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Esclavage aux Antilles

Source

Les esclaves aux Antilles françaises (XVIIe-XVIIIe siècles)

Gabriel Debien

Étude · 1974

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Notice

Droits : Ouvrage des sociétés d’histoire de la Guadeloupe et de la Martinique ; texte de travail réservé au dépouillement interne, sans redistribution.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Manger la terre, et le nom qu’on donnait à ceux qui le faisaient

Sur les habitations antillaises — les exploitations agricoles coloniales, où les terres, les bâtiments et les personnes tenues en esclavage forment un même bien —, des gens mangeaient de la terre, et ils en mouraient. Les colons ont donné à cette conduite un nom de maladie, le mal d’estomac, puis des instruments pour l’empêcher : un bâillon, un masque de fer. Cette page ne dit pas ce qui les faisait manger la terre — personne ne le tranche, ni alors ni aujourd’hui. Elle dit ce que le nom permettait de faire.

7 min · 1715–1848 · Martinique, Saint-Domingue, +1

Points étayés

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Aux Antilles françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, la conduite qui consiste à manger de la terre est rattachée à une affection que les personnes esclavisées appellent « mal cœur » ou « mal d’estomac », et que les praticiens désignent sous le nom de « chlorose africaine ». Les inventaires d’habitation la portent aussi sous le nom de « mal de terre ». Le mal d’estomac paraît dans les descriptions d’inventaires notariés comme une infirmité qui diminue la valeur marchande d’une personne : sur un échantillon guadeloupéen de 1770 à 1789, vingt et un cas sont relevés, très rares chez les personnes nées aux îles. Les descriptions d’époque en donnent la marche : douleurs à l’estomac, goût pour des nourritures inhabituelles, puis enflure des pieds, des jambes et du ventre, et la mort. Le traitement rapporté consiste en saignées et en purgations.