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Esclavage aux Antilles

Source

Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species

Ottobah Cugoano

Source imprimée · 1787

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Droits : Édition de l’Oxford Text Archive diffusée sous CC0 ; conserver la provenance de l’édition.

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Dans le récit qu’Ottobah Cugoano publie en 1787, les personnes conduites de Cape Coast vers la Grenade…

Point 1 sur 4 · Témoignage · date non établie

Dans le récit qu’Ottobah Cugoano publie en 1787, les personnes conduites de Cape Coast vers la Grenade passent plusieurs jours enfermées à bord alors que la terre reste visible. Après le départ, elles concertent un projet pour mettre le feu au navire et mourir ensemble : Cugoano écrit que les femmes et les garçons doivent l’exécuter parce que les hommes sont enchaînés sous le pont ; le projet est dénoncé et empêché, et sa découverte donne lieu, écrit-il, à une scène cruelle et sanglante (« though that was prevented, the discovery was likewise a cruel bloody scene »).

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cugoano relie la révélation du projet à une femme de leur région que des responsables du navire faisaient coucher avec eux. Cette situation de violence sexuelle ne permet ni de connaître sa marge de choix ni de la réduire à une figure morale de trahison. Le récit ne donne pas le nom du navire ni une date précise de la traversée.

  • Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species (cette notice) — p. 10, de l’enfermement à bord en vue de la côte au projet de mettre le feu au navire, à sa révélation et à la répression

Cugoano : les marins prenaient les femmes africaines

Point 2 sur 4 · Témoignage · date non établie

Dans le récit qu’il publie en 1787, Ottobah Cugoano, conduit captif de Cape Coast vers la Grenade, écrit qu’il était courant que les marins prennent les femmes africaines pour se coucher sur leurs corps (« it was common for the dirty filthy sailors to take the African women and lie upon their bodies »), alors que les hommes étaient enchaînés et enfermés sous le pont.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cugoano écrit de mémoire, dans un livre abolitionniste publié en 1787 ; il généralise (« it was common ») à partir de ce qu’il a vu sur son navire, dont il ne donne ni le nom ni la date.

  • Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species (cette notice) — p. 10, dans le récit du projet d’incendie du navire : la femme qui dénonce le projet, les marins qui prennent les femmes africaines, les hommes enchaînés sous le pont

Cugoano : enlèvement et ventes successives

Point 3 sur 4 · Témoignage · livre publié en 1787 ; enlèvement non daté

Dans son livre de 1787, Ottobah Cugoano raconte qu’il est né dans la ville d’Agimaque, sur la côte de Fantyn, où son père était compagnon du chef ; à la mort de ce chef, l’enfant est laissé dans sa maison, puis appelé auprès d’Ambro Accasa, neveu du roi défunt qui lui succède à la tête de la chefferie d’Agimaque et d’Assinee, et il vit environ deux ans avec les enfants d’Accasa. Envoyé visiter un oncle établi à une distance considérable d’Agimaque — trois journées de marche —, il y vit environ trois mois, puis est enlevé, sans que le livre donne son âge, avec dix-huit ou vingt autres filles et garçons partis jouer dans les bois. Des hommes armés trompent les enfants et divisent le groupe. L’un des ravisseurs conduit Cugoano avec une fille ; plusieurs détenteurs, intermédiaires et acheteurs prennent ensuite le relais. Inquiet et ne sachant que faire, l’enfant refuse de manger et de boire pendant des journées entières. Dans la maison où il est gardé, un homme lui promet de faire tout son possible pour le ramener chez son oncle. Cugoano recommence alors à manger un peu de fruit et pense que les siens doivent le rechercher. Au terme du déplacement, il voit des personnes enchaînées. Un homme — le livre ne permet pas de dire si c’est celui qui lui avait promis de faire tout son possible pour le ramener — se présente ensuite comme connaissant ses proches à Agimaque et promet de l’y conduire ; il le mène dans un fort de la côte tenu par des Européens et y accepte d’un acheteur un fusil, du tissu et du plomb en échange de l’enfant. Après cet échange, des gardiens l’y enferment pendant trois jours, puis le conduisent à un navire et le transfèrent sur un plus grand bâtiment prêt à partir de Cape Coast, port de la Côte de l’Or, vers la Grenade.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le texte de 1787 ne donne ni l’âge de Cugoano au moment de l’enlèvement ni la date de celui-ci. Le récit distingue deux hommes : Ambro Accasa, avec les enfants duquel Cugoano vivait à Agimaque, que le livre présente comme le neveu du roi défunt auquel il succède et non comme un parent de l’enfant, et l’oncle établi à une distance considérable, chez qui il vivait depuis environ trois mois lorsqu’il est enlevé. Le livre ne nomme aucun des ravisseurs, détenteurs, intermédiaires, vendeur, acheteur ou gardiens successifs. Cette lacune n’empêche pas de suivre leurs actions, mais le récit ne permet pas toujours de savoir si une même personne remplit plusieurs de ces rôles. Cugoano écrit avoir oublié le nom de ce fort, et rien dans le livre ne permet de l’identifier. Ce cas documente un enlèvement particulier d’enfants sur la Côte de l’Or ; il ne mesure pas la fréquence de ce mécanisme ailleurs.

  • Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species (cette notice) — p. 5–10 de l’édition de 1787 : p. 5 l’enlèvement pendant un jeu ; p. 6 la naissance à Agimaque, la maison d’Ambro Accasa neveu du roi défunt auquel il succède, les deux années passées avec ses enfants, l’envoi chez un oncle établi à une distance considérable, les trois journées de route jusqu’à sa demeure et les trois mois passés là ; p. 8 la séparation du groupe, le refus de manger, la promesse et le second conducteur ; p. 9 les personnes enchaînées vues au terme du déplacement, le fort, la vente contre un fusil, du tissu et du plomb, les trois jours de prison et le transbordement vers le navire prêt à quitter Cape Coast

Cugoano : communication empêchée avant le départ

Point 4 sur 4 · Témoignage · livre original publié en 1787 ; faits non datés

Cugoano raconte qu’une fois les captifs conduits au navire, des marchands noirs montent à bord tandis que le bâtiment reste plusieurs jours en vue de leur pays. Les captifs sont repoussés sous le pont et ne peuvent parler à ces visiteurs. La traduction française publiée en 1788 attribue cette dissimulation et cette interdiction aux responsables du navire. Cugoano ne trouve donc personne à qui faire connaître sa situation pour qu’Accasa, dans la maison duquel il vivait à Agimaque, en soit averti.

Précisions nécessaires à l’interprétation

La traduction française de 1788 transmet le même livre que l’original anglais publié l’année précédente : elle précise la formulation et documente sa circulation française, mais ne constitue pas une confirmation indépendante. Cugoano ne nomme ni les marchands qui montent à bord, ni les responsables du navire. Le livre présente Ambro Accasa comme le neveu du roi défunt et non comme un parent de l’enfant ; Cugoano vivait dans sa maison à Agimaque. Le passage établit l’impossibilité, dans cette situation, de faire avertir Accasa ; il ne permet pas de généraliser ce procédé à tous les navires ni d’identifier une tentative de message effectivement commencée.

  • Thoughts and Sentiments on the Evil and Wicked Traffic of the Slavery and Commerce of the Human Species (cette notice) — p. 6 et 9–10 de l’édition de 1787 : p. 6 la naissance à Agimaque et la maison d’Ambro Accasa, que le livre présente comme le neveu du roi défunt et non comme un parent de l’enfant ; p. 9–10 l’arrivée au navire, les marchands noirs montant à bord, les captifs repoussés dans les entreponts et empêchés de leur parler, et les plusieurs jours en vue du pays sans que Cugoano puisse faire avertir Accasa à Agimaque
  • Réflexions sur la traite et l'esclavage des Nègres, traduites de l'Anglais, d'Ottobah Cugoano, afriquain, esclave à la Grénade et libre en Angleterre — p. 15–16 de la traduction française de 1788 : navire restant le long de la côte, visiteurs venus négocier, captifs cachés sous le pont par les responsables du bâtiment et interdiction de leur parler