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Au procès Vallentin, Adeline, compagne de Sébastien, rapporte ce qu’il dit quand on l’arrête pour le mettre…
Point 1 sur 9 · Témoignage · arrestation rapportée au procès de 1842
Au procès Vallentin, Adeline, compagne de Sébastien, rapporte ce qu’il dit quand on l’arrête pour le mettre au cachot du Balisier : « Monsieur tire-moi un coup de fusil plutôt que de me faire mourir au cachot. » Selon elle, Louis-Joseph Vallentin, leur maître, lui répond : « tu mourras au cachot comme tu as fait mourir les bestiaux que tu as empoisonnés ». Elle commence ce récit en disant : « J’avais peur de Vallentin. »
Précisions nécessaires à l’interprétation
La scène n’est connue que par la déposition d’Adeline, faite en 1842 et publiée par la Gazette officielle de la Guadeloupe, qui traduit en français et abrège ; Delâtre la cite sans donner le numéro ni l’audience, et ni la Gazette ni les minutes n’ont été vues ici. Les paroles de Sébastien et de Vallentin sont celles qu’Adeline leur prête, quatre ans après l’arrestation ; Delâtre relève que le greffier ne garde ici aucun mot créole.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 24 : témoignage d’Adeline, cité d’après le compte rendu de la Gazette officielle de la Guadeloupe
Au procès Vallentin, deux huissiers de Joinville, Castellan et Maulois, le marchand Wachter et…
Point 2 sur 9 · Événement · acte d’accusation ; propos antérieurs non datés
Au procès Vallentin, deux huissiers de Joinville, Castellan et Maulois, le marchand Wachter et l’entrepreneur Saint-Just rapportent un propos de Leblanc, planteur et négociant avec qui Louis-Joseph Vallentin était en affaires, mort avant le procès : après la rupture de leur association, Leblanc, ivre, leur avait dit qu’on avait trouvé des ossements dans le cachot du Balisier. Selon Maulois, il les avait découverts lui-même en démolissant le cachot ; selon Saint-Just, ce sont ses esclaves qui les avaient trouvés. Maulois ajoute que le juge d’instruction Hardouin lui a dit qu’il était de son devoir de dénoncer ce fait à la justice et lui a fait signer cette dénonciation. L’acte d’accusation, daté du 30 octobre 1841, impute la mort de Sébastien au cachot : « ce n’est pas un coup de pilon, mais l’infect cachot du Balisier qui a tué Sébastien, comme il aurait tué Félicien ».
Précisions nécessaires à l’interprétation
Ces récits sont faits au procès, par des témoins dont deux disent n’avoir pas cru Leblanc, qui n’est pas entendu. Les versions divergent sur qui a trouvé les ossements, et rien n’établit qu’ils fussent ceux de Sébastien. Les dépositions lues ne datent ni le propos de Leblanc ni la dénonciation, et ne disent pas si l’instruction avait d’autres origines ; l’ordre « propos, dénonciation, accusation » est celui des témoins et de l’acte, non une chronologie de l’instruction.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphes 42 à 47 : dépositions de Castellan, Maulois, Wachter et Saint-Just ; paragraphe 56 : acte d’accusation ; note 2 : intitulé du compte rendu, « accusation de meurtre avec préméditation »
- Figures d’esclaves à travers des procédures judiciaires en Guadeloupe de 1789 à 1848, dans Éric Saunier (dir.), Figures d’esclaves : présences, paroles, représentations, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 111-127 — paragraphe 9 : date de l’acte d’accusation, 30 octobre 1841
Au procès Vallentin, devant la cour d’assises de Pointe-à-Pitre, vingt-neuf témoins se succèdent à la barre…
Point 3 sur 9 · Événement · 1842-01-29–1842-02-02
Au procès Vallentin, devant la cour d’assises de Pointe-à-Pitre, vingt-neuf témoins se succèdent à la barre à partir du 29 janvier 1842, dont quinze personnes esclavisées : neuf déposent contre l’accusé, six en sa faveur. Avant l’audition des témoins à décharge, l’avocat de Vallentin, Grandpré, soutient que « ces témoins » appartiennent à la veuve Leblanc et qu’ils ont été menacés du fouet s’ils déposaient en faveur de l’accusé ; interrogés par le président, Jean-Pierre et les autres témoins à décharge disent qu’on ne les a ni menacés ni engagés à mentir. Plusieurs planteurs, dont les copropriétaires du Balisier, disent Vallentin bon maître, trop indulgent pour ses esclaves.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Les comptes sont ceux de Delâtre, d’après le procès-verbal du greffier publié par la Gazette officielle de la Guadeloupe, qui ne restitue pas les audiences en entier ; Régent parle d’« une vingtaine de témoins ». La répartition entre charge et décharge est celle de Delâtre. Delâtre ne trouve que Magdelon mentionnée comme esclave de la veuve Leblanc. Les réponses des témoins à décharge sont données devant l’accusé, maître de plusieurs d’entre eux, et ne permettent pas de mesurer les pressions qu’ils subissaient.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 18 : nombre et répartition des témoins ; paragraphes 28-29 et 33-34 : intervention de Grandpré et réponses des témoins à décharge ; paragraphes 41 et 51 : témoins planteurs et copropriétaires
Selon Gilles Delâtre, qui suit la procédure du procès Vallentin, des pertes de bétail se produisent au…
Point 4 sur 9 · Événement · de l’achat du Balisier à l’enfermement de Sébastien
Selon Gilles Delâtre, qui suit la procédure du procès Vallentin, des pertes de bétail se produisent au Balisier, à Marie-Galante, depuis quelques années quand Louis-Joseph Vallentin acquiert l’habitation en 1835. Félicien, accusé, est mis aux fers puis enfermé au cachot en février 1836 ; il finit par nommer Sébastien, « car il est d’une famille de Grande-Anse où il y a des empoisonneurs et sa sœur Madeleine qu’il voit souvent pourrait bien lui procurer le poison ». Libéré après trois mois, Félicien meurt quatre mois plus tard. On confie alors les bêtes de l’habitation à Sébastien ; les pertes cessent deux ou trois mois, puis reprennent, et Sébastien est enfermé au cachot au début de l’année 1838.
Précisions nécessaires à l’interprétation
La chaîne est reconstituée par Delâtre à partir du compte rendu du procès de 1842 que publie, en abrégé, la Gazette officielle de la Guadeloupe, conservée aux Archives départementales de la Guadeloupe (3K34) et non vue ici. Les mots qui désignent Sébastien sont ceux que l’enquête prête à Félicien après trois mois de cachot ; ils n’établissent ni l’empoisonnement ni la culpabilité de Sébastien. Delâtre écrit que Félicien fut soumis aux privations du cachot « et peut-être à d’autres sévices » : la contrainte exercée sur lui n’est pas établie au-delà. La date de « début de l’année 1838 » est celle de Delâtre ; un journal cité par Frédéric Régent fait commencer l’enfermement dans le courant d’avril 1838. Régent cite la réponse de Félicien : « L’auteur des empoisonnements dont vous vous plaignez, c’est Sébastien. Sébastien est sorcier » ; il écrit ailleurs (§ 4) que Sébastien était soupçonné « d’avoir fait empoisonner du bétail par Félicien », ce que la chaîne de Delâtre ne dit pas.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 12 : pertes de bétail, enfermement de Félicien en février 1836, désignation de Sébastien, garde des bêtes confiée à Sébastien, enfermement au début de 1838
- Figures d’esclaves à travers des procédures judiciaires en Guadeloupe de 1789 à 1848, dans Éric Saunier (dir.), Figures d’esclaves : présences, paroles, représentations, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 111-127 — paragraphe 41 : réponse de Félicien à l’accusation d’empoisonnement, qui désigne Sébastien
Sébastien est enfermé par Louis-Joseph Vallentin dans un cachot maçonné, haut de 1,20 mètre et long de 1,80…
Point 5 sur 9 · Événement · enfermement et mort ; décès déclaré le 14 août
Sébastien est enfermé par Louis-Joseph Vallentin dans un cachot maçonné, haut de 1,20 mètre et long de 1,80 mètre selon l’historien Frédéric Régent. Il y meurt en 1838, après des semaines de détention ; Vallentin, son maître et l’accusé du procès, situe la mort le 5 ou le 6 mai. Adeline, sa compagne, déclare qu'après sa mort, elle et d'autres proches l'ont lavé, vêtu d'une chemise, d'une culotte et d'un mouchoir, puis enterré sans cercueil ; elle place une croix sur sa fosse. Son décès n'est déclaré à l'état civil que le 14 août.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Régent transmet le compte rendu de la Gazette officielle sans en reproduire le fac-similé. Le début précis de l'enfermement et la cause médicale de la mort ne sont pas établis ici. La croix et les soins funéraires sont les gestes déclarés par Adeline ; ils ne prouvent ni présence ni refus d'un prêtre. La date du 5 ou 6 mai vient du témoignage de Vallentin (Libres et sans fers, chapitre 17, d’après la Gazette officielle de la Guadeloupe, n° 10, 20 février 1842, audience du 29 janvier) ; elle ne s’accorde ni avec l’autorisation d’« exporter » Sébastien obtenue le 14 mai 1838 (Delâtre, § 12), ni avec le journal cité par Régent, qui fait commencer le « supplice » dans le courant d’avril et le fait durer « trois mois environ ». Seuls la Gazette de 1842 et le registre des déclarations de décès de Capesterre, aux Archives départementales de la Guadeloupe, peuvent trancher. Les mesures du cachot sont celles que donne Régent (§ 4), sans en citer la pièce ; dans la déposition que cite Delâtre (§ 19), Réville dit que son père « pouvait s’y tenir debout ».
- Figures d’esclaves à travers des procédures judiciaires en Guadeloupe de 1789 à 1848, dans Éric Saunier (dir.), Figures d’esclaves : présences, paroles, représentations, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 111-127 — paragraphes 4, 9 et 27
- Libres et sans fers. Paroles d’esclaves — chapitre 17, « Je n’ai jamais vu de prêtres appelés… », déclaration du décès le 14 août et date « selon le témoignage de son maître », notes 20 et 21 : Gazette officielle de la Guadeloupe, n° 10, 20 février 1842, audience du 29 janvier 1842 (ADG, 3K34)
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 19 : déposition de Réville sur le cachot
Après les audiences des 28, 29 et 31 janvier puis des 1er et 2 février 1842 à Pointe-à-Pitre, et la…
Point 6 sur 9 · Événement · 1842-01-28–1842-02-02
Après les audiences des 28, 29 et 31 janvier puis des 1er et 2 février 1842 à Pointe-à-Pitre, et la plaidoirie de son avocat, la cour pose contre Louis-Joseph Vallentin les questions de l'acte d'accusation et y ajoute une question subsidiaire, « résultant des débats », d'homicide par négligence ou imprudence. Elle y répond négativement « après une longue délibération dans la chambre du conseil » et acquitte Vallentin de la mort de Sébastien.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le verdict est rapporté par l'étude à partir de la Gazette officielle ; les questions exactes et l'arrêt original n’ont pas été vus ici. L'acquittement est l'issue judiciaire, non une preuve que l'enfermement et la mort n'ont pas eu lieu.
- Figures d’esclaves à travers des procédures judiciaires en Guadeloupe de 1789 à 1848, dans Éric Saunier (dir.), Figures d’esclaves : présences, paroles, représentations, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 111-127 — paragraphes 9 et 15
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 64 : le verdict, cité d’après le compte rendu de la Gazette officielle de la Guadeloupe
Réville, âgé d'environ douze ans au procès de 1842 et présenté comme le fils de Sébastien, raconte qu'il…
Point 7 sur 9 · Témoignage · faits rapportés au procès de 1842
Réville, âgé d'environ douze ans au procès de 1842 et présenté comme le fils de Sébastien, raconte qu'il apportait chaque midi de la paille de bananier à son père enfermé au cachot du Balisier. Il lui avait aussi procuré une planche pour se coucher, mais celle-ci s'enfonçait dans la boue. Il décrit le trou d'air ouvert par Sébastien puis rebouché sur l'ordre de Vallentin, la maladie de son père et la découverte de son corps à l'heure du repas.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le témoignage est transmis par un compte rendu abrégé de la Gazette de Guadeloupe puis par Delâtre ; ni la minute ni le numéro du journal n’ont été vus ici. Il établit les actions et perceptions attribuées à Réville dans cette transmission, non chaque détail matériel indépendamment du procès.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphes 19-20
Alors que Sébastien est soupçonné d'empoisonnement au Balisier, Vallentin obtient le 14 mai 1838…
Point 8 sur 9 · Témoignage · projet de vente à la fin d'avril ou au début de mai ; autorisation d'exporter du 14 mai
Alors que Sébastien est soupçonné d'empoisonnement au Balisier, Vallentin obtient le 14 mai 1838 l'autorisation de l'exporter. Le négociant Louvrier témoigne que Vallentin lui demanda, à la fin d'avril ou au début de mai, de l'emmener à Porto Rico pour le vendre. Louvrier n'effectua pas le voyage et la vente projetée n'eut pas lieu ; Sébastien resta enfermé et mourut au cachot.
Précisions nécessaires à l’interprétation
L'article transmet l'autorisation et le témoignage mais pas leur pièce originale. Le projet précis visant Sébastien est établi dans ce relais ; le système général d'indemnisation et d'exportation évoqué par Delâtre exige les dossiers administratifs avant quantification ou généralisation.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphes 12 et 50 ; autorisation, enfermement et témoignage de Louvrier
Dans le procès Vallentin, le vétérinaire Segrétain distingue plusieurs substances toxiques et explique que…
Point 9 sur 9 · Témoignage · 1842
Dans le procès Vallentin, le vétérinaire Segrétain distingue plusieurs substances toxiques et explique que des propriétaires connaissant mal les symptômes du charbon peuvent prendre cette maladie du bétail pour un empoisonnement. Son intervention met en cause la chaîne qui transforme une perte animale mal comprise en soupçon dirigé contre des personnes esclavisées.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Segrétain expose une possibilité de confusion et ne diagnostique pas rétrospectivement chaque bête morte au Balisier. L'article interprète son propos comme une interrogation de l'impunité des propriétaires ; cette conséquence demeure l'analyse de Delâtre.
- « Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842) (cette notice) — paragraphe 38 : intervention de Segrétain