Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

Source

La porte étroite. Missions d’évangélisation et esclavage racial en Martinique et à Saint-Domingue (1635-1789)

Domitille de Gavriloff

Étude · 2025

Cette page indique où la source est utilisée sur le site et quels points elle permet d’étayer.

Voir la notice de la thèse

Notice

Droits : Thèse signalée en ligne par theses.fr et HAL ; le master local est réservé au dépouillement interne. Vérifier la licence attachée au dépôt avant toute reproduction de page, tableau, annexe ou illustration.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Des femmes et des familles amérindiennes dans la Guadeloupe du XVIIᵉ siècle

Dans cette fiche : Thèse de Domitille de Gavriloff sur les missions et l’esclavage : la délibération de la Compagnie de 1638, p. 134 ; l’achat d’Auramou par les dominicains, d’après Chevillard, p. 297.

8 min · 1620–1685 · Guadeloupe et dépendances, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Personne

Mathieu demande à l’homme qui le retient de prouver son droit

Dans cette fiche : Pages 315 et 316, note 203 : la lettre du ministre de la Marine du 10 mars 1739, citée par l’autrice, qui justifie l’ordre par la capture de personnes libres, et sa lecture de l’ordre parmi les mesures royales sur l’asservissement des Amérindiens.

6 min · 1685–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

L’ordre du roi « sur les Caraïbes & Indiens », signé à Versailles le 2 mars 1739 et enregistré au Conseil…

Point 1 sur 3 · Prescription · signature puis enregistrement au Conseil souverain de la Martinique

L’ordre du roi « sur les Caraïbes & Indiens », signé à Versailles le 2 mars 1739 et enregistré au Conseil souverain de la Martinique le 8 mai 1739, part de ce qu’« il y a des personnes qui vont traiter des Caraïbes & Indiens de nation, contre lesquelles les françois ne sont point en guerre, pour les emmener aux isles du vent de l’Amérique, où ils les vendent comme esclaves ». Il fait « très-expresses inhibitions & défenses à tous françois de traiter des esclaves Caraïbes & Indiens », et veut que « tous ceux qui seront emmenés ou qui iront à l’avenir dans les isles du vent, soient & demeurent libres ». Selon l’historienne Domitille de Gavriloff, la lettre du ministre de la Marine du 10 mars 1739 justifie notamment cette ordonnance parce que « les traiteurs qui n’ont pas beaucoup de conscience font esclaves les libres qu’ils trouvent sans deffense et avec lesquels les françois ne sont point en guerre » ; elle la range parmi les mesures de la Couronne sur l’asservissement des Amérindiens.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le texte est lu dans le recueil imprimé à Saint-Pierre en 1767, non sur l’original ni sur le registre du Conseil. Il ne définit pas le mot « Indiens » : c’est le préambule qui situe la traite visée dans des nations avec lesquelles les Français ne sont pas en guerre, et la lettre du ministre n’est connue que par la citation de Gavriloff. Une prescription ne dit pas combien de personnes furent effectivement déclarées libres en vertu de cet ordre.

  • Code de la Martinique — huitième partie « De la Police », p. 455 (vue 473 de la numérisation d’Internet Archive) : « Ordre du Roi, sur les Caraïbes & Indiens, du 2 Mars 1739 », texte entier, signature « Fait à Versailles, le 2 Mars mil sept cent trente neuf » et mention « Enregistrée au Conseil Souverain le 8 Mai 1739 »
  • La porte étroite. Missions d’évangélisation et esclavage racial en Martinique et à Saint-Domingue (1635-1789) (cette notice) — p. 315-316 et note 203 (ANOM, COL B 68, f° 15rv, lettre du ministre à Champigny et de la Croix, 10 mars 1739, citée par l’autrice)

Selon l’historienne Domitille de Gavriloff, l’assemblée de la Compagnie des îles de l’Amérique du 1er…

Point 2 sur 3 · Prescription · 1638-09-01

Selon l’historienne Domitille de Gavriloff, l’assemblée de la Compagnie des îles de l’Amérique du 1er septembre 1638 interdit aux protestants la possession de « nègres ou sauvages » et permet à tout colon catholique de les leur soustraire, à condition de les instruire dans la religion catholique.

Précisions nécessaires à l’interprétation

La délibération de 1638 est utilisée ici à travers la citation et l’analyse publiées par Gavriloff, qui l’interprète comme la volonté de bâtir des sociétés esclavagistes exclusivement catholiques. Une prescription de la Compagnie ne prouve ni son application en Guadeloupe ni le nombre de personnes amérindiennes que des protestants y détenaient. Elle range « sauvages » avec « nègres » parmi les personnes possédées, sans dire sous quel titre.

  • La porte étroite. Missions d’évangélisation et esclavage racial en Martinique et à Saint-Domingue (1635-1789) (cette notice) — p. 134 et note 226 (ANOM COL F2A 13, f° 335-339, cité par l’autrice)

Selon Domitille de Gavriloff, qui cite le dominicain André Chevillard, la mission dominicaine de la…

Point 3 sur 3 · Témoignage · 1635–1659

Selon Domitille de Gavriloff, qui cite le dominicain André Chevillard, la mission dominicaine de la Guadeloupe aurait acheté à un navire de traite flamand une femme « aroüague », Auramou, « en envisageant plus le salut de l’ame que le profit temporel », et dont Chevillard écrit qu’elle ne travaille « qu’à faire le pain de cassave, et autres petites occupations domestiques ». La même mission reçoit Alaïoulé, que Chevillard dit « Aloague » : capturé à huit ou neuf ans par un Kalinago de Saint-Vincent, il est donné par celui-ci « par certaine maniere de present en accord de mariage » à un autre Kalinago de Saint-Vincent, qui le remet à un troisième, appelé Thomas par les Français ; Thomas l’amène lui-même à la résidence dominicaine du Rosaire. Les Pères font à Thomas « quelque present » et assurent à Alaïoulé qu’il sera traité avec douceur.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Pour Auramou, ce point repose sur les passages de Chevillard cités par Gavriloff, qui emploie le conditionnel pour son achat ; pour Alaïoulé, sur le texte de 1659 lu dans sa reproduction de 1973. Chevillard n’écrit pas que les Pères achètent Alaïoulé : ils font « quelque present » à Thomas. Ces faits ne sont pas datés au-delà de la publication du récit (1659). Le missionnaire présente la mission comme guidée par le salut des âmes ; ce motif est le sien, et il n’exclut ni la propriété ni le travail imposé, que la phrase sur la cassave décrit. On ne sait rien d’Auramou au-delà de ces deux phrases.