Notion · Personnes, ménages et cases
Qui étaient les Amérindiens de la Guadeloupe au XVIIᵉ siècle ?
Des dizaines de personnes amérindiennes ont vécu et travaillé dans les habitations guadeloupéennes du XVIIᵉ siècle. Les registres de paroisse et les rôles d’imposition en donnent les noms, les âges, les enfants, parfois la maison — et deux femmes y tiennent une case à leur nom.
Périodes : Premières implantations et premiers asservissements · Passage au sucre et prise de contrôle royal · Territoire : Guadeloupe et dépendances
Le 21 mai 1646, à l’église Sainte-Marie de la Capesterre, le père Armand de la Paix baptise deux femmes venues du continent. L’une reçoit le prénom de Julienne, donné par sa marraine madame Le Gay ; l’autre celui de Guillemine, avec pour parrain et marraine Guillaume Le Gay et Magdelaine Huguet. L’acte ne dit ni leur âge, ni chez qui elles vivaient. Il donne un jour, un lieu, deux prénoms de baptême et les personnes qui les ont tenues sur les fonts — déjà plus que ce que la plupart des documents de ce siècle conservent.
Six ans plus tôt, le même registre avait porté un premier acte, moins généreux. Le 1er décembre 1640, « une femme sauvagesse appartenant a madame anne » est baptisée ; son parrain est Guillaume d’Orange, sa marraine Elisabeth Naudier. L’acte ne la nomme pas : il la désigne par une catégorie et par la personne à qui il la dit appartenir.
Deux ménages se suivent sur une décennie dans ce registre. Le sieur La Rivière dit des Fossés fait baptiser une fille en mai 1643, une autre en août 1644, prénommée Anne ; la mère n’a pas de nom au premier acte — « une Guillibie sauvagesse sa femme » — et s’appelle « Marie Galiby » au second, le mot de catégorie devenu la seconde moitié d’un nom. Chez Charles Deschamps, le mouvement va en sens inverse : « Susane Belamée sauvagesse » à la naissance de jumeaux en 1648, elle n’est plus que « Susanne Sauvagesse son épouse » pour un fils en 1651 et une fille en 1652.
Le rôle des habitants de 1664 permet de les compter et de savoir où ils vivaient. Dix-neuf personnes y sont inscrites, du grand cul-de-sac au Vieux-Fort. La plupart figurent à l’intérieur du ménage d’un colon, à la suite des personnes esclavisées : Cristosphle Indien, vingt-cinq ans, à la Montagne de Saint-Louis ; Pittre Sauvage et Marye Sauvagesse avec deux enfants de quatre et deux ans, à Bellevue ; Jasques Sauvage et Gabrielle sa femme, cinquante-cinq ans, chez Pierre Millet ; Jean Sauvage, dix-sept ans, beau-frère du maître de la case où il vit ; Jeanne Bresillainne, trente-quatre ans, mariée à Nicolas Violet dit Lepicard, avec qui elle forme un ménage de deux personnes.
Deux femmes tiennent une case en leur nom. Marie la Sauvagesse, trente-six ans, occupe la case 152 avec Pierrot son fils de sept ans et Anne Marye sa fille de douze, et personne d’autre. Lionoré Lamiré Brézillenne, quarante-deux ans, tient la case 205 : son nom y est tracé du même calibre que celui des maîtres de case voisins, et la case porte ses trois fils nommés Hou puis cinq personnes esclavisées, Françoisse, Isabelle, Cristinne, Catherinne et Dominique. Le rôle classe des ménages pour l’impôt ; il ne dit pas à quel titre elle les tenait.
Ce que l’administration fait d’eux hésite. Le rôle de 1664 devait, selon la règle que ses éditeurs modernes en ont tirée, ne pas les assujettir. Or huit des treize adultes y ont bien leur âge porté dans la colonne des payants, comme les personnes esclavisées qui les précèdent. Une seule fois, à la case de Marie la Sauvagesse, cet âge est inscrit du côté des payants puis barré d’un trait et réécrit du côté des exemptés. La règle existait ; c’est ce trait de plume qui, une fois, l’applique.
Sources de la fiche
Une fiche publiée n’emploie que des affirmations contrôlées et des preuves précisément localisées.
Paroisse Saint-Hyacinthe de la Capesterre, Guadeloupe, Registre des baptêmes, mariages et sépultures des Blancs et Libres, 1639-1652 — copie certifiée de 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies (1777).
Registre paroissial de Capesterre, copie certifiée de 1777 : baptêmes du 1er décembre 1640, du 21 mai 1646, et les six actes des ménages La Rivière et Deschamps entre 1643 et 1652.
Voir la page de cette sourceDépôt des papiers publics des colonies, Guadeloupe, Basse-Terre : recensements, concessions (esclaves), 1664-1725 (1664).
Fac-similé du rôle des habitants de 1664 : les cases 152 et 205, la rature de la colonne des payants, et les entrées lues folio par folio.
Voir la page de cette sourceGénéalogie et Histoire de la Caraïbe, Rolle des habitants de la Guadeloupe, 1664 (2015).
Transcription intégrale du rôle de 1664, qui donne l’exhaustivité du balayage et l’avertissement de ses éditeurs sur la nature fiscale du document.
Voir la page de cette sourceDépôt des papiers publics des colonies, Guadeloupe : recensement — Général, Grande-Terre, Saintes, 1671-1715 (1671).
Fac-similé du recensement de 1671, où se lit l’intitulé de colonne « Sauuages, Mestis, Capouis » que la transcription ne rend pas.
Voir la page de cette sourceGénéalogie et Histoire de la Caraïbe, Recensement de la Guadeloupe en 1671 — renseignements nominatifs et renseignements du terrier (1671).
Transcription du recensement de 1671, d’où proviennent les effectifs par case et les totaux par catégorie.
Voir la page de cette sourceJean et Denise Goddet-Langlois, La vie en Guadeloupe au XVIIe siècle, suivi du Dictionnaire des familles guadeloupéennes de 1635 à 1700 (1991).
Instrument de repérage qui a signalé ces actes et ces cases, et dont les gloses — « Brésilienne », « sauvages de terre ferme » — sont distinguées du vocabulaire des documents.
Voir la page de cette source
Appareil documentaire
Chaque énoncé qui structure cette fiche est adossé à une preuve localisée dans une source et à une réserve, qui dit ce que cette preuve ne permet pas de conclure. Le détail est ici, pour qui veut vérifier.
Voir les énoncés, leurs preuves et leurs réserves
Le 21 mai 1646, à l’église Sainte-Marie de la Capesterre en Guadeloupe, le père Armand de la Paix, supérieur, baptise « deux sauvagesses de terre ferme ». Le registre les nomme : l’une reçoit le prénom de Julienne, donné par sa marraine madame Le Gay ; l’autre celui de Guillemine, avec pour parrain et marraine Guillaume Le Gay et Magdelaine Huguet. L’acte donne un jour, un lieu, un officiant, deux prénoms de baptême et les personnes qui les ont tenues sur les fonts.
À garder en tête : Ce qui est lu est la copie de 1777, non le registre d’origine. Les deux prénoms sont ceux du baptême, donnés par les personnes qui les tenaient : ce ne sont pas des noms portés avant, et le registre ne conserve aucun autre nom. « De terre ferme » désigne le continent et non les îles : ces deux femmes ne sont pas dites caraïbes, et Goddet-Langlois rendent ailleurs cette formule par « Brésiliennes », qu’ils disent le plus souvent asservies par les Portugais ou les Hollandais — mais l’acte ne dit rien de leur condition, de leur âge, ni de chez qui elles vivaient. Que leurs parrain et marraine soient Le Gay et Huguet n’établit aucun lien de dépendance : le registre associe les mêmes noms à d’autres baptêmes de la paroisse.
- Registre des baptêmes, mariages et sépultures des Blancs et Libres, 1639-1652 — copie certifiée de 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies — vue 0004, page de gauche, acte du 21 mai 1646, mention marginale « Bᵉ Sauvages » ; contrôlé sur le fac-similé le 16 août 2026
Le premier acte du registre paroissial de Capesterre concernant une personne amérindienne est un baptême d’adulte : le 1er décembre 1640, « une femme sauvagesse appartenant a madame anne » est baptisée en Guadeloupe. Elle a pour parrain un homme que le registre nomme Guillaume d’Orange et pour marraine Elisabeth Naudier. L’acte ne donne ni son nom, ni son âge, ni le lieu de la cérémonie : il la désigne par une catégorie et par la personne à qui il la dit appartenir. Il précise qu’elle a été baptisée « par le même », c’est-à-dire par l’officiant de l’acte précédent, le père Jean de Saint-Paul ; c’est Raymond Breton, missionnaire, qui signe le registre.
À garder en tête : Ce qui est lu n’est pas le registre tenu en 1640 mais la copie établie en 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies, et la certification du curé qui y figure ne couvre explicitement que les deux extraits de 1639 qui la précèdent. Le registre est celui « des Blancs et Libres » de la paroisse : cette femme y paraît comme baptisée, non comme paroissienne. « Sauvagesse » est le mot de l’acte ; « Sauvage » celui de la mention marginale, écrite pour classer. Rien n’autorise à l’appeler kalinago : l’acte ne dit pas d’où elle vient, et le même registre distingue ailleurs les personnes « de terre ferme ». Un acte de baptême dit que le curé la tient pour appartenant à quelqu’un ; il n’établit pas le régime juridique sous lequel elle était tenue, ni s’il fut durable. Aucune formule ne doit être citée au-delà de ce que l’acte porte.
- Registre des baptêmes, mariages et sépultures des Blancs et Libres, 1639-1652 — copie certifiée de 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies — vue 0003, page de droite, troisième acte de l’année 1640, mention marginale « Bᵉ Sauvage » ; l’acte précédent, pour l’officiant ; en-tête de la page et certification du 15 janvier 1777 sur la page de gauche ; contrôlé sur le fac-similé le 16 août 2026
- La vie en Guadeloupe au XVIIe siècle, suivi du Dictionnaire des familles guadeloupéennes de 1635 à 1700 — chapitre sur les Caraïbes, page 26 du dérivé texte : c’est cet instrument de repérage qui a signalé l’acte et son folio
Le registre paroissial de Capesterre, en Guadeloupe, porte deux ménages formés d’un colon français et d’une femme amérindienne, et il les nomme différemment d’un acte à l’autre. Le premier : le 25 mai 1643 est baptisée une fille du sieur La Rivière dit des Fossés et « d’une Guillibie sauvagesse sa femme », qui n’est pas nommée ; le 28 août 1644, une seconde fille, prénommée Anne, est dite née de Charles La Rivière dit des Fossés et « de Marie Galiby ». Le mot de catégorie est devenu la seconde moitié d’un nom. Le second ménage suit le mouvement inverse : en 1648, le registre baptise « deux enfans jumeaux du legitime mariage de Charles des Champs et Susane Belamée sauvagesse », nommés Charles et Jean ; en 1651 puis en 1652, pour un Charles et une Julienne, la mère est désignée « Susanne Sauvagesse son épouse », sans nom propre. Jean et Denise Goddet-Langlois tiennent le premier couple pour « le premier couple mixte franco-caraïbe en Guadeloupe qui nous soit connu » et le second pour le deuxième, et précisent que « Galiby ou Guillibie est alors synonyme de caraïbe ou sauvagesse ».
À garder en tête : Ce qui est lu est la copie de 1777, non le registre d’origine. L’acte des jumeaux Deschamps NE PORTE AUCUNE DATE : le 11 août 1648 vient de l’instrument de 1991 et non de la pièce, où l’acte suit une entrée du 6 août et clôt la page — la position rend la date plausible, rien de plus. Charles et Jean sont jumeaux, soit une seule naissance et non deux baptêmes séparés. La présence d’un second Charles en 1651 peut signaler la mort du premier et la reprise du prénom, usage courant, ou autre chose : le registre ne tranche pas. Benoît Roux, dans le catalogue Delpuech, compte trois enfants Deschamps « au tournant des années 1650 » là où le registre en porte quatre. Le second élément du nom de Marie Galiby est une catégorie coloniale devenue nom, et cela doit être dit chaque fois qu’il est écrit ; il en va de même, en sens inverse, de la disparition du nom de Suzanne Bellamée. Roux mentionne par ailleurs un Charles La Rivière marié à une autochtone baptisée Marie, envoyé en 1649 négocier l’installation française à la Grenade : le nom, le prénom et la situation concordent, mais rien ne relie les deux mentions, et le récit que Du Tertre donne de cette expédition ne porte pas ce nom dans le passage repéré. L’écart se publie comme écart, jamais comme identité.
- Registre des baptêmes, mariages et sépultures des Blancs et Libres, 1639-1652 — copie certifiée de 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies — vue 0003 pour les baptêmes du 25 mai 1643 et du 28 août 1644 ; vue 0004 pour les jumeaux Deschamps de 1648, signé fr. Breton ; vue 0005 pour le baptême du 14 mai 1651, signé fr. Philippe de Beaumont, et pour celui du 15 octobre 1652, signé fr. Pierre Fontaine ; contrôlé sur le fac-similé le 16 août 2026
- La vie en Guadeloupe au XVIIe siècle, suivi du Dictionnaire des familles guadeloupéennes de 1635 à 1700 — chapitre sur les Caraïbes, page 26 du dérivé texte : repérage des actes, rang des deux couples et glose sur Galiby ou Guillibie
Le relevé systématique du rôle des habitants de la Guadeloupe de 1664 y trouve dix-neuf personnes désignées par une catégorie amérindienne. Le document emploie cinq mots — sauvage, sauvagesse, indien, bresillain, arouague — et jamais caraïbe, ni galibi. Deux femmes tiennent une case à leur nom. Marie la Sauvagesse tient la case 152 avec ses deux enfants et personne d’autre. Lionoré Lamiré Brézillenne, quarante-deux ans, tient la case 205 au folio 30 verso : son nom y est écrit en grand comme celui des autres maîtres de case, et la case porte ses trois fils nommés Hou, âgés de seize, dix et neuf ans, puis cinq personnes esclavisées — Françoisse, Isabelle, Cristinne, Catherinne et Dominique. Louis le Sauvage fait un troisième cas : il est dit « torqueur qui n’a point de caze », formule courante du rôle que porte aussi un Charles Bryan, mais il est le seul des deux à ne recevoir aucun numéro de case : toutes les autres figurent à l’intérieur du ménage d’un tiers, à la suite des personnes esclavisées. Sur les treize adultes, huit ont leur âge porté dans la colonne des payants comme les personnes esclavisées qui les précèdent, et une seule rature a été trouvée, celle de Marie la Sauvagesse au folio 24 recto.
À garder en tête : CORRECTION DU MÊME JOUR, SUR L’IMAGE : Jean Sauvage, dix-sept ans, est le beau-frère du sieur André, maître de la case 237, et non de « Mantoulou » — cette lecture venait d’avoir lu en travers les deux colonnes de la transcription. Et la formule « torqueur qui n’a point de caze » n’est pas une remarque sur Louis le Sauvage : c’est une catégorie courante du rôle, que porte aussi Charles Bryan à la case 188. Ce qui distingue Louis, c’est qu’il ne reçoit aucun numéro de case, là où Bryan en reçoit un. Le compte de dix-neuf repose sur les mots du document, et il a d’abord été manqué : un premier balayage n’en avait trouvé que seize, faute d’avoir prévu les graphies BREZILLENNE, BREZIL et LABREZILIAINE. Un compte tiré d’une recherche par mot vaut ce que vaut la liste des graphies essayées. Trois catégories ont été écartées après examen et le choix se discute : « irois », trente et une occurrences, qui veut dire irlandais ; « Sauvaget », patronyme français porté par un homme des magasins de la Basse-Terre ; « Le Rouge », nom d’un homme désigné par ailleurs comme nègre. Huit des seize personnes ne sont pas lues sur l’image mais sur la transcription, et trois d’entre elles n’ont pas de folio, la transcription n’en portant pas à cet endroit. Le rôle ne dit ni d’où viennent ces personnes, ni leur condition, ni ce que « figurer dans le ménage de » recouvre juridiquement : l’absence de case propre n’établit pas la servitude, et la colonne des payants ne la mesure pas davantage — les personnes esclavisées y sont portées, mais des hommes libres aussi. Léonore Lamire, que Goddet-Langlois donnent née vers 1622 et qu’un premier balayage avait dite absente, EST DANS CE RÔLE : « Lionoré Lamiré Brézillenne, 42 ans », case 205, folio 30 verso, lue sur le fac-similé. Leur référence, 1664-X-205, était exacte ; c’est la graphie qui l’avait cachée. Que le rôle l’inscrive en tête d’une case ne suffit pas à établir qu’elle possédait les cinq personnes esclavisées qui y figurent : le document classe des ménages pour l’impôt, il ne dit pas le titre. Enfin ce relevé porte sur un seul document et une seule année. Il compte des mentions dans un rôle fiscal, non des personnes vivant dans l’île : ce que le document ne nomme pas n’en est pas absent.
- Guadeloupe, Basse-Terre : recensements, concessions (esclaves), 1664-1725 — neuf pages lues sur le fac-similé, soit quatorze des dix-neuf personnes : folio 21 verso, vue 0074 page de gauche, pour Pittre Sauvage et les trois autres de la même case ; folio 24 recto, vue 0076 page de droite, pour Marie la Sauvagesse, Pierrot, Anne Marye et la rature ; folio 30 recto, vue 0082 page de droite, pour Marye Arouague ; folio 33 verso, vue 0086 page de gauche, pour « Cristosphle Indien age de 25 » ; folio 30 verso, vue 0083 page de gauche, pour « Lionoré Lamiré Brézillenne 42 ans », sa case 205 et les huit personnes qui y figurent ; folio 27 verso, vue 0080 page de gauche, pour Louis le Sauvage torqueur « qui n’a point de caze », sans numéro de case, et pour Charles Bryan case 188 qui porte la même formule ; folio 36 recto, vue 0088 page de droite, pour Nycollas Violet dit Lepicard et « Jeanne Bresillainne sa femme », ménage de deux personnes ; folio 37 verso, vue 0090 page de gauche, pour « Jean Sauuage son beau frère » dans la case 237 du sieur André ; page GHC 64 recto, vue 0053 page de droite, pour « Jasques Sauuage âgé de 35 » et « Gabrielle sa femme, 55 », en tête du quartier de la montagne de Saint-Charles, sous l’intitulé « Au Nom De Dieu Soit — A La Gardeloupe Le Premier De Juillet 1664 » ; contrôlé le 16 août 2026
- Rolle des habitants de la Guadeloupe, 1664 — transcription intégrale, balayage systématique des graphies sauvage, sauvagesse, arouague, indien, bresillain, bresillainne, brezillenne, brezil et labreziliaine, avec les folios ; sept des dix-neuf personnes ne sont relevées que là ; contrôlé le 16 août 2026
Le recensement de la Guadeloupe de 1671 range les personnes amérindiennes dans une colonne de tableau, à côté de celles qui comptent les nègres, négresses, négrillons, négrittes et mulâtres. Sur le fac-similé, l’intitulé de cette colonne n’est pas uniforme : dans une partie du volume il porte trois mots empilés, « Sauuages, Mestis, Capouis », et dans une autre le seul mot « Sauvages ». La transcription de Généalogie et Histoire de la Caraïbe la rend partout par « Sauvages », et le total qu’on en tire est de cinquante-six personnes dans quatorze cases — vingt-six dans une seule, huit dans une autre, six, quatre, deux, deux, puis huit cases à une personne. Les mêmes comptes donnent 1 635 nègres dans 381 cases, 1 496 négresses dans 382, 816 négrillons, 348 négrittes et 55 mulâtres. La case aux vingt-six est celle du sieur de Chasteaudubois, à la Montagne de Bellevue : elle porte un serviteur artisan, quatre serviteurs blancs, vingt-six personnes dans cette colonne, et aucun nègre ni négresse.
À garder en tête : CE TOTAL N’EST PAS UN COMPTE DE PERSONNES AMÉRINDIENNES. Le fac-similé montre que la colonne, dans une partie au moins du volume, est intitulée « Sauuages, Mestis, Capouis » : elle réunit trois catégories, dont deux désignent des personnes de filiation mêlée. La transcription ne rend que le premier mot, et c’est sur elle que le total a été calculé. Ce que « Capouis » désignait n’est pas établi ici. Ailleurs dans le volume la même colonne ne porte que « Sauvages » : la composition varie d’un tableau à l’autre, et rien ne dit laquelle vaut pour chacune des quatorze cases comptées. Le total est donc un plafond pour les personnes amérindiennes, pas leur nombre. Pour le reste : ce sont des effectifs déclarés par case, non des mentions individuelles — le recensement de 1671 ne nomme pas ces personnes, il les compte ; il ne dit ni d’où elles viennent ni leur condition juridique ; et le compte ne se compare pas terme à terme avec le rôle de 1664, qui procède autrement. Enfin sept personnes portent dans la transcription un « Sauvage » ou « Bresilien » à la place du nom de famille, et deux seulement le portent entre parenthèses, marque de catégorie : pour les cinq autres, le mot peut être un patronyme.
- Recensement de la Guadeloupe en 1671 — renseignements nominatifs et renseignements du terrier — partie nominative, cote G1 498 : comptes par catégorie relevés case par case sur la transcription intégrale et totalisés le 16 août 2026 ; case 103 de la Montagne de Bellevue pour Chasteaudubois, case 550 du quartier Saint-Marc pour Levasseur
- Guadeloupe : recensement — Général, Grande-Terre, Saintes, 1671-1715 — vue 0150 pour l’intitulé de colonne « Sauuages / Mestis / Capouis », lu au fac-similé ; vue 0125 pour un tableau où la même colonne ne porte que « Sauvages » ; vues 0110 à 0150 pour la présence de la partie nominative dans le volume ; contrôlé le 16 août 2026