XVIIe siècle–années 1850 — Faire famille sous l’esclavage
Dans ce dossier : Acte de naissance de Marie Sainte, fille d’Adèle, au François le 16 avril 1843.
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Administration de l’état civil du François
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Dans ce dossier : Acte de naissance de Marie Sainte, fille d’Adèle, au François le 16 avril 1843.
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Le 3 mars 1849 au François, l’acte d’individualité no 2706 inscrit sous Behot « la citoyenne Adèle, née en Afrique, âgée de quarante ans », inscrite précédemment au registre matricule des esclaves sous le no 505, lettre B. C’est le matricule que porte Adèle, âgée de trente-quatre ans et « mariée au nommé Michel », dans l’acte de naissance no 67 du 18 avril 1843 qui enregistre sa fille Marie Sainte. L’acte no 2705 inscrit Michel, né au François, âgé de cinquante ans, matricule B 462. Le 14 avril 1849, l’acte de mariage dit Michel Béhot âgé de cinquante ans, né au François et « n’ayant pas été reconnu de ses parents », et Adèle Béhot âgée de quarante ans, « née en Afrique, de parents inconnus », cultivatrice.
« Née en Afrique » est la déclaration des actes de 1849 ; l’acte de 1843 ne donne pas le lieu de naissance d’Adèle et aucune pièce réunie ne dit quand ni comment elle a été amenée en Martinique. Le numéro de matricule relie directement l’Adèle de 1843 à celle de 1849, et les âges concordent ; il n’établit pas à lui seul que la Marie Sainte de 1849 soit l’enfant de 1843, identification qui repose aussi sur le prénom, l’âge, le lieu de naissance et la mère. Deux Marie Sainte naissent au François à deux jours d’intervalle en avril 1843 ; seule la mère les distingue. Les actes d’individualité de 1849 sont lus dans les duplicata établis en 1858-1859 (2E11/16 à 2E11/19), non dans les originaux.
Au François, le 18 avril 1843, la naissance de Marie Sainte est déclarée à l’état civil par le sieur de Lagarrigue, « géreur de l’habitation Palmistes à Mr Brière de l’Isle & Société ». Selon l’acte no 67, Adèle, âgée de trente-quatre ans, inscrite au registre matricule B sous le no 505 et « mariée au nommé Michel », est accouchée d’une fille le 16 avril, à une heure du matin.
L’acte ne dit pas explicitement qu’Adèle vit sur l’habitation Palmistes : il établit que la naissance est déclarée par le gérant de cette habitation. Il ne nomme ni le propriétaire ni le lieu de vie de Michel, et ne précise pas la date du mariage. La formule « qu’il a nommé » appartient au registre et n’établit pas qui a choisi le prénom de l’enfant.
Le 3 mars 1849 au François, cinq actes successifs inscrivent Michel et Adèle sous Behot, puis Chery, Ulric et Marie Sainte sous le même patronyme en les disant enfants d’Adèle. Les corps ne désignent pas Michel comme père. Le 14 avril, le mariage de Michel et Adèle reconnaît Chéry, Ulric et Marie Sainte pour leurs deux fils et leur fille et déclare vouloir leur conférer la légitimité.
La mention marginale portée sur l’acte de Chery ne valait que pour lui ; c’est l’acte de mariage qui établit directement la reconnaissance des trois enfants. Cette relation déclarée en avril ne doit pas être projetée dans le corps des actes d’individualité de mars, qui désignent seulement Adèle comme mère. L’acte de naissance de Marie Sainte en 1843 converge avec l’acte 2709, mais ne formule pas la paternité de Michel dans les termes de l’état civil postérieur. Les actes d’individualité de 1849 sont lus dans les duplicata établis en 1858-1859 (2E11/16 à 2E11/19), non dans les originaux.
Au François, l’acte no 67 du 18 avril 1843 enregistre la naissance, le 16 avril, de Marie Sainte, fille d’Adèle, alors dite mariée à Michel. Le 3 mars 1849, l’acte d’individualité no 2709 inscrit sous Behot une Marie Sainte née au François, âgée de cinq ans et fille d’Adèle. La concordance du prénom, du lieu, de l’âge, de la mère et de la séquence familiale étaye leur identification comme une même personne.
Aucun renvoi explicite ne relie les deux numéros d’acte : l’identification repose sur la convergence de cinq traits et doit rester formulée comme telle. L’acte de 1843 dit Adèle mariée à Michel, mais ne formule pas une déclaration de paternité de Michel dans les termes d’un état civil postérieur. Deux Marie Sainte naissent au François à deux jours d’intervalle en avril 1843 (actes 66 et 67) : prénom, lieu et âge ne les distinguent pas, seule la mère le fait, et le matricule B 505 relie directement l’Adèle de 1843 à Adèle Behot. Les actes d’individualité de 1849 sont lus dans les duplicata établis en 1858-1859 (2E11/16 à 2E11/19), non dans les originaux.