XVIIe–XVIIIe siècles — Ce qu’il y a entre une capture et un navire
Dans ce dossier : Identification de « Juda » comme forme française ancienne du nom d’Ouidah et localisation de la ville dans l’actuelle République du Bénin.
Source
Robin Law
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Dans une lettre du 19 octobre 1753, le conseil du fort français de Juda écrit que les fers disponibles sont si mauvais que les personnes captives les cassent facilement et se révoltent. Il présente ces faits comme récurrents et mentionne un nouvel épisode en août 1753. Selon le conseil, cette situation l’empêche d’exécuter l’ordre de la Compagnie de placer dans la « captiverie » du fort les personnes captives détenues par les capitaines français en traite à Juda. Il demande que ces capitaines apportent les chaînes et fers nécessaires et souhaite faire forger d’autres entraves.
La pièce est produite par les agents français chargés de contrôler le fort et les personnes détenues. Elle ne nomme aucune personne captive et ne donne ni leur nombre, ni le jour, ni le lieu précis, ni le déroulement, ni l’issue de l’épisode d’août. L’ordre de la Compagnie et l’impossibilité déclarée de l’exécuter faute d’entraves jugées solides doivent rester distincts d’une pratique établie de dépôt systématique dans la captiverie. Les chaînes demandées et les fers que le conseil souhaite faire forger sont des mesures projetées, non leur mise en œuvre.