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Esclavage aux Antilles

Source

Nouveau voyage aux isles de l’Amérique, tome premier

Jean-Baptiste Labat

Source imprimée · 1722

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Notion

Le samedi à la place de la nourriture

Le « samedi » peut d’abord sembler un temps rendu aux personnes esclavisées. Dans la Guadeloupe de la fin du XVIIe siècle, les magistrats le décrivent pourtant comme le moyen par lequel des maîtres remplacent les rations qu’ils doivent fournir : pour manger, il faut alors travailler ce jour-là. Entre 1685 et 1697, la nourriture devient ainsi un conflit sur la répartition du temps, des cultures et des responsabilités. La cour répond aux manquements dénoncés par des amendes, mais elle repousse encore au 1er janvier 1698 l’application des règles qu’elle répète.

8 min · 1685–1715 · Guadeloupe et dépendances

Points étayés

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Énoncé 1 sur 1 · Événement · 1695-05-02

Le 2 mai 1695, le procureur général du roi exposa au Conseil souverain de la Guadeloupe que la disette de manioc causée par les derniers ouragans conduisait les personnes esclavisées à arracher les manioques et vivres replantés, et que les habitants ne trouvaient plus de quoi les nourrir. Il imputait ces prises de vivres aux maîtres : les vols proviennent « la plus grande partie par la faute des maistres qui souffrent la disposition de leurs grages, […], platines et presses à leurs negres sans les fermer, où ils peuvent avoir pris lesdits manioques et vivres soubz prétexte de jardins particuliers ». Le texte ne précise clairement ni qui avance ce prétexte ni à qui appartiennent ces jardins. Dans une description publiée en 1722, Jean-Baptiste Labat appelle grage la râpe utilisée sur la racine de manioc, décrit la presse qui extrait le jus du manioc râpé, puis la platine chauffée sur laquelle le manioc pressé cuit en cassave.