Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

XVIIIe siècle · Dossier

Sur les côtes d’Afrique de l’Ouest : qui pouvait être vendu, et par qui ?

Sur les côtes où achetaient les navires français, qui pouvait être vendu, et par qui ?

En mars 1789, Abdel Kader Kane, l’almamy du Fouta-Toro, écrit à Blanchot, commandant de l’île Saint-Louis, établissement français du fleuve Sénégal, pour réclamer quatre personnes que sa lettre appelle « Ses 4 Enfans ». Leurs âges et leur parenté avec lui n’y sont pas précisés. Elles ont été embarquées, puis achetées par Pierre Dubois et Jean Blondin. Parmi les noms que laisse lire la copie figurent Afanne et Boufamanne. L’almamy dit qu’il gardera le reste des personnes capturées et des marchandises détenues par les siens jusqu’au retour des quatre personnes. Il interdit aux Français d’acheter des musulmans « ni De pres ni De loin ».

Publié le 15 octobre 2026 · Mis à jour le 16 octobre 2026 · 15 min de lecture · Texte, documents et schémas sourcés

Collection · 1/4 · De la capture aux Antilles

L’almamy est le souverain musulman du Fouta-Toro, dans la vallée du fleuve Sénégal. La traite dont parle sa lettre est le commerce de personnes achetées pour être vendues et déportées : certaines ont été capturées, d’autres saisies pour une dette, remises en paiement ou condamnées. Au XVIIIe siècle, des navires français achètent des personnes sur plusieurs côtes d’Afrique de l’Ouest : autour du fleuve Sénégal et de la Gambie, à Juda, sur la Côte de l’Or et dans la baie du Biafra. D’après un échantillon de navires nantais regroupé par l’historien Philip Curtin, une grande partie des captifs vendus de 1748 à 1792 à Saint-Domingue, en Guadeloupe et en Martinique venaient des côtes qui vont de la Sierra Leone à la baie du Biafra. Les situations réunies ici relèvent de sociétés et de lieux différents, dont les règles propres ne s’étendent pas à toute l’Afrique de l’Ouest.

Ce dossier s’appuie sur la lettre de l’almamy, conservée dans la copie d’une traduction, sur des lettres et mémoires des forts français de Juda et du Sénégal, et sur des récits de voyageurs et de négociants, notamment Park, Owen, Lamiral et Snelgrave. Il rapproche ces pièces des écrits de Benezet et de Frossard contre la traite, du témoignage de Cugoano et des études de Rodney, Law, Diouf et Guèye.

Carte éditoriale — schéma d’orientation

Faire défiler la carte horizontalement ou l’ouvrir en plein écran.

Carte de l’Afrique de l’Ouest, du fleuve Sénégal à Old Calabar. Au nord-ouest se trouvent Saint-Louis, Gorée, le Fouta-Toro, le Cayor et le Baol, puis la Gambie. Plus au sud, Sherbro et le Fouta-Djalon précèdent Kamalia et Sego vers l’intérieur ; vers l’est, la Côte de l’Or, Juda et Savi, puis Old Calabar bordent le golfe. Les disques indiquent des villes, une île ou des comptoirs ; les anneaux indiquent des régions et royaumes. L’anneau pointillé de Kamalia marque une position incertaine. Juda et Savi partagent un repère à cette échelle, tout en restant deux lieux distincts. Aucune route n’est tracée et les frontières du fond sont actuelles.Agrandir

Du fleuve Sénégal à Old Calabar

Les ventes, saisies et protections racontées dans ce dossier se déroulent à la fois sur la côte et à l’intérieur des terres. Les anneaux situent des régions et des royaumes, sans en dessiner les frontières du XVIIIe siècle.

Fond de carte : Natural Earth, domaine public · Voir sur Natural Earth · Lieux et scènes : sources du dossier · tracé éditorial Esclavage-Antilles.fr, CC BY 4.0 · Voir la licence

Sources de cette partie : Notice bibliographique [4] — Sénégal, Gorée, Juda et Guinée : lettres du ministre, ordonnances, arrêts, mémoires et imprimés (1710-1807), dont la copie de la traduction de la lettre de l'almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789) · Notice bibliographique [5] — Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797 · Notice bibliographique [15] — The Journal of a Slave-Dealer: A View of Some Remarkable Axcedents in the Life of Nics. Owen on the Coast of Africa and America from the Year 1746 to the Year 1757 · Notice bibliographique [14] — The Slave Coast of West Africa, 1550–1750: The Impact of the Atlantic Slave Trade on an African Society · Notice bibliographique [19] — A History of the Upper Guinea Coast, 1545–1800 · Notice bibliographique [17] — The Slave Trade and Culture in the Bight of Biafra: An African Society in the Atlantic World · Notice bibliographique [12] — Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species · Notice bibliographique [23] — Admin 0 — Countries, échelle 1:110 millions

1

Gambie, Juda et Sénégal

Liens de maison et décisions de vente

Dans les situations réunies ici, la possibilité de vendre une personne dépendait de sa position et de l’autorité qu’un autre exerçait ou revendiquait sur elle : selon les lieux, les liens de maison limitaient certaines ventes, tandis que la capture, la faim, la dette ou une peine pouvaient livrer d’autres personnes à un détenteur, à un créancier ou à une administration.

Autour de la Gambie, le voyageur Mungo Park rapporte qu’un maître ne pouvait vendre une personne asservie née dans sa maison sans l’avoir d’abord fait juger publiquement devant les principaux du lieu. L’historien Walter Rodney décrit, pour la Haute-Guinée, des dépendants de la maison qui pouvaient cultiver une parcelle, se marier et transmettre certains droits à leurs enfants ; leur vente était normalement exclue. Les captifs de guerre et les personnes remises en garantie d’une dette puis non rachetées restaient, dans son analyse, exposés à la vente.

La protection de la maison avait elle-même des exceptions dans la règle rapportée par Park. En temps de famine, un maître pouvait vendre un dépendant pour nourrir sa famille. Ses créanciers pouvaient aussi saisir des personnes de sa maison et les vendre s’il ne les rachetait pas. Pour les régions qu’il décrit, Park distingue ainsi quatre voies par lesquelles une personne née libre pouvait être asservie : la capture, la famine, l’impossibilité de payer une dette et certaines condamnations.

Permission et ordre de vente

Au fort français de Saint-Louis de Juda, en 1776, le pouvoir de vendre dépend aussi des officiers. Charles Pierre Joseph Bullet, aumônier du fort, écrit que des personnes asservies par le roi de France détiennent elles-mêmes d’autres personnes asservies, mais doivent obtenir la permission du directeur pour les vendre. Selon lui, les officiers se réservent la préférence avant les capitaines venus acheter. Bullet rapporte que l’on nomme « garçons libres » des femmes et des hommes logés au camp ; cette désignation ne précise pas leur statut juridique individuel. Il les dit exposés au fouet et à la vente comme les personnes asservies, rapporte que plusieurs ont été fouettés et demande qu’ils soient traités en personnes libres. Il ne rapporte la vente effective d’aucun d’eux.

Une lettre du ministre, adressée en 1785 au chevalier de Boufflers rapporte deux ventes ordonnées au Sénégal par Repentigny, installé en 1784 à la tête des troupes du Sénégal. La première concerne un homme noir employé comme captif au travail du port, auquel la lettre impute le vol d’un grappin appartenant au roi de France. Repentigny ordonne sa vente au profit du roi. Il fait aussi vendre une femme que la lettre dit avoir contrevenu à une ordonnance interdisant aux habitants d’acheter des effets aux soldats sans billet de leur capitaine. Le ministre présente de telles ventes comme un usage au Sénégal. Il ne nomme ni l’homme ni la femme et ne dit pas ce qu’ils deviennent après ces décisions.

Voir 9 points documentés pour chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente

Sources de cette partie : Notice bibliographique [5] — Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797 · Notice bibliographique [13] — African Slavery and other Forms of Social Oppression on the Upper Guinea Coast in the Context of the Atlantic Slave-Trade · Notice bibliographique [1] — Plans du bois, des jardins et du fort de Saint-Louis de Juda, autrement de Glégois · Notice bibliographique [4] — Sénégal, Gorée, Juda et Guinée : lettres du ministre, ordonnances, arrêts, mémoires et imprimés (1710-1807), dont la copie de la traduction de la lettre de l'almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789) · Notice bibliographique [22] — The Atlantic Slave Trade: A Census

2

1727–1797

Captures de guerre et parcours de prisonniers

Dans plusieurs des guerres suivies ici, des forces victorieuses capturaient des habitants d’un territoire adverse et cédaient certains d’entre eux à des marchands ; ceux qui avaient été capturés traversaient ensuite d’autres pouvoirs, sans que la même guerre leur donne nécessairement la même issue.

En mars 1727, lorsque l’armée du Dahomey envahit le royaume de Juda, des habitants de Savi, sa capitale, quittent la ville pour la côte. Le roi Huffon gagne les lagunes à l’ouest. L’historien Robin Law rapporte aussi que les forces du Dahomey font des prisonniers parmi la population.

Dans la région de Sherbro, Owen, qui achète des captifs, rapporte en 1758 les campagnes d’un souverain mandingue qu’il nomme d’abord Furry Do, puis Mosolum. Owen n’a pas vu ces campagnes ; il affirme en revanche avoir acheté plusieurs captifs à ce souverain. Selon les informations qu’il consigne, les personnes prises dans les royaumes voisins sont vendues contre de la poudre et des fusils.

Les prisonniers interrogent le voyageur Mungo Park

Park rencontre d’autres prisonniers à Kamalia, où le marchand Karfa revient avec treize personnes achetées. Selon ce que Park apprend sur elles, une armée bambara les avait prises au Wassela et au Kaarta, conduites à Sego, puis déplacées avec d’autres prisonniers le long du Niger. Certaines étaient restées trois ans aux fers à Sego. Elles avaient été proposées à la vente dans plusieurs lieux avant l’achat conclu par Karfa. Park les appelle « prime slaves » : il les présente par un qualificatif marchand comme des captifs de premier choix pour l’acheteur, mais ce qualificatif ne décrit pas leur condition avant la capture.

À Kamalia, onze de ces personnes déclarent à Park avoir été asservies depuis l’enfance. Deux refusent de lui parler de leur condition antérieure. Parmi les treize, des prisonniers interrogent aussi Park sur ce qui attend les personnes emmenées de l’autre côté de la mer. L’une demande : « have you really got such ground as this, to set your feet upon? » (avez-vous vraiment là-bas une terre comme celle-ci où poser les pieds ?). Au terme de l’épisode que Park raconte, les treize personnes sont auprès de Karfa à Kamalia.

Abdel Kader Kane rendu au Fouta-Toro, neuf prisonniers embarqués

Une autre guerre distingue plus nettement encore les issues des prisonniers. D’après le récit recueilli par Park, devant l’armée d’Abdel Kader Kane, l’almamy du Fouta-Toro, des habitants des villes et des villages bouchent les puits, détruisent les provisions qu’ils ne peuvent emporter et quittent leurs habitations. Les forces du Damel, le souverain adverse, attaquent l’armée de l’almamy près d’un point d’eau et le capturent avec d’autres combattants. Le Damel garde l’almamy captif et le fait travailler, puis le rend aux gens du Fouta-Toro qui le réclament.

Sur le Charles-Town, le navire américain où Park embarque en 1797, voyagent aussi neuf prisonniers pris lors de cette guerre. Le navire a reçu en Gambie et à Gorée cent trente personnes esclavisées, dont ces neuf prisonniers. Park suppose qu’environ vingt-cinq des personnes embarquées étaient auparavant libres en Afrique : il s’appuie surtout sur le fait que la plupart, selon lui, savaient écrire un peu l’arabe. Destiné à la Caroline du Sud, le navire fait eau et gagne Antigua, une île des Antilles. Des hommes captifs sont sortis des fers pour actionner les pompes. Park apprend ensuite qu’un ordre de vente a été donné pour les personnes encore détenues. Son récit ne permet pas de savoir lesquels des neuf prisonniers ont survécu jusqu’à Antigua ; il ne suit ni l’exécution de l’ordre ni le sort individuel des personnes encore détenues.

Voir 8 points documentés pour chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers

Sources de cette partie : Notice bibliographique [14] — The Slave Coast of West Africa, 1550–1750: The Impact of the Atlantic Slave Trade on an African Society · Notice bibliographique [15] — The Journal of a Slave-Dealer: A View of Some Remarkable Axcedents in the Life of Nics. Owen on the Coast of Africa and America from the Year 1746 to the Year 1757 · Notice bibliographique [5] — Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797

3

XVIIIe siècle

Être retenu ou vendu pour une dette

Un crédit pouvait reporter la dette d’un marchand ou d’un souverain sur une autre personne : retenue comme gage, saisie par un créancier ou remise en paiement, elle risquait alors d’être vendue ; des proches tentaient parfois d’empêcher son départ.

Après la mort de leur père, le frère d’Ofodobendo Wooma recueille l’enfant, emprunte deux chèvres et le remet au prêteur en garantie du remboursement. Le prêteur vend Ofodobendo avant l’échéance prévue. Le dossier sur la capture et la marche vers la côte raconte la suite de son parcours.

Garder une personne pour obtenir le paiement

Park décrit, pour un crédit accordé par un Européen de la côte, une autre façon de faire peser la dette sur un proche. Si le débiteur ne paie pas, le créancier peut le saisir ; s’il ne le trouve pas, il peut retenir un membre de sa famille, voire une autre personne du même royaume. Des amis de la personne retenue cherchent alors le débiteur. S’ils le retrouvent sans qu’il puisse payer, on envoie celui-ci vers la côte et l’autre personne est relâchée. Si le débiteur reste introuvable, la personne retenue doit payer davantage ou risque d’être vendue. Park précise qu’on lui disait cette dernière disposition rarement appliquée. Il rapporte aussi que des créanciers saisissent parfois des personnes déjà esclavisées dans la maison d’un maître insolvable, puis peuvent les vendre si celui-ci ne les rachète pas.

À Old Calabar, dans la baie du Biafra, à partir des années 1760, les échanges étudiés entre des négociants efik et des capitaines britanniques donnent au gage une autre forme. Les capitaines avancent des marchandises ; les négociants leur remettent des personnes comme garantie. Pour ces derniers, rembourser doit permettre de reprendre la personne. Les capitaines la gardent souvent à bord et peuvent l’emmener si le paiement attendu n’arrive pas dans le délai qu’ils retiennent. La personne confiée comme garantie risque alors d’être déportée, tandis que le droit de la reprendre et le délai de paiement sont disputés.

Dettes, représailles et offre d’un fils

Ailleurs, des témoignages publiés par Carl Bernhard Wadström présentent comme métis un marchand qui avançait des biens à des chefs et envoyait des hommes armés contre les villes de débiteurs lents à payer. Un chef raconte que ce marchand, avec d’autres chefs, prit et détruisit sa ville alors qu’un navire américain attendait des captifs. Le chef dit avoir fui avec la plupart des habitants vers une île voisine. De là, ils attaquèrent leurs adversaires sur le continent ; le chef affirme avoir capturé puis vendu des personnes prises lors de ces représailles.

Sur la Côte de l’Or, un homme incapable de rembourser une dette attend d’être envoyé vers les Caraïbes ; l’épisode est rapporté par Paul Erdmann Isert, qui travaillait dans les comptoirs de cette côte, et repris par l’historienne Sylviane Diouf. L’un de ses fils demande à prendre sa place ; Isert juge l’échange avantageux, le fils ayant plus d’années devant lui que son père. Le passage repris par Diouf ne dit pas comment le fils se trouve ensuite retenu ; il rapporte seulement qu’un gouverneur le fait libérer, à condition que la famille réunisse de l’argent dans un délai raisonnable. Le récit conservé s’arrête à cette décision : il ne dit ni si la famille paie, ni ce que devient le père.

À Juda, payer la dette du roi Dada avec des personnes

À Juda, la dette d’un souverain atteint d’autres personnes encore. Des agents du fort français écrivent en 1753 que le roi Dada avait remis quatorze femmes à un nommé Pruneau pour solder des marchandises qu’un nommé Laurent avait vendues au roi, selon des actes de 1740 ; la lettre ne précise la fonction ni de Laurent ni de Pruneau. La lettre ne dit pas ce qu’elles deviennent après leur remise.

Voir 7 points documentés pour chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette

Sources de cette partie : Notice bibliographique [16] — Chattel with a Soul: The Autobiography of a Moravian Slave · Notice bibliographique [17] — The Slave Trade and Culture in the Bight of Biafra: An African Society in the Atlantic World · Notice bibliographique [5] — Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797 · Notice bibliographique [18] — Fighting the Slave Trade: West African Strategies · Notice bibliographique [6] — An Essay on Colonization, Particularly Applied to the Western Coast of Africa · Notice bibliographique [19] — A History of the Upper Guinea Coast, 1545–1800 · Notice bibliographique [2] — États de dépenses et lettres du conseil de direction du fort Saint-Louis de Juda

4

XVIIIe siècle

Refuges et protections contre la vente

Échapper à la vente dépendait parfois d’un refuge, d’un proche ou d’un souverain capable d’intervenir avant le départ du navire ; ces protections avaient une frontière, et ceux qu’elles ne couvraient pas pouvaient encore être capturés et vendus.

Au Cayor et au Baol, des habitants quittent des régions touchées par les pillages et la domination des ceddo, guerriers liés au pouvoir des souverains. L’historienne Adama Guèye rapporte que des marabouts, responsables religieux musulmans, fondent des villages refuges, souvent près de zones boisées, où ces personnes viennent s’établir. Les ceddo, dont les pillages les ont poussées à partir, n’y exercent pas leur pouvoir selon l’analyse qu’elle reprend.

Réclamer ou faire libérer des captifs

L’intervention pouvait aussi commencer après la capture. D’après un témoignage repris par l’historienne Sylviane Diouf, des groupes que ce témoignage désigne comme Maures livrent à la Compagnie du Sénégal des personnes prises dans les domaines de l’almamy du Fouta-Toro. Abdel Kader Kane envoie des représentants auprès des directeurs de la Compagnie pour les racheter. À leur arrivée, ils apprennent que les personnes recherchées ont déjà été expédiées vers Cayenne.

Diouf rapporte une autre intervention du même souverain alors que les personnes capturées sont encore dans un convoi négrier français. L’almamy le fait fouiller par ses soldats ; ceux-ci en retirent des hommes du Fouta et les libèrent. Pour l’ensemble de cet épisode — la fouille, la découverte des hommes du Fouta et leur libération —, le récit de Diouf ne renvoie à aucune pièce identifiée. Dans le premier récit, les envoyés atteignent les acheteurs après l’expédition des personnes ; dans le second, les soldats trouvent encore les hommes du Fouta dans le convoi. Dans sa propre lettre de mars 1789, présentée en ouverture, l’almamy formule la limite qu’il veut imposer aux acheteurs français : ne pas acheter de musulmans.

Fac-similé — le document lui-même

Pages manuscrites d’une copie française de la lettre de l’almamy Abdel Kader Kane à Blanchot. En haut, l’adresse et la demande de retour ; en bas, l’interdiction d’acheter des musulmans, puis l’achat, par deux négociants nommés, des quatre personnes que l’almamy réclame.Agrandir

La demande de retour adressée à Blanchot

Dans cette copie d’une traduction de mars 1789, Abdel Kader Kane, souverain du Fouta-Toro, demande à Blanchot, commandant français de Saint-Louis, le retour de quatre personnes qu’il appelle « Ses 4 Enfans ». La suite de la lettre, en bas, interdit aux Français d’acheter des musulmans « ni De pres ni De loin » et indique que Pierre Dubois et Jean Blondin ont acheté les quatre personnes.

FR ANOM, Aix-en-Provence, COL F3 62, f° 255 et suite, vues 270–271 · Archives nationales d’outre-mer (France) · licence ouverte Etalab 2.0 · Voir sur les Archives nationales d’outre-mer

Source de cette partie : Notice bibliographique [4] — Sénégal, Gorée, Juda et Guinée : lettres du ministre, ordonnances, arrêts, mémoires et imprimés (1710-1807), dont la copie de la traduction de la lettre de l'almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789)

Un père agit aussi contre un navire, la Flore, qui retient son fils. En 1788, selon le procès-verbal des officiers de ce navire, Miller, qu’ils présentent comme gouverneur de l’île à Roy, arrive avec quarante à cinquante hommes armés, fait saisir la chaloupe du navire et retient deux marins et un chaloupier. Il obtient ainsi le retour de son fils, que les officiers avaient compté comme un « paquet d’homme », réduisant une personne à une unité de transaction ; le dossier sur la capture et la marche vers la côte suit cette affaire et ses autres conséquences.

Qui reste hors de la protection ?

La protection revendiquée pour un groupe laissait d’autres personnes exposées. Dans une autre région, le Fouta-Djalon, l’historien Walter Rodney explique que la vente de musulmans aux Européens était proscrite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les campagnes du pouvoir peul capturaient cependant des habitants de territoires voisins, qui pouvaient être échangés sur la côte contre des marchandises européennes. La protection dépendait donc du statut ou de l’appartenance que les dirigeants reconnaissaient à la personne prise.

Voir 8 points documentés pour chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente

Sources de cette partie : Notice bibliographique [18] — Fighting the Slave Trade: West African Strategies · Notice bibliographique [20] — Servants of Allah: African Muslims Enslaved in the Americas · Notice bibliographique [4] — Sénégal, Gorée, Juda et Guinée : lettres du ministre, ordonnances, arrêts, mémoires et imprimés (1710-1807), dont la copie de la traduction de la lettre de l'almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789) · Notice bibliographique [3] — Procès-verbal sur l’action de Miller pour obtenir le retour de son fils · Notice bibliographique [19] — A History of the Upper Guinea Coast, 1545–1800

5

Écrits de 1734 à 1789

Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait

En présentant l’achat comme un secours ou comme la simple suite d’une guerre décidée ailleurs, les défenseurs de la traite séparaient l’acheteur des violences qui lui livraient une personne ; les commandes, les crédits et les achats pouvaient pourtant relier les deux.

Dans un épisode sénégalais raconté par le négociant Dominique Harcourt Lamiral, le prince Boué-Toubé désigne un homme de sa suite comme esclave et impose à Lamiral de l’acheter. Lamiral dit avoir d’abord refusé, puis payé ; il explique sa décision par la puissance du prince. Un homme qu’il présente comme l’ami de la personne vendue se poignarde. Ses camarades veulent l’aider, mais Boué-Toubé les en empêche. D’autres habitants du voisinage et un chirurgien lui donnent des soins ; selon Lamiral, il meurt. L’homme désigné a été acheté, son ami est mort, et le récit ne dit pas ce que devient ensuite l’homme vendu.

Commandes, présents et captures

Ailleurs dans son livre, Lamiral soutient d’abord que les compagnies de marchands auraient trop peu d’influence pour provoquer les guerres au Sénégal ; il reconnaît pourtant que lui-même et ceux qu’il rassemble sous son « nous » influent sur ces guerres. Le capitaine négrier William Snelgrave affirme en 1734 que vendre des prisonniers de guerre aux Européens leur épargnerait la mort ; dans un mémoire de 1788, Malouet, qui se présente comme propriétaire à Saint-Domingue et administrateur colonial, dit que le négociant ou le colon n’a pas à juger les guerres des souverains africains, puisqu’il trouve des prisonniers au marché. Le secours invoqué par l’un et la décision antérieure invoquée par l’autre laissent de côté ce que fait l’acheteur : il paie pour qu’une personne soit déportée et possédée.

Dans sa compilation de 1771 contre la traite, Anthony Benezet conteste le récit d’achats destinés à sauver des prisonniers : il rapporte que Brue, agent d’une compagnie française en Afrique de l’Ouest, voyait dans les guerres une source de captifs utile aux Européens et que Bosman, agent d’une compagnie néerlandaise sur la Côte de l’Or, racontait l’argent donné par un ancien commandant pour susciter des attaques. Frossard, auteur d’un ouvrage de 1789 contre la traite, soutient que les présents, les quantités demandées et les commandes des négociants peuvent pousser d’autres hommes à attaquer et à capturer des personnes.

Dans les situations réunies ici, celui qui cédait une personne pouvait être un maître ou chef de maison, un vainqueur, un créancier ou un souverain ; une autorité coloniale pouvait aussi en ordonner la vente. Celui qui cédait ou ordonnait la vente exerçait ou revendiquait une autorité sur la personne, sans que la transaction suffise à établir un droit reconnu de tous. Les acheteurs entraient dans cette chaîne qui pouvait mener à la déportation.

Enfant, Ottobah Cugoano a été enlevé avec d’autres filles et garçons pendant un séjour chez son oncle, à trois journées de marche d’Agimaque, puis vendu dans un fort de la Côte de l’Or avant d’être déporté vers la Grenade, dans les Antilles ; le dossier sur la capture et la marche vers la côte raconte ce trajet. Dans le livre qu’il publie en 1787, il reconnaît avoir été enlevé et trahi par des hommes de sa couleur ; mais s’il n’y avait pas d’acheteurs, écrit-il, il n’y aurait pas de vendeurs.

Voir 11 points documentés pour chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait

Sources de cette partie : Notice bibliographique [7] — L'Affrique et le peuple affriquain, considérés sous tous leurs rapports avec notre commerce et nos colonies. De l'abus des privilèges exclusifs, et notamment de celui de la Compagnie du Sénégal. Ce que c'est qu'une société se qualifiant d'Amis des noirs · Notice bibliographique [8] — A New Account of Some Parts of Guinea, and the Slave-Trade · Notice bibliographique [9] — Mémoire sur l’esclavage des Nègres, dans lequel on discute les motifs proposés pour leur affranchissement, ceux qui s’y opposent, et les moyens praticables pour améliorer leur sort · Notice bibliographique [10] — Some Historical Account of Guinea, its Situation, Produce, and the General Disposition of its Inhabitants, with an Inquiry into the Rise and Progress of the Slave Trade · Notice bibliographique [11] — La cause des esclaves nègres et des habitants de la Guinée, portée au tribunal de la justice, de la religion et de la politique, tome II · Notice bibliographique [12] — Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species · Notice bibliographique [5] — Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797 · Notice bibliographique [4] — Sénégal, Gorée, Juda et Guinée : lettres du ministre, ordonnances, arrêts, mémoires et imprimés (1710-1807), dont la copie de la traduction de la lettre de l'almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789)

Méthode et limites des sources

Des lettres, des récits et des études permettent de comparer plusieurs voies de mise en vente sur les côtes liées à la traite française au XVIIIe siècle.

Lire la note de méthode complète

Comment ce dossier a été établi

Le dossier rapproche des pièces d’archives, des récits publiés par des voyageurs et des négociants, des écrits contre la traite, le témoignage de Cugoano et des études historiques. Pour les faits précis et les citations, les références indiquent une page, un folio ou une vue quand ce repère est disponible . Certaines indiquent des lignes d’une couche texte locale, qui ne permettent pas à elles seules de retrouver le passage dans le volume publié. La bibliographie renvoie aux notices des sources employées.

Les cas concernent des sociétés et des lieux différents au XVIIIe siècle, sur des côtes où achetaient les navires français. Certains témoignages sur des échanges britanniques ou sur le voyage d’un navire américain éclairent un mécanisme ou le sort de prisonniers rencontrés sur ces mêmes côtes ; ils n’établissent pas à eux seuls une pratique des navires français. Le dossier compare des possibilités de vente et d’intervention, sans en mesurer la fréquence générale.

La question « les Africains vendaient-ils les leurs ? » se pose aujourd’hui dans un débat de mémoire. L’historien Ibrahima Thioub montre que les récits contemporains de la traite touchent aux identités et aux rapports de pouvoir ; il invite à examiner les intérêts et les positions des acteurs africains sans les fondre dans un seul groupe. Les cas étudiés ici identifient les personnes et les autorités en cause, ainsi que la place des acheteurs, dans les limites propres à chaque source.

Source de cette partie : Notice bibliographique [21] — Regard critique sur les lectures africaines de l’esclavage et de la traite atlantique

Sources et limites

Vérifier les faits et interprétations du dossier

Ouvrir les 40 points documentés, leurs sources et leurs limites

Point 1 sur 40 · Témoignage · date non établie · Protection et exceptions pour les dépendants nés dans la maison

Dans ses observations publiées en 1799 sur les régions de la Gambie, Mungo Park rapporte qu’un maître ne peut vendre une personne asservie née dans sa maison sans l’avoir d’abord fait juger publiquement devant les principaux du lieu. Il précise en note qu’en temps de famine le maître peut vendre un ou plusieurs de ces dépendants pour nourrir sa famille et qu’en cas d’insolvabilité ses créanciers peuvent en saisir ; si le maître ne les rachète pas, ces personnes sont susceptibles d’être vendues pour payer ses dettes.

À garder en tête : Park expose une règle qu’il dit connaître pour les régions qu’il décrit ; il ne présente pas un registre de jugements ou de ventes permettant de mesurer son application. La protection porte sur les dépendants nés dans la maison et connaît les deux exceptions qu’il énonce lui-même. Elle ne doit pas être étendue aux captifs de guerre qu’il distingue dans le même chapitre.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXII, p. 287-288 et note de la p. 288, vues 335-336 de la troisième édition de 1799 : jugement public préalable et exceptions de famine ou d’insolvabilité du maître

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente et chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 2 sur 40 · Interprétation · date non établie · Quatre voies d’asservissement selon Park

Dans le chapitre XXII de son voyage publié en 1799, Mungo Park classe quatre causes par lesquelles une personne née libre peut être asservie dans les régions africaines qu’il décrit : captivité, famine, insolvabilité et crimes. Il indique qu’un débiteur peut être vendu pour satisfaire ses créanciers et que certaines condamnations peuvent conduire à la vente de la personne jugée.

À garder en tête : Il s’agit de la classification de Park, nourrie d’observations et d’informations reçues dans plusieurs lieux, non d’une loi commune à l’Afrique ni d’une mesure de la fréquence des quatre voies. Ses jugements sur l’origine ancienne de l’esclavage et la prépondérance de la guerre sont distincts de l’existence des situations qu’il décrit.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXII, p. 290 et p. 294-296, vues 338 et 342-344 de la troisième édition de 1799 : liste des quatre causes p. 290 ; insolvabilité et crimes dans les développements suivants

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 3 sur 40 · Interprétation · date non établie · Dépendants de maison, captifs et gages en Haute-Guinée

Dans son étude de 1966 sur la Haute-Guinée, Walter Rodney décrit des dépendants intégrés à la maison du maître : leur vente était normalement exclue sauf faute grave ; ils pouvaient disposer de terres ou d’une part du produit de leur travail, se marier et transmettre certains droits à leurs enfants. Il distingue les personnes nées dans la maisonnée des captifs de guerre et des personnes remises en gage puis non rachetées, qui restaient exposés à la vente.

À garder en tête : Rodney propose une analyse historique de la côte de Haute-Guinée entre la Gambie et le cap Mount ; il ne décrit pas une règle identique dans tous les États africains ni le statut de chaque personne embarquée vers les Amériques. Son article examine aussi comment la traite atlantique a transformé les formes locales de dépendance : cette distinction de statuts ne prouve pas qu’elles seraient restées stables dans le temps.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [13] — p. 431-432 : droits des membres dépendants de la maison p. 431 ; distinction avec captifs de guerre et gages non rachetés exposés à la vente p. 432

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 4 sur 40 · Témoignage · 1776 · Ventes soumises aux officiers du fort de Juda

Dans son commentaire porté sur le plan du fort français de Saint-Louis de Juda en 1776, Charles Pierre Joseph Bullet écrit que des personnes asservies par le roi possèdent elles-mêmes des personnes asservies, mais ne peuvent les vendre sans la permission du directeur. Il affirme aussi qu’aucune n’ose vendre ou faire vendre une personne sans l’accord des officiers du fort, qui se réservent une préférence avant les capitaines venus acheter.

À garder en tête : Bullet, ancien aumônier de la marine et alors aumônier curé du fort, critique ses officiers et propose des réformes ; sa description de la pratique et de la crainte des vendeurs est la sienne. Elle concerne le fort français de Juda, où le roi désigne le roi de France, et non une règle générale des sociétés voisines. Le commentaire utilisé se trouve sur le plan conservé sous la cote CP 1PL 2209, distinct du dossier personnel E 56 de Bullet.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [1] — planche unique, grand bloc de droite, zone Z12, lignes 1-2 et 8-11 : permission du directeur, permission des officiers et préférence sur les ventes

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 5 sur 40 · Témoignage · 1776 · Personnes dites libres exposées à la vente au fort

Dans le commentaire de 1776 porté sur le plan du fort français de Saint-Louis de Juda, Charles Pierre Joseph Bullet décrit des femmes et des hommes logés dans le camp que l’on nomme « garçons libres ». Il affirme qu’ils sont exposés au fouet et à la vente comme les personnes asservies et que plusieurs ont été fouettés récemment ; il demande qu’ils soient traités en personnes libres.

À garder en tête : Bullet plaide contre le traitement de ces personnes par le fort ; sa pièce atteste son signalement de coups de fouet et d’une exposition à la vente, mais ne nomme aucune personne effectivement vendue dans ce groupe. « garçons libres » est la désignation qu’il rapporte, appliquée selon lui aux deux sexes ; elle ne suffit pas à établir leur situation juridique individuelle.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [1] — planche unique, grand bloc de droite, zone Z12, lignes 3-7 : personnes nommées « garçons libres », exposition au fouet et à la vente, plusieurs personnes fouettées et protestation de Bullet

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 6 sur 40 · Événement · date de la lettre qui rapporte une vente antérieure · Un travailleur du port vendu sur ordre de Repentigny

Dans sa lettre du 29 octobre 1785 au chevalier de Boufflers, le ministre rapporte que M. de Repentigny, reçu en 1784 à la tête des troupes du Sénégal, a ordonné la vente au profit du roi d’un homme noir employé comme captif au travail du port, auquel la lettre impute le vol d’un grappin appartenant à Sa Majesté.

À garder en tête : La lettre rapporte la décision et l’accusation, sans donner la date de la vente, le nom de l’homme, son statut antérieur, la procédure suivie ni sa destination. Elle le décrit alors comme captif, mais ne prouve pas que le vol ait été commis. La page ne situe pas explicitement cette vente à Saint-Louis.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — f° 212, vue 0227, page de droite : lettre du ministre du 29 octobre 1785, premier paragraphe, vente ordonnée par Repentigny après l’accusation de vol d’un grappin
  • Source [4] — f° 194, vue 0208, page de droite : « Lettre du Ministre à M. de Repentigny », « 10. Octobre 1784. », premier paragraphe : « de votre arrivée au Sénégal, de votre réception à la tête des troupes »

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente et chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 7 sur 40 · Événement · date de la lettre qui rapporte une vente antérieure · Une femme vendue après une infraction signalée

Dans sa lettre du 29 octobre 1785 au chevalier de Boufflers, le ministre rapporte que M. de Repentigny a également fait vendre une femme noire trouvée en contravention à une ordonnance interdisant aux habitants d’acheter des effets aux soldats sans billet de leur capitaine.

À garder en tête : Le ministre rapporte la vente mais ne nomme pas la femme, ne donne ni son statut antérieur, ni les effets précisément en cause, ni la date, l’acheteur ou sa destination après la vente. L’ordonnance invoquée n’est pas reproduite dans ce passage ; l’infraction demeure celle que la lettre lui attribue. La page ne situe pas explicitement cette vente à Saint-Louis.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — f° 212, vue 0227, page de droite : lettre du ministre du 29 octobre 1785, second paragraphe, vente de la femme après contravention à l’ordonnance sur les achats d’effets aux soldats

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 8 sur 40 · Témoignage · date de la lettre ministérielle · L’usage de vente invoqué par le ministre

Dans sa lettre du 29 octobre 1785 au chevalier de Boufflers, le ministre présente comme un usage au Sénégal la vente au profit de Sa Majesté de personnes noires qui, selon lui, encourent pour certains délits des peines graves et même la mort.

À garder en tête : Il s’agit de la qualification donnée par le ministre dans une lettre administrative, et non d’un relevé de toutes les ventes ou d’une preuve que chaque accusation était fondée. Les deux décisions qu’il examine sont attribuées à Repentigny. La page ne les situe pas explicitement à Saint-Louis.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — f° 212, vue 0227, page de droite : lettre du ministre du 29 octobre 1785, premier paragraphe, phrase présentant la vente au profit de Sa Majesté comme un usage au Sénégal

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 9 sur 40 · Mesure · 1748–1792 · Origine régionale des captifs par colonie française, échantillon nantais 1748-1792

D’après l’échantillon des navires nantais publié par Rinchon et regroupé par Philip Curtin, les captifs vendus de 1748 à 1792 viennent d’Afrique centrale pour 45,8 % à Saint-Domingue, 43,6 % en Guadeloupe et 26,2 % en Martinique ; la « Guinée », de la Sierra Leone à la baie du Biafra, en fournit 48,9 %, 54,0 % et 65,5 %. Curtin y lit une préférence martiniquaise pour les Africains de l’Ouest, quand Saint-Domingue, qui absorbe plus des trois quarts de la traite française, en reçoit un échantillon presque aléatoire.

À garder en tête : L’échantillon ne couvre que Nantes, environ un tiers de la traite française, et compte 181 000 captifs pour Saint-Domingue contre 11 300 pour la Martinique et 2 900 pour la Guadeloupe ; Curtin juge lui-même l’échantillon guadeloupéen réduit. La « préférence » est son interprétation. Les estimations actuelles de SlaveVoyages remplacent ces totaux ; seule la comparaison entre colonies est retenue ici.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [22] — p. 181-182, tableau 51, PDF 202-203 (tableau contrôlé sur l’image) ; définition de la « Guinée », p. 198, tableau 59, note

Employé dans : chapitre 1 — Liens de maison et décisions de vente.

Point 10 sur 40 · Interprétation · invasion du royaume de Juda en mars 1727 · Fuites et prisonniers lors de l’invasion de Juda en 1727

Selon Robin Law, lors de l’invasion du royaume de Juda par l’armée du Dahomey en mars 1727, des habitants de Savi, la capitale du royaume, fuient vers la mer et le roi Huffon se réfugie dans les lagunes à l’ouest. Law rapporte aussi, d’après des témoignages de l’époque, que les forces du Dahomey font des prisonniers parmi la population ; les estimations qu’il cite parlent de 10 000 à 11 000 personnes prises.

À garder en tête : Law reconstruit la campagne à partir de récits de provenance différente. Les 10 000 à 11 000 prisonniers sont une estimation rapportée par des contemporains, non un minimum établi ni le nombre de personnes ensuite vendues. La couche OCR consultée peut altérer les noms et les chiffres.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [14] — chapitre 7, p. 284–286 : invasion de mars 1727, fuite de Savi, refuge de Huffon, morts et prisonniers ; p. 286, note 109 pour l’origine de l’estimation des prisonniers

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 11 sur 40 · Interprétation · entrées du journal des 29 mars et 5 avril 1758 ; les campagnes militaires racontées ne sont pas datées · Les captifs d’un souverain mandingue, selon Owen

Au début de 1758, Owen présente un souverain mandingue qu’il appelle d’abord Furry Do puis Mosolum comme un conquérant de royaumes voisins et affirme lui avoir acheté plusieurs captifs. Le 29 mars, il rapporte que ce souverain vend toutes les personnes qu’il saisit contre de la poudre et des fusils achetés aux nations neutres. Le 5 avril, son frère Blayney lui attribue comme prétexte de guerre l’absence de culte public chez les peuples attaqués et le projet de les contraindre à la religion de Mahomet. Le journal relie donc, par des informations reçues et un achat revendiqué, justification religieuse, guerre, armes importées et mise en vente des captifs.

À garder en tête : Owen ne voit pas les campagnes militaires : il reçoit les informations à Sherbro et aux Plantains, et celle du 5 avril lui vient de son frère. Il qualifie lui-même le motif religieux de prétexte et donne l’effectif invérifiable de cinq mille archers. L’éditrice de 1930 n’a pas pu identifier le souverain ; l’équivalence entre Furry Do et Mosolum repose sur la progression du journal. L’achat de plusieurs captifs est en revanche revendiqué par Owen.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [15] — journal de Nicholas Owen, p. 92–93, 96 et 100 ; PDF 136, 139, 142 et 148, p. 92–93 et 100 contrôlées sur les images

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 12 sur 40 · Témoignage · date non établie · Les treize prisonniers achetés par Karfa

Dans son récit publié en 1799, Mungo Park écrit que Karfa revient à Kamalia le 24 janvier avec treize personnes achetées, qu’il appelle « prime slaves ». Selon Park, l’armée bambara les a prises au Wassela et au Kaarta, les a conduites à Sego, où certaines sont restées trois ans aux fers, puis elles ont remonté le Niger avec d’autres prisonniers et ont été proposées à la vente à Yamina, Bammakoo et Kancaba.

À garder en tête : Park rencontre les personnes à Kamalia, mais tient leur itinéraire antérieur de ce qu’il apprend sur elles ; il n’a pas assisté aux captures. Le passage ne permet pas d’identifier ces treize personnes parmi les captifs d’un navire parti plus tard de Gambie. « prime » est le qualificatif employé par Park dans un contexte d’achat et de vente, non une qualité des personnes.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXIV, p. 318–319, vues 0366–0367 : retour de Karfa, capture au Wassela et au Kaarta, détention à Ségou et étapes de la vente

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 13 sur 40 · Témoignage · date non établie · Ce que les prisonniers de Karfa disent à Park

À Kamalia, Park dit que, parmi les treize prisonniers achetés par Karfa, onze lui déclarent avoir été asservis depuis l’enfance et deux refusent de lui donner des renseignements sur leur condition antérieure. Ils souhaitent savoir ce qui arrive après la traversée de la mer ; l’un demande : « have you really got such ground as this, to set your feet upon? » (soit, en français : avez-vous vraiment là-bas une terre comme celle-ci où poser les pieds ?).

À garder en tête : Park rapporte l’échange dans un récit publié après le voyage. Les paroles des onze et des deux ne disent pas si ces personnes ont connu la même forme d’asservissement avant leur capture ; le refus des deux ne permet pas de leur attribuer une condition antérieure. La question citée appartient à une personne non nommée.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXIV, p. 318–319, vues 366–367 : déclarations et refus au passage entre les deux pages ; question p. 319, vue 367

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 14 sur 40 · Témoignage · date non établie · La défense du Cayor et la capture d’Abdulkader

Dans la guerre entre Abdulkader, roi du Foota Torra, et le Damel, roi des Jaloffs selon Park, les habitants des villes et villages bouchent des puits, détruisent des provisions, emportent leurs biens et quittent leurs habitations devant l’armée envahissante. Les forces du Damel attaquent ensuite cette armée près d’un point d’eau dans les bois et prennent notamment Abdulkader et d’autres combattants.

À garder en tête : Park abrège une histoire entendue à Malacotta, auprès d’Européens sur la Gambie et auprès de Français à Gorée ; il n’a pas vu la bataille. Les vues fournies ne fixent pas le jour ou l’année exacte du combat. Le dialogue qu’il rapporte entre les souverains ne vaut pas transcription directe.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXV, p. 341–344, vues 0391–0394 : préparation des habitants du Cayor, marche, contre-attaque et prisonniers

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 15 sur 40 · Témoignage · date non établie · Abdulkader rendu, neuf prisonniers embarqués

Selon le récit recueilli par Park au cours de son voyage, le Damel garde Abdulkader captif et le fait travailler pendant trois mois, puis le rend aux habitants du Foota Torra qui le réclament. Park dit avoir voyagé, comme passager, vers les Antilles sur un navire qui emportait neuf prisonniers pris lors de cette guerre ; ils figurent parmi les personnes reçues à bord en Gambie ou à Gorée, et le navire finit par gagner Antigua.

À garder en tête : Le retour d’Abdulkader appartient au récit reçu par Park, tandis que la présence des neuf personnes sur son navire relève de son voyage. Park ne nomme pas ces neuf personnes et ne permet pas de dire lesquelles ont survécu à la traversée ni ce que chacune est devenue à Antigua. Elles ne sont pas identifiées aux treize personnes achetées par Karfa.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXV, p. 344, vue 0394 : captivité puis retour d’Abdulkader, neuf prisonniers rencontrés par Park ; chapitre XXVI, p. 361–362, vues 0413–0414 : neuf captifs de cette guerre à bord et arrivée du navire à Antigua

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 16 sur 40 · Témoignage · 1797 · Personnes supposées libres sur le Charles-Town

Mungo Park embarque sur le Charles-Town, navire américain qui reçoit sur la Gambie et à Gorée cent trente personnes esclavisées. Il suppose qu’environ vingt-cinq d’entre elles étaient auparavant de condition libre en Afrique, la plupart de celles-ci étant des Bushreens qui savaient écrire un peu l’arabe ; il dit que neuf d’entre elles avaient été faites prisonnières dans la guerre religieuse entre Abdulkader et le Damel.

À garder en tête : Park est passager du navire et parle avec certaines personnes capturées, mais son estimation d’environ vingt-cinq personnes est une supposition, non un décompte de statuts établi pour chacune. Il infère surtout leur condition libre du fait que la plupart de ce groupe, des Bushreens, savaient écrire un peu l’arabe. Le Charles-Town est américain, même s’il charge à Gorée ; la pièce ne permet pas de présenter ce groupe comme acheté par un navire français.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXVI, p. 360-361, vues 412-413 de la troisième édition de 1799 : arrivée du navire et embarquement de Park p. 360-361 ; compte de cent trente, estimation d’environ vingt-cinq et neuf captifs de la guerre p. 361

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 17 sur 40 · Témoignage · 1797 · Le Charles-Town arrive à Antigua

Dans son récit du voyage du Charles-Town, Mungo Park rapporte que le navire, destiné à la Caroline du Sud, fait eau après son départ de Gorée et gagne Antigua. Des hommes captifs sont sortis des fers pour actionner les pompes. Park dit avoir appris ensuite que les personnes encore détenues avaient reçu l’ordre d’être vendues au profit des propriétaires du navire.

À garder en tête : Park voit les opérations à bord et l’arrivée à Antigua. La décision de vendre lui est connue par ouï-dire, signalé dans son récit ; il ne donne ni acte de vente, ni acheteur, ni sort individuel des personnes détenues. L’arrivée à Antigua constitue l’issue attestée du trajet du navire pour les survivants.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXVI, p. 360-362, vues 412-414 de la troisième édition de 1799 : destination prévue p. 360 ; pompes, déroutement, arrivée à Antigua et ordre de vente rapporté p. 362

Employé dans : chapitre 2 — Captures de guerre et parcours de prisonniers.

Point 18 sur 40 · Témoignage · revente à New York en 1741 ; enfance non datée · Ofodobendo : mise en gage et reventes

Dans le mémoire conservé par la communauté religieuse morave de Bethlehem, Ofodobendo Wooma raconte qu’après la mort de son père, vers ses huit ans, son frère le recueille. Celui-ci emprunte deux chèvres pour deux ans et remet l’enfant au prêteur en garantie. Au bout d’un an, le prêteur lui tend « une pipe de tabac sur la route » ; Ofodobendo la piétine. L’homme invoque ce geste pour le vendre avant l’échéance. D’autres acheteurs l’acquièrent et le revendent ensuite à plusieurs reprises, jusqu’à le conduire parmi des personnes dont il ne comprend plus la langue. Dans une grande contrée qu’il appelle « Nemils », un marchand l’achète, l’habille et le place dans sa maison. Sur l’ordre de leur maître, des personnes à son service conduisent l’enfant dans une autre maison où pendent les têtes d’au moins cinquante hommes morts. Il s’attend à être tué sur-le-champ. Celui qu’Ofodobendo appelle alors son compagnon, sans que le mémoire permette de l’identifier, demande aux occupants un prix qu’ils refusent ; il le fait sortir, lui retire ses vêtements et le revend à un autre marchand. Ofodobendo est ensuite placé sur une embarcation avec d’autres captifs. Il y rencontre une jeune fille de sa région qui le réconforte beaucoup. On lui donne du porc, viande interdite dans son pays, et la faim le contraint finalement à en manger. À la côte, les deux enfants rencontrent deux Européens. L’un d’eux, présenté comme capitaine, leur fait signe de le suivre à bord. Ofodobendo estime qu’environ soixante personnes noires s’y trouvent sans être attachées. Après le voyage vers Antigua, il est vendu avec environ trente autres personnes à un capitaine de New York, qui le revend dans cette ville en 1741. Ofodobendo dit avoir alors environ douze ans.

À garder en tête : Le document des archives de l’Église morave est écrit d’une seule main qui poursuit le récit après la fin de la partie autobiographique. L’historien Daniel B. Thorp ne peut établir s’il s’agit d’une copie remaniée, d’une traduction d’un texte anglais ou de la transcription d’une dictée. Le mémoire transmet d’abord « Eboe », corrigé entre les lignes en « Ibo », et ne permet pas de localiser le lieu natal. Dans son premier état, la phrase de la vente disait : « but he did not wait for that but sold me to another ». Selon la note 47 de Thorp, un ajout porté au bas de la page a ensuite inséré le passage où le prêteur tend une pipe à Ofodobendo, où l’enfant la piétine, où le prêteur présente ce geste comme la cause de la vente et où la vente survient après un an ; le second « but » a été supprimé. Le nom Nemils demeure non identifié ; l’ajout « Niger » a lui-même été barré. Le mémoire décrit les têtes d’au moins cinquante hommes morts et la crainte d’être tué, mais n’établit ni qui a tué ces hommes ni comment leurs têtes sont arrivées là. Le mémoire cesse de parler de la jeune fille après l’embarquement ; rien n’y indique ce qu’elle devient. Le nombre d’environ soixante personnes noires présentes à bord sans être attachées est une estimation d’Ofodobendo, non un compte du capitaine ou de l’équipage. Hormis l’épisode de la pipe, le motif invoqué pour la vente et le délai d’un an, qui proviennent de l’ajout signalé par la note 47, les épisodes rapportés ici, jusqu’à la revente de 1741 à New York, appartiennent à la partie du mémoire rédigée à la première personne.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [16] — p. 433–435 pour la provenance, les quatre pages en allemand ancien et les scénarios possibles de mise par écrit ; p. 447–451 pour la traduction annotée du mémoire ; particulièrement p. 447–448 pour le nom Ofodobendo Wooma, la mise en gage, la pipe de tabac piétinée et la vente « after a year's time » avec la note 47 sur l’état antérieur de cette phrase, les reventes, les changements de langue, l’enfermement, la jeune fille, la faim, la côte et l’embarquement, puis p. 448 pour Antigua, la vente vers New York, 1741 et l’âge d’environ douze ans
  • Source [17] — p. 127–132 pour les enlèvements, les enfants et les limites des échantillons de personnes déportées ; p. 141–142 pour la mise en gage, les reventes et le passage d’Ofodobendo par Antigua

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 19 sur 40 · Témoignage · publication du récit ; la règle rapportée n’est pas datée comme événement · Un proche retenu pour la dette d’un marchand

Dans une note du récit de ses voyages publié en 1799, Mungo Park rapporte que, lorsqu’une personne ne rembourse pas à l’échéance des biens reçus à crédit d’un Européen de la côte, celui-ci est autorisé, selon la règle que Park décrit, à saisir le débiteur. À défaut, il peut retenir un membre de sa famille ou, en dernier recours, une autre personne du même royaume. Des amis de la personne retenue cherchent alors le débiteur. S’il est trouvé mais ne peut payer, il est envoyé vers la côte et l’autre personne est relâchée ; s’il demeure introuvable, la personne retenue doit payer le double de la dette ou est vendue.

À garder en tête : Park rapporte une règle qu’il dit avoir comprise, sans nommer ici une personne effectivement saisie ni identifier le royaume dont il énonce le droit. Il ajoute que la disposition visant la personne retenue faute de retrouver le débiteur est, selon ce qu’on lui a dit, rarement appliquée. Cette note ne mesure donc ni la fréquence des saisies ni celle des ventes.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXII, p. 296, note 22, vue 344 de la troisième édition de 1799 ; transcription locale PARK_1799_gutenberg.txt, passage de « When a Negro takes up goods on credit » à « seldom enforced »

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette et chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 20 sur 40 · Témoignage · publication du récit ; les cas évoqués ne sont pas datés · Des personnes déjà asservies saisies pour la dette du maître

Dans une autre note de son récit publié en 1799, Mungo Park écrit qu’en cas d’insolvabilité d’un maître, ses créanciers saisissent parfois des personnes esclavisées dans sa maison ; si le maître ne peut les racheter, elles peuvent être vendues pour payer ses dettes.

À garder en tête : Park présente les cas dont il se souvient, non un compte de ventes observées. La note ne nomme ni les personnes saisies ni leurs maîtres, et ne permet pas de connaître leur sort lorsqu’un rachat était tenté.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [5] — chapitre XXII, p. 288, note 20, vue 336 de la troisième édition de 1799 ; transcription locale PARK_1799_gutenberg.txt, passage commençant par « In time of famine »

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 21 sur 40 · Interprétation · à partir des années 1760 ; pratiques examinées jusqu’à la fin du XVIIIe siècle · Des personnes données en gage et gardées à bord

Pour Old Calabar, dans la baie du Biafra, Paul E. Lovejoy et David Richardson expliquent qu’à partir des années 1760 des capitaines britanniques demandent des personnes en gage contre les marchandises avancées aux négociants efik. Pour ces derniers, le gage reste normalement rachetable par remboursement ; les capitaines retiennent souvent les personnes à bord et peuvent les emmener si le paiement attendu n’arrive pas dans le délai qu’ils fixent.

À garder en tête : Les auteurs étudient surtout les échanges britanniques avec les Efik ; ils signalent des achats français à Old Calabar, mais ces pages n’établissent pas que les capitaines français y exigeaient les mêmes gages. Les délais et les droits de reprise pouvaient être contestés. Un gage n’était pas automatiquement une personne vendue.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [18] — Paul E. Lovejoy et David Richardson, « Anglo-Efik Relations and Protection against Illegal Enslavement at Old Calabar, 1740–1807 », p. 110-113, surtout p. 110-111 pour le crédit, le gage rachetable et la rétention à bord ; PDF p. 139-142

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 22 sur 40 · Témoignage · témoignage daté de mars 1793 ; l’attaque racontée est antérieure et non datée · Une ville attaquée pour une dette, puis des représailles

Dans des témoignages rapportés et abrégés par Carl Bernhard Wadström, dont le premier est daté de mars 1793, un négociant dit qu’un marchand métis défunt avançait des biens aux chefs puis envoyait deux à trois cents hommes armés contre les villes des débiteurs lents à payer. Un chef rapporte que ce marchand, avec d’autres chefs et un navire américain en attente de captifs, prit et détruisit sa ville. Le chef dit avoir fui avec la plupart des habitants vers une île voisine ; ils attaquèrent ensuite leurs adversaires sur le continent, et le chef dit en avoir capturé puis vendu quarante. Walter Rodney identifie le marchand défunt à James Cleveland.

À garder en tête : Wadström dit avoir abrégé les communications rapportées ; il ne nomme pas le marchand métis et ne conserve pas les paroles directes des habitants. L’identification à Cleveland vient de Rodney. L’année de l’attaque n’est pas donnée. Les quarante personnes sont, selon le chef, des adversaires capturés et vendus lors de ses représailles ; la pièce ne dit pas que Cleveland vendit quarante habitants de la ville détruite. Les documents originaux abrégés par Wadström n’ont pas été consultés.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [6] — partie II, § 454, p. 75-76, surtout p. 76, deux témoignages successifs sur les avances, l’attaque de la ville, la fuite vers une île et la vente de quarante adversaires ; OCR local WADSTROM_1794_essay-colonization_ocr-ia.txt
  • Source [19] — chapitre 8, p. 218-219, surtout p. 218, identification du marchand comme James Cleveland et reprise de l’attaque

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 23 sur 40 · Témoignage · première publication du récit d’Isert ; l’épisode raconté est antérieur et non daté · Un fils propose de partir à la place de son père

Sylviane Diouf reprend un épisode raconté par Paul Erdmann Isert, qui travaillait dans les comptoirs de la Côte de l’Or et dont le récit paraît en 1788 : sur la Côte de l’Or, un homme incapable de rembourser une dette attend d’être envoyé vers les Caraïbes. L’un de ses fils demande à prendre sa place ; selon Isert, l’échange paraît avantageux, le fils étant un jeune homme qui avait plus d’années devant lui que son père. Selon le passage repris par Diouf, un gouverneur fait ensuite libérer le fils, sous condition que la famille réunisse de l’argent dans un délai raisonnable.

À garder en tête : L’épisode est connu ici par Diouf, qui lit l’édition traduite d’Isert ; le texte d’Isert n’a pas été acquis. Le passage ne dit pas si la famille réunit l’argent, ni ce que devient le père. Il établit l’offre du fils et la décision conditionnelle rapportée, sans mesurer la fréquence de telles substitutions.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [18] — Sylviane A. Diouf, « The Last Resort », p. 91, PDF p. 120 ; renvoi à l’édition traduite d’Isert, Letters on West Africa and the Slave Trade, 1992, p. 141-142

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 24 sur 40 · Événement · date de la lettre qui rapporte la remise ; les actes commerciaux sont datés de 1740 et la mention du journal de 1750 · Quatorze femmes remises pour la dette du roi Dada

Dans une lettre du 18 février 1753, le conseil du fort français de Juda écrit que le roi Dada avait remis quatorze femmes à Pruneau pour solder des marchandises que Laurent lui avait vendues selon des actes des 7 juin et 30 juillet 1740. Les agents renvoient à une mention portée dans le journal du comptoir le 5 août 1750.

À garder en tête : La lettre de 1753 rapporte ce paiement plus de douze ans après les actes de vente et renvoie à un journal qui n’est pas joint ; les actes des 7 juin et 30 juillet 1740 n’ont pas été retrouvés dans la séquence acquise. Le passage appelle seulement ces personnes « 14 femmes » : il les inscrit comme moyen de paiement mais ne donne ni leur nom, ni leur âge, ni leur statut antérieur, ni la date exacte de leur remise, ni ce qu’elles deviennent après celle-ci. Il ne permet pas non plus de savoir à quel titre Pruneau intervient dans une dette née d’une vente faite par Laurent.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [2] — exemplaire non marqué duplicata de la lettre du conseil datée du 18 février 1753, vue 609, premier paragraphe : paiement de quatorze femmes à Pruneau pour solder les marchandises vendues par Laurent, dates des actes des 7 juin et 30 juillet 1740, renvoi au journal du 5 août 1750 ; date et titre vue 605

Employé dans : chapitre 3 — Être retenu ou vendu pour une dette.

Point 25 sur 40 · Interprétation · date non établie · Des villages refuges au Cayor et au Baol

Pour le Cayor et le Baol à l’époque de la traite atlantique, l’historienne Adama Guèye rapporte que des marabouts, responsables religieux musulmans, fondèrent des villages refuges où vinrent s’établir des personnes fuyant les zones de pillage et la domination des ceddo, guerriers liés au pouvoir des souverains. Elle situe souvent ces refuges près de zones boisées et, reprenant Brahim Diop, indique que les ceddo n’y exerçaient pas leur pouvoir.

À garder en tête : Guèye construit cette description à partir de recherches, de traditions orales et d’une analyse de Brahim Diop qu’elle cite. Le passage ne nomme pas ici une personne accueillie ni ne permet de compter les refuges ou de mesurer la sécurité de tous leurs habitants. La datation désigne la période étudiée, non la fondation datée d’un village précis.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [18] — Adama Guèye, « The Impact of the Slave Trade on Cayor and Baol », p. 55, dans Sylviane Diouf (dir.), Fighting the Slave Trade, PDF p. 84
  • Source [18] — Adama Guèye, « The Impact of the Slave Trade on Cayor and Baol », p. 50-51, PDF p. 79-80 : fonction guerrière des ceddo auprès des souverains

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 26 sur 40 · Témoignage · arrivée de Wadström au Sénégal le 12 janvier 1788 selon l’abrégé de 1791 ; date d’arrivée des envoyés de l’almamy non établie · Des envoyés arrivés après le départ de cinquante personnes

Selon le témoignage attribué à Carl Bernhard Wadström que reproduit Sylviane Diouf, des Maures avaient livré à la Compagnie du Sénégal cinquante personnes capturées dans les domaines de l’almamy. Celui-ci envoya des représentants les racheter auprès des directeurs de la Compagnie ; à leur arrivée, les cinquante personnes étaient déjà expédiées vers Cayenne.

À garder en tête : Le récit de Wadström parvient ici par sa reprise dans Lambert puis Diouf. Diouf place « 12 janvier » en 1787, tandis que l’abrégé de 1791 date du 12 janvier 1788 l’arrivée de Wadström au Sénégal. Cette date ne situe ni l’arrivée des envoyés de l’almamy, ni la capture, la livraison ou l’embarquement des cinquante personnes. Le passage ne nomme aucune des cinquante personnes et ne dit pas ce qu’elles deviennent à Cayenne. Diouf identifie le « King Dalmanny » du témoignage à l’almamy du Fouta-Toro.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [18] — Diouf, p. 91-92 ; Lambert, 1975-1976, 73:29 cité par Diouf ; [abrégé publié en 1791, chapitre II](https://en.wikisource.org/wiki/Abstract_of_the_evidence_for_the_abolition_of_the_slave-trade_%281791%29/Chapter_II).

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 27 sur 40 · Événement · 1788 selon l’étude de Diouf ; la pièce contemporaine de la fouille n’est pas identifiée · Des hommes du Fouta retirés d’un convoi français

Selon Sylviane Diouf, en 1788 au Fouta-Toro, l’almamy Abdel Kader Kane fit fouiller par ses soldats un convoi négrier français. Les soldats y trouvèrent près de quatre-vingt-dix hommes du Fouta parmi les personnes transportées pour être vendues et les libérèrent.

À garder en tête : Diouf rapporte l’épisode dans une étude, mais la note 74 renvoie à une page de Barry qui documente la politique de l’almamy et sa lettre, non la fouille du convoi. La pièce contemporaine établissant cet épisode n’a pas été identifiée ici. « Près de quatre-vingt-dix » est l’ordre de grandeur donné par Diouf pour les hommes du Fouta trouvés dans ce convoi, non pour tous ses captifs. Leur parcours après la libération n’est pas donné.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [20] — Diouf, Servants of Allah, p. 47 pour le récit ; note 74 et Barry, p. 216, pour la politique de l’almamy, sans preuve localisée de la fouille.

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 28 sur 40 · Prescription · lettre datée du mois de mars 1789 · L’interdiction d’acheter des musulmans

Dans la copie de la traduction de sa lettre à Blanchot, datée de mars 1789 au Sénégal, l’almamy écrit : « nous ne voulons point Absolument que vous Achetiez De Musulmans ni De pres ni De loin ». Il prévient aussi que les personnes venant chez lui acheter des êtres humains pour la traite seront tuées si les quatre personnes qu’il réclame ne sont pas renvoyées.

À garder en tête : La lettre exprime une interdiction et une menace ; elle ne prouve pas, à elle seule, que tous les acheteurs les ont respectées ni que tout musulman du Fouta a échappé à la vente. La formulation est celle d’une copie de traduction, non de l’original rédigé par l’almamy.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — ANOM, Colonies, F3 62, f° 255 et verso, vues 0270 page droite, lignes 12-20, et 0271 page gauche, ligne 1 ; transcription fusionnée lettre-almami-1789_fusion.md

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 29 sur 40 · Témoignage · 1788 · Miller obtient le retour de son fils

Un second procès-verbal de La Flore ne dit pas comment le fils de Miller a été capturé, mais indique qu’une personne nommée Herblin l’a remis en otage pour le compte de La Jeune Sophie. Le document le compte alors comme un « paquet d’homme », une unité de compte appliquée à une personne, avant son transfert sur La Flore. En 1788, Miller, présenté comme gouverneur de l’île à Roy, arrive avec quarante à cinquante hommes armés et fait saisir la chaloupe du navire. Deux marins blancs sont déshabillés et mis aux fers. Sur les trois chaloupiers noirs qui les accompagnaient, Miller en retient un et renvoie les deux autres porter ses conditions. Il obtient ensuite le retour de son fils ainsi que quatre lots de marchandises. Le procès-verbal dit qu’il garde les chaloupiers noirs et rend la chaloupe le lendemain, sans permettre de suivre ensuite ces trois hommes.

À garder en tête : L’épisode est connu par le récit hostile des officiers de La Flore, non par Miller, son fils ni les trois chaloupiers noirs. Le document ne dit ni comment le fils a été saisi avant sa remise par Herblin, ni où vont les deux messagers après avoir porté les conditions, ni comment les trois chaloupiers se trouvent de nouveau sous l’autorité de Miller, ni ce qu’ils deviennent après l’affaire.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [3] — AD14 2II/468, vues 3–4 pour la saisie de la chaloupe, la détention, la demande et le retour du fils ; vues 5–6 pour les biens remis et la restitution

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 30 sur 40 · Interprétation · seconde moitié du XVIIIe siècle ; témoignage de Watt en 1794 · La frontière religieuse de la protection au Fouta-Djalon

Pour le Fouta-Djalon de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Walter Rodney explique que la vente de musulmans aux Européens était proscrite tandis que les campagnes du pouvoir peul capturaient des personnes dans les territoires voisins pour les échanger contre des biens européens. Il s’appuie notamment sur le récit de la visite de Watt à Timbo en 1794 et distingue la protection des croyants de la situation de ceux que les dirigeants tenaient pour extérieurs à ce groupe.

À garder en tête : La relation entre protection religieuse, guerres et demande européenne est l’analyse de Rodney, fondée entre autres sur un témoignage indirect de Watt. Elle ne démontre pas que chaque campagne avait le même but ni que chaque musulman fut effectivement soustrait à la vente. Le repère de 1794 date le témoignage de Watt, non toutes les campagnes examinées.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [19] — Walter Rodney, A History of the Upper Guinea Coast, chapitre 9, p. 236-239, surtout p. 237-239 (PDF p. 254-257) ; renvoi à Wadström, partie II, p. 111 pour Watt

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 31 sur 40 · Témoignage · lettre datée du mois de mars 1789 · Quatre personnes réclamées après leur embarquement et leur achat

Dans la copie de la traduction de sa lettre à Blanchot, datée de mars 1789 au Sénégal, l’almamy dit qu’il ne rendra le reste des personnes capturées et des marchandises détenues à ses interlocuteurs « que lorsque Ses 4 Enfans lui Seront Rendu ». La copie ajoute qu’après avoir été embarqués, « ils ont été achetés par Pierre Dubois et Jean Blondin ».

À garder en tête : La pièce est une copie traduite : elle ne conserve ni l’original ni le nom du traducteur. « Ses 4 Enfans » ne permet pas d’établir l’âge ou la filiation biologique des quatre personnes. Un mot de la phrase sur ce que l’almamy a déjà rendu est caché dans la reliure ; il ne touche pas la demande des quatre personnes. La lettre réclame leur retour sans en consigner l’issue.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — ANOM, Colonies, F3 62, f° 255 verso, vue 0271, page gauche, lignes 18-19, et page droite, lignes 1-5 ; copie de la traduction transcrite dans lettre-almami-1789_fusion.md

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 32 sur 40 · Témoignage · lettre datée du mois de mars 1789 · Deux noms lisibles et le maître de lecture

La copie de la traduction de la lettre de l’almamy, datée de mars 1789 au Sénégal, donne parmi les noms des quatre personnes réclamées « Afanne » et « Boufamanne » et dit que le marabout qui leur a appris à lire « Se nomme Houmar Matel ».

À garder en tête : Les deux premiers noms commencent vraisemblablement par « Amadou », mais leurs lettres et leur séparation ne peuvent pas être fixées sur la copie. La lettre nomme Houmar Matel comme maître de lecture ; elle ne précise ni le lieu ni la durée de cet enseignement, ni le sort ultérieur des quatre personnes.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [4] — ANOM, Colonies, F3 62, f° 255 verso, vue 0271, page droite, lignes 5-8 ; transcription fusionnée lettre-almami-1789_fusion.md

Employé dans : chapitre 4 — Refuges et protections contre la vente.

Point 33 sur 40 · Témoignage · publication du récit ; l'épisode raconté n'est pas daté · Un homme désigné pour la vente par Boué-Toubé

Dans un épisode sénégalais qu'il raconte dans son livre de 1789, le négociant Dominique Harcourt Lamiral dit que le prince Boué-Toubé désigna un homme de sa suite comme esclave et lui imposa de l'acheter. Lamiral affirme avoir d'abord refusé, puis payé. Un homme qu'il présente comme l'ami de la personne vendue se poignarda ; ses camarades voulurent l'aider, mais le prince les en empêcha. Des Noirs du voisinage et un chirurgien lui donnèrent des soins, mais il mourut selon le récit.

À garder en tête : Lamiral est à la fois le seul narrateur de l'épisode et l'acheteur. Il attribue à la puissance du prince son acceptation de la vente et au désespoir le geste de l'ami ; aucune parole des deux hommes n'est conservée ici. Le récit ne date pas l'achat et ne dit pas ce que devient ensuite l'homme vendu.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [7] — p. 189-191, vues NYPL 205-207 : désignation de l'homme, achat accepté et payé, geste de l'ami, secours et décès ; passage lu dans l'OCR par vue de l'exemplaire NYPL

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 34 sur 40 · Interprétation · publication de l'argument · Le rôle des négociants reconnu par Lamiral

Dans son livre de 1789, après avoir soutenu que les compagnies de marchands avaient trop peu d'influence pour provoquer les guerres, Lamiral écrit, à propos du Sénégal, que lui-même et ceux qu'il désigne par le pronom nous impriment le principal mouvement à la machine qu'il évoque après avoir décrit la domination des Maures et des rois. Sa note reconnaît une influence de ce groupe sur les guerres dans ce cas.

À garder en tête : La concession de Lamiral porte sur le Sénégal : sa note reconnaît une influence de son groupe sur les guerres dans cette région, sans établir la cause de chaque guerre ni l'effet d'un achat particulier. Le rapprochement entre ses deux passages rend visible une tension de son plaidoyer, sans transformer son témoignage en mesure générale de la traite.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [7] — p. 177, vue NYPL 193, faible influence des compagnies sur les guerres ; p. 243 et note 1, vue NYPL 259, principal mouvement imprimé par les négociants et portée sénégalaise ; passages lus dans l'OCR par vue de l'exemplaire NYPL

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 35 sur 40 · Interprétation · publication du plaidoyer ; les ventes évoquées ne sont pas datées individuellement · Le secours allégué par Snelgrave

Dans son livre publié à Londres en 1734, le capitaine négrier William Snelgrave soutient que la possibilité de vendre des prisonniers de guerre aux Européens éviterait, selon lui, la mise à mort d’un grand nombre d’entre eux. Il ajoute que le prix payé inciterait les planteurs à prendre soin des personnes déportées et invoque les avantages tirés de leur travail dans les îles à sucre.

À garder en tête : Snelgrave défend le commerce auquel il participe. Il ne donne dans ce passage ni liste de prisonniers promis à l'exécution ni moyen d'établir ce qu'ils seraient devenus sans achat européen ; le secours et les soins sont ses arguments, non des issues vérifiées.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [8] — livre II, p. 160-161, vues PDF 190-191 de l'exemplaire Internet Archive : plaidoyer sur les prisonniers de guerre, le prix payé, les plantations et les îles à sucre ; passage lu dans la couche texte de l'imprimé

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 36 sur 40 · Interprétation · 1788 · L’acheteur dispensé de juger les guerres, selon Malouet

Dans son mémoire de 1788, Malouet se présente comme propriétaire à Saint-Domingue et administrateur colonial. Pour justifier l’achat de captifs, il affirme que le négociant ou le colon n’a pas à juger les guerres des souverains africains et qu’il lui suffit de trouver des prisonniers au marché. Cette construction sépare la transaction européenne des violences qui conduisent les personnes jusqu’au littoral.

À garder en tête : Cette séparation est un argument de Malouet. Elle ne prouve ni l’origine judiciaire ou guerrière des captifs, ni l’absence d’effet de la demande européenne sur les captures et conflits africains.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [9] — p. 10-11 (argument sur les prisonniers au marché) et p. 65-67 (Nouvelles observations sur les ventes africaines et la traite) de l’édition de Neuchâtel, 1788
  • Source [9] — p. 55 : « comme Propriétaire & comme Administrateur » dans les colonies ; p. 153 : « Propriétaire à S.-Domingue, & Administrateur » (coupures de ligne résolues)

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 37 sur 40 · Interprétation · publication de la compilation ; les épisodes cités sont antérieurs · Benezet confronte le secours allégué aux intérêts des négociants

Dans sa compilation publiée à Philadelphie en 1771, Anthony Benezet conteste le récit selon lequel les premiers achats européens auraient eu pour but de préserver des prisonniers de guerre d'une mise à mort. Il cite ensuite Brue, agent d’une compagnie française en Afrique de l’Ouest, pour qui la paix contrarie l'intérêt des Européens lorsque les guerres procurent davantage de captifs, et Bosman, agent d’une compagnie néerlandaise sur la Côte de l’Or, qui rapporte que l’un des anciens commandants donna de fortes sommes à des membres d’une nation pour les inciter à attaquer des nations voisines.

À garder en tête : Benezet rassemble des textes d'autres auteurs : les propos de Brue et de Bosman sont ici établis comme citations présentes dans sa compilation, sans contrôle indépendant de leurs écrits. Son constat sur les relations anciennes qu'il a consultées ne démontre pas l'absence de guerres ou de ventes avant les achats européens.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [10] — introduction, p. iii-iv, vues PDF 17-18, rejet du récit du secours ; chap. V, p. 61-62, vues PDF 79-80, citations de Brue et de Bosman ; passages lus dans la couche texte du PDF Internet Archive
  • Source [10] — index de la compilation de 1771, vue PDF 217 : Brue présenté comme facteur d’une compagnie française et Bosman comme facteur néerlandais à Elmina

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 38 sur 40 · Interprétation · 1789 · Les commandes des négociants et les captures, selon Frossard

Dans son ouvrage de 1789 contre la traite, Frossard soutient que les captifs ne sont pas seulement un résultat fortuit des guerres africaines : commandes, présents et quantités demandées par les négociants européens poussent des dirigeants ou des groupes armés à attaquer des villages. L'intermédiaire accomplit la capture, mais l'acheteur européen en est l'instigateur lorsqu'il la sollicite.

À garder en tête : Cette affirmation restitue le raisonnement de Frossard. Elle ne réduit pas toute guerre africaine à la demande européenne et ses exemples doivent revenir aux journaux de bord, séries commerciales et sources africaines qu'il mobilise.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [11] — tome II, chapitre I, p. 18-20 (achats et guerres), 23-25 (quantités demandées et présents) et 31-32 (acheteur décrit comme instigateur), édition de Lyon, 1789

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 39 sur 40 · Témoignage · livre publié en 1787 ; enlèvement non daté · Cugoano : enlèvement et ventes successives

Dans son livre de 1787, Ottobah Cugoano raconte qu’il est né dans la ville d’Agimaque, sur la côte de Fantyn, où son père était compagnon du chef ; à la mort de ce chef, l’enfant est laissé dans sa maison, puis appelé auprès d’Ambro Accasa, neveu du roi défunt qui lui succède à la tête de la chefferie d’Agimaque et d’Assinee, et il vit environ deux ans avec les enfants d’Accasa. Envoyé visiter un oncle établi à une distance considérable d’Agimaque — trois journées de marche —, il y vit environ trois mois, puis est enlevé, sans que le livre donne son âge, avec dix-huit ou vingt autres filles et garçons partis jouer dans les bois. Des hommes armés trompent les enfants et divisent le groupe. L’un des ravisseurs conduit Cugoano avec une fille ; plusieurs détenteurs, intermédiaires et acheteurs prennent ensuite le relais. Inquiet et ne sachant que faire, l’enfant refuse de manger et de boire pendant des journées entières. Dans la maison où il est gardé, un homme lui promet de faire tout son possible pour le ramener chez son oncle. Cugoano recommence alors à manger un peu de fruit et pense que les siens doivent le rechercher. Au terme du déplacement, il voit des personnes enchaînées. Un homme — le livre ne permet pas de dire si c’est celui qui lui avait promis de faire tout son possible pour le ramener — se présente ensuite comme connaissant ses proches à Agimaque et promet de l’y conduire ; il le mène dans un fort de la côte tenu par des Européens et y accepte d’un acheteur un fusil, du tissu et du plomb en échange de l’enfant. Après cet échange, des gardiens l’y enferment pendant trois jours, puis le conduisent à un navire et le transfèrent sur un plus grand bâtiment prêt à partir de Cape Coast, port de la Côte de l’Or, vers la Grenade.

À garder en tête : Le texte de 1787 ne donne ni l’âge de Cugoano au moment de l’enlèvement ni la date de celui-ci. Le récit distingue deux hommes : Ambro Accasa, avec les enfants duquel Cugoano vivait à Agimaque, que le livre présente comme le neveu du roi défunt auquel il succède et non comme un parent de l’enfant, et l’oncle établi à une distance considérable, chez qui il vivait depuis environ trois mois lorsqu’il est enlevé. Le livre ne nomme aucun des ravisseurs, détenteurs, intermédiaires, vendeur, acheteur ou gardiens successifs. Cette lacune n’empêche pas de suivre leurs actions, mais le récit ne permet pas toujours de savoir si une même personne remplit plusieurs de ces rôles. Cugoano écrit avoir oublié le nom de ce fort, et rien dans le livre ne permet de l’identifier. Ce cas documente un enlèvement particulier d’enfants sur la Côte de l’Or ; il ne mesure pas la fréquence de ce mécanisme ailleurs.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [12] — p. 5–10 de l’édition de 1787 : p. 5 l’enlèvement pendant un jeu ; p. 6 la naissance à Agimaque, la maison d’Ambro Accasa neveu du roi défunt auquel il succède, les deux années passées avec ses enfants, l’envoi chez un oncle établi à une distance considérable, les trois journées de route jusqu’à sa demeure et les trois mois passés là ; p. 8 la séparation du groupe, le refus de manger, la promesse et le second conducteur ; p. 9 les personnes enchaînées vues au terme du déplacement, le fort, la vente contre un fusil, du tissu et du plomb, les trois jours de prison et le transbordement vers le navire prêt à quitter Cape Coast

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Point 40 sur 40 · Témoignage · publication du livre ; enlèvement raconté non daté · La réponse de Cugoano aux acheteurs

Dans son livre publié en Angleterre en 1787, Ottobah Cugoano reconnaît que des hommes de sa couleur l'ont d'abord enlevé et trahi, puis écrit : « but if there were no buyers there would be no sellers. » (mais sans acheteurs, il n'y aurait pas de vendeurs).

À garder en tête : Cugoano raisonne à partir de son enlèvement et du commerce qui l'a suivi. Sa phrase attribue un rôle causal aux acheteurs sans effacer les actes des ravisseurs ; elle ne mesure pas la part de la demande européenne dans chaque guerre ou chaque forme de servitude africaine. La traduction française de 1788 transmet le même ouvrage et ne constitue pas un témoignage indépendant.

Où le vérifier sur la pièce
  • Source [12] — p. 12 de l'édition anglaise de 1787, marque de page 12 dans le XML Oxford Text Archive : reconnaissance des premiers ravisseurs et phrase sur acheteurs et vendeurs ; passage lu dans cette édition électronique

Employé dans : chapitre 5 — Ce que les acheteurs disaient de leur rôle, et ce qu’on leur opposait.

Pour remonter aux sources

Bibliographie du dossier

Les références sont rangées selon la nature du document atteint et sa relation aux événements : pièces produites au moment des faits ; actes anciens transmis par des copies ou des recueils postérieurs ; récits et études anciens, composés après les faits ; études, éditions et outils de recherche. La date de la notice indique la rédaction ou la publication lorsqu’elle est connue ; l’usage précise la période ou l’expérience racontée. Pour une copie ou un recueil, la notice donne la date de l’acte et celle de la copie ou de l’impression. Pour une édition savante, la notice distingue le texte transmis du travail de l’éditeur. Le libellé de chaque lien indique s’il conduit à la source en ligne, à une notice DOI, à un catalogue ou à la notice d’un éditeur.

Voir les 23 références et les liens disponibles

Pièces produites au moment des faits

  1. Charles Pierre Joseph Bullet, mémoire porté sur le plan du fort Saint-Louis de Juda, 1776, ANOM, CP 1 PL 2209.

    Mémoire de Bullet sur les ventes soumises aux officiers de Juda et les « garçons libres ».

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  2. Conseil de direction du fort Saint-Louis de Juda, lettres de 1753, ANOM, Colonies, C6 25.

    Lettre de 1753 du fort de Juda rapportant une remise antérieure de femmes en règlement de la dette du roi Dada.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  3. Officiers de la Flore, procès-verbal sur Miller et son fils, 1788, AD14.

    Procès-verbal sur l’intervention de Miller pour obtenir le retour de son fils.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source

Actes anciens transmis par des copies ou des recueils postérieurs

  1. Lettre de l’almamy du Fouta à Blanchot (mars 1789), copie de sa traduction envoyée à Moreau de Saint-Méry par une note d’avril 1789, et lettres ministérielles sur le Sénégal, ANOM, Colonies, F3 62.

    Copie traduite de la lettre de l’almamy et lettre ministérielle sur deux ventes au Sénégal.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source

Récits et études anciens, composés après les faits

  1. Mungo Park, Travels in the Interior Districts of Africa: Performed under the Direction and Patronage of the African Association, in the Years 1795, 1796, and 1797 (1799).

    Règles rapportées autour de la Gambie, prisonniers rencontrés, dettes et voyage du Charles-Town.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  2. Carl Bernhard Wadström, An Essay on Colonization, Particularly Applied to the Western Coast of Africa (partie I, 1794 ; partie II, 1795).

    Témoignages sur l’attaque d’une ville par un marchand créancier et les représailles.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  3. Dominique Harcourt Lamiral, L'Affrique et le peuple affriquain, considérés sous tous leurs rapports avec notre commerce et nos colonies. De l'abus des privilèges exclusifs, et notamment de celui de la Compagnie du Sénégal. Ce que c'est qu'une société se qualifiant d'Amis des noirs (1789).

    Vente imposée par Boué-Toubé, mort de l’ami de l’homme vendu et rôle des négociants.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  4. William Snelgrave, A New Account of Some Parts of Guinea, and the Slave-Trade (1734).

    Argument selon lequel l’achat de prisonniers de guerre leur épargnerait la mort.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  5. Pierre-Victor Malouet, Mémoire sur l’esclavage des Nègres, dans lequel on discute les motifs proposés pour leur affranchissement, ceux qui s’y opposent, et les moyens praticables pour améliorer leur sort (1788).

    Malouet se présente comme propriétaire à Saint-Domingue et administrateur colonial ; son argument dispense l’acheteur de juger les guerres précédant la vente.

    Voir la page de cette source
  6. Anthony Benezet, Some Historical Account of Guinea, its Situation, Produce, and the General Disposition of its Inhabitants, with an Inquiry into the Rise and Progress of the Slave Trade (1771).

    Réfutation du secours allégué par des propos de négociants repris par Benezet.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  7. Benjamin-Sigismond Frossard, La cause des esclaves nègres et des habitants de la Guinée, portée au tribunal de la justice, de la religion et de la politique, tome II (1789).

    Frossard, auteur d’un ouvrage de 1789 contre la traite, examine l’effet possible des présents et commandes des négociants sur les captures.

    Voir la page de cette source
  8. Ottobah Cugoano, Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species (1787).

    Enlèvement vécu par Cugoano et argument reliant vendeurs et acheteurs.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source

Études, éditions et outils de recherche

  1. Walter Rodney, African Slavery and other Forms of Social Oppression on the Upper Guinea Coast in the Context of the Atlantic Slave-Trade (1966).

    Protections de maison, captifs de guerre et gages non rachetés en Haute-Guinée.

    Voir la notice DOIVoir la page de cette source
  2. Robin Law, The Slave Coast of West Africa, 1550–1750: The Impact of the Atlantic Slave Trade on an African Society (1991).

    Conquête de Juda en 1727, fuite d’habitants et prise de prisonniers.

    Voir la page de cette source
  3. Nicholas Owen, The Journal of a Slave-Dealer: A View of Some Remarkable Axcedents in the Life of Nics. Owen on the Coast of Africa and America from the Year 1746 to the Year 1757 ; récit commencé vers 1754, journal poursuivi jusqu’en 1759, éd. Eveline Martin (1930).

    Récit indirect des campagnes de Mosolum et achat de prisonniers par Owen.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  4. Daniel B. Thorp (étude, avec l’édition et la traduction du récit d’Ofodobendo Wooma), Chattel with a Soul: The Autobiography of a Moravian Slave (1988).

    Édition et étude du récit d’Ofodobendo Wooma, remis en gage par son frère.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  5. G. Ugo Nwokeji, The Slave Trade and Culture in the Bight of Biafra: An African Society in the Atlantic World (2010).

    Éclairage sur le parcours d’Ofodobendo et les échanges de la baie du Biafra.

    Voir la notice DOIVoir la page de cette source
  6. Sylviane A. Diouf (dir.), Fighting the Slave Trade: West African Strategies (2003).

    Études sur les gages d’Old Calabar, le père et le fils de la Côte de l’Or, les refuges et l’almamy.

    Voir la page de cette source
  7. Walter Rodney, A History of the Upper Guinea Coast, 1545–1800 (1970).

    Identification, par Rodney, du marchand créancier qui attaque une ville dans l’épisode rapporté par Wadström (Cleveland selon Rodney) ; limites de la protection au Fouta-Djalon.

    Voir la page de cette source
  8. Sylviane A. Diouf, Servants of Allah: African Muslims Enslaved in the Americas (2013).

    Récit de la fouille d’un convoi par les soldats de l’almamy.

    Voir la page de cette source
  9. Ibrahima Thioub, Regard critique sur les lectures africaines de l’esclavage et de la traite atlantique (2001).

    Analyse du débat de mémoire contemporain sur les responsabilités dans la traite.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source
  10. Philip D. Curtin, The Atlantic Slave Trade: A Census (1969).

    Part des côtes de la Sierra Leone à la baie du Biafra dans les captifs vendus aux Antilles françaises, d’après l’échantillon nantais de 1748 à 1792.

    Voir la page de cette source
  11. Natural Earth, Admin 0 — Countries, échelle 1:110 millions, données du domaine public.

    Fond géographique de la carte des lieux du dossier ; frontières actuelles, d’après l’état du dépôt natural-earth-vector (branche master) téléchargé le 15 août 2026.

    Consulter la source en ligneVoir la page de cette source

Partager cette page

Sur les côtes où achetaient les navires français, qui pouvait être vendu, et par qui ?