XVIIIe siècle — Sur les côtes d’Afrique de l’Ouest : qui pouvait être vendu, et par qui ?
Dans ce dossier : Mémoire de Bullet sur les ventes soumises aux officiers de Juda et les « garçons libres ».
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Dans son commentaire porté sur le plan du fort français de Saint-Louis de Juda en 1776, Charles Pierre Joseph Bullet écrit que des personnes asservies par le roi possèdent elles-mêmes des personnes asservies, mais ne peuvent les vendre sans la permission du directeur. Il affirme aussi qu’aucune n’ose vendre ou faire vendre une personne sans l’accord des officiers du fort, qui se réservent une préférence avant les capitaines venus acheter.
Bullet, ancien aumônier de la marine et alors aumônier curé du fort, critique ses officiers et propose des réformes ; sa description de la pratique et de la crainte des vendeurs est la sienne. Elle concerne le fort français de Juda, où le roi désigne le roi de France, et non une règle générale des sociétés voisines. Le commentaire utilisé se trouve sur le plan conservé sous la cote CP 1PL 2209, distinct du dossier personnel E 56 de Bullet.
Dans le commentaire de 1776 porté sur le plan du fort français de Saint-Louis de Juda, Charles Pierre Joseph Bullet décrit des femmes et des hommes logés dans le camp que l’on nomme « garçons libres ». Il affirme qu’ils sont exposés au fouet et à la vente comme les personnes asservies et que plusieurs ont été fouettés récemment ; il demande qu’ils soient traités en personnes libres.
Bullet plaide contre le traitement de ces personnes par le fort ; sa pièce atteste son signalement de coups de fouet et d’une exposition à la vente, mais ne nomme aucune personne effectivement vendue dans ce groupe. « garçons libres » est la désignation qu’il rapporte, appliquée selon lui aux deux sexes ; elle ne suffit pas à établir leur situation juridique individuelle.