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Esclavage aux Antilles

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Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique

Nicholas Radburn et David Eltis ; traduit de l’anglais par Marie-Jeanne Rossignol

Étude · 2024

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Notice

Droits : Traduction française publiée en accès ouvert par CNRS Éditions sur OpenEdition Books sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 (CC BY-NC-ND 4.0). Citation libre avec attribution ; pas d’usage commercial, pas de modification. L’illustration jointe relève de ses droits propres et n’est pas couverte par cette licence.

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Les publications qui citent cette source dans leur bibliographie.

1769–1773 — Tracées, comptées, vendues : les personnes captives sur deux feuilles de la Marie-Séraphique

Dans ce dossier : Situe la Marie-Séraphique parmi les négriers de son temps — dimensions, gréement, charge moyenne —, identifie le mouillage de la vue peinte de 1770 au large de Loango et y lit l’entassement des 307 sur le pont, lit l’entre-pont dessiné sur la même feuille comme une « description des esclaves individuels », établit que les deux dessinateurs de la planche du Brookes n’avaient pas vu le navire, et donne les campagnes de L’Hermite à bord, celles de 1769-1770 et de 1770-1771, puis ses grades de 1772-1773 et de 1773-1774.

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

La feuille dressée pour la campagne de 1769-1770 de la Marie-Séraphique ne montre pas seulement un navire :…

Point 1 sur 11 · Pratique · 1769–1770

La feuille dressée pour la campagne de 1769-1770 de la Marie-Séraphique ne montre pas seulement un navire : elle réunit dans un seul cadre quatre plans, une vue peinte et les comptes de l’expédition. Son cartouche compte dans la même phrase « la quantité de 307. captifs divers, en 3. mois 26. jours » et, « ayant en calle, sur le pont, et dans la / chaloupe 351. bariques d’eau ». Le renvoi aux plans, « suivant les plans cy dessous », ne porte que sur les barriques ; les captifs n’en reçoivent aucun, et le « dont la vüe est cy dessous » qui les précède se rattache à Loangue. Sur les deux plans de la cale, les futailles — dessinées une à une, chacune portant à l’encre rouge son chiffre de contenance — occupent tout l’espace sauf l’arrière, où des compartiments nommés reçoivent la poudre et les vivres : « Soutte à Poudre », « Soutte à Pain, contenant 3000 livres remplis de Magnoc pris à Saint Thomé », « Soutte à Pain, contenant 9330 livres », et des soutes à fèves et à ris chiffrées en gamelles — 870, 1210 et 500 —, c’est-à-dire en rations servies. Deux des cinq registres de la feuille portent des corps humains : le plan de l’entre-pont, et la vue peinte, où une bande sombre et serrée court le long du plat-bord sous les deux voiles tendues en tauds — une claire vers l’arrière, une rouge au milieu du navire. Radburn et Eltis situent cette vue « à l’ancre au large de Loango » et y lisent l’entassement des 307 sur le pont : les captifs « apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». Le cartouche nomme l’armateur Gruel, le capitaine Gaugy, la traite faite à Loangue et le départ du 18 décembre 1769. Les inscriptions de la feuille — cartouche, légendes des plans, intitulés et lignes des tableaux — ne nomment aucune des personnes transportées : les seuls noms de personnes qu’elles portent sont ceux de l’armateur, du capitaine et, au bas des comptes, de L’Hermite, et le seul prénom de femme qu’on y lit est celui du navire. Le cartouche se lit ainsi — capitales d’apparat rendues en minuscules accentuées, graphies et points abréviatifs gardés, passages à la ligne marqués d’une barre : « armé par Mr. Gruel », « sous le commandement de Gaugy, qui a traité a Loangue, dont la vüe est cy dessous », « party le 18. decembe 1769. » — le scripteur omet ici le R de decembre, qu’il écrit correctement dans le bandeau —, « ayant en calle, sur le pont, et dans la / chaloupe 351. bariques d’eau suivant les plans cy dessous. » — sans virgule après « chaloupe », où la pièce passe seulement à la ligne —, et « commencée le 25. aoust, et finie le 16. decembre. 1769. » pour la traite. Les dates du grand tableau ne s’accordent pas avec celle du titre. La traite est dite « commencée le 25. aoust, et finie le 16. decembre. 1769. », soit trois mois et vingt et un jours ; du 25 août au départ du 18 décembre, il s’écoule trois mois et vingt-trois jours. Le titre annonce trois mois et vingt-six jours, terme qui tomberait au 21 décembre, trois jours après le départ. La feuille n’explique pas d’où elle tire ce compte.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le dessin donne l’arrimage prévu, non un relevé fait pendant la traversée. Le nombre de 351 barriques est celui que la feuille déclare. Le fac-similé publié laisse lire la ligne, comme les 307 personnes : ce sont deux postes du même inventaire, dressé par ceux qui en rendaient compte. Les quatre plans sont orientés poupe en haut : « Le Pont » porte son éperon et son beaupré au bas de la planche, et la pointe fine qui termine les plans de cale par le haut est l’étambot, non l’étrave. Les soutes occupent donc l’arrière de la cale — ce que confirme la coupe de 1773, orientée par la chambre du capitaine, qui y range les mêmes soutes à poudre, à pain, à fèves et à ris, et ce que Radburn et Eltis écrivent de leur côté. La bande ne court pas sur toute la longueur du bord : elle en couvre un peu plus de la moitié. Les tauds se prolongent vers l’arrière au-delà d’elle : le taud clair couvre la lisse bien en arrière du début de la bande. En avant, la lisse est nue, hors trois ou quatre figures isolées et vêtues au gaillard d’avant ; en arrière, sur le gaillard, elle porte des figures colorées et habillées parmi les sombres. Sur la vue peinte, ce que porte le plat-bord ne se résout pas non plus en figures individuelles : agrandie, la bande est faite de touches sombres irrégulières dont certaines se lisent comme des têtes. C’est ce que l’étude décrit elle-même — « une masse dense » —, et c’est l’inverse du plan de l’entre-pont, où la même main dessine les captifs un par un. Aucun geste individuel n’y est donc établissable : des traits fins montent de la masse et pourraient se lire comme un bras levé, mais ils ne se distinguent ni d’un cordage ni d’une touche de pinceau. La feuille rattache sa vue à Loangue, « dont la vüe est cy dessous » ; l’identification précise du mouillage est celle de l’étude.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, cartouche, quatre plans et vue peinte ; soutes, gamelles et plat-bord ; sur le nom de l’armateur, le U porte un signe unique en coin, épais et incliné, et non les deux points nets que la même main trace sur le Ü de « VÜE » à la ligne suivante : le nom est donc transcrit « Gruel », le signe étant relevé sans être identifié
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 23, lecture de la vue peinte de la feuille de 1770 : le navire y est décrit « à l’ancre au large de Loango » ; « l’encombrement du pont de la Marie-Séraphique, où s’entassaient 307 esclaves » ; « les captifs apparaissent sur l’image sous la forme d’une masse dense […] leurs têtes dépassant à peine des plats-bords et protégées du soleil par deux larges voiles ». § 22 pour la lecture inverse du plan de l’entre-pont, « description des esclaves individuels »

La feuille de 1770 est signée : « L’hermite Fecit.

Point 2 sur 11 · Interprétation · 1770

La feuille de 1770 est signée : « L’hermite Fecit. » se lit au bas de son bandeau comptable, sous le bloc des résultats — deux mots, dont le second porte une capitale. Jean-René L’Hermite était officier de la Marie-Séraphique : selon Radburn et Eltis, il avait fait la campagne de 1769-1770 et celle de 1770-1771, puis servait comme second lieutenant lors de celle de 1772-1773 et comme premier lieutenant en 1773-1774. La feuille est donc signée par un homme que l’étude place à bord pendant la campagne qu’elle représente. À l’inverse, l’étude établit qu’aucun des dessinateurs abolitionnistes de la planche du Brookes — le plan imprimé d’un négrier de Liverpool devenu l’emblème de la campagne abolitionniste anglaise — n’avait vu le navire qu’il représentait.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’étude écrit qu’« aucun des deux artistes de la SEAST n’avait vu le bateau, et encore moins ses captifs » : elle parle du Brookes lui-même, non des négriers en général, et n’écrit nulle part que la planche fut « dessinée à terre ». Radburn et Eltis tiennent cette feuille-ci pour anonyme et donnent celle de 1773 pour « signée de Jean-René L’Hermite » : le fac-similé montre l’inverse. Celle de 1770 porte la mention, petite et placée dans les comptes plutôt que sur l’image, et celle de 1773 n’en porte aucune. Leur « peinture de 1893 » et leur « représentation de 2005 » désignent des dates de réapparition, non d’exécution — la première pour la feuille de la vente au Cap, la seconde pour celle-ci. L’étude tient ces campagnes de l’ouvrage de Bertrand Guillet et de la base Slave Voyages ; elle ne dit pas quelle part de la feuille L’Hermite a dessinée d’après ce qu’il avait vu. Un fecit signe l’exécution et n’exclut pas un collaborateur : Bertrand Guillet attribue une seconde main à Jean-Baptiste Fautrel-Gaugy, capitaine du navire, et cette part reste une hypothèse.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, mention « L’hermite Fecit. » au bas du bandeau comptable : deux mots, et le F de Fecit a la même forme que celui de « Fraix & Commissions » deux lignes plus haut, dans le même bloc
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 18 et note 20 pour les dates de réapparition, les campagnes et les grades de L’Hermite — celles de 1769-1770 et de 1770-1771 au § 18 — et l’hypothèse de Bertrand Guillet sur une seconde main ; § 12 pour les deux artistes de la SEAST qui n’avaient pas vu le navire

La coupe du navire portée par la feuille de 1773 nomme les espaces du bord dans une légende alphabétique.

Point 3 sur 11 · Pratique · 1773

La coupe du navire portée par la feuille de 1773 nomme les espaces du bord dans une légende alphabétique. Les lieux où l’on enferme les captifs s’appellent des parcs : « Parc aux Femmes » et « Parc aux Hommes », l’un et l’autre « chaffaudés », c’est-à-dire équipés de plateformes superposées. Une « Cuisine à Négres » — accent aigu sur la pièce — y est un poste distinct. La cale reçoit sa lettre au même titre que les parcs, sous la mention « Cale contenante 335. Bqs. d’Eau ». Le navire mesure 78 pieds de tête en tête et 63 pieds de quille. La légende compte quatorze lettres, de A à Q, J, O et P étant sautées, et se lit : « A. Chambre du Capitaine. B. Chambre du Second Capne. C. 16. Cabanes d’Equipges. D. 4. Cabes. d’Equipages » — une accolade réunit C et D et se ferme sur « sous les Gaillards. » —, « E. Cuisine à Négres. F. Parc aux Femmes G. Parc aux Hommes » — une seconde accolade réunit F et G et se ferme sur « Chaffaudés » —, puis « H. Soutte a Voilles &ca. I. Soutte a Poudre. K. Soutte a Pain. L. Soutte a Feves. M. Soutte a Ris. N. Arche-Pompe. Q. Cale contenante 335. Bqs. d’Eau &ca. ». Sur le dessin, F, G et Q sont portées plusieurs fois — F et G deux fois chacune, Q trois fois — et les onze autres lettres une seule. Les 335 barriques d’eau que porte la cale représentent environ 62 500 litres, pour la désaltération, la cuisine et la toilette.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Parc, chaffaudé et cuisine à nègres sont les mots de la pièce et ne valent que pour ce navire. La légende décrit un aménagement prévu, non l’occupation constatée d’une traversée, et la coupe montre ces espaces vides. Elle appartient en outre à la campagne de 1772-1773 : lisant le plan de 1770, Radburn et Eltis n’y voient de plateformes que du côté des femmes, aucune du côté des hommes, probablement à cause d’un plafond trop bas. Les deux feuilles ne représentent donc pas le même aménagement d’une campagne à l’autre, et les deux séries ne se corrigent pas l’une l’autre. L’équivalence des barriques en litres est donnée par Bernard Michon, seul témoin, sans dire la contenance retenue pour une barrique ; c’est un ordre de grandeur et non une mesure.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1773, « Coupe du navire » et sa légende A à Q ; échelle sous la coque pour les 78 pieds de tête en tête et indication de quille pour les 63 pieds ; légende relevée mot pour mot et répétitions des lettres comptées sur le dessin — F et G portées deux fois, Q trois fois, les onze autres une seule ; la marque en H de l’étrave, sans empattements et plus grande d’un tiers, est un dessin de charpente et non un renvoi
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 19-20, lecture de l’entre-pont du plan de 1770 : trois compartiments — hommes à l’avant du grand mât, garçons au milieu, femmes à l’arrière — et des plateformes du seul côté des femmes
  • La Marie-Séraphique, navire de traite nantais au XVIIIe siècle — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Pour la Marie-Séraphique, 335 barriques d’eau sont mentionnées sur la “Coupe du navire”, soit environ 62 500 litres, pour la désaltération, la cuisine et la toilette »

La Marie-Séraphique a été construite à Nantes pour la traite — « ce qui n’était pas le cas de la plupart des…

Point 4 sur 11 · Interprétation · 1764–1776

La Marie-Séraphique a été construite à Nantes pour la traite — « ce qui n’était pas le cas de la plupart des navires négriers » —, lancée en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, puis achetée en juin 1769 par l’armateur Jacques Gruel, qui la rebaptise du prénom de sa femme. Mesurée en rectangle, elle fait 1 637 pieds carrés pour 67 pieds sur 24 pieds 5 pouces — dimensions dont le produit donne 1 636, l’étude publiant 1 637 : 21 pour cent de moins que le négrier de Liverpool typique de 1782-1807, 38 pour cent de moins que le Brookes. Elle porte deux mâts au lieu de trois, ce qui abaisse les coûts et augmente la vitesse. Sur ses six voyages en Afrique elle transporte 357 personnes en moyenne, quand les navires britanniques en portent d’ordinaire environ 267 et les français approchent de 325. Nicholas Radburn et David Eltis jugent néanmoins qu’elle représente bien les négriers de la seconde moitié du siècle, et qu’elle ressemble davantage au négrier britannique typique que le Brookes lui-même.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’étude construit une concession, non une causalité : « la Marie-Séraphique était légèrement plus petite que de nombreux négriers contemporains, sa configuration était étrange, mais elle représentait bien les négriers qui naviguaient dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ». Ses écarts ne sont donc pas le motif de sa représentativité. Et lorsque l’étude ajoute qu’« elle ressemblait également davantage au négrier britannique typique que le Brooks », elle compare deux navires, non deux planches. Les 1 637 pieds carrés sont le rectangle de la coque, longueur par largeur, non une surface de pont relevée. La valeur se donne en pieds carrés, unité de l’édition anglaise, et non en mètres carrés : la traduction française convertit les surfaces en divisant par 3,28, le nombre de pieds dans un mètre, opération qui convient à une longueur et non à une aire, laquelle demande 10,76. Elle publie ainsi 499 m² là où le rectangle vaut 152. Aucune surface de la traduction n’est reprise. Les surfaces ne sont pas relevées sur plan. Pour cette feuille, les auteurs partent des 1 637 pieds carrés donnés pour la surface horizontale des salles, y ajoutent les plateformes du logement des femmes — vingt-trois pieds sur six de chaque côté, soit 276 pieds carrés — et divisent les 1 913 obtenus par 307 personnes, ce qui donne six pieds trois pouces au pouce près, soit 6,25. La constante de seize pour cent tirée du rapport Parrey, exposée dans l’annexe de l’étude, s’applique aux navires des registres de Liverpool, non à celui-ci. Ces grandeurs servent à comparer, non à mesurer un espace constaté. La moyenne de 357 personnes couvre six voyages et masque leur écart.

  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 17 pour les dimensions et les moyennes comparées, § 18 pour la construction et le gréement, note 19 pour le Dannecourt, l’achat par Gruel et la revente de 1776
  • Visualizing the Middle Passage: The Brooks and the Reality of Ship Crowding in the Transatlantic Slave Trade — p. 533-565, article original anglais : « The ship was 1,637 square feet (67 feet by 24 feet, 5 inches) » ; les surfaces y sont exprimées en pieds carrés

Le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste —…

Point 5 sur 11 · Pratique · 1769

Le tableau général de la traite de 1769 range dix-sept colonnes de textiles avant tout autre poste — guinées, indiennes, chaffelas et grands coupis, bagutapaux, néganépeaux, grands liménéas, tapsels, grands nicanais, petits nicanais et custas, coupis, boulanges, petits liménéas, fautes, brolles, corots, baguets, draps —, puis l’eau-de-vie, les fusils, les barils de poudre et l’étain. Ses lignes distinguent la traite générale, les coutumes, les courtages et présents, les frais et la consommation du bord. La traite est commencée le 25 août et finie le 16 décembre 1769, et le navire quitte la côte le 18 : entre le premier achat et le départ, il s’écoule près de quatre mois, pendant lesquels le navire achète et finit de se remplir. Combien de temps chaque personne a passé à bord, la feuille ne le dit pas.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les noms de tissus sont ceux du commerce de l’époque et désignent des pièces de dimensions convenues, non des étoffes identifiables sans étude spécialisée. La ligne des coutumes correspond aux droits versés aux autorités de la côte ; la pièce ne dit pas à qui. La feuille ne se recoupe pas elle-même sur la durée : son cartouche annonce la traite faite « en 3 mois 26 jours », quand les dates portées par le tableau en font trois mois et vingt et un jours, du 25 août au 16 décembre, et trois mois et vingt-trois jusqu’au départ du 18 décembre. Les deux mentions sont publiées sans être conciliées.

Les deux feuilles de la Marie-Séraphique datent le premier achat et, pour l’une d’elles, la dernière ligne…

Point 6 sur 11 · Mesure · 1769–1773

Les deux feuilles de la Marie-Séraphique datent le premier achat et, pour l’une d’elles, la dernière ligne de la vente : la durée de l’opération se compte donc sur la pièce elle-même — celle du navire, non celle d’une personne. Campagne de 1769-1770 : la traite est « commencée le 25 août », « finie le 16 décembre », le navire quittant la côte le 18 — cent quinze jours entre le premier achat et le départ ; la feuille ne date ni l’arrivée au Cap-Français ni la vente. Campagne de 1772-1773 : la traite est « commencée a Kinamina le 16. juin 1772 », finie « le 14. 9bre », et le bloc de vente court « depuis le 14. jer. au. 13 Fevr. 1773 » — deux cent douze jours du premier achat à l’ouverture de la vente, deux cent quarante-deux jusqu’à sa dernière ligne. La vente se tenant à bord, ces jours-là comptent eux aussi dans l’opération.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Ces durées sont celles du navire, non d’une personne. Aucune des deux feuilles ne suit un individu : rien n’y dit qui a été acheté le premier jour, ni qui a vécu jusqu’à la vente — sept personnes sont comptées mortes en 1772-1773, neuf en 1769-1770, et le compte des morts ne commence qu’au départ de la côte. Les 0,58 m² par personne de 1769-1770 sont calculés sur le solde de 307 que porte la feuille ; Radburn et Eltis relèvent que l’entassement croît à mesure que le navire se remplit. La feuille de 1770 ne date pas sa vente, de sorte que la durée totale jusqu’à la vente n’est calculable que pour 1772-1773. Le cartouche de 1770 annonce par ailleurs une traite faite « en 3. mois 26. jours » quand ses propres dates en comptent 113 : l’écart est publié sans être concilié. Enfin, la traite de 1772 se fait en deux lieux successifs, Kinamina puis Loango, et la pièce ne dit pas si le navire a mouillé ailleurs entre les deux.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, « Tableau général de la traite du dit navire », lignes de date ; feuille de 1773, « Tableau général de la traite » et bloc « Vente au Cap », ligne d’en-tête du bloc
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 28, sur les durées passées à bord sur la côte africaine et l’entassement croissant à mesure que le navire se remplit

Le plan de l’entre-pont de la feuille de 1770 dessine les captifs un par un, et non en gabarit répété : ils…

Point 7 sur 11 · Pratique · 1770

Le plan de l’entre-pont de la feuille de 1770 dessine les captifs un par un, et non en gabarit répété : ils diffèrent de taille, de corpulence et d’attitude. Radburn et Eltis y lisent que les hommes les plus grands occupent les côtés les plus larges du navire, que les adolescents et les enfants sont poussés dans les espaces intermédiaires plus étroits, que des femmes dorment sur des armoires, des étagères et des rebords, certaines portant des perles aux chevilles et des pagnes à carreaux bleus, l’une, en long vêtement, allaitant un nourrisson ; et que le pied du cabestan traverse la zone des hommes en y formant une barrière de bois sur laquelle ils s’appuient. Le plan montre que les rangées ordinaires sont couchées en travers du navire, tête vers le bordé et pieds vers l’axe, et qu’une seule rangée, au pied du cabestan, rompt cette orientation : ses corps sont couchés dans le sens de la longueur, perpendiculaires aux rangées voisines, tête vers la cloison de ballots et bras allongés au-dessus de la tête jusqu’à elle — la posture même que l’étude décrit ailleurs, « le bras gauche déployé au-dessus de leur tête tel un oreiller ». Le plan porte en outre, en avant de la réserve à voiles et cordages, trois enclos bordés du même damier, contenant des figures enveloppées d’étoffe bleue, couchées à part et disposant d’un espace que les rangées voisines n’ont pas. Radburn et Eltis comptent sept personnes enveloppées d’étoffe et les interprètent comme malades ; sur le fac-similé, les trois enclos en portent deux, trois puis deux, soit sept.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le dessin donne l’aménagement prévu et l’occupation que le dessinateur a voulu figurer, non un relevé fait un jour donné. Presque tout ce qui précède est la lecture de Radburn et Eltis : la pièce ne légende ni les sexes, ni les âges, ni les états, et l’examen du fac-similé ne confirme que des formes. Que ces personnes soient malades est une déduction, non une lecture. La note 24 du chapitre renvoie séparément à des témoignages sur les zones fermées réservées aux malades et sur le vêtement donné aux malades ; l’étude, elle, énonce directement la conclusion : ces figures sont « les captives malades que l’équipage essayait de maintenir en quarantaine loin de leurs compagnes de voyage ». Ce qui appartient au site n’est donc pas la lecture, mais le raisonnement qui croise ses deux renvois pour l’étayer, et la réserve qui suit. Ces témoignages ne sont pas au fonds. Une lecture concurrente du vêtement reste ouverte, et la même note la porte : le Journal Book de Smeathman observe des vêtements et des perles chez les femmes et les enfants esclavisés, sans rapport avec la maladie. Le vêtement n’est du reste pas propre à ces enclos : la section arrière du plan montre des pagnes bleutés, une figure enveloppée d’étoffe grise et une femme en vêtement long tenant un nourrisson. Le sexe de ces personnes n’est pas établi : la traduction française emploie le féminin au fil d’un passage sur le logement des femmes, mais les enclos sont en avant de la réserve à voiles et cordages, du côté que la même étude attribue aux hommes et aux garçons, et c’est la section arrière, non celle-ci, qui porte les plateformes dont l’étude écrit qu’il n’y en a aucune du côté des hommes. Le passage anglais correspondant à cette identification n’a pas été consulté. Sur un plan vu de dessus, un corps tracé en pied est un corps couché, non une figure debout. L’étude ne décrit aucune personne debout dans l’entre-pont. C’est le relevé du fac-similé, deux, trois puis deux figures, qui rattache le total de l’étude aux trois enclos.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, plan de « L’entre-pont » : trois compartiments à bordure en damier contenant des figures enveloppées de bleu, tous en avant de la réserve à voiles et cordages ; le compartiment de la section arrière, qui porte la figure au nourrisson, n’a pas cette bordure et n’en est pas un ; pied de cabestan et rangée de corps couchés dans le sens de la longueur au même relevé. Deux figures dans le premier enclos, trois dans le deuxième, deux dans le troisième, en trapèze
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 21-22 : « cette description des esclaves individuels à bord de la Marie-Séraphique est plus authentique que l’image schématique du Brooks » ; description des tailles, des rebords, des perles aux chevilles, de la femme qui allaite, du cabestan, et des « sept captives enveloppées de tissu bleu […] à l’intérieur des écoutilles fermées » ; note 24 pour les appuis de la déduction : « pour l’utilisation de zones fermées réservées aux malades, voir S. Lambert (dir.), HCSP, LXIX, p. 35 ; Testimony of Robert Norris, ibid., LXVIII, p. 5 ; Testimony of Archibald Dalzell, ibid., LXIX, p. 121 ; pour l’utilisation de vêtements quand les esclaves étaient malades, voir Testimony of Ecroyde Claxton, ibid., LXXXII, p. 33 » — et, pour le port de vêtements et de perles par les femmes et les enfants esclavisés, le Journal Book de Henry Smeathman, 17 décembre 1771

Le quatrième plan de la feuille de 1770, intitulé « Le Pont », montre que le pont supérieur n’était pas un…

Point 8 sur 11 · Pratique · 1770

Le quatrième plan de la feuille de 1770, intitulé « Le Pont », montre que le pont supérieur n’était pas un espace vide. On y voit des barriques rangées le long des deux bords, des écoutilles grillagées dont l’une paraît ouverte, des marchandises empilées vers l’arrière ; hors de la muraille, deux plates-formes en encorbellement, une par bord, de même construction — une grille du côté du pont, et vers l’extérieur une bande étroite portant quatre disques cerclés ; elles ne sont pas vis-à-vis. Celle de tribord est en avant, et la file de barriques du même bord s’interrompt en face d’elle, le pont y restant nu ; les barriques reprennent au droit des deux logements à barreaux où des animaux sont dessinés, qui la flanquent l’un vers l’avant et l’autre vers l’arrière. Celle de bâbord est bien plus en arrière, au droit des marchandises empilées, et n’a aucun logement. Une barre continue traverse le navire par son milieu. Deux compartiments voisins y sont légendés à l’encre rouge, chacun avec son récipient dessiné : « Cuisine », où figure une marmite sombre, et « Chaudière à Nègres », où figure un grand chaudron. Radburn et Eltis décrivent sur ce pont des anneaux de fer, placés sur le bord des grilles, qui indiqueraient l’endroit où deux longues « chaînes de pont » se trouvaient le long du pont avant et auxquelles l’équipage pouvait attacher les hommes dès leur montée.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le plan donne l’aménagement, non l’usage constaté un jour donné. Les chaînes de pont ne sont pas dessinées et l’étude n’en parle qu’au conditionnel : ce sont les anneaux qui les signalent, et leur emploi est établi par les témoignages du commerce, non par la pièce. L’étude réserve le nom de barricado à la barrière visible sur la feuille de 1773. La barre continue portée en travers du plan de 1770 n’est pas légendée ; ni l’étude ni le site ne lui attribuent une fonction. Les inscriptions « Cuisine » et « Chaudière à Nègres » sont en revanche relevées directement sur la pièce.

  • Plan, profil et distribution de la Marie-Séraphique ; Vue du Cap-Français et ouverture de la vente — feuille de 1770, plan « Le Pont » : barriques le long des deux bords, écoutilles grillagées dont une paraît ouverte, deux plates-formes en encorbellement de même construction — grille du côté du navire, bande étroite à quatre disques cerclés vers l’extérieur —, l’une en avant et l’autre en arrière de la barre continue qui coupe le pont en travers ; les deux logements à barreaux où sont dessinés des animaux flanquent la seule plate-forme de tribord ; la file de barriques de tribord court de la barre vers l’avant avec une seule interruption, tout entière en face de cette plate-forme et non des logements, les deux logements ayant des barriques en regard sur toute leur hauteur ; marchandises empilées vers l’arrière ; et les deux compartiments légendés à l’encre rouge « Cuisine » et « Chaudière à Nègres »
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — § 23 : « le pont supérieur de la Marie-Séraphique n’était pas une zone vide, comme dans le cas du Brooks : on y stockait en fait des barriques d’eau, de la nourriture, des marchandises destinées au commerce, du bétail en cage et les treuils et poulies » ; anneaux de fer et « chaînes de pont » décrits au conditionnel ; le barricado est reconnu sur la feuille de 1773 et non sur ce plan

Calculé par l’étude pour la campagne de 1769-1770, la surface moyenne par captif à bord de la…

Point 9 sur 11 · Mesure · 1765–1789

Calculé par l’étude pour la campagne de 1769-1770, la surface moyenne par captif à bord de la Marie-Séraphique — la surface de la coque comptée comme un rectangle, augmentée des plateformes, divisée par le solde que porte la feuille — est de 6,25 pieds carrés, soit 0,58 m². Sur les six expéditions de la Marie-Séraphique, cette moyenne va de 6,25 pieds carrés en 1769-1770 et 5,58 en 1772-1773 jusqu’à 4,5 en 1776-1777, son dernier voyage, en passant par 5 en 1765-1766, 6 en 1770-1771 et 5,17 en 1773-1774.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les surfaces ne sont pas relevées sur plan. Pour cette feuille, les auteurs ajoutent aux 1 637 pieds carrés de la surface horizontale des salles les 276 pieds carrés des plateformes du logement des femmes, et divisent les 1 913 obtenus par 307 personnes. Le quotient est 6,2313, que l’étude arrondit au pouce et écrit « six pieds trois pouces » : 6,25. Elles servent à comparer, non à mesurer un espace réellement occupé. Les valeurs sont celles de l’édition anglaise de 2019, en pieds carrés, et leur conversion faite ici. Aucune valeur de la traduction française de 2024 n’est reprise : celle-ci convertit les surfaces en divisant par 3,28, le nombre de pieds dans un mètre, opération qui convient à une longueur et non à une aire, laquelle demande 10,76. Les deux campagnes que ces feuilles documentent ne sont pas les deux moins entassées des six : celle de 1770-1771, que le dossier ne suit pas, laissait 6 pieds carrés, moins que 1769-1770 et plus que 1772-1773. L’étude avertit que l’image « ne traduit pas complètement l’entassement des Africains à bord de la Marie-Séraphique parce que les captifs avaient moins d’espace, parfois beaucoup moins, lors de ses cinq autres expéditions ». La traduction française porte par ailleurs une coquille d’unité sur le Veloz — « 61 cm² » pour un espace qui, d’après ses propres chiffres, vaut environ 0,59 m² ; ce chiffre n’est pas repris. Et un second témoin donne un autre chiffre, qui ne mesure pas la même chose. Bernard Michon écrit que sur un navire de traite « la surface utilisable est conçue pour accueillir quatre individus par mètre carré, entassés, nus, enferrés par deux », soit 0,25 m² par personne. Il ne rapporte pas ce chiffre à ce navire-ci : il en donne la coque à 20,41 m sur 7,45 m, soit 152 m² — le rectangle dont Radburn et Eltis font les 1 637 pieds carrés de la surface des salles — et « entre 302 et 361 captifs » pour les quatre expéditions, ce qui fait 2 à 2,4 individus par mètre carré de coque. Michon parle d’une surface utilisable, au présent de la règle et sans campagne assignée ; l’étude divise un rectangle de coque, augmenté des plateformes, par un effectif inscrit sur la feuille. Les deux chiffres ne portent pas sur la même surface et ne se tranchent pas l’un par l’autre.

  • Visualizing the Middle Passage: The Brooks and the Reality of Ship Crowding in the Transatlantic Slave Trade — p. 533-565, article dont la traduction de 2024 est faite : il chiffre toutes ses surfaces en pieds carrés et n’en porte aucune en mètres carrés. L’espace par personne de la campagne de 1769-1770 y est donné deux fois sous la forme « 6 feet, 3 inches », soit les 6,25 pieds carrés publiés ici ; la coque du navire y fait 1 637 pieds carrés — « The ship was 1,637 square feet (67 feet by 24 feet, 5 inches) » ; la série des six expéditions est dans la note que la traduction de 2024 numérote 26
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — corps du chapitre — attention, les conversions en mètres carrés de cette traduction sont fausses et aucune n’est reprise ici ; les citations qui suivent situent le passage, elles ne fournissent aucune valeur — « les captifs occupent simplement 1,98 m² par personne » ; « les 470 captifs décrits sur le dessin disposaient chacun en moyenne de 2,18 m² » ; « l’espace disponible en moyenne par esclave lors de 251 voyages ayant eu lieu avant 1789 était de 2,44 m² ; lors de seulement 68 de ces voyages (27 %), les captifs étaient moins entassés que ne le montre le Brooks » ; « lors de 114 des 251 voyages (46 %) […] moins de 1,83 m² par personne ». Note 26 pour la série des six expéditions : 1,5 (1765-1766), 1,91 (1769-1770), 1,83 (1770-1771), 1,70 (1772-1773), 1,57 (1773-1774), 1,32 (1776-1777)

Le navire est lancé à Nantes en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, construit spécialement pour la…

Point 10 sur 11 · Événement · 1764–1777

Le navire est lancé à Nantes en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt, construit spécialement pour la traite — ce qui n’était pas le cas de la plupart des négriers. Après une première expédition en 1765-1766, il est vendu en juin 1769 à Jacques Gruel, marchand nantais, qui le rebaptise du prénom de sa femme : Marie-Séraphique. Gruel lui fait faire quatre expéditions vers l’Angola, puis le vend en 1776 à un groupe de marchands nantais qui le rebaptisent Sartine et l’envoient une dernière fois à la côte d’Afrique. Six expéditions de traite en tout, au cours desquelles il transporte en moyenne 357 personnes, quand les négriers britanniques du siècle en portent d’ordinaire environ 267 et les français approchent de 325.

Précisions nécessaires à l’interprétation

La carrière du navire et l’origine de son nom viennent de l’étude et de la monographie de Bertrand Guillet qu’elle cite, non des deux feuilles, qui ne disent ni l’une ni l’autre. Le prénom de l’épouse de Gruel n’est connu ici que par l’étude. Les moyennes de 267 et 325 personnes sont calculées sur la base de données des expéditions de traite, dont l’étude rappelle qu’elle ne renseigne pas le gréement des négriers français.

  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — corps du chapitre : « construit à Nantes et destiné spécialement à la traite – ce qui n’était pas le cas de la plupart des navires négriers –, il fut lancé en octobre 1764 sous le nom de Dannecourt » ; « la Marie-Séraphique transporta en moyenne 357 personnes lors de ses six voyages en Afrique ; au XVIIIe siècle, les bateaux britanniques transportaient d’ordinaire environ 267 captifs et les négriers français approchaient des 325 ». Note 19 pour l’achat de juin 1769 par Jacques Gruel, « un marchand qui rebaptisa le navire en lui donnant le prénom de sa femme, Marie-Séraphique », les quatre expéditions vers l’Angola et la revente de 1776 sous le nom de Sartine

Une cloison de bois en forme d’éventail coupe en deux le pont d’un navire de traite.

Point 11 sur 11 · Pratique · date non établie

Une cloison de bois en forme d’éventail coupe en deux le pont d’un navire de traite. Ouverte par une ou deux portes, elle est percée de meurtrières permettant l’usage d’armes à feu contre d’éventuelles rébellions de captifs, et bordée de lames de fer tranchantes destinées à en empêcher l’escalade. Elle protège le gaillard arrière, décrit comme un réduit défensif.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Michon décrit cette cloison sur la « Vue du Cap-Français » de la Marie-Séraphique et la donne pour un dispositif de navire de traite ; la description elle-même n’a qu’un témoin. Radburn et Eltis nomment le barricado sur la même feuille de 1773 et ne le reconnaissent pas sur le plan de 1770, dont la barre portée en travers du pont n’est légendée nulle part : les deux ne sont pas établis comme un même objet.

  • La Marie-Séraphique, navire de traite nantais au XVIIIe siècle — section « Archive : deux représentations de la Marie-Séraphique » : « Sur la “Vue du Cap Français”, on aperçoit la palissade en bois en forme d’éventail, coupant le navire de traite en deux. Cette cloison, ouverte par une ou deux portes, est percée de meurtrières permettant l’usage d’armes à feu pour mâter d’éventuelles rébellions de captifs, mais aussi bordée de lames de fer tranchantes interdisant son escalade par les révoltés. Elle protège tout le gaillard arrière, véritable réduit défensif »
  • Visualiser le Passage du milieu. Le Brooks et la réalité de l’entassement à bord pendant la traite transatlantique (cette notice) — l’étude nomme le barricado sur la feuille de 1773 et prend soin de le distinguer des cloisons de l’entrepont ; elle ne le reconnaît pas sur le plan de 1770