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Esclavage aux Antilles

Source

Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789)

Nicole Vanony-Frisch

Étude · 1985

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Droits : Tous droits réservés © Société d’Histoire de la Guadeloupe, 1985 ; PDF diffusé par Érudit et soumis à sa politique d’utilisation. Consultation et citation autorisées ; reproduction des pages, tableaux et graphiques exclue sans autorisation.

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Points étayés

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Le 13 octobre 1783, en Guadeloupe, un inventaire inscrit Rose, créole de trente ans, avec ses sept enfants :…

Point 1 sur 6 · Pratique · 1783-10-13

Le 13 octobre 1783, en Guadeloupe, un inventaire inscrit Rose, créole de trente ans, avec ses sept enfants : Silver, douze ans, l’aîné, que l’acte dit mulâtre ; cinq petites filles créoles, Elize, d’âge inconnu, et quatre autres de sept, cinq, quatre et deux ans ; et Monique, « à la mamelle ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le cas est connu par l’étude de Vanony-Frisch ; l’acte inscrit les enfants à la suite de leur mère et ne nomme pas les pères.

  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789) (cette notice) — p. 69, d’après Dupuch 2/17 du 13 octobre 1783, lue sur l’image

Le 24 février 1785, l’inventaire de la sucrerie de Madame de Vipart, à Trois-Rivières en Guadeloupe, compte…

Point 2 sur 6 · Pratique · 1785-02-24

Le 24 février 1785, l’inventaire de la sucrerie de Madame de Vipart, à Trois-Rivières en Guadeloupe, compte cent personnes asservies, dont dix enfants de huit à neuf ans dits caplaous et ibos, deux désignations d’origine africaine ; le notaire n’indique pas leurs parents, et une seule femme caplaou adulte, de vingt-sept ans, figure sur la liste. Nicole Vanony-Frisch le donne comme le cas le plus notable d’enfants africains de son corpus.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’historienne n’écrit pas que ces enfants sont arrivés sans parents, seulement que la liste n’en indique pas ; pour Jean-Petit-Baptiste, ibo de neuf ans, plusieurs femmes de la même désignation pourraient être sa mère.

  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789) (cette notice) — p. 51, n. 1, d’après Ezemard 2/154, lue sur l’image

Dans son manuel publié à Basse-Terre en 1792, le planteur Poyen de Sainte-Marie décrit ce qu’il dit avoir…

Point 3 sur 6 · Prescription · publication du manuel

Dans son manuel publié à Basse-Terre en 1792, le planteur Poyen de Sainte-Marie décrit ce qu’il dit avoir établi sur ses habitations pour les enfants sevrés : les mères les remettent à deux femmes qui les conduisent le matin chez la ménagère, laquelle leur donne un petit verre de vin contre les vers et leurs trois repas préparés à la cuisine du maître ; les gardiennes les baignent, leur font ôter les chiques des pieds et les promènent, puis les ramènent le soir chez leurs mères, où il veille à ce qu’ils soient couchés sur de bonnes paillasses et non sur la terre, comme il arrivait autrefois à certains. Il dit avoir pris ces mesures parce que ses « négrillons » étaient auparavant « dans l’état le plus déplorable » et qu’il en perdait beaucoup.

Précisions nécessaires à l’interprétation

C’est le programme d’un planteur, qui dit ce qu’il a fait sur ses propres habitations, non la pratique générale de l’île ; Oudin-Bastide tient ce soin pour exceptionnel. Le texte ne nomme ni les gardiennes ni les enfants.

Dans le corpus notarial de Nicole Vanony-Frisch, couvrant 1760–1789 mais dont 98 % des descriptions datent…

Point 4 sur 6 · Mesure · 1760–1789

Dans le corpus notarial de Nicole Vanony-Frisch, couvrant 1760–1789 mais dont 98 % des descriptions datent de 1776–1789, le tableau des origines compte 1 836 personnes dites africaines. Il classe 1 162 personnes sous le terme très large « Nègres de Guinée ». Parmi les désignations plus précises, « Ibo » arrive en tête avec 248 personnes, devant « Congo » avec 87, « Arada » avec 68, « Soso » avec 57, « Caplaou » avec 49 et « Moco » avec 40.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le corpus comprend 213 inventaires d’habitations complétés par d’autres minutes, avec des pertes documentaires et une sous-représentation de la Grande-Terre. Il ne forme ni un recensement de la Guadeloupe ni un échantillon aléatoire. « Guinée » désigne un espace côtier immense et ne peut être réparti entre les régions. Les autres mots sont des catégories historiques consignées par notaires et propriétaires ; ils n’établissent pas automatiquement une naissance ni une identité actuelle. Les 1 836 personnes appartiennent à un corpus distinct des débarquements estimés par SlaveVoyages.

  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789) (cette notice) — p. 18 pour la composition et les bornes du corpus ; p. 32, tableau 4, pour les 1 836 personnes et toutes les désignations ; p. 33 pour les 7 473 origines connues, les 1 162 « Nègres de Guinée », les 674 désignations plus précises et la portée du terme « Guinée »

Vanony-Frisch regroupe dans sa base 1 146 ensembles formés autour d’une mère et relève 123 couples mariés…

Point 5 sur 6 · Mesure · 1776–1789

Vanony-Frisch regroupe dans sa base 1 146 ensembles formés autour d’une mère et relève 123 couples mariés ainsi que sept personnes veuves. Dans les listes, les enfants sont généralement placés après leur mère, dont ils suivent le statut juridique, tandis que les pères sont souvent omis. Les couples mariés sont plus âgés que l’ensemble recensé et concentrés sur quelques grandes sucreries. Ces actes documentent donc à la fois des liens familiaux et la manière dont le droit de propriété les trie.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Un groupe dressé autour d’une mère n’est pas une famille complète, et le silence sur un père ne prouve pas son absence. L’étude emploie parfois « famille matriarcale » : cette conclusion n’est pas reprise. Les inventaires ne consignent pas tous les liens, le mariage exige le consentement du maître et les âges sont estimés.

  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789) (cette notice) — p. 67-76, notamment p. 67-71 pour 1 146 groupes maternels, 123 couples mariés et sept veufs ou veuves ; tableaux 10-14 pour âges, enfants et catégories
  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime : du code noir aux codes numériques — p. 108-109 pour le rangement des listes par groupes familiaux, le nombre d’enfants et les couples ; l’interprétation paternaliste de cet ordre est écartée

Les inventaires montrent des enfants apprendre un métier au sein du régime de propriété.

Point 6 sur 6 · Pratique · 1775-12-07–1786-02-11

Les inventaires montrent des enfants apprendre un métier au sein du régime de propriété. Le 7 décembre 1775, Aymond, neuf ans, est apprenti perruquier et doit être affranchi « à sa maturité ». Le 11 février 1786, Frédéric, douze ans, est apprenti cordonnier ; sa mère, Rosalie, est promise à la liberté.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’étude ne donne pas la suite des deux actes. Une promesse de liberté n’établit pas que l’affranchissement a eu lieu. L’étude montre aussi d’autres apprentissages : ces deux cas ne décrivent pas l’expérience de tous les enfants.

  • Les esclaves de la Guadeloupe à la fin de l’Ancien Régime d’après les sources notariales (1770-1789) (cette notice) — p. 93 pour Aymond (Mimerel, 7 décembre 1775) ; p. 108 pour Frédéric et Rosalie (inventaire Ezemard, 11 février 1786)