Les proches d’un marron mis aux fers
Point 1 sur 2 · Témoignage · séjour de Tanc à la Guadeloupe (1829-1831) et publication (1832)
Xavier Tanc, ancien juge de paix à la Guadeloupe, arrivé dans l’île en janvier 1829 et qui dit y avoir vécu près de trois ans, écrit en 1832 que « quelques habitans ont pour règle, lorsqu’un de leurs nègres part marron, de faire mettre aux fers, non seulement ses plus proches parens, comme son père, sa mère, ses sœurs, mais encore la femme avec laquelle il vit » ; enchaînés « deux à deux », ils travaillent « même le dimanche » et couchent « au cachot, jusqu’à ce que leur parent ou ami marron revienne ». « D’autres habitans font travailler l’atelier entier, jusqu’à ce que les absens reparaissent et se rendent. »
Précisions nécessaires à l’interprétation
Tanc décrit une règle qu’il prête à « quelques habitans », sans nommer d’habitation, de marron ni de proche, et sans dire qu’il l’a vue appliquée ; il écrit pour l’abolition. Le passage établit qu’un magistrat de la colonie présente cette pratique comme connue pendant ou après son séjour de 1829 à 1831, non sa fréquence ni l’effet qu’elle avait sur le retour des marrons.
- De l’esclavage aux colonies françaises et spécialement à la Guadeloupe (cette notice) — p. 45 (PDF Manioc p. 51), premier paragraphe complet : proches aux fers, chaîne deux à deux, travail du dimanche, cachot, atelier entier mis au travail ; qualité de l’auteur à la page de titre (« ex-juge de paix à la Guadeloupe ») ; arrivée à la Pointe-à-Pitre en janvier 1829, p. 4 (PDF p. 10) ; « J’ai vécu près de trois ans dans ce pays », p. 7 (PDF p. 13)
Une fillette de six ans à la chaîne de sa mère
Point 2 sur 2 · Témoignage · séjour de Tanc à la Guadeloupe
Tanc décrit la « discipline établie par un habitant de la Capesterre » de la Guadeloupe : « S’il craint que, par suite d’un châtiment, une de ses négresses parte marronne, ou bien si elle est prise en marronnage, il lui fait mettre au cou ou au pied une énorme chaîne, à laquelle on attache un de ses enfans. J’ai vu une petite fille de six ans traîner avec peine ce lourd et pénible fardeau » ; le corps de l’enfant en était « tout meurtri ».
Précisions nécessaires à l’interprétation
La pratique est celle d’un seul planteur de Capesterre, que Tanc ne nomme pas et dont il fait le portrait d’un maître exceptionnellement cruel ; elle ne se généralise pas aux habitations de la Guadeloupe. Tanc dit avoir vu la fillette ; il ne la nomme pas, ni sa mère, et ne date pas la scène au-delà de son séjour. Tanc décrit la chaîne comme imposée avant une fuite redoutée ou après une capture ; la scène qu'il dit avoir vue ne précise pas lequel.