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Esclavage aux Antilles

Source

Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique

Nicholas Radburn et David Eltis ; traduit de l’anglais par Marie-Jeanne Rossignol

Étude · 2024

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Droits : Traduction française publiée en accès ouvert par CNRS Éditions sur OpenEdition Books sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 (CC BY-NC-ND 4.0). Citation libre avec attribution ; pas d’usage commercial, pas de modification. L’illustration jointe relève de ses droits propres et n’est pas couverte par cette licence.

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XVIIe–début XIXe siècle — Traverser l’Atlantique à bord d’un navire négrier

La terre reste d’abord visible. Puis elle disparaît, tandis que le navire continue d’avancer jour et nuit. Sous le pont ou sur le pont, souvent entravés, des femmes, des hommes et des enfants cherchent à comprendre la destination que l’équipage leur impose, parlent, transmettent des messages, prennent soin les uns des autres, refusent et agissent.

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Document

Ce que montre vraiment le plan du Brookes

Tout le monde a déjà vu cette planche : des centaines de petites silhouettes noires rangées côte à côte dans une coque. On la regarde comme une photographie de l’entrepont. Elle est autre chose — et ce qu’elle est réellement est plus accablant encore.

5 min · 1715–1789 · Afrique atlantique

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La planche s’intitule « Stowage of the British slave ship Brookes under the Regulated Slave Trade Act of 1788 » : elle représente l’arrangement autorisé par la loi britannique de 1788 à bord d’un navire nommé, le Brookes de Liverpool. Sa note supérieure indique que cette loi permettait au navire de transporter 454 personnes, et qu’avant elle il en avait transporté jusqu’à 609.

À garder en tête : La planche montre une capacité légale calculée, non le chargement observé d’une traversée. Le chiffre de 609 y est rapporté comme un aveu du négociant, non comme un relevé de bord. Elle documente un navire précis : elle ne vaut pas comme coupe universelle du navire négrier. Elle ne porte aucune date d’impression : le millésime de son titre est celui de la loi. Le chiffre de 609 est celui du dernier voyage, non le plus lourd : le navire, armé à Liverpool, avait porté 650 personnes en 1782, 619 en 1784 et 740 en 1785. Les abolitionnistes ont donc argumenté sous le maximum qu’ils auraient pu produire.