XVIIe siècle–années 1850 — Faire famille sous l’esclavage
Dans ce dossier : Listes de la sucrerie Galbaud du Fort à Léogane : familles de 1741, lignée de Vieille Marthe, cahier de 1767.
Source
Natacha Bonnet
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Dans ce dossier : Listes de la sucrerie Galbaud du Fort à Léogane : familles de 1741, lignée de Vieille Marthe, cahier de 1767.
Dans ce dossier : Étude des sucreries de Saint-Domingue gérées par Parison : enfants au travail aux Varreux, apprentis, mortalité aux Sources.
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En 1786, Charles, fils du charpentier La Fortune, est confié à un M. Mussot, probablement à Port-au-Prince, pour apprendre le métier de son père et le remplacer sur l’habitation.
Ce que la lettre attribue au gérant : l’âge de Charles n’est pas donné, et « probablement à Port-au-Prince » est la lecture de l’historienne.
Sur la sucrerie des Varreux, à Saint-Domingue, l’inventaire de 1784 étudié par Natacha Bonnet place 81 des 175 esclaves au jardin, répartis entre le grand jardin, où les femmes sont près des trois quarts, un atelier des 12-15 ans et des « enfants au panier » de 6 à 10 ans.
Le texte de l’autrice (81 au jardin sur 175, enfants compris) et son tableau 3 (66 adultes) n’ont pas le même dénominateur. L’inventaire ne dit pas ce que contenait le panier ni qui conduisait les enfants.
Aux Varreux, en 1784, neuf enfants de dix à quatorze ans occupent un poste nommé : Ratton, quatorze ans, est petit moulinier ; André, douze ans, valet ; Avéré, dix ans, gardeur de chevaux. Selon Natacha Bonnet, les enfants de l’habitation travaillent au jardin dès six ans environ.
Les postes sont ceux qu’inscrit l’inventaire ; il ne dit ni depuis quand ces enfants les occupent ni ce qu’ils y font chaque jour.
Sur la sucrerie des Sources, à Saint-Domingue, Natacha Bonnet établit d’après le registre de l’habitation qu’un enfant sur trois seulement atteint quinze ans, et que les enfants font un cinquième des décès. Le registre omet les enfants morts dans leurs premiers jours : la mortalité réelle, que l’historienne dit impossible à connaître, était donc plus forte encore, et la part des enfants qui atteignent quinze ans plus faible.
Mesure d’une habitation, calculée par l’historienne sur un registre lacunaire ; elle ne vaut ni pour toute la colonie ni pour les Petites Antilles.
Sur la sucrerie Galbaud du Fort, à Léogane (Saint-Domingue), Natacha Bonnet suit des lignées sur trois générations. « Vieille Marthe », née en 1701 et inscrite parmi les « négrittes » en 1710, a un fils, Jean Cottard, en 1729, puis Vénus en 1735 et Jeanne Marthe en 1737 ; Jeanne Marthe a une fille, Marie-Jeanne, en 1756 ; Vieille Marthe vit encore sur l’habitation en 1773, à 72 ans. Catin Arada, née en 1730, a quatre enfants sur l’habitation entre 1750 et 1757 ; sa fille Marthe a un fils, Ambroise, à dix-sept ans. Marothe, née vers 1682, a un fils, Ambroise, né en 1702, devenu tonnelier puis commandeur en 1757.
Reconstitution de Bonnet par le rapprochement des prénoms de listes successives ; elle ne donne que des naissances, des morts et des fonctions, aucune action ni parole. Deux Ambroise et plusieurs Vénus portent le même prénom : ne pas les confondre.
Sur la sucrerie Galbaud du Fort, à Léogane, le cahier tenu du 10 juin 1767 à la fin de 1773 donne pour chaque esclave sa naissance et, le cas échéant, sa mort ; les femmes y sont numérotées et les enfants créoles inscrits par leur ascendance maternelle, « fils du no 12 » ou « fille du no 49 ». Selon Natacha Bonnet, 16 enfants seulement y naissent de 1767 à 1773.
Le cahier est connu ici par la seule description qu’en donne Bonnet.