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Esclavage aux Antilles

Source

Saint-Domingue, Correspondance générale de Bellecombe et Bongars, 1783

Bellecombe, gouverneur ; Bongars, intendant ; et auteurs des pièces jointes

Pièce d’archives · 1783

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Notice

Droits : Document d'archives dans le domaine public ; images institutionnelles des Archives nationales d'outre-mer réutilisables sous licence ouverte Etalab 2.0 avec crédit et cote complète.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Lieu

Les habitants du Bahoruco : vivre et négocier (1776-1786)

Dans cette fiche : La correspondance des administrateurs français pour 1783, conservée aux Archives nationales d’outre-mer, transmet l’avis de la Chambre d’agriculture du 3 mai et le mémoire sur les marrons du Sud.

18 min · 1715–1789 · Hispaniola et circulations franco-espagnoles, Saint-Domingue

Points étayés

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Mai 1783 : la Chambre d'agriculture et les propositions des fugitifs

Point 1 sur 2 · Événement · requête d'avril 1783, délibération du 3 mai 1783

Le 3 mai 1783, la Chambre d'agriculture du Port-au-Prince, assemblée de colons consultée par l'administration de Saint-Domingue, examine une dépêche du gouverneur général et de l'intendant, datée du Cap le 20 avril. La dépêche transmet une requête du sieur Saint-Lary, « habitant aux Anses-à-Pitres » près de la limite espagnole, sa lettre du 9 avril à Darcé, commandant pour le roi à Jacmel, et la réponse de celui-ci. Selon les administrateurs, Saint-Lary, « qui avoit réussi à déterminer ces mêmes Negres à se rendre à des conditions raisonnables », expose dans sa requête « les propositions qui lui ont été faites par ces esclaves fugitifs ». Les administrateurs jugent trop coûteux d'affranchir tous ces fugitifs en indemnisant leurs maîtres ; ils inclinent à libérer ceux qui auraient amené les autres à se rendre et les enfants nés dans les bois, et veulent les obliger à venir s'établir séparément dans la partie française plutôt que de leur laisser le terrain qu'ils occupent. La Chambre estime que « la voie de réduire les Negres marrons par la force semble devenir de plus en plus impraticable » et conseille d'accepter leur reddition à trois conditions : « Qu'ils abandonneront le terrain qu'ils occupent actuellement dans la Partie espagnole & viendront s'établir dans la Partie françoise, où le Gouvernement distribuera à chaque famille une portion de terrain non concédé à cultiver » ; « Que la liberté sera accordée indistinctement à chacun desdits Negres marrons & qu'ils en jouiront comme les autres affranchis en cette Colonie » ; enfin que les propriétaires ne soient indemnisés que pour les personnes de « la liste jointe à la requête » parties depuis dix-huit mois au plus, au prix réglé pour les esclaves exécutés par la justice. Elle arrête de renvoyer les pièces et sa délibération aux administrateurs.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Avis consultatif, non décision : la délibération ne dit pas ce que les administrateurs en ont fait. La requête de Saint-Lary et la liste jointe ne sont pas copiées dans le registre : les propositions des fugitifs ne sont connues que par le résumé qu'en donnent les administrateurs, et leurs auteurs ne sont ni nommés ni comptés. La pièce ne nomme pas le lieu habité par ce groupe au-delà de « la Partie espagnole » ; qu'il s'agisse des habitants du Bahoruco, ou que ce Saint-Lary soit le Saint-Larry dont parle Moreau de Saint-Méry, n'est pas établi par elle.

  • Saint-Domingue, Correspondance générale de Bellecombe et Bongars, 1783 (cette notice) — vues 32-34 : extrait des registres de la Chambre d'agriculture du Port-au-Prince, 3 mai 1783 — pièces transmises et position des administrateurs (v. 32-33), avis de la Chambre et ses trois conditions (v. 33-34), renvoi aux administrateurs (v. 34).

Nissau, le marché de Neybe et un projet d'expédition

Point 2 sur 2 · Témoignage · mémoire conservé dans la correspondance de 1783

Un mémoire sur les marrons de la partie du Sud, conservé dans la correspondance du gouverneur Bellecombe et de l'intendant Bongars pour 1783, décrit la limite de Saint-Domingue reculée par le traité de 1776 de la rivière de Neybe jusqu'à celle des Anses-à-Pitres. Son auteur reconnaît que « Les éclaircissemens que l'on a sur leur Compte sont des plus vagues » : ses informateurs « n'ont osé s'avancer que Jusqu'au Petit trou ». Il écrit : « Leur Principal établissement est à Nissau, d'où ils vont au marché de Neybe », bourg espagnol, où ils font vendre leurs produits par des Espagnols, dont « ils Reçoivent en Echange des armes, Munitions, et leurs premiers Besoins en marchandises » que ceux-ci vont chercher à Jacmel. Selon lui, les groupes qui attaquent les habitations ne partent pas de Nissau mais de la crête de la montagne de la Selle, où ils tiennent des détachements de 20 à 40 hommes sous des « ajoupas de feuilles », abris de feuillage. Il conclut : « C'est donc à Nissau qu'il faut se porter ». Comme les Espagnols ne laisseront entrer une troupe sur leur territoire qu'« à moins des ordres les Plus Précis de leur Cour », il propose d'obtenir d'abord ces ordres, puis de débarquer « Cent hommes au petit trou, autant aux anses à Pitres », cent autres venant par le Cul-de-Sac, pour occuper l'établissement : « on les forcera au moins faute de Vivres, de se disperser ». Il recommande aussi des chiens pour les débusquer dans les bois et les cavernes.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Mémoire de projet, écrit du côté de ceux qui veulent détruire ces établissements, sur des renseignements que son auteur dit lui-même indirects : il ne prouve ni que l'expédition ait été autorisée ou menée, ni l'exactitude des échanges qu'il décrit. Il parle des marrons du Sud au pluriel, sans les rattacher au seul maniel du Bahoruco. Que Nissau, graphie du mémoire, désigne le même lieu que le Nisao de Moreau de Saint-Méry n'est pas établi par la pièce. L'auteur n'est pas nommé dans ces vues.

  • Saint-Domingue, Correspondance générale de Bellecombe et Bongars, 1783 (cette notice) — vues 315-322 : mémoire sur les marrons de la partie du Sud — limite de 1776 (v. 315), renseignements vagues et informateurs arrêtés au Petit-Trou (v. 318), Nissau, marché de Neybe et échanges (v. 319), crête de la Selle et détachements (v. 319-320), projet sur Nissau et chiens (v. 321-322).