Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

Source

Loix et constitutions des colonies françoises de l’Amérique sous le Vent, tome sixième, comprenant les loix et constitutions depuis 1780 jusqu’en 1789 inclusivement

Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry (éd.)

Source imprimée · 1790

Cette page indique où la source est utilisée sur le site et quels points elle permet d’étayer.

Consulter la source

Notice

Droits : Œuvre du domaine public. Exemplaire de la John Carter Brown Library, numérisé à Providence et diffusé par Internet Archive sous licence CC BY 4.0, qui couvre l’adaptation à condition d’indiquer les modifications. Mêmes conditions que les tomes IV et V ; voir docs/discipline-visuelle.md.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Manger la terre, et le nom qu’on donnait à ceux qui le faisaient

Sur les habitations antillaises — les exploitations agricoles coloniales, où les terres, les bâtiments et les personnes tenues en esclavage forment un même bien —, des gens mangeaient de la terre, et ils en mouraient. Les colons ont donné à cette conduite un nom de maladie, le mal d’estomac, puis des instruments pour l’empêcher : un bâillon, un masque de fer. Cette page ne dit pas ce qui les faisait manger la terre — personne ne le tranche, ni alors ni aujourd’hui. Elle dit ce que le nom permettait de faire.

7 min · 1715–1848 · Martinique, Saint-Domingue, +1

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Le 7 mai 1785, le Conseil supérieur du Cap-Français rend un arrêt « touchant des Masques ou Têtes de fer ». Le procureur général du roi, François de Neufchateau, saisi d’une lettre de l’avocat Chaperon datée de Libourne le 26 octobre 1784 et parue dans le Journal général de France et le Journal de Luxembourg, requiert que la Cour prenne acte de la dénonciation de « l’abus qu’on peut faire des masques ou têtes de fer, imaginés dans l’origine pour empêcher les nègres nouveaux de se livrer à l’appétit dépravé qui les porte à manger de la terre », et qu’elle fasse « très-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles soient, d’apporter dans le ressort de la Cour, ou d’y fabriquer, débiter, tenir ou employer, sous aucun prétexte, les masques ou têtes de fer dont il s’agit, sous peine de 3 000 livres d’amende, et de punition exemplaire en cas de récidive ». La Cour ne prononce pas cette interdiction : elle donne acte de la dénonciation et ordonne, « avant faire droit sur les plus amples Conclusions dudit Procureur Général du Roi », la seule visite des magasins des marchands de fer du Cap et des autres villes du ressort, avec saisie et dépôt au greffe de ce qui s’y trouverait. Sous l’arrêt, le recueil imprime le résultat de cette visite : « Il ne s’est point trouvé de Masques ou Têtes de fer. »