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Esclavage aux Antilles

Source

La vie en Guadeloupe au XVIIe siècle, suivi du Dictionnaire des familles guadeloupéennes de 1635 à 1700

Jean et Denise Goddet-Langlois

Instrument de recherche · 1991

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Notice

Droits : Édition numérique FeniXX sous licence Sofia ; copie et dérivé réservés au travail documentaire interne.

Dans les fiches

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Notion

Qui étaient les Amérindiens de la Guadeloupe au XVIIᵉ siècle ?

Des dizaines de personnes amérindiennes ont vécu et travaillé dans les habitations guadeloupéennes du XVIIᵉ siècle. Les registres de paroisse et les rôles d’imposition en donnent les noms, les âges, les enfants, parfois la maison — et deux femmes y tiennent une case à leur nom.

4 min · 1620–1685 · Guadeloupe et dépendances

Points étayés

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Le premier acte du registre paroissial de Capesterre concernant une personne amérindienne est un baptême d’adulte : le 1er décembre 1640, « une femme sauvagesse appartenant a madame anne » est baptisée en Guadeloupe. Elle a pour parrain un homme que le registre nomme Guillaume d’Orange et pour marraine Elisabeth Naudier. L’acte ne donne ni son nom, ni son âge, ni le lieu de la cérémonie : il la désigne par une catégorie et par la personne à qui il la dit appartenir. Il précise qu’elle a été baptisée « par le même », c’est-à-dire par l’officiant de l’acte précédent, le père Jean de Saint-Paul ; c’est Raymond Breton, missionnaire, qui signe le registre.

À garder en tête : Ce qui est lu n’est pas le registre tenu en 1640 mais la copie établie en 1777 pour le Dépôt des papiers publics des colonies, et la certification du curé qui y figure ne couvre explicitement que les deux extraits de 1639 qui la précèdent. Le registre est celui « des Blancs et Libres » de la paroisse : cette femme y paraît comme baptisée, non comme paroissienne. « Sauvagesse » est le mot de l’acte ; « Sauvage » celui de la mention marginale, écrite pour classer. Rien n’autorise à l’appeler kalinago : l’acte ne dit pas d’où elle vient, et le même registre distingue ailleurs les personnes « de terre ferme ». Un acte de baptême dit que le curé la tient pour appartenant à quelqu’un ; il n’établit pas le régime juridique sous lequel elle était tenue, ni s’il fut durable. Aucune formule ne doit être citée au-delà de ce que l’acte porte.

Le registre paroissial de Capesterre, en Guadeloupe, porte deux ménages formés d’un colon français et d’une femme amérindienne, et il les nomme différemment d’un acte à l’autre. Le premier : le 25 mai 1643 est baptisée une fille du sieur La Rivière dit des Fossés et « d’une Guillibie sauvagesse sa femme », qui n’est pas nommée ; le 28 août 1644, une seconde fille, prénommée Anne, est dite née de Charles La Rivière dit des Fossés et « de Marie Galiby ». Le mot de catégorie est devenu la seconde moitié d’un nom. Le second ménage suit le mouvement inverse : en 1648, le registre baptise « deux enfans jumeaux du legitime mariage de Charles des Champs et Susane Belamée sauvagesse », nommés Charles et Jean ; en 1651 puis en 1652, pour un Charles et une Julienne, la mère est désignée « Susanne Sauvagesse son épouse », sans nom propre. Jean et Denise Goddet-Langlois tiennent le premier couple pour « le premier couple mixte franco-caraïbe en Guadeloupe qui nous soit connu » et le second pour le deuxième, et précisent que « Galiby ou Guillibie est alors synonyme de caraïbe ou sauvagesse ».

À garder en tête : Ce qui est lu est la copie de 1777, non le registre d’origine. L’acte des jumeaux Deschamps NE PORTE AUCUNE DATE : le 11 août 1648 vient de l’instrument de 1991 et non de la pièce, où l’acte suit une entrée du 6 août et clôt la page — la position rend la date plausible, rien de plus. Charles et Jean sont jumeaux, soit une seule naissance et non deux baptêmes séparés. La présence d’un second Charles en 1651 peut signaler la mort du premier et la reprise du prénom, usage courant, ou autre chose : le registre ne tranche pas. Benoît Roux, dans le catalogue Delpuech, compte trois enfants Deschamps « au tournant des années 1650 » là où le registre en porte quatre. Le second élément du nom de Marie Galiby est une catégorie coloniale devenue nom, et cela doit être dit chaque fois qu’il est écrit ; il en va de même, en sens inverse, de la disparition du nom de Suzanne Bellamée. Roux mentionne par ailleurs un Charles La Rivière marié à une autochtone baptisée Marie, envoyé en 1649 négocier l’installation française à la Grenade : le nom, le prénom et la situation concordent, mais rien ne relie les deux mentions, et le récit que Du Tertre donne de cette expédition ne porte pas ce nom dans le passage repéré. L’écart se publie comme écart, jamais comme identité.