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Esclavage aux Antilles

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Les liens familiaux des esclaves à Saint-Domingue au XVIIIe siècle. L’exemple des habitations Galliffet (1774-1775)

Vincent Cousseau

Étude · 2018

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Sur cinq habitations Galliffet du nord de Saint-Domingue, les états de 1774 et 1775 sont conçus pour…

Point 1 sur 4 · Interprétation · 1774–1775

Sur cinq habitations Galliffet du nord de Saint-Domingue, les états de 1774 et 1775 sont conçus pour administrer une main-d’œuvre et un patrimoine. Ils consignent plus volontiers les mariages, les mères et la filiation des enfants de couples mariés que les pères non mariés, les unions non reconnues, les parrainages ou les proches vivant sur une autre habitation. La prépondérance des mères dans ces listes résulte donc aussi de la manière dont les gestionnaires reconnaissent et enregistrent les liens.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cette lecture porte sur trois sucreries et deux caféières appartenant au même ensemble Galliffet ; elle ne décrit ni toute la colonie ni tous les types de propriétés. Elle repose sur l’analyse publiée par Vincent Cousseau des états conservés dans le fonds 107 AP, non sur une nouvelle lecture de ces états. Une relation omise par le scribe n’est pas historiquement absente, mais l’étude ne permet pas non plus de restituer individuellement tous les liens qu’il a laissés de côté.

  • Les liens familiaux des esclaves à Saint-Domingue au XVIIIe siècle. L’exemple des habitations Galliffet (1774-1775) (cette notice) — p. 22-25 pour le corpus, la production et le croisement des états de 1774 et 1775 ; p. 37-40 pour les filiations maternelles, les pères non mariés et les unités dites monoparentales en apparence

Dans la reconstitution de Vincent Cousseau à partir des états Galliffet de 1774, 68,9 % des 1 023 personnes…

Point 2 sur 4 · Mesure · 1774

Dans la reconstitution de Vincent Cousseau à partir des états Galliffet de 1774, 68,9 % des 1 023 personnes sont étroitement apparentées à au moins une autre personne de la même habitation selon les catégories qu’il peut reconstruire. Dans les trois sucreries, cette proportion atteint 630 personnes sur 865, soit 72,8 %.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Ces pourcentages ne sont pas des moyennes de Saint-Domingue. Ils portent sur cinq habitations Galliffet, trois sucreries anciennes et deux caféières plus récentes, et sur les catégories que Cousseau peut reconstruire dans des listes de gestion. Les pères non mariés, les relations entre habitations, certains couples et certains liens masqués par un surnom ou un transfert y sont sous-enregistrés : le résultat est un minimum documentaire pour ce terrain, non le taux réel de parenté.

  • Les liens familiaux des esclaves à Saint-Domingue au XVIIIe siècle. L’exemple des habitations Galliffet (1774-1775) (cette notice) — p. 24 pour le total corrigé de 1 023 personnes ; p. 33-35 pour les catégories reconstruites, les 68,9 % sur les cinq habitations et les 630 personnes sur 865 dans les trois sucreries

Sur les cinq habitations Galliffet étudiées en 1774, la reconstitution des âges, des unions et des…

Point 3 sur 4 · Interprétation · 1774

Sur les cinq habitations Galliffet étudiées en 1774, la reconstitution des âges, des unions et des descendances conduit Vincent Cousseau à situer fréquemment le mariage après plusieurs années de vie commune et après les premières naissances. Dans cet instantané, les femmes mariées de trente à quarante-neuf ans n’ont pas une descendance sensiblement plus nombreuse que les femmes non mariées du même âge : le mariage enregistré ne suffit donc pas à identifier l’existence ni le commencement d’une famille.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’énoncé reprend l’interprétation démographique de Cousseau sur cinq habitations et un instantané de 1774 ; il ne date pas chaque mise en couple et ne vaut pas pour toutes les personnes esclavisées de Saint-Domingue. Les registres sous-documentent précisément les unions non mariées et les pères, tandis que les caféières ne consignent pas les couples comme les sucreries. L’absence de surnatalité visible n’établit aucune absence de différences individuelles ni de changement dans le temps.

  • Les liens familiaux des esclaves à Saint-Domingue au XVIIIe siècle. L’exemple des habitations Galliffet (1774-1775) (cette notice) — p. 35-38 pour les mariages consignés, leur place dans les trajectoires conjugales et la comparaison des descendances ; p. 42-43 pour les conclusions sur mariage, couples et familles

En 1774, les trois sucreries Galliffet anciennes, très créolisées et proches de l'église de la Petite-Anse,…

Point 4 sur 4 · Interprétation · 1774

En 1774, les trois sucreries Galliffet anciennes, très créolisées et proches de l'église de la Petite-Anse, comptent cinquante-neuf couples mariés dans l'échantillon analysé par Cousseau. Les caféières récentes et plus éloignées de l'église Sainte-Rose n'en comptent que quatre à Castella et aucun à Bahon. Cousseau attribue l'écart à la jeunesse des ateliers, à leur enregistrement moins complet et aussi à la distance qui rend le sacrement moins accessible.

Précisions nécessaires à l’interprétation

La distance à l'église est une contribution parmi plusieurs, non une cause suffisante. Les structures d'âge, le recrutement récent et les différences de classement des listes réduisent aussi le nombre d'unions visibles ; l'étude ne décrit pas l'intervention d'un prêtre particulier.

  • Les liens familiaux des esclaves à Saint-Domingue au XVIIIe siècle. L’exemple des habitations Galliffet (1774-1775) (cette notice) — p. 22, 27, 29 et 35-37 ; tableau 3