Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

Source

Description of a Slave Ship

auteur non identifié ; imprimé par James Phillips pour le comité de Londres de la Society for Effecting the Abolition of the Slave Trade

Source iconographique · 1789

Cette page indique où la source est utilisée sur le site et quels points elle permet d’étayer.

Consulter la source

Notice

Droits : Newberry Library, contrôlé le 19 août 2026 sur deux ancrages relisibles : la page « Rights and Reproductions » de l’établissement et le champ rights de la collection qu’il entretient sur Internet Archive. Accès ouvert, sans frais de licence ni de permission auprès de la bibliothèque ; l’usager reste responsable du régime de l’œuvre, qui est ici de 1789, donc du domaine public. Citer la cote Case Broadside 47 et la provenance.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Document

Le plan du Brookes montre une loi, pas une traversée

Des centaines de silhouettes noires rangées côte à côte dans une coque, et pas un visage. On regarde cette planche comme une photographie de l’entrepont — cet étage bas où les captifs étaient enfermés. C’est le dessin de ce qu’une loi britannique venait d’autoriser en 1788 : elle fixait combien de personnes un navire pouvait légalement porter, et la planche met ce compte en images sur un navire réel, qu’elle nomme. Elle est postérieure à cette loi.

9 min · 1715–1789 · Afrique atlantique

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

La note supérieure de la planche du Brookes énonce la règle de mesure appliquée au dessin : un espace de six pieds sur un pied quatre pouces par homme, cinq pieds dix pouces sur un pied quatre pouces par femme, cinq pieds sur un pied deux pouces par garçon — soit, en mesures d’aujourd’hui, 1,83 m sur 41 cm, 1,78 m sur 41 cm et 1,52 m sur 36 cm. Elle ajoute qu’un espace de cette dimension était rarement accordé, même après la loi de 1788 — « but so much space as this was seldom allowed even after the Regulation Act » —, et décrit le procédé qui avait permis d’embarquer davantage de personnes auparavant : en retirer certaines des fers et les enfermer « spoonwise », terme technique que la note explique par l’arrimage d’une personne entre les jambes écartées d’une autre. Le second état de la planche, la « Description of a Slave Ship » imprimée à Londres en 1789, en donne quatre et non trois : « To the Men 6 feet by 1 foot 4 inches. Women 5 feet 10 in. by 1 foot 4 in. Boys 5 feet by 1 foot 2 in. Girls 4 feet 6 in. by 1 foot. » Les filles y ont une mesure — 1,37 m sur 30 cm — et un compte : 41, à côté de 351 hommes, 127 femmes et 90 garçons, pour un total de 609.

  • Stowage of the British slave ship “Brookes” under the Regulated Slave Trade Act of 1788 — planche : note du coin supérieur droit, lue en entier sur la reproduction cph.3a34658 — « allowing a space of 6 f.t by 1 f.t 4 In to each man; 5 f.t 10 In by 1 f.t 4 In to each women, & 5 f.t by 1 f.t 2 In to each boy, but so much space as this was seldom allowed even after the Regulation Act », puis « by taking some out of Irons & locking them spoonwise (to use the technical term) that is by stowing one within the distended legs of the other ». La feuille grave « each women » ; elle ne donne aucune mesure pour les filles.
  • Description of a Slave Ship — bas de la première colonne : le relevé « Men 351, Women 127, Boys 90, Girls 41, Total 609 », puis « The room allowed to each description of slaves in this plan is: To the Men 6 feet by 1 foot 4 inches. Women 5 feet 10 in. by 1 foot 4 in. Boys 5 feet by 1 foot 2 in. Girls 4 feet 6 in. by 1 foot. » ; haut de la même colonne pour le choix du navire, « the Brooks is here described, a ship well known in the trade, and the first mentioned in the report delivered to the House of Commons last year by Captain Parrey, who was sent to Liverpool by Government to take the dimensions of the ships employed in the African slave trade from that port »

L’exemplaire de la planche du Brookes que ce projet reproduit ne porte aucune date d’impression, et le millésime de son titre est celui de la loi qu’elle met en images. La Library of Congress, qui le conserve, ne le date pas : son catalogue porte « [n. p., 1788?] » — sans lieu, avec point d’interrogation. La chronologie établie par Marcus Wood donne deux états successifs, tous deux postérieurs à la loi de juillet 1788 : le « Plan of an African Ship’s Lower Deck with Negroes in the proportion of only One to a Ton » — plan du pont inférieur d’un navire d’Afrique, avec des Noirs dans la proportion d’un seul par tonneau —, gravé par le comité de Plymouth de la Society for Effecting the Abolition of the Slave Trade en décembre 1788 et publié en janvier 1789 ; puis la « Description of a Slave Ship », description d’un navire négrier, développée par le comité de Londres et publiée par James Phillips au printemps 1789, qui détaille chaque pont. Ce second état, lui, se date et se signe : l’exemplaire qu’en conserve la Newberry Library porte au bas de sa dernière colonne « London: printed by James Phillips, George-Yard, Lombard-Street. M,DCC,LXXXIX. » Cette feuille nomme aussi le navire — qu’elle écrit « Brooks » — et dit pourquoi c’est lui : « the Brooks is here described, a ship well known in the trade, and the first mentioned in the report delivered to the House of Commons last year by Captain Parrey, who was sent to Liverpool by Government to take the dimensions of the ships employed in the African slave trade from that port. » Soit : le Brooks est décrit ici, navire bien connu dans le commerce, et le premier nommé dans le rapport remis à la Chambre des communes l’an dernier par le capitaine Parrey, envoyé à Liverpool par le gouvernement pour relever les dimensions des navires employés à la traite d’Afrique depuis ce port. L’image est donc postérieure à la loi qu’elle attaque, et non l’inverse.

Sur la planche du Brookes, les personnes captives sont figurées par un même motif humain répété, aligné en rangs dans des positions fixes, sans visage ni trait distinctif. Ce motif porte les deux plans du pont inférieur et les deux figures des rangs sous la dunette. Les autres vues de la feuille sont dessinées autrement : la coupe longitudinale, en haut, porte quelques figures individuelles, hommes courbés qui avancent entre les ponts ; les deux coupes transversales, en bas, montrent des corps couchés sur les plateformes, rendus en masses irrégulières et non en motif répété. La répétition n’est donc pas une limite du burin : c’est un parti pris, et il est réservé aux vues où il fallait compter. Le second état de la planche, la « Description of a Slave Ship » de 1789, décide autrement au même endroit : ses deux vues de détail, Fig. VI et Fig. VII, montrent des corps dessinés de face, avec un visage, les bras et un pagne, et l’un d’eux tient un objet rond que les autres n’ont pas. Ses plans de pont, eux, gardent la masse.

  • Stowage of the British slave ship “Brookes” under the Regulated Slave Trade Act of 1788 — planche, fig. 1 à 7 : traitement graphique des figures humaines
  • Stowage of the British slave ship “Brookes” under the Regulated Slave Trade Act of 1788 — reproduction cph.3a34658 : Fig. 1 « Longitudinal Section » porte des figures individuelles dessinées une à une dans des postures distinctes — un homme qui avance à quatre pattes, un autre assis, un troisième adossé ; Fig. 4 « Cross Section at the Poop » et Fig. 5 « Cross Section amidships » montrent des corps couchés en masses sur les plateformes ; le motif répété ne tient que les deux plans de pont et les deux rangs de la dunette, Fig. 6 et Fig. 7. La feuille porte en outre, sous la coupe longitudinale, « Note. The shaded Squares indicate the beams of the Ship. »
  • Description of a Slave Ship — Fig. VI et Fig. VII, deux rectangles de la colonne de gauche : bandes de figures vues de face, visage, bras et pagne dessinés, alternant avec des espaces lettrés L, M et N ; une figure de Fig. VI tient un objet rond. À comparer aux plans Fig. IV et Fig. V, où la même feuille revient à la masse