Le recensement de la Guadeloupe de 1671 range les personnes amérindiennes dans une colonne de tableau, à côté de celles qui comptent les nègres, négresses, négrillons, négrittes et mulâtres. Sur le fac-similé, l’intitulé de cette colonne n’est pas uniforme : dans une partie du volume il porte trois mots empilés, « Sauuages, Mestis, Capouis », et dans une autre le seul mot « Sauvages ». La transcription de Généalogie et Histoire de la Caraïbe la rend partout par « Sauvages », et le total qu’on en tire est de cinquante-six personnes dans quatorze cases — vingt-six dans une seule, huit dans une autre, six, quatre, deux, deux, puis huit cases à une personne. Les mêmes comptes donnent 1 635 nègres dans 381 cases, 1 496 négresses dans 382, 816 négrillons, 348 négrittes et 55 mulâtres. La case aux vingt-six est celle du sieur de Chasteaudubois, à la Montagne de Bellevue : elle porte un serviteur artisan, quatre serviteurs blancs, vingt-six personnes dans cette colonne, et aucun nègre ni négresse.
À garder en tête : CE TOTAL N’EST PAS UN COMPTE DE PERSONNES AMÉRINDIENNES. Le fac-similé montre que la colonne, dans une partie au moins du volume, est intitulée « Sauuages, Mestis, Capouis » : elle réunit trois catégories, dont deux désignent des personnes de filiation mêlée. La transcription ne rend que le premier mot, et c’est sur elle que le total a été calculé. Ce que « Capouis » désignait n’est pas établi ici. Ailleurs dans le volume la même colonne ne porte que « Sauvages » : la composition varie d’un tableau à l’autre, et rien ne dit laquelle vaut pour chacune des quatorze cases comptées. Le total est donc un plafond pour les personnes amérindiennes, pas leur nombre. Pour le reste : ce sont des effectifs déclarés par case, non des mentions individuelles — le recensement de 1671 ne nomme pas ces personnes, il les compte ; il ne dit ni d’où elles viennent ni leur condition juridique ; et le compte ne se compare pas terme à terme avec le rôle de 1664, qui procède autrement. Enfin sept personnes portent dans la transcription un « Sauvage » ou « Bresilien » à la place du nom de famille, et deux seulement le portent entre parenthèses, marque de catégorie : pour les cinq autres, le mot peut être un patronyme.