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Loango puis Saint-Domingue, 1769-1770
307 captifs, 351 barriques d’eau, sur la même feuille
Le titre de la première feuille tient en une phrase, et cette phrase fait deux comptes. Le navire a été « armé par Mr. Grüel » — Jacques Gruel, l’armateur nantais qui avance l’argent —, « pour Angole » — le nom que l’armement donne à sa destination —, « sous le commandement de Gaugy, qui a traité a Loangue, dont la vüe est cy dessous » : Loango, sur la côte d’Afrique centrale, dont l’aquarelle donne en effet la vue plus bas. Il porte « la quantité de 307 captifs divers, en 3 mois 26 jours » — la durée de la traite sur la côte, non celle de la traversée ; il est « party le 18 decembre 1769 », d’où la phrase ne le dit pas, mais la traite venait de s’y clore ; et il a « en calle, sur le pont, et dans la chaloupe 351 bariques d’eau suivant les plans cy dessous ». Une seule phrase, deux inventaires — les personnes et l’eau. Et un seul renvoi aux plans : celui de l’eau.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirLes plans, la vue et les comptes dans un seul cadre
Une seule feuille : quatre plans du navire alignés à la même échelle, une vue peinte au milieu, et sur tout le bas les comptes de la campagne. Le grand titre et les intitulés se lisent encore ; le détail des tableaux, non.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770 · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Sous ce titre viennent quatre plans du navire vus de dessus, alignés à la même échelle. Les deux premiers sont ceux de la cale. Chaque futaille y est dessinée séparément, avec un chiffre à l’encre rouge qu’on lit comme sa contenance ; certaines portent la mention « Eau-de-vie », de sorte que tous ces fûts ne sont pas les barriques d’eau du cartouche. À l’arrière de chacun, des compartiments nommés reçoivent les vivres. Le second plan porte « Soutte à Poudre » et deux soutes à pain — l’une « contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé », le manioc pris à São Tomé, île du golfe de Guinée, pour nourrir ceux qu’on transporte — la mention dit où il a été pris, elle ne place pas l’escale dans le voyage —, l’autre « contenant 9330 livres » —, puis trois soutes chiffrées en gamelles, c’est-à-dire en rations servies : 870 de fèves, 500 de ris — du riz —, et 1210 de fèves encore. Le premier plan porte les siennes, non chiffrées : une soute à pain, deux à fèves, une à ris. L’eau se compte en barriques, le pain en livres, les fèves et le riz en repas servis.
Le troisième plan est le seul endroit de la feuille où les personnes cessent d’être un nombre. Les corps y diffèrent de taille, de corpulence et d’attitude, et le dessinateur les reprend un par un. Presque tous sont couchés en travers du navire, tête vers le bordé et pieds vers l’axe : c’est la largeur de la coque qui mesure leur corps. Une rangée rompt cet ordre à elle seule au milieu du plan : elle traverse d’un bord à l’autre, interrompue en son milieu par le pied du cabestan, et ses corps sont tournés dans le sens de la longueur, épaule contre épaule, tête vers la cloison de ballots, les deux bras allongés au-dessus de la tête jusqu’à cette cloison. Ailleurs, quelques figures isolées sont couchées de même, sans faire rangée. Et vers l’arrière, dans un compartiment à part, une figure en long vêtement tient un nourrisson contre elle. C’est la main qui a numéroté les futailles une à une qui a dessiné tout cela.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirChaque corps tracé à part, comme chaque futaille
Des rangées de corps couchés en travers du navire, chacun dans une posture qui n’est pas celle de son voisin. Entre elles, une bande de ballots empilés, dessinés par la même main et à la même échelle que les corps. Et au milieu, une rangée qui rompt l’orientation de tout le reste : ses corps sont tournés dans l’autre sens, tête contre la bande de ballots, bras allongés au-dessus de la tête, contre les disques du cabestan.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail de l’entre-pont · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Nicholas Radburn et David Eltis ont lu ce plan corps par corps, et leur étude y voit ce que le dessin seul ne dit pas : dans le pied du cabestan, une barrière de bois incommode sur laquelle les hommes sont appuyés ; dans la posture répétée, le bras « déployé au-dessus de leur tête tel un oreiller » ; aux flancs les plus larges du navire, les plus grands, et dans les intervalles plus étroits les adolescents et les enfants ; à l’arrière, des femmes dormant sur des armoires, des étagères et des rebords, certaines portant des perles aux chevilles et des pagnes à carreaux bleus.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirUn compartiment où il reste du sol
Vers l’arrière, une baie dont le plancher se voit encore : une figure y est couchée, vêtue, un nourrisson contre elle ; une autre les bras levés ; deux plus petites contre la bordure. À droite commencent les rangées, où personne n’a d’intervalle.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail de l’entre-pont vers l’arrière · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Cette place se chiffre. L’étude compte 6,25 pieds carrés par personne sur cette feuille — un peu moins de six dixièmes de mètre carré. La planche du Brookes, que la Société pour l’abolition de la traite diffusa à des milliers d’exemplaires en 1789, en montre 7,17 pour ses 470 figures, et, pour les hommes qu’elle dessine, six pieds sur seize pouces — cotes que Clarkson relève, et qui font huit pieds carrés. L’image qui a servi à dénoncer l’entassement laisse donc plus de place que cette feuille-ci. Sur 251 traversées britanniques antérieures à 1789, la médiane est de 6,33 pieds carrés, et sur près de la moitié d’entre elles les captifs en avaient moins de six — ce que le commerce appelait un chargement serré.
Des enclos font exception dans cette masse. Bordés d’un damier, ils contiennent des figures enveloppées d’étoffe bleue, couchées à part, avec autour d’elles un espace que les rangées voisines n’ont pas — ce sont les seules figures vêtues de tout le plan avec celles de la section arrière. L’étude compte sept de ces figures, « à l’intérieur des écoutilles fermées », et les dit malades, tenues en quarantaine ; elle ne dit pas dans combien d’enclos. Le relevé du plan en trouve au moins trois. Nous n’avançons pas de total.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirDans l’enclos, de la place ; autour, aucune
Un enclos bordé d’un damier, des figures enveloppées d’étoffe couchées à l’intérieur avec de l’espace entre elles, et tout autour les rangées où personne n’a d’intervalle.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail de l’entre-pont · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Le quatrième plan montre le pont où on les faisait monter par beau temps, et ce pont n’est pas libre. Des barriques sont rangées le long des deux bords, des marchandises empilées vers l’arrière, et une dizaine d’écoutilles grillagées percent l’axe, dont une est ouverte. Hors de la muraille, deux plates-formes en encorbellement, une par bord, et le dessin les fait pareilles : une grille du côté du pont, et vers l’extérieur une bande étroite portant quatre disques cerclés. Elles ne se font pas face. Celle de tribord est en avant, et la file de barriques s’interrompt en face d’elle : le pont y reste nu, puis les barriques reprennent au droit des deux logements à barreaux qui la flanquent, l’un vers l’avant et l’autre vers l’arrière, où des animaux sont dessinés. Celle de bâbord est bien plus en arrière, au droit des marchandises empilées, et rien ne la flanque. La fenêtre reproduite ci-dessous ne montre que la première. Deux compartiments voisins portent leur nom à l’encre rouge, chacun avec son récipient dessiné : « Cuisine », et « Chaudière à Nègres ». La nourriture des captifs a son foyer à elle, nommé sur le plan, comme leur cuisine aura sa lettre sur la feuille suivante. Une barre continue coupe le pont en travers par son milieu, et rien ne la légende ; sur le bord des grilles courent des anneaux de fer, où l’étude situe deux chaînes de pont qui s’y seraient trouvées, et auxquelles l’équipage pouvait attacher les hommes montés des écoutilles.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirBarriques, grilles, deux cages à bétail, et deux foyers nommés
Les grilles d’écoutille alignées dans l’axe, et le long de leurs bords les anneaux de fer, nombreux et réguliers. De part et d’autre, les barriques rangées contre les deux bords. En haut, deux compartiments nommés à l’encre rouge, pâle et difficile à lire : « Cuisine », et « Chaudière à Nègres ». La barre noire qui coupe le pont en travers n’est légendée nulle part. À gauche, hors de la muraille, une plate-forme en encorbellement — une grille, puis quatre disques cerclés vers l’extérieur — flanquée de deux logements à barreaux où des animaux sont dessinés.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail du plan Le Pont · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Au milieu de la feuille, entre les plans et les comptes, une aquarelle montre le navire à l’ancre devant une côte boisée. La feuille ne nomme pas ce mouillage ; l’étude y reconnaît la côte de Loango : le lieu même de la traite. On prend d’abord cette vue pour une marine.
Image d’époque — un regard, pas un constat
AgrandirCe qu’on prend d’abord pour un motif peint
Sous la toile tendue, au-dessus de la lisse, une bande sombre et serrée dont l’épaisseur n’excède guère la hauteur du bordage. Agrandie, elle ne se résout pas en figures : des touches irrégulières, dont certaines se lisent comme des têtes. Les deux traits obliques sont des cordages.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail de la vue peinte, au milieu du navire · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Cette vue n’est pas une marine. Le long du plat-bord — la pièce de bois qui borde le pont à hauteur de ceinture — court une bande sombre et serrée, sous deux grandes voiles tendues en tauds. Elle couvre un peu plus de la moitié de la coque, moins que les tauds, qui se prolongent vers l’arrière au-delà d’elle. En avant, au gaillard, la lisse porte un bastingage à claire-voie et trois ou quatre petites figures habillées et coiffées, distinctes de la bande. L’étude voit dans cette bande les 307 entassés sur le pont : ils « apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords ». Fortement agrandie, la bande ne se résout pas en figures : ce sont des touches irrégulières dont certaines se lisent comme des têtes, et quelques traits fins qui montent, sans qu’on puisse dire s’ils appartiennent aux corps ou au gréement. C’est là le partage de cette feuille : la même main dessine les corps un par un sous le pont, et les masse en un seul trait au-dessus.
Le bandeau du bas dit ce que la campagne a coûté. Son grand tableau porte les dates : traite « commencée le 25. aoust, et finie le 16. decembre. 1769 », soit trois mois et vingt et un jours ; du premier achat au départ de la côte, le 18 décembre, il s’écoule trois mois et vingt-trois jours. Le titre de la feuille en annonce trois mois et vingt-six, et n’explique pas d’où il les tire. Ce que ces dates établissent, c’est une attente : ceux qui ont été achetés en août sont restés près de quatre mois au compte du navire, le temps qu’il finisse de se remplir ; où ils l’ont attendu, à bord ou à terre, la feuille ne le dit pas. Ce qu’on a donné en échange : dix-sept colonnes de textiles ouvrent le tableau avant tout autre poste — guinées, indiennes, chaffelas et néganépeaux parmi elles —, et l’eau-de-vie, les fusils et les barils de poudre ne viennent qu’après. Une ligne s’intitule « coutumes » : ce sont les droits versés aux autorités de la côte, le prix de l’accès au marché, compté comme le reste.
Ce qu’on a pris, en regard. Le tableau a cinq colonnes : quatre qui trient les personnes selon les mots du commerce — « Negres », « Negresses », « Negrillons », « Negrittes » —, et une cinquième qui les additionne sous le titre « Têtes ». Sur la ligne des 312 livrées, la répartition est de 192, 60, 51 et 9 ; sur celle des 307 restant au départ, de 189, 60, 49 et 9. Les deux derniers mots désignent des enfants : additionnées, leurs deux colonnes font soixante enfants livrés contre les marchandises, dont neuf filles. La feuille ne dit pas à partir de quel âge on cesse d’être compté dans l’une ou l’autre colonne.
Fac-similé — le document lui-même
AgrandirLa colonne des « Têtes », et ses deux néants
Descendre la colonne de droite : 312, néant, 307, néant, 298. Les deux cases marquées d’un néant sont les deux lignes où l’on retranche des personnes. Dans la moitié basse, une bande de support manque et emporte le chiffre des hommes morts.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail du bloc Produit à Loangue · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
Au-dessus de la ligne des 307, la feuille porte les 312 livrées pour les marchandises ; entre les deux, une ligne « Port permis à déduire ». Un port permis est une place concédée par l’armateur pour un compte privé ; la pièce ne dit pas à qui. Ceux qui les occupent sortent du compte de l’armement. Où ils vont, la feuille ne le dit pas. En dessous, une ligne « Morts à déduire », une fois la côte quittée, puis « Reste jusqu’à ce jour », 298. Sur les deux lignes de déduction, la case des « Têtes » porte le signe de néant. Combien de personnes en sortent, la colonne ne le dit pas : il faut le calculer. Cinq places concédées — 312 moins 307, ou 3 et 2 additionnés sur la ligne ; neuf morts — 307 moins 298. Ni l’un ni l’autre de ces totaux n’est écrit sur la feuille. Le nombre porté au titre de la feuille n’est donc pas celui des personnes achetées : c’est un solde, comme on arrête un compte. Et « ce jour » n’est pas daté, de sorte que ces neuf morts ne se rapportent à aucune durée connue.
Ce que la vente a produit enfin : 508 150 livres, dont 78 178 seulement au comptant — moins d’un sixième —, le reste étalé en treize échéances jusqu’à vingt-quatre mois, la plus forte de 156 954 livres tombant à un an. Juste à côté de ce calendrier, un second bloc, celui des résultats, commence par : « Retour à Nantes par le dit Navire, savoir, en Scucre & Caffé » — le scripteur a écrit Scucre —, 116 372 livres. Deux tableaux voisins, l’un pour ce que les personnes rapportent, l’autre pour ce que le navire ramène — et ce sucre et ce café sont le produit du travail de gens mis dans la condition de ceux que le premier chiffre. La feuille les met côte à côte sans les relier. S’y ajoutent 72 380 livres de frais et commissions, que la feuille additionne au sucre sous un même titre, « Total des Retours », 188 752 livres et dix-neuf sols — une marchandise rentrée et une dépense engagée dans la même somme. Déduits de la vente, il reste 319 397 livres à recouvrer. Les personnes, elles, ne sont comptées qu’une dernière fois avant la vente, et la colonne s’arrête là : la feuille chiffre ce qu’elles rapportent et ne les recompte pas.
Fac-similé — le document lui-même
AgrandirLa vente n’est pas une somme, c’est un calendrier
Une ligne par terme de crédit, du comptant à vingt-quatre mois, et le total encadré en bas. Le comptant est la deuxième plus forte ligne de la colonne et ne fait pourtant pas un sixième du total. À droite, le bloc des résultats, où le sucre et le café rapportés à Nantes suivent immédiatement la vente. En bas du cadre, en très petit, la signature du dessinateur.
Jean-René L’Hermite, Plan, profil et distribution du navire La Marie-Séraphique, vers 1770, détail des blocs Vente au Cap et Résultat des opérations · Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes · œuvre du domaine public, fac-similé Wikimedia CommonsSource de cette partie : [1]
La feuille est signée. « L’hermite fecit. » se lit au bas du bandeau comptable, sous le bloc des résultats. La signature dit qui a fait le dessin, non qui était à bord. Que L’Hermite ait fait cette campagne, c’est l’étude qui le rapporte, d’après la carrière d’officier reconstituée par Bertrand Guillet. Celui qui a dessiné l’entre-pont l’avait donc vu, et il a tracé les corps un par un comme il a numéroté les futailles une par une.
Sources de cette partie : [1] · [2]
Voir les preuves précises et leurs limites
Le bloc « Produit à Loangue » de la feuille de 1770 compte les captifs de la campagne de 1769-1770 en cinq lignes et cinq colonnes — Negres, Negresses, Negrillons, Negrittes, et un total intitulé « Têtes ». La répartition est portée ligne à ligne : 192, 60, 51 et 9 pour les marchandises livrées, soit 312 ; 189, 60, 49 et 9 au « Reste au départ », soit 307 ; 184, 58, 47 et 9 au « Reste jusqu’à ce jour », soit 298. Négrillons et négrittes sont les mots par lesquels ce commerce désigne les enfants : soixante d’entre eux sont livrés contre les marchandises — 51 et 9 —, deux passent au compte privé avec les ports permis, et cinquante-huit restent au compte de l’armement au départ de la côte. Le chiffre des négrittes est le seul qui ne varie sur aucune ligne. La colonne des totaux n’est remplie que sur les trois lignes de solde. Les deux lignes de déduction — « Port permis à déduire » et « Morts à déduire » — laissent leur case de total au signe de néant. Les cinq ports permis et les neuf morts ne sont donc pas portés par la pièce : ils s’obtiennent en soustrayant ses soldes. Les 307 du cartouche ne sont pas les personnes achetées mais un solde ; les personnes livrées contre les marchandises sont 312.
- Source [1] — feuille de 1770, bloc « Produit à Loangue », cinq lignes relevées colonne par colonne sur le fac-similé de 12 827 × 17 889 pixels le 15 août 2026
À garder en tête : Une cellule manque : le chiffre des Negres à la ligne des morts tombe sur une lacune du papier, contrôlée au master, où ne subsistent que deux traces d’encre illisibles. Il vaut 5 par soustraction dans sa colonne, 189 moins 184, et il n’a pas été lu. Le contrôle documentaire du 15 août 2026 a écarté la seconde vérification qu’une première rédaction revendiquait — 9 moins 2 moins 2 dans sa ligne : ce 9 n’est pas porté par la feuille, il vient de 307 moins 298, deux totaux qui contiennent déjà 189 et 184. Les deux chemins n’en font qu’un ; la valeur tient, la double confirmation non. Les cinq catégories sont celles de la pièce, et elles sont citées comme telles : la prose du site ne les reprend pas à son compte. La feuille ne donne aucun seuil d’âge ni de taille entre ses colonnes d’adultes et ses colonnes d’enfants ; les répartitions publiées sont donc celles que l’armement déclare, selon des critères qu’il n’explicite pas. Les neuf morts ne mesurent pas la traversée entière : le compte part du départ de la côte, le 18 décembre 1769, et s’arrête à un « ce jour » que la feuille ne date pas. Les ports permis sont les places concédées par l’armateur pour un compte privé ; la pièce ne dit pas à qui.
Le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste — guinées, indiennes, chaffelas, bagutapaux, néganépeaux, grands liménéas, tapsels, nicanais, coupis, boulanges, brolles, corots, baguets, draps —, puis l’eau-de-vie, les fusils, les barils de poudre et l’étain. Ses lignes distinguent la traite générale, les coutumes, les courtages et présents, les frais et la consommation du bord. La traite est commencée le 25 août et finie le 16 décembre 1769, et le navire quitte la côte le 18 : entre le premier achat et le départ, il s’écoule près de quatre mois, que les premières personnes achetées passent à bord pendant que le navire finit de se remplir.
- Source [1] — feuille de 1770, « Tableau général de la traite du dit navire », contrôlé sur le fac-similé le 15 août 2026
- Source [2] — § 28, sur les durées passées à bord sur la côte africaine et l’entassement croissant à mesure que le navire se remplit
À garder en tête : Les noms de tissus sont ceux du commerce de l’époque et désignent des pièces de dimensions convenues, non des étoffes identifiables sans étude spécialisée. La ligne des coutumes correspond aux droits versés aux autorités de la côte ; la pièce ne dit pas à qui. La feuille ne se recoupe pas elle-même sur la durée : son cartouche annonce la traite faite « en 3 mois 26 jours », quand les dates portées par le tableau — du 25 août au 16 décembre — en comptent 21, et 23 jusqu’au départ du 18 décembre. Les deux mentions sont publiées sans être conciliées.
Le plan de l’entre-pont de la feuille de 1770 dessine les captifs un par un, et non en gabarit répété : ils diffèrent de taille, de corpulence et d’attitude. Radburn et Eltis y lisent que les hommes les plus grands occupent les côtés les plus larges du navire, que les adolescents et les enfants sont poussés dans les espaces intermédiaires plus étroits, que des femmes dorment sur des armoires, des étagères et des rebords, certaines portant des perles aux chevilles et des pagnes à carreaux bleus, l’une, en long vêtement, allaitant un nourrisson ; et que le pied du cabestan traverse la zone des hommes en y formant une barrière de bois sur laquelle ils s’appuient. Le relevé au master y montre que les rangées ordinaires sont couchées en travers du navire, tête vers le bordé et pieds vers l’axe, et qu’une seule rangée, au pied du cabestan, rompt cette orientation : ses corps sont couchés dans le sens de la longueur, perpendiculaires aux rangées voisines, tête vers la cloison de ballots et bras allongés au-dessus de la tête jusqu’à elle — la posture même que l’étude décrit ailleurs, « le bras gauche déployé au-dessus de leur tête tel un oreiller ». Le plan porte en outre, en avant de la réserve à voiles et cordages, au moins trois enclos bordés du même damier, contenant chacun deux à quatre figures enveloppées d’étoffe bleue, couchées à part et disposant d’un espace que les rangées voisines n’ont pas. L’étude en compte sept et y voit des captifs malades mis à l’écart.
- Source [1] — feuille de 1770, plan de « L’entre-pont », relevé au master le 16 août 2026 : au moins trois compartiments à bordure en damier contenant des figures enveloppées de bleu, en avant de la réserve à voiles et cordages ; pied de cabestan et rangée de corps couchés dans le sens de la longueur au même relevé. Le total de figures par case, publié un temps, a été retiré : le site n’en avance pas
- Source [2] — § 21-22 : « cette description des esclaves individuels à bord de la Marie-Séraphique est plus authentique que l’image schématique du Brooks » ; description des tailles, des rebords, des perles aux chevilles, de la femme qui allaite, du cabestan, et des « sept captives enveloppées de tissu bleu […] à l’intérieur des écoutilles fermées » ; note 24 pour les appuis de la déduction : « pour l’utilisation de zones fermées réservées aux malades, voir S. Lambert (dir.), HCSP, LXIX, p. 35 ; Testimony of Robert Norris, ibid., LXVIII, p. 5 ; Testimony of Archibald Dalzell, ibid., LXIX, p. 121 ; pour l’utilisation de vêtements quand les esclaves étaient malades, voir Testimony of Ecroyde Claxton, ibid., LXXXII, p. 33 » — et, pour le port de vêtements et de perles par les femmes et les enfants esclavisés, le Journal Book de Henry Smeathman, 17 décembre 1771
À garder en tête : Le dessin donne l’aménagement prévu et l’occupation que le dessinateur a voulu figurer, non un relevé fait un jour donné. Presque tout ce qui précède est la lecture de Radburn et Eltis : la pièce ne légende ni les sexes, ni les âges, ni les états, et le contrôle au master ne confirme que des formes. Sur les enclos, le relevé du 16 août 2026 s’écarte de l’étude et l’écart n’est pas résolu. L’étude compte sept figures dans « les écoutilles fermées » ; le balayage du plan en trouve au moins trois enclos distincts — vers y 5875-6350, y 7380-7960 et y 7930-8380 —, soit davantage de figures. Le site ne publie donc aucun total à lui, et il ne reprend pas celui de l’étude comme un relevé. Que ces personnes soient malades est une déduction, non une lecture. La note 24 du chapitre renvoie séparément à des témoignages sur les zones fermées réservées aux malades et sur le vêtement donné aux malades ; l’étude, elle, énonce directement la conclusion : ces figures sont « les captives malades que l’équipage essayait de maintenir en quarantaine loin de leurs compagnes de voyage ». Ce qui appartient au site n’est donc pas la lecture, mais le raisonnement qui croise ses deux renvois pour l’étayer, et la réserve qui suit. Ces témoignages ne sont pas au fonds. Une lecture concurrente du vêtement reste ouverte, et la même note la porte : le Journal Book de Smeathman observe des vêtements et des perles chez les femmes et les enfants esclavisés, sans rapport avec la maladie. Le vêtement n’est du reste pas propre à ces enclos : la section arrière du plan montre des pagnes bleutés, une figure enveloppée d’étoffe grise et une femme en vêtement long tenant un nourrisson. Le sexe de ces personnes n’est pas établi : la traduction française emploie le féminin au fil d’un passage sur le logement des femmes, mais les enclos sont en avant de la réserve à voiles et cordages, du côté que la même étude attribue aux hommes et aux garçons, et c’est la section arrière, non celle-ci, qui porte les plateformes dont l’étude écrit qu’il n’y en a aucune du côté des hommes. L’original anglais n’a pas été consulté. Une rédaction du 16 août 2026 a décrit cette rangée comme des figures debout, bras levés : sur un plan vu de dessus, un corps tracé en pied est un corps couché, et le contrôle documentaire l’a redressé. L’étude ne décrit aucune personne debout dans l’entre-pont.
Calculé par l’étude pour la campagne de 1769-1770, l’espace dont dispose chaque captif à bord de la Marie-Séraphique est de 6,25 pieds carrés, soit 0,58 m². La planche du Brookes, emblème de l’entassement, en montre 7,17 pour ses 470 figures, soit 0,67 : elle est donc moins entassée que la feuille nantaise. Sur cette même planche, les hommes sont dessinés dans des espaces de six pieds sur seize pouces — cotes que Thomas Clarkson relève, et qui font huit pieds carrés ; la planche est l’œuvre de dessinateurs de la Société pour l’abolition de la traite, qui n’avaient pas vu le navire. Sur 251 traversées antérieures à 1789, l’étude donne une médiane de 6,33 pieds carrés ; sur 27 % seulement de ces traversées les captifs étaient moins entassés que ne le montre le Brookes, et sur 45 % — 114 sur 251 — ils disposaient de moins de 6 pieds carrés, ce que le commerce appelait « tight packing ». Sur les six expéditions de la Marie-Séraphique, l’espace par personne va de 6,25 pieds carrés en 1769-1770 et 5,58 en 1772-1773 jusqu’à 4,5 en 1776-1777, son dernier voyage, en passant par 5 en 1765-1766, 6 en 1770-1771 et 5,17 en 1773-1774.
- Source [2] — corps du chapitre : « les captifs occupent simplement 1,98 m² par personne » ; « les 470 captifs décrits sur le dessin disposaient chacun en moyenne de 2,18 m² » ; « l’espace disponible en moyenne par esclave lors de 251 voyages ayant eu lieu avant 1789 était de 2,44 m² ; lors de seulement 68 de ces voyages (27 %), les captifs étaient moins entassés que ne le montre le Brooks » ; « lors de 114 des 251 voyages (46 %) […] moins de 1,83 m² par personne ». Note 26 pour la série des six expéditions : 1,5 (1765-1766), 1,91 (1769-1770), 1,83 (1770-1771), 1,70 (1772-1773), 1,57 (1773-1774), 1,32 (1776-1777)
À garder en tête : Les surfaces ne sont pas relevées sur plan. Pour cette feuille, les auteurs ajoutent aux 1 637 pieds carrés de la surface horizontale des salles les 276 pieds carrés des plateformes du logement des femmes, et divisent les 1 913 obtenus par 307 personnes. Le quotient est 6,2313, que l’étude arrondit au pouce et écrit « six pieds trois pouces » : 6,25. Elles servent à comparer, non à mesurer un espace réellement occupé. **Les valeurs sont celles de l’édition anglaise de 2019, en pieds carrés, et leur conversion faite ici. Aucune valeur de la traduction française de 2024 n’est reprise** : celle-ci convertit les surfaces en divisant par 3,28, le nombre de pieds dans un mètre, opération qui convient à une longueur et non à une aire, laquelle demande 10,76. Toutes ses surfaces en sont multipliées par un peu plus de trois — 499 m² pour la coque, 2,18 m² par personne sur la planche du Brookes, 1,91 et 1,70 pour les deux campagnes suivies. L’erreur est celle de la traduction, non des auteurs : l’original ne porte aucune surface en mètres carrés. Contrôlé sur le texte publié dans le Journal of Interdisciplinary History, XLIX-4, 2019, p. 533-565, le 16 août 2026. Une conséquence : la distinction que ce dépôt faisait entre 1,98 m² « lu sur le dessin » et 1,91 m² « calculé dans la base des voyages » n’a pas d’objet, l’original portant 6,25 pieds carrés dans les deux cas. Les deux campagnes que ces feuilles documentent ne sont pas les deux moins entassées des six : celle de 1770-1771, que le dossier ne suit pas, laissait 6 pieds carrés, moins que 1769-1770 et plus que 1772-1773. L’étude avertit que l’image « ne traduit pas complètement l’entassement des Africains à bord de la Marie-Séraphique parce que les captifs avaient moins d’espace, parfois beaucoup moins, lors de ses cinq autres expéditions ». La traduction française porte par ailleurs une coquille d’unité sur le Veloz — « 61 cm² » pour un espace qui, d’après ses propres chiffres, vaut environ 0,59 m² ; ce chiffre n’est pas repris.
La feuille dressée pour la campagne de 1769-1770 de la Marie-Séraphique ne montre pas un navire : elle réunit dans un seul cadre quatre plans, une vue peinte et les comptes de l’expédition. Son cartouche compte dans la même phrase « la quantité de 307 captifs divers, en 3 mois 26 jours » et, « ayant en calle, sur le pont, et dans la chaloupe, 351 bariques d’eau », Le renvoi aux plans, « suivant les plans cy dessous », ne porte que sur les barriques ; les captifs n’en reçoivent aucun, et le « dont la vüe est cy dessous » qui les précède se rattache à Loangue. Sur les deux plans de la cale, les futailles — dessinées une à une, chacune portant à l’encre rouge son chiffre de contenance — occupent tout l’espace sauf l’arrière, où des compartiments nommés reçoivent les vivres : « Soutte à Poudre », « Soutte à Pain, contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé », « Soutte à Pain, contenant 9330 livres », et des soutes à fèves et à ris chiffrées en gamelles — 870, 1210 et 500 —, c’est-à-dire en rations servies. Deux des cinq registres de la feuille portent des corps humains : le plan de l’entre-pont, et la vue peinte, où une bande sombre et serrée court le long du plat-bord sous les deux voiles tendues en tauds — une claire vers l’arrière, une rouge au milieu du navire. Radburn et Eltis situent cette vue « à l’ancre au large de Loango » et y lisent l’entassement des 307 sur le pont : les captifs « apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». Le cartouche nomme l’armateur Grüel, le capitaine Gaugy, la traite faite à Loangue et le départ du 18 décembre 1769.
- Source [1] — feuille de 1770, cartouche, quatre plans et vue peinte, contrôlés sur le fac-similé de 12 827 × 17 889 pixels le 15 août 2026 ; soutes, gamelles et plat-bord relus au master le même jour
- Source [2] — § 23, lecture de la vue peinte de la feuille de 1770 : le navire y est décrit « à l’ancre au large de Loango » ; « l’encombrement du pont de la Marie-Séraphique, où s’entassaient 307 esclaves » ; « les captifs apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». § 22 pour la lecture inverse du plan de l’entre-pont, « description des esclaves individuels »
À garder en tête : Le dessin donne l’arrimage prévu, non un relevé fait pendant la traversée. Le nombre de 351 barriques est celui que la feuille déclare — une première rédaction lisait 361, et le contrôle documentaire du 16 août 2026 a rétabli 351 sur le master : le chiffre du milieu a la barre supérieure plate et la panse basse ouverte du 5, quand les 6 de la même main portent une boucle fermée et une hampe courbe. Le fac-similé publié laisse lire la ligne, comme les 307 personnes : ce sont deux postes du même inventaire, dressé par ceux qui en rendaient compte. Les quatre plans sont orientés poupe en haut : « Le Pont » porte son éperon et son beaupré au bas de la planche, et la pointe fine qui termine les plans de cale par le haut est l’étambot, non l’étrave. Les soutes occupent donc l’arrière de la cale — ce que confirme la coupe de 1773, orientée par la chambre du capitaine, qui y range les mêmes soutes à poudre, à pain, à fèves et à ris, et ce que Radburn et Eltis écrivent de leur côté. La bande ne court pas sur toute la longueur du bord : relevée au master, elle va de x ≈ 4150 à x ≈ 6000 sur une coque qui court de x ≈ 3690 à x ≈ 7030, soit un peu plus de la moitié. Les tauds se prolongent vers l’arrière au-delà d’elle : le taud clair couvre la lisse bien en arrière du début de la bande, là où elle porte des figures colorées et habillées parmi les sombres. Une rédaction antérieure disait que les deux emprises coïncidaient ; le relevé au master la dément. En avant, la lisse est nue, hors trois ou quatre figures isolées et vêtues au gaillard d’avant ; en arrière, sur le gaillard, elle porte des figures colorées et habillées parmi les sombres. Une première rédaction écrivait « sur toute la longueur » et « d’un bout à l’autre » : c’était faux. Sur la vue peinte, ce que porte le plat-bord ne se résout pas non plus en figures individuelles : au master, agrandi dix fois, la bande est faite de touches sombres irrégulières dont certaines se lisent comme des têtes. C’est ce que l’étude décrit elle-même — « une masse dense » —, et c’est l’inverse du plan de l’entre-pont, où la même main dessine les captifs un par un. Aucun geste individuel n’y est donc établissable : un bras levé au centre, publié du 15 au 16 août 2026, a été retiré, ces traits fins montant de la masse ne se distinguant pas d’un cordage ni d’une touche de pinceau. L’identification du mouillage est celle de l’étude, non de la feuille, qui ne nomme pas sa côte.
Le quatrième plan de la feuille de 1770, intitulé « Le Pont », montre que le pont supérieur n’était pas un espace vide. On y voit des barriques rangées le long des deux bords, des écoutilles grillagées dont l’une est ouverte, des marchandises empilées vers l’arrière ; hors de la muraille, deux plates-formes en encorbellement, une par bord, de même construction — une grille du côté du pont, et vers l’extérieur une bande étroite portant quatre disques cerclés ; elles ne sont pas vis-à-vis. Celle de tribord est en avant, et la file de barriques du même bord s’interrompt en face d’elle, le pont y restant nu ; les barriques reprennent au droit des deux logements à barreaux où des animaux sont dessinés, qui la flanquent l’un vers l’avant et l’autre vers l’arrière. Celle de bâbord est bien plus en arrière, au droit des marchandises empilées, et n’a aucun logement. Une barre continue traverse le navire par son milieu. Deux compartiments voisins y sont légendés à l’encre rouge, chacun avec son récipient dessiné : « Cuisine », où figure une marmite sombre, et « Chaudière à Nègres », où figure un grand chaudron. Radburn et Eltis décrivent sur ce pont des anneaux de fer, placés sur le bord des grilles, indiquant l’endroit où deux longues « chaînes de pont » se seraient trouvées le long du pont avant, et auxquelles l’équipage pouvait attacher les hommes dès leur montée, les confinant entre les barriques et une barrière de bois appelée barricado. Ils comptent quarante et un hommes d’équipage, qui restaient presque tous de l’autre côté de cette barrière.
- Source [1] — feuille de 1770, plan « Le Pont », relevé au master les 16 août 2026 : barriques le long des deux bords, écoutilles grillagées dont une paraît ouverte, deux plates-formes en encorbellement de même construction — grille inboard, bande étroite à quatre disques cerclés vers l’extérieur —, celle de tribord (à gauche sur la planche, puisque l’avant y est en bas) au master en x 9190-9535 et y 6795-7320, celle de bâbord de y 4053 à 4580, son bord droit passant de x 11762 en y 4200 à x 11808 en y 4500 — le dessin est incliné et une plage unique en x n’y serait pas exacte ; les deux logements à barreaux où sont dessinés des animaux flanquent la seule plate-forme de tribord, y 6336-6790 vers l’arrière et y 7330-7800 vers l’avant, sur la largeur de sa grille ; la file de barriques de tribord, relevée en luminance sur la bande x 9650-9950 — bande choisie hors de la plate-forme, dont le bord intérieur s’arrête à x 9547 —, court de la barre jusqu’à y 8602 avec une seule interruption, tout entière en face de la plate-forme et non des logements : y 6770-7311 en moyenne de bande, y 6807-7247 si l’on prend les bords des futailles les plus proches de la muraille, contre y 6795-7320 pour la plate-forme ; les deux logements ont des barriques en regard sur toute leur hauteur ; la barre continue en travers par le milieu est relevée à y 5497-5531, en sorte que la plate-forme de bâbord est en arrière d’elle et celle de tribord en avant ; marchandises empilées vers l’arrière ; et les deux compartiments légendés à l’encre rouge « Cuisine » et « Chaudière à Nègres », fenêtre 10240,5100–11060,5450 pour ces seules inscriptions
- Source [2] — § 23 : « le pont supérieur de la Marie-Séraphique n’était pas une zone vide, comme dans le cas du Brooks : on y stockait en fait des barriques d’eau, de la nourriture, des marchandises destinées au commerce, du bétail en cage et les treuils et poulies » ; anneaux de fer, « chaînes de pont », barricado, et les quarante et un hommes d’équipage
À garder en tête : Le plan donne l’aménagement, non l’usage constaté un jour donné. Les chaînes de pont ne sont pas dessinées et l’étude n’en parle qu’au conditionnel : ce sont les anneaux qui les signalent, et leur emploi est établi par les témoignages du commerce, non par la pièce. Le nombre de quarante et un hommes d’équipage et leur position viennent de l’étude, non du dessin, et l’étude écrit « presque tous ». **L’identification du barricado sur ce plan n’est pas celle de l’étude** : celle-ci écrit que la barrière « qu’on voit sur l’image de 1893 », c’est-à-dire sur la feuille de 1773, s’appelait le barricado. Que la barre continue portée en travers du plan de 1770 soit ce même dispositif est une inférence du site, plausible — elle sépare la partie arrière, où sont la cuisine et les logements, de la partie avant où sont les barriques et les grilles — mais non établie, et la feuille ne la légende pas. Les inscriptions « Cuisine » et « Chaudière à Nègres » sont en revanche relevées directement sur la pièce.
Le bloc « Vente au Cap » de la feuille de 1770 étale le produit de la vente sur quatorze lignes : 78 178 livres au comptant, puis treize échéances à un, deux, trois, quatre, six, huit, neuf, dix, douze, quatorze, quinze, dix-huit et vingt-quatre mois. La plus forte de toutes est celle de douze mois, 156 954 livres ; la dernière, à vingt-quatre mois, porte encore 51 200. Le total imprimé est de 508 150 livres, et les quatorze lignes y somment exactement. Le bloc voisin, « Résultat des opérations », porte en regard 116 372 livres de sucre et de café rapportés à Nantes par le navire et 72 380 de frais et commissions, soit 188 752 livres de retours ; déduits de la vente générale, il reste 319 397 livres à recouvrer.
- Source [1] — feuille de 1770, blocs « Vente au Cap » et « Résultat des opérations », quatorze échéances et quatre lignes de résultat relevées sur le fac-similé le 15 août 2026
À garder en tête : Ce sont les comptes de l’armement présentés à ses intéressés, en livres tournois, non un registre administratif. Le contrôle de la somme a été refait le 15 août 2026 au soir, après qu’une première lecture eut lu 7 842 au lieu de 7 142 à l’échéance de neuf mois : les quatorze lignes tombent désormais au sou près sur le total que la pièce imprime. Le « total des retours » additionne des marchandises rapportées et des frais et commissions, deux natures que la pièce ne distingue pas dans son addition. Les 319 397 livres sont un solde à recouvrer aux Antilles au moment où la feuille est dressée, non une perte : elle ne dit pas s’ils l’ont été.
La feuille de 1770 est signée : « L’hermite fecit. » se lit au bas de son bandeau comptable, sous le bloc des résultats. Jean-René L’Hermite était officier de la Marie-Séraphique et fit le voyage de 1769-1770 ; il servait comme second lieutenant lors de la campagne de 1772-1773 et comme premier lieutenant en 1773-1774. Les auteurs de cette feuille ont donc vu l’entassement qu’ils dessinent, à la différence des dessinateurs abolitionnistes de la planche du Brookes — le plan imprimé d’un négrier de Liverpool, devenu l’emblème de la campagne abolitionniste anglaise —, dont l’étude établit qu’aucun n’avait vu le navire qu’ils dessinaient.
- Source [1] — feuille de 1770, mention « L’hermite fecit. » au bas du bandeau comptable, contrôlée sur le fac-similé le 15 août 2026
- Source [2] — § 18 et note 20 pour les dates de réapparition, les grades de L’Hermite et l’hypothèse de Bertrand Guillet sur une seconde main ; § 12 pour les deux artistes de la SEAST qui n’avaient pas vu le navire
À garder en tête : L’étude écrit qu’« aucun des deux artistes de la SEAST n’avait vu le bateau, et encore moins ses captifs » : elle parle du Brookes lui-même, non des négriers en général, et n’écrit nulle part que la planche fut « dessinée à terre ». Radburn et Eltis tiennent cette feuille-ci pour anonyme et donnent pour signée celle de 1773 : le contrôle du fac-similé établit l’inverse. Celle de 1770 porte la mention, petite et placée dans les comptes plutôt que sur l’image, et celle de 1773 n’en porte aucune. Leur « peinture de 1893 » et leur « représentation de 2005 » désignent des dates de réapparition, non d’exécution — 1893 pour la feuille de la vente au Cap, 2005 pour celle-ci ; c’est ce qui a d’abord fait porter à la campagne de 1769-1770 un grade qui appartient à celle de 1772-1773. L’étude ne dit pas quel grade L’Hermite tenait en 1769-1770. Un fecit signe l’exécution et n’exclut pas un collaborateur : Bertrand Guillet attribue une seconde main à Jean-Baptiste Fautrel-Gaugy, capitaine du navire, et cette part reste une hypothèse. Les deux hommes ont passé chacun 1 716 jours à bord entre 1769 et 1775.





