Point 1 sur 27 · Mesure · 1769–1773 · Les deux feuilles de la Marie-Séraphique datent le premier achat et, pour l’une d’elles, la dernière ligne…
Les deux feuilles de la Marie-Séraphique datent le premier achat et, pour l’une d’elles, la dernière ligne de la vente : la durée de l’opération se compte donc sur la pièce elle-même — celle du navire, non celle d’une personne. Campagne de 1769-1770 : la traite est « commencée le 25 août », « finie le 16 décembre », le navire quittant la côte le 18 — cent quinze jours entre le premier achat et le départ ; la feuille ne date ni l’arrivée au Cap-Français ni la vente. Campagne de 1772-1773 : la traite est « commencée a Kinamina le 16. juin 1772 », finie « le 14. 9bre », et le bloc de vente court « depuis le 14. jer. au. 13 Fevr. 1773 » — deux cent douze jours du premier achat à l’ouverture de la vente, deux cent quarante-deux jusqu’à sa dernière ligne. La vente se tenant à bord, ces jours-là comptent eux aussi dans l’opération.
À garder en tête : Ces durées sont celles du navire, non d’une personne. Aucune des deux feuilles ne suit un individu : rien n’y dit qui a été acheté le premier jour, ni qui a vécu jusqu’à la vente — sept personnes sont comptées mortes en 1772-1773, neuf en 1769-1770, et le compte des morts ne commence qu’au départ de la côte. Les 0,58 m² par personne de 1769-1770 sont calculés sur le solde de 307 que porte la feuille ; Radburn et Eltis relèvent que l’entassement croît à mesure que le navire se remplit. La feuille de 1770 ne date pas sa vente, de sorte que la durée totale jusqu’à la vente n’est calculable que pour 1772-1773. Le cartouche de 1770 annonce par ailleurs une traite faite « en 3. mois 26. jours » quand ses propres dates en comptent 113 : l’écart est publié sans être concilié. Enfin, la traite de 1772 se fait en deux lieux successifs, Kinamina puis Loango, et la pièce ne dit pas si le navire a mouillé ailleurs entre les deux.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, « Tableau général de la traite du dit navire », lignes de date ; feuille de 1773, « Tableau général de la traite » et bloc « Vente au Cap », ligne d’en-tête du bloc
- Source [3] — § 28, sur les durées passées à bord sur la côte africaine et l’entassement croissant à mesure que le navire se remplit
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises, chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une, chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ et chapitre 5 — Vendues à bord du navire, au Cap-Français.
Point 2 sur 27 · Pratique · 1772–1773 · La feuille dressée pour la campagne de 1772-1773 de la Marie-Séraphique porte, au lieu d’un titre manuscrit,…
La feuille dressée pour la campagne de 1772-1773 de la Marie-Séraphique porte, au lieu d’un titre manuscrit, un cartouche ovale en capitales gravées qui désigne son sujet sans en donner le jour : « Vue du Cap Français / et / du Nre. la Marie Séraphique de Nantes / capitaine Gaugy / le jour de l’ouverture de sa vente / troisième voyage d’Angole / 1772.1773. » — sept lignes que la pièce ne sépare par aucune virgule. Le jour n’y est pas écrit : c’est le bloc de la vente, plus bas sur la feuille, qui le donne. Le bandeau comptable chiffre le troisième voyage d’Angole, et son tableau général date et situe la traite, non la vente : « commencée a Kinamina le 16. juin 1772. a Loangue le 19. aoust, et finie le 14. 9bre » — deux lieux d’achat successifs sur la côte, et quatre mois et vingt-neuf jours. La vente s’ouvre au Cap-Français, à Saint-Domingue. Le tableau des personnes s’y intitule « Produit à la côte » et non « Produit à Loangue » comme sur la feuille de 1770.
À garder en tête : Le « 14. 9bre » se lit 14 novembre 1772 : il date la fin de la traite sur la côte, non l’ouverture de la vente au Cap-Français. Ce sont des comptes dressés par l’armement, et non un registre administratif ; à qui ces feuilles étaient destinées, on l’ignore. Kinamina n’est situé par aucune source du fonds ; la pièce ne dit pas non plus si le navire a mouillé ailleurs entre les deux lieux d’achat. Cette feuille ne porte aucune signature, à la différence de celle de 1770.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1773, bloc « Tableau général de la traite » ; cartouche ovale relevé en propre, sept lignes sans une seule virgule
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises et chapitre 5 — Vendues à bord du navire, au Cap-Français.
Point 3 sur 27 · Interprétation · 1769–1772 · Le lieu que les deux feuilles de la Marie-Séraphique appellent « Loangue » est rapproché ici de la baie de…
Le lieu que les deux feuilles de la Marie-Séraphique appellent « Loangue » est rapproché ici de la baie de Loango, sur la côte d’Afrique centrale, vers 4,7° de latitude sud, sur le rivage que Phyllis Martin nomme la côte de Loango et qu’elle borne au cap Lopez au nord et à l’embouchure du Congo au sud, « about 460 miles » plus loin. Le nom que l’armement nantais donne à cette destination est « Angole ». São Tomé, que la feuille de 1770 nomme comme provenance de trois mille livres de manioc, est une île du golfe de Guinée située au nord-ouest de cette côte, à quelque sept cent quatre-vingt-dix kilomètres de la baie de Loango. Kinamina, que la feuille de 1773 donne comme premier lieu de traite de la campagne de 1772, n’est situé par aucune source du projet.
À garder en tête : Que le « Loangue » des deux feuilles soit la baie que Martin nomme « Loango Bay » n’est pas établi par une pièce : les feuilles écrivent un nom sans coordonnée, Martin place une baie sans citer les feuilles. Le rapprochement s’appuie sur la graphie, sur l’identification par Radburn et Eltis du mouillage de la vue peinte de 1770 au large de Loango, et sur le fait que Martin ne porte aucun autre lieu de ce nom sur toute la côte ; un port voisin de la même côte n’est pas exclu. La position qui en résulte est approximative : la latitude est lue sur une carte imprimée, à une quinzaine de kilomètres près, et la longitude, qui n’est pas de Martin, est prise sur le littoral actuel à cette latitude. Les bornes de la côte de Loango sont celles d’une étude de 1972 sur le commerce extérieur du royaume vili, non une limite d’époque : les feuilles de la Marie-Séraphique n’en portent aucune. Que « Angole » désigne cette côte n’est pas une identification du site : la feuille de 1770 écrit « pour Angole » comme destination et « qui a traité a Loangue » comme lieu, et c’est elle qui rapproche les deux mots. Kinamina n’est porté ni par les feuilles au-delà de son nom, ni par la carte de Martin, qui ne nomme rien d’approchant sur toute la côte.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [5] — chapitre I, « The Vili Kingdom of Loango and its Neighbours », deuxième phrase : « After Cape Lopez, the coastline follows a general south-easterly direction as far as the mouth of the Congo River, about 460 miles away » ; carte 1, « West Central Africa », où l’étiquette « Loango Bay » se lit entre les repères de l’équateur et du 5° S ; la latitude qui en est interpolée et sa marge sont données dans la notice de la carte du dossier, assets/cartes/campagnes-marie-seraphique/README.md
- Source [4] — couches « Land » et « Populated Places » au 1:10 M : littoral à la latitude lue sur Martin, cap Lopez, embouchure du Congo et ville de São Tomé ; les coordonnées retenues, les distances et le contrôle de la borne de Martin sont donnés dans la notice de la carte du dossier, assets/cartes/campagnes-marie-seraphique/README.md
- Source [1] — feuille de 1770, bandeau comptable : « pour Angole », « qui a traité a Loangue, dont la vüe est cy dessous », et soute à pain « contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé » ; feuille de 1773, tableau général de la traite : « commencée a Kinamina le 16. juin 1772. a Loangue le 19. aoust, et finie le 14. 9bre »
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises.
Point 4 sur 27 · Pratique · 1769 · Le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste —…
Le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste — guinées, indiennes, chaffelas et grands coupis, bagutapaux, néganépeaux, grands liménéas, tapsels, grands nicanais, petits nicanais et custas, coupis, boulanges, petits liménéas, fautes, brolles, corots, baguets, draps —, puis l’eau-de-vie, les fusils, les barils de poudre et l’étain. Ses lignes distinguent la traite générale, les coutumes, les courtages et présents, les frais et la consommation du bord. La traite est commencée le 25 août et finie le 16 décembre 1769, et le navire quitte la côte le 18 : entre le premier achat et le départ, il s’écoule près de quatre mois, pendant lesquels le navire achète et finit de se remplir. Combien de temps chaque personne a passé à bord, la feuille ne le dit pas.
À garder en tête : Les noms de tissus sont ceux du commerce de l’époque et désignent des pièces de dimensions convenues, non des étoffes identifiables sans étude spécialisée. La ligne des coutumes correspond aux droits versés aux autorités de la côte ; la pièce ne dit pas à qui. La feuille ne se recoupe pas elle-même sur la durée : son cartouche annonce la traite faite « en 3 mois 26 jours », quand les dates portées par le tableau en font trois mois et vingt et un jours, du 25 août au 16 décembre, et trois mois et vingt-trois jusqu’au départ du 18 décembre. Les deux mentions sont publiées sans être conciliées.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, « Tableau général de la traite du dit navire »
- Source [3] — § 28, sur les durées passées à bord sur la côte africaine et l’entassement croissant à mesure que le navire se remplit
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises.
Point 5 sur 27 · Mesure · 1769–1770 · Le bloc « Produit à Loangue » de la feuille de 1770 compte les captifs de la campagne de 1769-1770 en cinq…
Le bloc « Produit à Loangue » de la feuille de 1770 compte les captifs de la campagne de 1769-1770 en cinq lignes et cinq colonnes — Negres, Negresses, Negrillons, Negrittes, et un total intitulé « Têtes ». La répartition est portée ligne à ligne : 192, 60, 51 et 9 pour les marchandises livrées, soit 312 ; 189, 60, 49 et 9 au « Reste au départ », soit 307 ; 184, 58, 47 et 9 au « Reste jusqu’à ce jour », soit 298. Négrillons et négrittes sont les mots par lesquels ce commerce désigne les enfants : soixante d’entre eux sont livrés contre les marchandises — 51 et 9 —, deux passent au compte privé avec les ports permis, et cinquante-huit restent au compte de l’armement au départ de la côte. Le chiffre de la colonne « Negrittes » est le seul qui ne varie sur aucune ligne. La colonne des totaux n’est remplie que sur les trois lignes de solde. Les deux lignes de déduction — « Port permis à déduire » et « Morts à déduire » — laissent leur case de total au signe de néant. Les cinq ports permis et les neuf morts ne sont donc pas portés par la pièce : ils s’obtiennent en soustrayant ses soldes. Les 307 du cartouche ne sont pas les personnes achetées mais un solde ; les personnes livrées contre les marchandises sont 312.
À garder en tête : Une cellule manque : le chiffre des Negres à la ligne des morts tombe sur une lacune du papier, où ne subsistent que deux traces d’encre illisibles. Il vaut 5 par soustraction dans sa colonne, 189 moins 184. La ligne ne fournit pas de seconde vérification : le 9 qu’on y emploierait n’est pas porté par la feuille, il vient de 307 moins 298, deux totaux qui contiennent déjà 189 et 184. Les deux chemins n’en font qu’un ; la valeur tient, la double confirmation non. Les quatre catégories et l’intitulé de leur total sont ceux de la pièce, et ils sont cités comme tels : la prose du site ne les reprend pas à son compte. La feuille ne donne aucun seuil d’âge ni de taille entre ses colonnes d’adultes et ses colonnes d’enfants ; les répartitions publiées sont donc celles que l’armement déclare, selon des critères qu’il n’explicite pas. Rien ne dit si les neuf morts couvrent la traversée entière : le compte part du départ de la côte, le 18 décembre 1769, et s’arrête à un « ce jour » que la feuille ne date pas. Les ports permis sont les places concédées par l’armateur pour un compte privé ; la pièce ne dit pas à qui.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, bloc « Produit à Loangue », cinq lignes, colonne par colonne
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises, chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ, chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 6 sur 27 · Interprétation · date non établie · Sur le tableau « Produit à Loangue » de la feuille de 1770, les deux lignes qui retranchent des personnes…
Sur le tableau « Produit à Loangue » de la feuille de 1770, les deux lignes qui retranchent des personnes portent leurs composantes et, dans leur case de total, un signe de néant que ces composantes contredisent. « Port Permis à déduire » compte trois hommes et deux garçons ; « Morts à déduire » compte deux femmes et deux garçons, le chiffre des hommes morts tombant sur une lacune du papier. Les totaux — cinq personnes passées à un compte privé, neuf mortes — ne sont écrits nulle part sur la pièce, quand toutes les autres lignes du tableau portent le leur sous l’intitulé « Têtes ». Sur le tableau « Produit à la côte » de la feuille de 1773, les deux mêmes lignes portent leur total : dix « ports-permis suivant les ordres de l’armateur », sept « Morts en traversé et pendant la vente ». La même maison, trois ans plus tard, totalise les deux lignes qu’elle avait laissées sans somme.
À garder en tête : Le rapprochement des deux tableaux est une lecture de ce site. Le total de cinq s’obtient en additionnant sa propre ligne, trois et deux ; celui de neuf ne s’obtient que par la colonne, 307 moins 298, puisque le chiffre des hommes morts est perdu dans la lacune. Ce que la feuille de 1770 voulait ou ne voulait pas totaliser n’est pas établi ; seul l’écart entre les deux pièces l’est. Le chiffre de la colonne « Negrittes » ne varie sur aucune ligne des deux tableaux — neuf, puis vingt et un —, mais de si faibles effectifs ne permettent pas d’interpréter l’absence de toute déduction : elle ne prouve pas que les filles aient été traitées autrement.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, tableau « Produit à Loangue », lignes « Port Permis à déduire » (3, néant, 2, néant, néant) et « Morts à déduire » (lacune, 2, 2, néant, néant) ; feuille de 1773, tableau « Produit à la côte », lignes des ports-permis (9, néant, 1, néant, 10) et des morts (5, 1, 1, néant, 7)
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises et chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 7 sur 27 · Mesure · 1772–1773 · Le bloc « Produit à la côte » de la feuille de 1773 compte les captifs de la campagne de 1772-1773 en cinq…
Le bloc « Produit à la côte » de la feuille de 1773 compte les captifs de la campagne de 1772-1773 en cinq lignes et cinq colonnes — Hommes, Femmes, Negrillons, Negrittes, et un total intitulé « Têtes ». La répartition est portée ligne à ligne : 201, 74, 54 et 21 « pour les Mdises cy contre », soit 350 ; 9, néant, 1 et néant aux « ports-permis suivant les ordres de l’armateur », soit 10 ; 192, 74, 53 et 21 au « Reste pr. cpte. de la cargaisn. », soit 340 ; 5, 1, 1 et néant aux « Morts en traversé et pendant la vente », soit 7 ; 187, 73, 52 et 21 aux « vendus au Cap », soit 333. À la différence de la feuille de 1770, les deux lignes qui retranchent des personnes portent leur total. Et les mots ont changé pour les adultes — Hommes et Femmes au lieu de Negres et Negresses —, quand la colonne des totaux garde « Têtes » sur les deux feuilles.
À garder en tête : Ce sont des comptes dressés par l’armement, et non un registre administratif ; à qui ces feuilles étaient destinées, on l’ignore. Les quatre catégories et l’intitulé de leur total sont ceux de la pièce, et ils sont cités comme tels : la prose du site ne les reprend pas à son compte. Sept morts sur trois cent quarante, c’est ce que la pièce déclare ; son compte ne commence qu’au départ de la côte, où le navire était resté cinq mois à se remplir. Les morts de la traversée et ceux du mois de la vente ne sont pas séparables : la pièce les compte sur une seule ligne. La ligne de solde « Reste pr. cpte. de la cargaisn. » est abrégée sur la pièce et n’y est jamais développée. Trois des vingt-cinq cases portent un signe de néant et non un zéro. La case des Hommes à la ligne des morts est pâle et ne se lit pas avec certitude sur ce tirage : elle vaut 5 par sa colonne, 192 moins 187, comme par sa ligne, 7 moins 1, 1 et néant, où le 7 est inscrit sur la pièce et non déduit. Les deux calculs vérifient la cohérence du même tableau de l’armement ; ils ne sont pas une seconde attestation. À la différence du cas de 1770, ils ne se ramènent pas l’un à l’autre. Les quatre autres lignes se lisent directement, et chacune somme au total porté sur la pièce.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1773, bloc « Produit à la côte » relevé ligne à ligne et colonne par colonne sur le fac-similé publié de ce bloc
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises, chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ, chapitre 5 — Vendues à bord du navire, au Cap-Français, chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 8 sur 27 · Mesure · 1769–1773 · Les deux feuilles de la Marie-Séraphique comptent les enfants dans deux colonnes propres, « Negrillons » et…
Les deux feuilles de la Marie-Séraphique comptent les enfants dans deux colonnes propres, « Negrillons » et « Negrittes », et leur part augmente d’une campagne à l’autre. En 1769-1770, 51 et 9 enfants sont livrés contre les marchandises, soit 60 sur 312 personnes — 19 pour cent. En 1772-1773, ils sont 54 et 21, soit 75 sur 350 — 21 pour cent. La part des filles parmi eux passe de 9 sur 60 à 21 sur 75. Sur les deux feuilles, la colonne « Negrittes » est la seule dont le chiffre ne varie d’aucune ligne : aucune n’est déduite au titre des ports permis et aucune n’est comptée morte. La dernière ligne n’est toutefois pas la même sur les deux pièces : « Reste jusqu’à ce jour » en 1770, un solde arrêté à un jour qu’elle ne date pas, et « Vendus au Cap » en 1773.
À garder en tête : Aucune des deux feuilles ne donne de seuil d’âge ni de taille entre ses colonnes d’adultes et ses colonnes d’enfants : les répartitions publiées sont celles que l’armement déclare, selon des critères qu’il n’explicite pas, et l’écart de deux points entre les deux campagnes peut donc tenir au classement autant qu’aux personnes. Les catégories sont celles de la pièce et sont citées comme telles. L’invariance de la colonne « Negrittes » ne prouve rien : avec 9 puis 21 individus, des effectifs aussi faibles ne permettent pas d’interpréter une case vide, et aucune des deux pièces ne dit qu’on les traitait autrement. Les pourcentages sont calculés ici sur les effectifs livrés contre les marchandises, non sur les soldes.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, bloc « Produit à Loangue », cinq lignes relevées colonne par colonne sur le fac-similé ; feuille de 1773, bloc « Produit à la côte », relevé sur le fac-similé publié de ce bloc
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises et chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 9 sur 27 · Pratique · 1769–1770 · La feuille dressée pour la campagne de 1769-1770 de la Marie-Séraphique ne montre pas seulement un navire :…
La feuille dressée pour la campagne de 1769-1770 de la Marie-Séraphique ne montre pas seulement un navire : elle réunit dans un seul cadre quatre plans, une vue peinte et les comptes de l’expédition. Son cartouche compte dans la même phrase « la quantité de 307. captifs divers, en 3. mois 26. jours » et, « ayant en calle, sur le pont, et dans la / chaloupe 351. bariques d’eau ». Le renvoi aux plans, « suivant les plans cy dessous », ne porte que sur les barriques ; les captifs n’en reçoivent aucun, et le « dont la vüe est cy dessous » qui les précède se rattache à Loangue. Sur les deux plans de la cale, les futailles — dessinées une à une, chacune portant à l’encre rouge son chiffre de contenance — occupent tout l’espace sauf l’arrière, où des compartiments nommés reçoivent la poudre et les vivres : « Soutte à Poudre », « Soutte à Pain, contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé », « Soutte à Pain, contenant 9330 livres », et des soutes à fèves et à ris chiffrées en gamelles — 870, 1210 et 500 —, c’est-à-dire en rations servies. Deux des cinq registres de la feuille portent des corps humains : le plan de l’entre-pont, et la vue peinte, où une bande sombre et serrée court le long du plat-bord sous les deux voiles tendues en tauds — une claire vers l’arrière, une rouge au milieu du navire. Radburn et Eltis situent cette vue « à l’ancre au large de Loango » et y lisent l’entassement des 307 sur le pont : les captifs « apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». Le cartouche nomme l’armateur Gruel, le capitaine Gaugy, la traite faite à Loangue et le départ du 18 décembre 1769. Les inscriptions de la feuille — cartouche, légendes des plans, intitulés et lignes des tableaux — ne nomment aucune des personnes transportées : les seuls noms de personnes qu’elles portent sont ceux de l’armateur, du capitaine et, au bas des comptes, de L’Hermite, et le seul prénom de femme qu’on y lit est celui du navire. Le cartouche se lit ainsi — capitales d’apparat rendues en minuscules accentuées, graphies et points abréviatifs gardés, passages à la ligne marqués d’une barre : « armé par Mr. Gruel », « sous le commandement de Gaugy, qui a traité a Loangue, dont la vüe est cy dessous », « party le 18. decembe 1769. » — le scripteur omet ici le R de decembre, qu’il écrit correctement dans le bandeau —, « ayant en calle, sur le pont, et dans la / chaloupe 351. bariques d’eau suivant les plans cy dessous. » — sans virgule après « chaloupe », où la pièce passe seulement à la ligne —, et « commencée le 25. aoust, et finie le 16. decembre. 1769. » pour la traite. Les dates du grand tableau ne s’accordent pas avec celle du titre. La traite est dite « commencée le 25. aoust, et finie le 16. decembre. 1769. », soit trois mois et vingt et un jours ; du 25 août au départ du 18 décembre, il s’écoule trois mois et vingt-trois jours. Le titre annonce trois mois et vingt-six jours, terme qui tomberait au 21 décembre, trois jours après le départ. La feuille n’explique pas d’où elle tire ce compte.
À garder en tête : Le dessin donne l’arrimage prévu, non un relevé fait pendant la traversée. Le nombre de 351 barriques est celui que la feuille déclare. Le fac-similé publié laisse lire la ligne, comme les 307 personnes : ce sont deux postes du même inventaire, dressé par ceux qui en rendaient compte. Les quatre plans sont orientés poupe en haut : « Le Pont » porte son éperon et son beaupré au bas de la planche, et la pointe fine qui termine les plans de cale par le haut est l’étambot, non l’étrave. Les soutes occupent donc l’arrière de la cale — ce que confirme la coupe de 1773, orientée par la chambre du capitaine, qui y range les mêmes soutes à poudre, à pain, à fèves et à ris, et ce que Radburn et Eltis écrivent de leur côté. La bande ne court pas sur toute la longueur du bord : elle en couvre un peu plus de la moitié. Les tauds se prolongent vers l’arrière au-delà d’elle : le taud clair couvre la lisse bien en arrière du début de la bande. En avant, la lisse est nue, hors trois ou quatre figures isolées et vêtues au gaillard d’avant ; en arrière, sur le gaillard, elle porte des figures colorées et habillées parmi les sombres. Sur la vue peinte, ce que porte le plat-bord ne se résout pas non plus en figures individuelles : agrandie, la bande est faite de touches sombres irrégulières dont certaines se lisent comme des têtes. C’est ce que l’étude décrit elle-même — « une masse dense » —, et c’est l’inverse du plan de l’entre-pont, où la même main dessine les captifs un par un. Aucun geste individuel n’y est donc établissable : des traits fins montent de la masse et pourraient se lire comme un bras levé, mais ils ne se distinguent ni d’un cordage ni d’une touche de pinceau. La feuille rattache sa vue à Loangue, « dont la vüe est cy dessous » ; l’identification précise du mouillage est celle de l’étude.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, cartouche, quatre plans et vue peinte ; soutes, gamelles et plat-bord ; sur le nom de l’armateur, le U porte un signe unique en coin, épais et incliné, et non les deux points nets que la même main trace sur le Ü de « VÜE » à la ligne suivante : le nom est donc transcrit « Gruel », le signe étant relevé sans être identifié
- Source [3] — § 23, lecture de la vue peinte de la feuille de 1770 : le navire y est décrit « à l’ancre au large de Loango » ; « l’encombrement du pont de la Marie-Séraphique, où s’entassaient 307 esclaves » ; « les captifs apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». § 22 pour la lecture inverse du plan de l’entre-pont, « description des esclaves individuels »
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises, chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une, chapitre 3 — Sur le pont, un chaudron pour les captifs et des anneaux de fer et chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 10 sur 27 · Interprétation · date non établie · Les deux feuilles de la Marie-Séraphique rangent les personnes captives dans le même cadre que les vivres et…
Les deux feuilles de la Marie-Séraphique rangent les personnes captives dans le même cadre que les vivres et les marchandises. L’eau se compte en barriques — 351 en 1770 pour la cale, le pont et la chaloupe, 335 en 1773 pour la seule cale —, le pain et le manioc en livres, les fèves et le riz en gamelles, c’est-à-dire en rations servies, de sorte que ces soutes-là se comptent en repas. Les personnes se comptent en quatre colonnes triées par âge et par sexe, additionnées sous un intitulé unique, « Têtes ». Et le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste, l’eau-de-vie, les fusils, la poudre et l’étain venant ensuite.
À garder en tête : Le rapprochement des unités est une lecture de ce site ; chaque unité est lue sur la pièce. Les mots des colonnes sont ceux du commerce de 1770 et de 1773 — « Negres », « Negresses », « Negrillons », « Negrittes », puis « Hommes » et « Femmes » pour les adultes en 1773 — et ce site ne les reprend pas à son compte. Une gamelle est une ration servie ; la feuille ne dit pas ce qu’elle contenait. À partir de quel âge on cesse d’être compté dans l’une ou l’autre colonne d’enfants, elle ne le dit pas davantage.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, cartouche pour les 351 barriques, plans de cale pour les soutes à pain, à fèves et à riz, tableau général de la traite pour l’ordre des postes, tableau « Produit à Loangue » pour les quatre colonnes et l’intitulé « Têtes » ; feuille de 1773, légende de la coupe pour les 335 barriques et tableau « Produit à la côte » pour les colonnes
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises et chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 11 sur 27 · Événement · 1764–1777 · Le navire est lancé à Nantes en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, construit spécialement pour la…
Le navire est lancé à Nantes en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, construit spécialement pour la traite — ce qui n’était pas le cas de la plupart des négriers. Après une première expédition en 1765-1766, il est vendu en juin 1769 à Jacques Gruel, marchand nantais, qui le rebaptise du prénom de sa femme : Marie-Séraphique. Gruel lui fait faire quatre expéditions vers l’Angola, puis le vend en 1776 à un groupe de marchands nantais qui le rebaptisent Sartine et l’envoient une dernière fois à la côte d’Afrique. Six expéditions de traite en tout, au cours desquelles il transporte en moyenne 357 personnes, quand les négriers britanniques du siècle en portent d’ordinaire environ 267 et les français approchent de 325.
À garder en tête : La carrière du navire et l’origine de son nom viennent de l’étude et de la monographie de Bertrand Guillet qu’elle cite, non des deux feuilles, qui ne disent ni l’une ni l’autre. Le prénom de l’épouse de Gruel n’est connu ici que par l’étude. Les moyennes de 267 et 325 personnes sont calculées sur la base de données des expéditions de traite, dont l’étude rappelle qu’elle ne renseigne pas le gréement des négriers français.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [3] — corps du chapitre : « construit à Nantes et destiné spécialement à la traite – ce qui n’était pas le cas de la plupart des navires négriers –, il fut lancé en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt » ; « la Marie-Séraphique transporta en moyenne 357 personnes lors de ses six voyages en Afrique ; au XVIIIe siècle, les bateaux britanniques transportaient d’ordinaire environ 267 captifs et les négriers français approchaient des 325 ». Note 19 pour l’achat de juin 1769 par Jacques Gruel, « un marchand qui rebaptisa le navire en lui donnant le prénom de sa femme, Marie-Séraphique », les quatre expéditions vers l’Angola et la revente de 1776 sous le nom de Sartine
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises, chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 12 sur 27 · Interprétation · 1764–1776 · La Marie-Séraphique a été construite à Nantes pour la traite — « ce qui n’était pas le cas de la plupart des…
La Marie-Séraphique a été construite à Nantes pour la traite — « ce qui n’était pas le cas de la plupart des navires négriers » —, lancée en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, puis achetée en juin 1769 par l’armateur Jacques Gruel, qui la rebaptise du prénom de sa femme. Mesurée en rectangle, elle fait 1 637 pieds carrés pour 67 pieds sur 24 pieds 5 pouces — dimensions dont le produit donne 1 636, l’étude publiant 1 637 : 21 pour cent de moins que le négrier de Liverpool typique de 1782-1807, 38 pour cent de moins que le Brookes. Elle porte deux mâts au lieu de trois, ce qui abaisse les coûts et augmente la vitesse. Sur ses six voyages en Afrique elle transporte 357 personnes en moyenne, quand les navires britanniques en portent d’ordinaire environ 267 et les français approchent de 325. Nicholas Radburn et David Eltis jugent néanmoins qu’elle représente bien les négriers de la seconde moitié du siècle, et qu’elle ressemble davantage au négrier britannique typique que le Brookes lui-même.
À garder en tête : L’étude construit une concession, non une causalité : « la Marie-Séraphique était légèrement plus petite que de nombreux négriers contemporains, sa configuration était étrange, mais elle représentait bien les négriers qui naviguaient dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ». Ses écarts ne sont donc pas le motif de sa représentativité. Et lorsque l’étude ajoute qu’« elle ressemblait également davantage au négrier britannique typique que le Brooks », elle compare deux navires, non deux planches. Les 1 637 pieds carrés sont le rectangle de la coque, longueur par largeur, non une surface de pont relevée. La valeur se donne en pieds carrés, unité de l’édition anglaise, et non en mètres carrés : la traduction française convertit les surfaces en divisant par 3,28, le nombre de pieds dans un mètre, opération qui convient à une longueur et non à une aire, laquelle demande 10,76. Elle publie ainsi 499 m² là où le rectangle vaut 152. Aucune surface de la traduction n’est reprise. Les surfaces ne sont pas relevées sur plan. Pour cette feuille, les auteurs partent des 1 637 pieds carrés donnés pour la surface horizontale des salles, y ajoutent les plateformes du logement des femmes — vingt-trois pieds sur six de chaque côté, soit 276 pieds carrés — et divisent les 1 913 obtenus par 307 personnes, ce qui donne six pieds trois pouces au pouce près, soit 6,25. La constante de seize pour cent tirée du rapport Parrey, exposée dans l’annexe de l’étude, s’applique aux navires des registres de Liverpool, non à celui-ci. Ces grandeurs servent à comparer, non à mesurer un espace constaté. La moyenne de 357 personnes couvre six voyages et masque leur écart.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [3] — § 17 pour les dimensions et les moyennes comparées, § 18 pour la construction et le gréement, note 19 pour le Dannecourt, l’achat par Gruel et la revente de 1776
- Source [2] — p. 533-565, article original anglais : « The ship was 1,637 square feet (67 feet by 24 feet, 5 inches) » ; les surfaces y sont exprimées en pieds carrés
Employé dans : chapitre 1 — Achetées sur la côte pendant des mois, contre des marchandises et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 13 sur 27 · Pratique · 1770 · Le plan de l’entre-pont de la feuille de 1770 dessine les captifs un par un, et non en gabarit répété : ils…
Le plan de l’entre-pont de la feuille de 1770 dessine les captifs un par un, et non en gabarit répété : ils diffèrent de taille, de corpulence et d’attitude. Radburn et Eltis y lisent que les hommes les plus grands occupent les côtés les plus larges du navire, que les adolescents et les enfants sont poussés dans les espaces intermédiaires plus étroits, que des femmes dorment sur des armoires, des étagères et des rebords, certaines portant des perles aux chevilles et des pagnes à carreaux bleus, l’une, en long vêtement, allaitant un nourrisson ; et que le pied du cabestan traverse la zone des hommes en y formant une barrière de bois sur laquelle ils s’appuient. Le plan montre que les rangées ordinaires sont couchées en travers du navire, tête vers le bordé et pieds vers l’axe, et qu’une seule rangée, au pied du cabestan, rompt cette orientation : ses corps sont couchés dans le sens de la longueur, perpendiculaires aux rangées voisines, tête vers la cloison de ballots et bras allongés au-dessus de la tête jusqu’à elle — la posture même que l’étude décrit ailleurs, « le bras gauche déployé au-dessus de leur tête tel un oreiller ». Le plan porte en outre, en avant de la réserve à voiles et cordages, trois enclos bordés du même damier, contenant des figures enveloppées d’étoffe bleue, couchées à part et disposant d’un espace que les rangées voisines n’ont pas. Radburn et Eltis comptent sept personnes enveloppées d’étoffe et les interprètent comme malades ; sur le fac-similé, les trois enclos en portent deux, trois puis deux, soit sept.
À garder en tête : Le dessin donne l’aménagement prévu et l’occupation que le dessinateur a voulu figurer, non un relevé fait un jour donné. Presque tout ce qui précède est la lecture de Radburn et Eltis : la pièce ne légende ni les sexes, ni les âges, ni les états, et l’examen du fac-similé ne confirme que des formes.
Que ces personnes soient malades est une déduction, non une lecture. La note 24 du chapitre renvoie séparément à des témoignages sur les zones fermées réservées aux malades et sur le vêtement donné aux malades ; l’étude, elle, énonce directement la conclusion : ces figures sont « les captives malades que l’équipage essayait de maintenir en quarantaine loin de leurs compagnes de voyage ». Ce qui appartient au site n’est donc pas la lecture, mais le raisonnement qui croise ses deux renvois pour l’étayer, et la réserve qui suit. Ces témoignages ne sont pas au fonds. Une lecture concurrente du vêtement reste ouverte, et la même note la porte : le Journal Book de Smeathman observe des vêtements et des perles chez les femmes et les enfants esclavisés, sans rapport avec la maladie. Le vêtement n’est du reste pas propre à ces enclos : la section arrière du plan montre des pagnes bleutés, une figure enveloppée d’étoffe grise et une femme en vêtement long tenant un nourrisson.
Le sexe de ces personnes n’est pas établi : la traduction française emploie le féminin au fil d’un passage sur le logement des femmes, mais les enclos sont en avant de la réserve à voiles et cordages, du côté que la même étude attribue aux hommes et aux garçons, et c’est la section arrière, non celle-ci, qui porte les plateformes dont l’étude écrit qu’il n’y en a aucune du côté des hommes. Le passage anglais correspondant à cette identification n’a pas été consulté. Sur un plan vu de dessus, un corps tracé en pied est un corps couché, non une figure debout. L’étude ne décrit aucune personne debout dans l’entre-pont. C’est le relevé du fac-similé, deux, trois puis deux figures, qui rattache le total de l’étude aux trois enclos.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, plan de « L’entre-pont » : trois compartiments à bordure en damier contenant des figures enveloppées de bleu, tous en avant de la réserve à voiles et cordages ; le compartiment de la section arrière, qui porte la figure au nourrisson, n’a pas cette bordure et n’en est pas un ; pied de cabestan et rangée de corps couchés dans le sens de la longueur au même relevé. Deux figures dans le premier enclos, trois dans le deuxième, deux dans le troisième, en trapèze
- Source [3] — § 21-22 : « cette description des esclaves individuels à bord de la Marie-Séraphique est plus authentique que l’image schématique du Brooks » ; description des tailles, des rebords, des perles aux chevilles, de la femme qui allaite, du cabestan, et des « sept captives enveloppées de tissu bleu […] à l’intérieur des écoutilles fermées » ; note 24 pour les appuis de la déduction : « pour l’utilisation de zones fermées réservées aux malades, voir S. Lambert (dir.), HCSP, LXIX, p. 35 ; Testimony of Robert Norris, ibid., LXVIII, p. 5 ; Testimony of Archibald Dalzell, ibid., LXIX, p. 121 ; pour l’utilisation de vêtements quand les esclaves étaient malades, voir Testimony of Ecroyde Claxton, ibid., LXXXII, p. 33 » — et, pour le port de vêtements et de perles par les femmes et les enfants esclavisés, le Journal Book de Henry Smeathman, 17 décembre 1771
Employé dans : chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 14 sur 27 · Mesure · 1765–1789 · Calculé par l’étude pour la campagne de 1769-1770, la surface moyenne par captif à bord de la…
Calculé par l’étude pour la campagne de 1769-1770, la surface moyenne par captif à bord de la Marie-Séraphique — la surface de la coque comptée comme un rectangle, augmentée des plateformes, divisée par le solde que porte la feuille — est de 6,25 pieds carrés, soit 0,58 m². Sur les six expéditions de la Marie-Séraphique, cette moyenne va de 6,25 pieds carrés en 1769-1770 et 5,58 en 1772-1773 jusqu’à 4,5 en 1776-1777, son dernier voyage, en passant par 5 en 1765-1766, 6 en 1770-1771 et 5,17 en 1773-1774.
À garder en tête : Les surfaces ne sont pas relevées sur plan. Pour cette feuille, les auteurs ajoutent aux 1 637 pieds carrés de la surface horizontale des salles les 276 pieds carrés des plateformes du logement des femmes, et divisent les 1 913 obtenus par 307 personnes. Le quotient est 6,2313, que l’étude arrondit au pouce et écrit « six pieds trois pouces » : 6,25. Elles servent à comparer, non à mesurer un espace réellement occupé. Les valeurs sont celles de l’édition anglaise de 2019, en pieds carrés, et leur conversion faite ici. Aucune valeur de la traduction française de 2024 n’est reprise : celle-ci convertit les surfaces en divisant par 3,28, le nombre de pieds dans un mètre, opération qui convient à une longueur et non à une aire, laquelle demande 10,76. Les deux campagnes que ces feuilles documentent ne sont pas les deux moins entassées des six : celle de 1770-1771, que le dossier ne suit pas, laissait 6 pieds carrés, moins que 1769-1770 et plus que 1772-1773. L’étude avertit que l’image « ne traduit pas complètement l’entassement des Africains à bord de la Marie-Séraphique parce que les captifs avaient moins d’espace, parfois beaucoup moins, lors de ses cinq autres expéditions ». La traduction française porte par ailleurs une coquille d’unité sur le Veloz — « 61 cm² » pour un espace qui, d’après ses propres chiffres, vaut environ 0,59 m² ; ce chiffre n’est pas repris.
Et un second témoin donne un autre chiffre, qui ne mesure pas la même chose. Bernard Michon écrit que sur un navire de traite « la surface utilisable est conçue pour accueillir quatre individus par mètre carré, entassés, nus, enferrés par deux », soit 0,25 m² par personne. Il ne rapporte pas ce chiffre à ce navire-ci : il en donne la coque à 20,41 m sur 7,45 m, soit 152 m² — le rectangle dont Radburn et Eltis font les 1 637 pieds carrés de la surface des salles — et « entre 302 et 361 captifs » pour les quatre expéditions, ce qui fait 2 à 2,4 individus par mètre carré de coque. Michon parle d’une surface utilisable, au présent de la règle et sans campagne assignée ; l’étude divise un rectangle de coque, augmenté des plateformes, par un effectif inscrit sur la feuille. Les deux chiffres ne portent pas sur la même surface et ne se tranchent pas l’un par l’autre.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [2] — p. 533-565, article dont la traduction de 2024 est faite : il chiffre toutes ses surfaces en pieds carrés et n’en porte aucune en mètres carrés. L’espace par personne de la campagne de 1769-1770 y est donné deux fois sous la forme « 6 feet, 3 inches », soit les 6,25 pieds carrés publiés ici ; la coque du navire y fait 1 637 pieds carrés — « The ship was 1,637 square feet (67 feet by 24 feet, 5 inches) » ; la série des six expéditions est dans la note que la traduction de 2024 numérote 26
- Source [3] — corps du chapitre — attention, les conversions en mètres carrés de cette traduction sont fausses et aucune n’est reprise ici ; les citations qui suivent situent le passage, elles ne fournissent aucune valeur — « les captifs occupent simplement 1,98 m² par personne » ; « les 470 captifs décrits sur le dessin disposaient chacun en moyenne de 2,18 m² » ; « l’espace disponible en moyenne par esclave lors de 251 voyages ayant eu lieu avant 1789 était de 2,44 m² ; lors de seulement 68 de ces voyages (27 %), les captifs étaient moins entassés que ne le montre le Brooks » ; « lors de 114 des 251 voyages (46 %) […] moins de 1,83 m² par personne ». Note 26 pour la série des six expéditions : 1,5 (1765-1766), 1,91 (1769-1770), 1,83 (1770-1771), 1,70 (1772-1773), 1,57 (1773-1774), 1,32 (1776-1777)
Employé dans : chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 15 sur 27 · Interprétation · date non établie · On ignore qui a commandé les deux feuilles de la Marie-Séraphique, à qui elles étaient destinées et quand…
On ignore qui a commandé les deux feuilles de la Marie-Séraphique, à qui elles étaient destinées et quand elles ont été exécutées. Bernard Michon recense quatre motifs possibles — célébrer le bilan des expéditions, rendre hommage à l’épouse de l’armateur Jacques Barthélémy Gruel, prénommée Marie-Anne Séraphique et dont le navire porte le prénom, servir de présent des marins à l’armateur pour saluer la clôture des opérations, ou attirer des investisseurs pour le financement de futurs armements — et conclut « qu’il est impossible de trancher, d’autant que les dates précises de réalisation des dessins ne sont pas connues ». La feuille de 1770 porte au bas de son bandeau comptable la mention « L’hermite Fecit. » ; celle de 1773 ne porte aucune signature.
À garder en tête : Michon donne l’hypothèse commerciale pour « séduisante » sans la retenir, et elle ne dit pas la même chose que « rendre compte à des intéressés existants » : attirer des bailleurs futurs n’est pas solder une campagne devant ceux qui l’ont financée. Que les feuilles contiennent les comptes d’une campagne est lu sur la pièce ; ce qu’on voulait en faire ne l’est pas. Michon est ici seul témoin, dans un article de synthèse de sept pages.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Contexte : représenter la traite des esclaves africains au 18e siècle » : « Quelles peuvent être les motifs d’une telle commande et qui sont les destinataires de ces images » ; les quatre hypothèses et la conclusion « Il est impossible de trancher, d’autant que les dates précises de réalisation des dessins ne sont pas connues » ; « Une autre hypothèse, séduisante pour l’historien, serait de mettre en avant la finalité commerciale de cette démarche : attirer des investisseurs pour participer au financement des armements »
- Source [1] — feuille de 1770, mention « L’hermite Fecit. » au bas du bandeau comptable ; feuille de 1773, bandeau comptable, sans signature
Employé dans : chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une.
Point 16 sur 27 · Interprétation · 1770 · La feuille de 1770 est signée : « L’hermite Fecit.
La feuille de 1770 est signée : « L’hermite Fecit. » se lit au bas de son bandeau comptable, sous le bloc des résultats — deux mots, dont le second porte une capitale. Jean-René L’Hermite était officier de la Marie-Séraphique : selon Radburn et Eltis, il avait fait la campagne de 1769-1770 et celle de 1770-1771, puis servait comme second lieutenant lors de celle de 1772-1773 et comme premier lieutenant en 1773-1774. La feuille est donc signée par un homme que l’étude place à bord pendant la campagne qu’elle représente. À l’inverse, l’étude établit qu’aucun des dessinateurs abolitionnistes de la planche du Brookes — le plan imprimé d’un négrier de Liverpool devenu l’emblème de la campagne abolitionniste anglaise — n’avait vu le navire qu’il représentait.
À garder en tête : L’étude écrit qu’« aucun des deux artistes de la SEAST n’avait vu le bateau, et encore moins ses captifs » : elle parle du Brookes lui-même, non des négriers en général, et n’écrit nulle part que la planche fut « dessinée à terre ». Radburn et Eltis tiennent cette feuille-ci pour anonyme et donnent celle de 1773 pour « signée de Jean-René L’Hermite » : le fac-similé montre l’inverse. Celle de 1770 porte la mention, petite et placée dans les comptes plutôt que sur l’image, et celle de 1773 n’en porte aucune. Leur « peinture de 1893 » et leur « représentation de 2005 » désignent des dates de réapparition, non d’exécution — la première pour la feuille de la vente au Cap, la seconde pour celle-ci. L’étude tient ces campagnes de l’ouvrage de Bertrand Guillet et de la base Slave Voyages ; elle ne dit pas quelle part de la feuille L’Hermite a dessinée d’après ce qu’il avait vu. Un fecit signe l’exécution et n’exclut pas un collaborateur : Bertrand Guillet attribue une seconde main à Jean-Baptiste Fautrel-Gaugy, capitaine du navire, et cette part reste une hypothèse.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, mention « L’hermite Fecit. » au bas du bandeau comptable : deux mots, et le F de Fecit a la même forme que celui de « Fraix & Commissions » deux lignes plus haut, dans le même bloc
- Source [3] — § 18 et note 20 pour les dates de réapparition, les campagnes et les grades de L’Hermite — celles de 1769-1770 et de 1770-1771 au § 18 — et l’hypothèse de Bertrand Guillet sur une seconde main ; § 12 pour les deux artistes de la SEAST qui n’avaient pas vu le navire
Employé dans : chapitre 2 — Couchées pour la plupart corps contre corps, tracées une à une, chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 17 sur 27 · Prescription · date non établie · Les manuels de commerce et les instructions données aux capitaines par les armateurs prescrivent de ne…
Les manuels de commerce et les instructions données aux capitaines par les armateurs prescrivent de ne regrouper les captifs dans l’entrepont que la nuit ou par mauvais temps, et de les faire sortir à l’air libre de neuf à dix-sept heures, entre les deux repas.
À garder en tête : C’est ce que le commerce prescrivait, non ce qui a eu lieu : Michon écrit « en principe » et « normalement », et sa source est ce que recommandaient les manuels et les instructions d’armateurs. Aucune pièce de ce fonds n’établit le régime réel d’une journée à bord d’un navire donné. Cette prescription éclaire en revanche la lecture d’un plan d’entrepont dessiné plein : il montre une disposition, non l’occupation d’une journée entière. Un seul témoin, article de synthèse, qui ne cite aucun manuel en particulier.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « En principe, les captifs ne sont regroupés dans l’entrepont que la nuit ou par mauvais temps […] c’est normalement le cas de 9 à 17 heures, entre les deux repas » ; « selon les recommandations livrées par les manuels de commerce ou les instructions données aux capitaines par les armateurs »
Employé dans : chapitre 3 — Sur le pont, un chaudron pour les captifs et des anneaux de fer.
Point 18 sur 27 · Pratique · 1770 · Le quatrième plan de la feuille de 1770, intitulé « Le Pont », montre que le pont supérieur n’était pas un…
Le quatrième plan de la feuille de 1770, intitulé « Le Pont », montre que le pont supérieur n’était pas un espace vide. On y voit des barriques rangées le long des deux bords, des écoutilles grillagées dont l’une paraît ouverte, des marchandises empilées vers l’arrière ; hors de la muraille, deux plates-formes en encorbellement, une par bord, de même construction — une grille du côté du pont, et vers l’extérieur une bande étroite portant quatre disques cerclés ; elles ne sont pas vis-à-vis. Celle de tribord est en avant, et la file de barriques du même bord s’interrompt en face d’elle, le pont y restant nu ; les barriques reprennent au droit des deux logements à barreaux où des animaux sont dessinés, qui la flanquent l’un vers l’avant et l’autre vers l’arrière. Celle de bâbord est bien plus en arrière, au droit des marchandises empilées, et n’a aucun logement. Une barre continue traverse le navire par son milieu. Deux compartiments voisins y sont légendés à l’encre rouge, chacun avec son récipient dessiné : « Cuisine », où figure une marmite sombre, et « Chaudière à Nègres », où figure un grand chaudron. Radburn et Eltis décrivent sur ce pont des anneaux de fer, placés sur le bord des grilles, qui indiqueraient l’endroit où deux longues « chaînes de pont » se trouvaient le long du pont avant et auxquelles l’équipage pouvait attacher les hommes dès leur montée.
À garder en tête : Le plan donne l’aménagement, non l’usage constaté un jour donné. Les chaînes de pont ne sont pas dessinées et l’étude n’en parle qu’au conditionnel : ce sont les anneaux qui les signalent, et leur emploi est établi par les témoignages du commerce, non par la pièce. L’étude réserve le nom de barricado à la barrière visible sur la feuille de 1773. La barre continue portée en travers du plan de 1770 n’est pas légendée ; ni l’étude ni le site ne lui attribuent une fonction. Les inscriptions « Cuisine » et « Chaudière à Nègres » sont en revanche relevées directement sur la pièce.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, plan « Le Pont » : barriques le long des deux bords, écoutilles grillagées dont une paraît ouverte, deux plates-formes en encorbellement de même construction — grille du côté du navire, bande étroite à quatre disques cerclés vers l’extérieur —, l’une en avant et l’autre en arrière de la barre continue qui coupe le pont en travers ; les deux logements à barreaux où sont dessinés des animaux flanquent la seule plate-forme de tribord ; la file de barriques de tribord court de la barre vers l’avant avec une seule interruption, tout entière en face de cette plate-forme et non des logements, les deux logements ayant des barriques en regard sur toute leur hauteur ; marchandises empilées vers l’arrière ; et les deux compartiments légendés à l’encre rouge « Cuisine » et « Chaudière à Nègres »
- Source [3] — § 23 : « le pont supérieur de la Marie-Séraphique n’était pas une zone vide, comme dans le cas du Brooks : on y stockait en fait des barriques d’eau, de la nourriture, des marchandises destinées au commerce, du bétail en cage et les treuils et poulies » ; anneaux de fer et « chaînes de pont » décrits au conditionnel ; le barricado est reconnu sur la feuille de 1773 et non sur ce plan
Employé dans : chapitre 3 — Sur le pont, un chaudron pour les captifs et des anneaux de fer.
Point 19 sur 27 · Pratique · date non établie · Une cloison de bois en forme d’éventail coupe en deux le pont d’un navire de traite.
Une cloison de bois en forme d’éventail coupe en deux le pont d’un navire de traite. Ouverte par une ou deux portes, elle est percée de meurtrières permettant l’usage d’armes à feu contre d’éventuelles rébellions de captifs, et bordée de lames de fer tranchantes destinées à en empêcher l’escalade. Elle protège le gaillard arrière, décrit comme un réduit défensif.
À garder en tête : Michon décrit cette cloison sur la « Vue du Cap-Français » de la Marie-Séraphique et la donne pour un dispositif de navire de traite ; la description elle-même n’a qu’un témoin. Radburn et Eltis nomment le barricado sur la même feuille de 1773 et ne le reconnaissent pas sur le plan de 1770, dont la barre portée en travers du pont n’est légendée nulle part : les deux ne sont pas établis comme un même objet.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Sur la “Vue du Cap Français”, on aperçoit la palissade en bois en forme d’éventail, coupant le navire de traite en deux. Cette cloison, ouverte par une ou deux portes, est percée de meurtrières permettant l’usage d’armes à feu pour mâter d’éventuelles rébellions de captifs, mais aussi bordée de lames de fer tranchantes interdisant son escalade par les révoltés. Elle protège tout le gaillard arrière, véritable réduit défensif »
- Source [3] — l’étude nomme le barricado sur la feuille de 1773 et prend soin de le distinguer des cloisons de l’entrepont ; elle ne le reconnaît pas sur le plan de 1770
Employé dans : chapitre 3 — Sur le pont, un chaudron pour les captifs et des anneaux de fer.
Point 20 sur 27 · Mesure · date non établie · La traversée de l’Atlantique par un navire de traite dure généralement autour de deux mois au XVIIIe…
La traversée de l’Atlantique par un navire de traite dure généralement autour de deux mois au XVIIIe siècle. Sa durée dépend des conditions météorologiques et de la côte africaine de départ : depuis le Sénégal, trois à quatre semaines ne sont pas exceptionnelles ; depuis la côte d’Angola, il faut compter de quarante à soixante jours.
À garder en tête : Un seul témoin, article de synthèse, qui donne ces durées sans série ni renvoi. Ce sont des ordres de grandeur et non des mesures : la durée d’une traversée particulière ne s’en déduit pas. Elles ne comprennent pas le temps passé à la côte à acheter les personnes que le navire emportera, qui peut excéder la traversée elle-même — sur la Marie-Séraphique, la traite de 1769 a duré près de quatre mois.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Le middle passage dure généralement autour de deux mois, chiffre que l’on retrouve tout au long du 18e siècle […] Depuis le Sénégal, un temps de trois à quatre semaines n’est pas exceptionnel. Depuis la côte d’Angola, comme dans le cas de la Marie-Séraphique qui fait sa traite à Loango, il faut compter de 40 à 60 jours »
Employé dans : chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 21 sur 27 · Pratique · 1773 · La coupe du navire portée par la feuille de 1773 nomme les espaces du bord dans une légende alphabétique.
La coupe du navire portée par la feuille de 1773 nomme les espaces du bord dans une légende alphabétique. Les lieux où l’on enferme les captifs s’appellent des parcs : « Parc aux Femmes » et « Parc aux Hommes », l’un et l’autre « chaffaudés », c’est-à-dire équipés de plateformes superposées. Une « Cuisine à Négres » — accent aigu sur la pièce — y est un poste distinct. La cale reçoit sa lettre au même titre que les parcs, sous la mention « Cale contenante 335. Bqs. d’Eau ». Le navire mesure 78 pieds de tête en tête et 63 pieds de quille. La légende compte quatorze lettres, de A à Q, J, O et P étant sautées, et se lit : « A. Chambre du Capitaine. B. Chambre du Second Capne. C. 16. Cabanes d’Equipges. D. 4. Cabes. d’Equipages » — une accolade réunit C et D et se ferme sur « sous les Gaillards. » —, « E. Cuisine à Négres. F. Parc aux Femmes G. Parc aux Hommes » — une seconde accolade réunit F et G et se ferme sur « Chaffaudés » —, puis « H. Soutte a Voilles &ca. I. Soutte a Poudre. K. Soutte a Pain. L. Soutte a Feves. M. Soutte a Ris. N. Arche-Pompe. Q. Cale contenante 335. Bqs. d’Eau &ca. ». Sur le dessin, F, G et Q sont portées plusieurs fois — F et G deux fois chacune, Q trois fois — et les onze autres lettres une seule. Les 335 barriques d’eau que porte la cale représentent environ 62 500 litres, pour la désaltération, la cuisine et la toilette.
À garder en tête : Parc, chaffaudé et cuisine à nègres sont les mots de la pièce et ne valent que pour ce navire. La légende décrit un aménagement prévu, non l’occupation constatée d’une traversée, et la coupe montre ces espaces vides. Elle appartient en outre à la campagne de 1772-1773 : lisant le plan de 1770, Radburn et Eltis n’y voient de plateformes que du côté des femmes, aucune du côté des hommes, probablement à cause d’un plafond trop bas. Les deux feuilles ne représentent donc pas le même aménagement d’une campagne à l’autre, et les deux séries ne se corrigent pas l’une l’autre. L’équivalence des barriques en litres est donnée par Bernard Michon, seul témoin, sans dire la contenance retenue pour une barrique ; c’est un ordre de grandeur et non une mesure.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1773, « Coupe du navire » et sa légende A à Q ; échelle sous la coque pour les 78 pieds de tête en tête et indication de quille pour les 63 pieds ; légende relevée mot pour mot et répétitions des lettres comptées sur le dessin — F et G portées deux fois, Q trois fois, les onze autres une seule ; la marque en H de l’étrave, sans empattements et plus grande d’un tiers, est un dessin de charpente et non un renvoi
- Source [3] — § 19-20, lecture de l’entre-pont du plan de 1770 : trois compartiments — hommes à l’avant du grand mât, garçons au milieu, femmes à l’arrière — et des plateformes du seul côté des femmes
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Pour la Marie-Séraphique, 335 barriques d’eau sont mentionnées sur la “Coupe du navire”, soit environ 62 500 litres, pour la désaltération, la cuisine et la toilette »
Employé dans : chapitre 4 — Des rations comptées pour la traversée, des morts retranchés après le départ.
Point 22 sur 27 · Interprétation · 1773 · La vue peinte de la feuille de 1773 montre le pont du navire couvert de monde sur toute sa longueur, devant…
La vue peinte de la feuille de 1773 montre le pont du navire couvert de monde sur toute sa longueur, devant Le Cap-Français. Des figures y vont et viennent en habits de couleur, chapeaux et bas clairs ; plusieurs ont le bras tendu, et l’une pose la main sur une tête. D’autres, peintes en sombre et sans vêtement, sont serrées en groupes contre le bordage et au pied des mâts. Le partage entre les figures serrées en groupes et celles qui circulent ne suit pas la couleur de la peau : parmi les figures qui circulent, plusieurs sont peintes aussi sombres que celles qui sont serrées en groupes — une figure au visage et au cou sombres porte une longue robe claire et une coiffe nouée, et tend la main vers une figure nue qui tend la sienne ; une autre, sombre également, porte un habit bleu à revers et un tricorne ; plusieurs figures sombres portent des vêtements longs. Au milieu du bord, un escalier extérieur descend jusqu’à l’eau : une figure y descend, coiffée d’une coiffure sombre et peinte dans le clair des figures vêtues, et un homme en tricorne attend au bas des marches. Le long du bord, une chaloupe dont les rameurs, en chemise et chapeau, se tiennent debout à leurs avirons ; devant elle, une seconde embarcation où cinq figures vêtues sont assises basses — chemises claires, bonnets et chapeau à large bord, une culotte bleue.
À garder en tête : Aucune figure n’est légendée sur la feuille. Que les figures en habits de couleur soient les acheteurs est la lecture la plus vraisemblable d’une scène que son cartouche date du jour de l’ouverture de la vente, mais la pièce ne l’écrit pas. Les figures sombres et vêtues peuvent être des personnes libres de couleur venues à la vente, des personnes asservies au service d’un acheteur ou des membres de l’équipage : ce sont des possibilités, qu’aucune source de ce dossier ne tranche. Ce qui est établi est plus étroit : sur ce pont, la couleur de la peau ne dit pas qui est vendu, et le vêtement ne dit pas qui est libre. Une vue peinte est un regard et non un relevé : elle ne dit pas combien de personnes se tenaient sur le pont, et sa disposition sert la composition autant que le fait. La lecture des figures est celle de ce site, faite sur la pièce.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1773, vue peinte : le pont sur toute sa longueur, l’escalier de coupée, la chaloupe accostée et la seconde embarcation au premier plan ; au centre gauche du pont, la figure en longue robe claire et coiffe, au visage sombre, qui tend la main vers une figure nue ; plus à droite, la figure en habit bleu et tricorne, au visage sombre ; sur les marches de la coupée, la figure descendante, coiffée sombre et peinte dans le clair
Employé dans : chapitre 5 — Vendues à bord du navire, au Cap-Français.
Point 23 sur 27 · Pratique · date non établie · La vente des captifs se déroule à bord du navire, où ils sont vendus par lots.
La vente des captifs se déroule à bord du navire, où ils sont vendus par lots. Michon souligne l’importance des escales dites « de rafraîchissements », qui permettent aux marchands négriers de montrer leurs captifs sous un jour plus présentable pour les vendre aux colons.
À garder en tête : Un seul témoin, article de synthèse. Michon rattache ces escales à la durée aléatoire de la traversée ; il ne dit pas si la Marie-Séraphique en a fait, et ses deux feuilles n’en portent aucune. « Rafraîchissements » est le mot du commerce, non celui de ce site, et il désigne une opération faite pour la vente, non pour les personnes.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « On comprend dès lors l’importance des escales dites de “rafraichissements” permettant aux marchands négriers de montrer leurs captifs sous un jour plus présentable pour les vendre aux colons » ; « Les transactions se déroulent à bord du navire où les captifs sont vendus par lots »
Employé dans : chapitre 5 — Vendues à bord du navire, au Cap-Français.
Point 24 sur 27 · Interprétation · feuille de 1770 · feuille de 1773 · Sur les deux feuilles de la Marie-Séraphique, la colonne qui compte les personnes n’a pas de suite, et elle…
Sur les deux feuilles de la Marie-Séraphique, la colonne qui compte les personnes n’a pas de suite, et elle ne s’arrête pas à la même case : « Reste jusqu’à ce jour » en 1770, un solde arrêté à un jour que la feuille ne date pas ; « Vendus au Cap » en 1773. Celle de l’argent continue au-delà. La vente de 1770 porte 508 150 livres tournois, dont 78 178 seulement au comptant — moins d’un sixième —, le reste venant en treize échéances jusqu’à vingt-quatre mois. Celle de 1773 porte 548 880 livres, dont 251 539 au comptant, le reste inscrit en douze échéances jusqu’à dix-huit mois. Et au moment où la feuille de 1770 arrête ses comptes, il reste 319 397 livres et 11 deniers à recouvrer aux Antilles. Le chiffre que chaque feuille porte pour sa vente est donc un total d’engagements, non une somme reçue.
À garder en tête : Le rapprochement des deux colonnes est une lecture de ce site ; chacun des faits qu’il relie est lu sur la pièce. Les 319 397 livres et 11 deniers sont un solde à recouvrer au moment où la feuille est dressée, non une perte : la pièce ne dit pas s’ils ont été recouvrés. Ce sont les comptes de l’armement, en livres tournois, non un registre administratif, et aucune des pièces extérieures consultées pour ce dossier ne les confirme. Que la colonne des personnes s’arrête n’établit pas une intention : elle enregistre ce que l’armement avait à suivre. La dernière ligne de 1770 est un solde, non le terme d’une vente : rien n’y dit que les personnes qu’elle compte aient déjà été vendues.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, tableau « Produit à Loangue », dernière ligne « Reste jusqu’à ce jour », et bloc « Vente au Cap », quatorze lignes du comptant à vingt-quatre mois ; bloc « Résultat des opérations » pour le solde de 319 397 livres et 11 deniers. Feuille de 1773, tableau « Produit à la côte », dernière ligne « Vendus au Cap », et bandeau de vente du 14 janvier au 13 février 1773, treize lignes.
Employé dans : chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue et note de méthode — Ce qui vient des feuilles, ce qui vient des historiens.
Point 25 sur 27 · Mesure · 1770 · Le bloc « Vente au Cap » de la feuille de 1770 étale le produit de la vente sur quatorze lignes : 78 178…
Le bloc « Vente au Cap » de la feuille de 1770 étale le produit de la vente sur quatorze lignes : 78 178 livres au comptant, puis treize échéances à un, deux, trois, quatre, six, huit, neuf, dix, douze, quatorze, quinze, dix-huit et vingt-quatre mois. La plus forte de toutes est celle de douze mois, 156 954 livres ; la dernière, à vingt-quatre mois, porte encore 51 200. Le total inscrit est de 508 150 livres, et les quatorze lignes y somment exactement. Le bloc voisin, « Résultat des opérations », porte en regard 116 372 livres 14 sols 11 deniers de sucre et de café rapportés à Nantes par le navire et 72 380 livres 4 sols 2 deniers de frais et commissions, soit 188 752 livres 19 sols 1 denier de retours ; déduit de la vente générale, ce total laisse 319 397 livres et 11 deniers à recouvrer. Le bloc des résultats s’ouvre sur trois lignes : « Retour à Nantes par le dit Navire, / savoir, / en Scucre & Caffé. » — le scripteur écrit Scucre pour Sucre, graphie gardée telle quelle. Son intitulé est porté en capitales sans accent, « RESULTAT DES OPERATIONS ».
À garder en tête : Ce sont des comptes dressés par l’armement, en livres tournois, et non un registre administratif ; à qui ces feuilles étaient destinées, on l’ignore. Le « total des retours » additionne des marchandises rapportées et des frais et commissions, deux natures que la pièce ne distingue pas dans son addition. Les 319 397 livres et 11 deniers sont un solde à recouvrer aux Antilles au moment où la feuille est dressée, non une perte : la pièce ne dit pas s’ils l’ont été.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1770, blocs « Vente au Cap » et « Résultat des opérations », quatorze lignes de vente et quatre lignes de résultat relevées sur le fac-similé ; trois lignes d’ouverture du bloc et intitulé « RESULTAT DES OPERATIONS », sans accent
Employé dans : chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue.
Point 26 sur 27 · Pratique · date non établie · Le paiement des captifs vendus par un navire de traite s’effectue soit en marchandises coloniales, soit en…
Le paiement des captifs vendus par un navire de traite s’effectue soit en marchandises coloniales, soit en argent, et s’étale souvent sur plusieurs années. Le calendrier d’échéances que porte une feuille de vente n’est donc pas une particularité de cette vente-là : c’est, selon Michon, une forme fréquente du règlement au Cap-Français.
À garder en tête : Un seul témoin, un article de synthèse de sept pages destiné à un large public, qui donne l’énoncé sans exemple chiffré ni renvoi. Michon l’écrit à propos des ventes au Cap-Français ; rien n’assure qu’il vaille identiquement dans les autres colonies ni sur toute la période. « Souvent » est son mot : l’étalement n’est pas une règle, et la durée ne se déduit d’aucune moyenne.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [6] — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Les transactions se déroulent à bord du navire où les captifs sont vendus par lots. Le paiement des captifs s’effectue, soit en marchandises coloniales, soit en argent, et s’étale souvent sur plusieurs années »
Employé dans : chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue.
Point 27 sur 27 · Mesure · 1773 · Le bloc « Vente au Cap » de la feuille de 1773 étale le produit de la vente sur treize lignes et porte les…
Le bloc « Vente au Cap » de la feuille de 1773 étale le produit de la vente sur treize lignes et porte les dates de son ouverture et de sa clôture : il court « depuis le 14. jer. au. 13 Fevr. 1773 ». Le comptant vaut 251 539 livres, près de la moitié du total, et le reste vient en douze échéances jusqu’à dix-huit mois ; la plus forte des échéances à crédit, 82 632 livres, tombe à douze mois, la suivante étant 46 697 à quinze mois. Le total inscrit est de 548 880 livres, et les treize lignes y somment exactement. Les retours sont portés sur deux lignes qu’une accolade réunit, « en lettres de change » et « sucre, café, et piastres », sans virgule entre elles. Les lettres de change sont des promesses écrites de paiement ; les piastres, des monnaies d’argent employées dans le commerce colonial. Trois ans plus tôt, une vente de somme comparable — 508 150 livres — n’avait porté que 78 178 au comptant, moins d’un sixième, et s’était étalée sur treize échéances jusqu’à vingt-quatre mois : à produit voisin, le calendrier de 1773 est bien plus court, et aucune source consultée n’en donne la raison.
À garder en tête : Ce sont des comptes dressés par l’armement, en livres tournois, et non un registre administratif ; à qui ces feuilles étaient destinées, on l’ignore. Le total inscrit n’est pas une somme reçue mais un total d’engagements, comme celui de 1770. La comparaison des deux rythmes de paiement est un rapprochement fait ici entre deux blocs de deux feuilles ; aucune des deux pièces ne la porte, et aucun des travaux consultés ne l’explique.
Où le vérifier sur la pièce
- Source [1] — feuille de 1773, blocs « Vente au Cap » et « Résultat des opérations », treize lignes de vente et deux lignes de retour réunies par une accolade ; bloc des résultats
Employé dans : chapitre 6 — Quand le compte des captifs s’arrête, celui de l’argent continue.