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Esclavage aux Antilles

Période

Première liberté et guerres coloniales

Cette page rassemble les récits, les repères et les sources déjà publiés sur ce sujet. Elle sert d’index et ne remplace pas une lecture suivie.

Dans les fiches

Des explications courtes pour ouvrir une notion, un document ou une question.

Notion

Libres de couleur, et propriétaires d’esclaves

En Guadeloupe, à la fin du XVIIIe siècle, des personnes affranchies possédaient des habitations — des exploitations agricoles où la terre, les bâtiments et les gens qu’on y tient forment un même bien. Le fait est établi et il est compté ; il est aussi plus petit qu’on ne l’imagine, puisque les trois quarts de ces habitations restent à des propriétaires blancs ou réputés tels. Cette page rapporte ce que deux recensements permettent d’en savoir : combien, de quelle taille, et tenues par qui.

5 min · 1715–1802 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +1

Points établis dans les publications

Chaque point reprend un énoncé sourcé déjà employé dans un dossier ou une fiche, avec la localisation exacte de ses preuves. La page qui l’emploie dit ce qu’il ne permet pas de généraliser.

Dans les Grands-Fonds de la Grande-Terre — Gosier, Sainte-Anne, Abymes, Moule et Morne-à-l’Eau —, le dépouillement du recensement de 1796 par Babatoundé Lawson-Body compte 826 habitations secondaires : 464 tenues par des personnes recensées comme blanches (56 %), 166 par des « métissés » (20 %), 36 par des « Noirs » (4 %), et 160 (19 %) par des propriétaires que le recensement n’identifie pas par la couleur et qui sont, écrit Frédéric Régent, « pour la plupart considérés comme blancs ». Les trois quarts des propriétaires d’habitations secondaires y sont donc blancs ou réputés blancs.

Dans les Grands-Fonds en 1796, une habitation secondaire tenue par un propriétaire blanc ou réputé blanc compte en moyenne 27,6 personnes, contre 12,6 chez les « métissés » et 9,1 chez les « Noirs ». Au moins un cultivateur est présent sur 96 % des habitations des premiers, 83 % de celles des deuxièmes et 67 % de celles des troisièmes. Frédéric Régent explique l’écart entre libres métissés et libres noirs par l’affranchissement plus récent des seconds.

En Côte-sous-le-Vent, le recensement de 1796 attribue 218 habitations secondaires à des propriétaires blancs ou réputés blancs (68 %), 82 à des « métissés » (25 %) et 21 à des « Noirs » (7 %). La répartition par sexe s’inverse selon la couleur : 69 % des propriétaires blancs sont des hommes, tandis que les propriétaires sont des femmes dans 60 % des cas chez les métissés et dans 90 % des cas chez les Noirs. Sur dix-neuf propriétaires noires, une seule, Marie Henriette, a un conjoint déclaré.

  • Les Maîtres de la Guadeloupe. Propriétaires d’esclaves (1635-1848) — chapitre V, 5e génération, « Le rôle complémentaire des cultures secondaires » : répartition des 393 habitations de la Côte-sous-le-Vent en 1796, part des propriétaires par couleur et par sexe
  • Les esclaves femmes aux Antilles françaises, 1635-1848 — p. 427-428, rouvertes à l’image : « les affranchissements de femmes sont le triple de ceux des hommes à la fin XVIIIe et le double au XIXe », les totaux restant faibles jusqu’en 1830 ; l’amélioration obtenue d’un homme libre est transitoire, « que le goût de l’amant libre change, qu’il s’en retourne en France ou qu’il meurre », et « au mieux elles seraient affranchies lorsque le blanc rentrerait en France ou se marierait »

Sources reliées

Sources citées par les points publiés ou déjà repérées pour poursuivre l’enquête.

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