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Esclavage aux Antilles

Source

« Quand on me battait debout, je saignais en pile. » Témoignages d’esclaves dans les affaires Vaultier de Moyencourt et Vallentin (1841-1842)

Gilles Delâtre

Étude · 2023

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Notice

Droits : Article de revue en libre accès, Études caribéennes, hors-série 10, octobre 2023.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Manger la terre, et le nom qu’on donnait à ceux qui le faisaient

Sur les habitations antillaises — les exploitations agricoles coloniales, où les terres, les bâtiments et les personnes tenues en esclavage forment un même bien —, des gens mangeaient de la terre, et ils en mouraient. Les colons ont donné à cette conduite un nom de maladie, le mal d’estomac, puis des instruments pour l’empêcher : un bâillon, un masque de fer. Cette page ne dit pas ce qui les faisait manger la terre — personne ne le tranche, ni alors ni aujourd’hui. Elle dit ce que le nom permettait de faire.

7 min · 1715–1848 · Martinique, Saint-Domingue, +1

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Aux procès guadeloupéens de 1841-1842, le commandeur Louis, de l’habitation Balisier à Marie-Galante, reconnaît avoir imposé le bâillon à Jacob pour avoir cassé seize cannes, et à Rosillette, à Mélanie et à Jean-Pierre, qui mangeaient de la terre. L’esclave Mercure décrit l’objet devant la cour : « Les bâillons étaient faits comme des mors à cheval. Cela faisait un peu mal. Mais les nègres qui les portaient étaient humiliés. Eux tenir honte et les autres nègres riaient. »