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Esclavage aux Antilles

Source

Representing Punishments for Dirt-Eating and Intoxication in Richard Bridgens’s West India Scenery, with Illustrations of Negro Character (1836)

Julia Skelly

Étude · 2011

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Notice

Droits : Article de RACAR : Revue d’art canadienne / Canadian Art Review, vol. 36, n° 2, p. 52-65, tous droits réservés UAAC-AAUC. Consultation en libre accès sur Érudit ; copie de travail sans redistribution.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Manger la terre, et le nom qu’on donnait au mal

Entre la fin du XVIIe siècle et les années 1840, des colons, des notaires, des médecins et des magistrats donnent plusieurs noms au fait de manger de la terre. Leurs textes le relient tour à tour à la maladie, à la nourriture, au prix des personnes ou à la discipline. Ils conduisent aussi aux gestes imposés aux corps : châtiments, bâillons et masques.

11 min · 1685–1848 · Martinique, Saint-Domingue, +2

Points étayés

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À Trinidad, colonie britannique, l’architecte et dessinateur britannique Richard Bridgens publie à Londres en 1836 la planche 20 de son recueil West India Scenery. Il y dessine une personne dont le visage est entièrement enfermé dans un boîtier de métal : une ouverture ovale est visible devant l’œil situé du côté tourné vers nous, quelques trous au nez et aucune ouverture devant la bouche ; l’angle de la tête cache l’autre côté du boîtier. Le titre gravé sous la feuille annonce des punitions « for Intoxication and Dirt-eating », c’est-à-dire « pour l’ivresse et pour le fait de manger de la terre ». Dans le texte que relaie la notice SlaveryImages, Bridgens écrit que le collier de fer-blanc punit l’ivresse chez les femmes et que le masque est « a punishment and preventative of. . . dirt eating », soit « un châtiment et un moyen préventif contre le fait de manger de la terre ». La planche porte la mention « From nature & on Stone by R. Bridgens », « d’après nature et sur pierre par R. Bridgens ». L’historienne de l’art Julia Skelly établit que les deux bustes supérieurs montrent le même homme, de profil puis de face, et rattache ces vues aux conventions ethnographiques qui servaient à illustrer la différence raciale, ainsi que les physionomies stéréotypées au racisme scientifique. Elle montre aussi que l’alignement des coiffes, des scarifications et des instruments punitifs, l’absence de douleur visible et le sourire donné à la femme au collier naturalisent la contrainte et la rendent acceptable au public blanc auquel l’ouvrage s’adressait.