo River, about 460 miles away » ; carte 1, « West Central Africa », où l’étiquette « Loango Bay » se lit entre les repères de l’équateur et du 5° S ; la latitude qui en est interpolée et sa marge sont données dans la notice de la carte du dossier, assets/cartes/campagnes-marie-seraphique/README.md
- Land et Populated Places, échelle 1:10 millions (cette notice) — couches « Land » et « Populated Places » au 1:10 M : littoral à la latitude lue sur Martin, cap Lopez, embouchure du Congo et ville de São Tomé ; les coordonnées retenues, les distances et le contrôle de la borne de Martin sont donnés dans la notice de la carte du dossier, assets/cartes/campagnes-marie-seraphique/README.md
- Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, bandeau comptable : « pour Angole », « qui a traité a Loangue, dont la vüe est cy dessous », et soute à pain « contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé » ; feuille de 1773, tableau général de la traite : « commencée a Kinamina le 16. juin 1772. a Loangue le 19. aoust, et finie le 14. 9bre »