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Esclavage aux Antilles

Source

Fighting the Slave Trade: West African Strategies

Sylviane A. Diouf (dir.) ; Elisée Soumonni, Thierno Mouctar Bah, Dennis D. Cordell, Adama Guèye, Martin A. Klein, Paul E. Lovejoy et David Richardson, John N. Oriji, Ismail Rashid, Walter Hawthorne, Joseph E. Inikori, David Richardson, Carolyn A. Brown

Étude · 2003

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Droits : Ouvrage sous droits ; copie réservée au travail documentaire interne, sans redistribution.

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Points étayés

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Des personnes données en gage et gardées à bord

Point 1 sur 4 · Interprétation · à partir des années 1760 ; pratiques examinées jusqu’à la fin du XVIIIe siècle

Pour Old Calabar, dans la baie du Biafra, Paul E. Lovejoy et David Richardson expliquent qu’à partir des années 1760 des capitaines britanniques demandent des personnes en gage contre les marchandises avancées aux négociants efik. Pour ces derniers, le gage reste normalement rachetable par remboursement ; les capitaines retiennent souvent les personnes à bord et peuvent les emmener si le paiement attendu n’arrive pas dans le délai qu’ils fixent.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les auteurs étudient surtout les échanges britanniques avec les Efik ; ils signalent des achats français à Old Calabar, mais ces pages n’établissent pas que les capitaines français y exigeaient les mêmes gages. Les délais et les droits de reprise pouvaient être contestés. Un gage n’était pas automatiquement une personne vendue.

  • Fighting the Slave Trade: West African Strategies (cette notice) — Paul E. Lovejoy et David Richardson, « Anglo-Efik Relations and Protection against Illegal Enslavement at Old Calabar, 1740–1807 », p. 110-113, surtout p. 110-111 pour le crédit, le gage rachetable et la rétention à bord ; PDF p. 139-142

Un fils propose de partir à la place de son père

Point 2 sur 4 · Témoignage · première publication du récit d’Isert ; l’épisode raconté est antérieur et non daté

Sylviane Diouf reprend un épisode raconté par Paul Erdmann Isert, qui travaillait dans les comptoirs de la Côte de l’Or et dont le récit paraît en 1788 : sur la Côte de l’Or, un homme incapable de rembourser une dette attend d’être envoyé vers les Caraïbes. L’un de ses fils demande à prendre sa place ; selon Isert, l’échange paraît avantageux, le fils étant un jeune homme qui avait plus d’années devant lui que son père. Selon le passage repris par Diouf, un gouverneur fait ensuite libérer le fils, sous condition que la famille réunisse de l’argent dans un délai raisonnable.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’épisode est connu ici par Diouf, qui lit l’édition traduite d’Isert ; le texte d’Isert n’a pas été acquis. Le passage ne dit pas si la famille réunit l’argent, ni ce que devient le père. Il établit l’offre du fils et la décision conditionnelle rapportée, sans mesurer la fréquence de telles substitutions.

  • Fighting the Slave Trade: West African Strategies (cette notice) — Sylviane A. Diouf, « The Last Resort », p. 91, PDF p. 120 ; renvoi à l’édition traduite d’Isert, Letters on West Africa and the Slave Trade, 1992, p. 141-142

Des villages refuges au Cayor et au Baol

Point 3 sur 4 · Interprétation · date non établie

Pour le Cayor et le Baol à l’époque de la traite atlantique, l’historienne Adama Guèye rapporte que des marabouts, responsables religieux musulmans, fondèrent des villages refuges où vinrent s’établir des personnes fuyant les zones de pillage et la domination des ceddo, guerriers liés au pouvoir des souverains. Elle situe souvent ces refuges près de zones boisées et, reprenant Brahim Diop, indique que les ceddo n’y exerçaient pas leur pouvoir.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Guèye construit cette description à partir de recherches, de traditions orales et d’une analyse de Brahim Diop qu’elle cite. Le passage ne nomme pas ici une personne accueillie ni ne permet de compter les refuges ou de mesurer la sécurité de tous leurs habitants. La datation désigne la période étudiée, non la fondation datée d’un village précis.

  • Fighting the Slave Trade: West African Strategies (cette notice) — Adama Guèye, « The Impact of the Slave Trade on Cayor and Baol », p. 55, dans Sylviane Diouf (dir.), Fighting the Slave Trade, PDF p. 84
  • Fighting the Slave Trade: West African Strategies (cette notice) — Adama Guèye, « The Impact of the Slave Trade on Cayor and Baol », p. 50-51, PDF p. 79-80 : fonction guerrière des ceddo auprès des souverains

Des envoyés arrivés après le départ de cinquante personnes

Point 4 sur 4 · Témoignage · arrivée de Wadström au Sénégal le 12 janvier 1788 selon l’abrégé de 1791 ; date d’arrivée des envoyés de l’almamy non établie

Selon le témoignage attribué à Carl Bernhard Wadström que reproduit Sylviane Diouf, des Maures avaient livré à la Compagnie du Sénégal cinquante personnes capturées dans les domaines de l’almamy. Celui-ci envoya des représentants les racheter auprès des directeurs de la Compagnie ; à leur arrivée, les cinquante personnes étaient déjà expédiées vers Cayenne.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le récit de Wadström parvient ici par sa reprise dans Lambert puis Diouf. Diouf place « 12 janvier » en 1787, tandis que l’abrégé de 1791 date du 12 janvier 1788 l’arrivée de Wadström au Sénégal. Cette date ne situe ni l’arrivée des envoyés de l’almamy, ni la capture, la livraison ou l’embarquement des cinquante personnes. Le passage ne nomme aucune des cinquante personnes et ne dit pas ce qu’elles deviennent à Cayenne. Diouf identifie le « King Dalmanny » du témoignage à l’almamy du Fouta-Toro.

  • Fighting the Slave Trade: West African Strategies (cette notice) — Diouf, p. 91-92 ; Lambert, 1975-1976, 73:29 cité par Diouf ; [abrégé publié en 1791, chapitre II](https://en.wikisource.org/wiki/Abstract_of_the_evidence_for_the_abolition_of_the_slave-trade_%281791%29/Chapter_II).