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Esclavage aux Antilles

Source

L’évangélisation des esclaves au XVIIe siècle — Lettres du R. P. Jean Mongin

Marcel Chatillon (éd.) ; Jean Mongin

Édition critique · 1984

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Dans les fiches

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Notion

L’exploitation sexuelle des femmes esclavisées

En Martinique, en 1722, Petite Rose et Isabelle, deux femmes tenues en esclavage, apportent leurs nouveau-nés au baptême. Des missionnaires veulent leur imposer une pénitence publique, une cérémonie d’humiliation dans l’église ; Jean Dubuc de L’Étang, qui les tient en esclavage, s’y oppose ; l’administration royale tranche. Les pièces ne permettent pas de reconstituer les relations à l’origine des naissances et ne prouvent donc pas une agression sexuelle précise. Elles montrent un autre aspect du contrôle exercé sur les femmes : après la naissance, les missionnaires conditionnent le baptême à une punition publique, Dubuc porte plainte et des agents du roi décident si cette peine relève des religieux ou de la justice royale.

7 min · 1664–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Points étayés

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Dans une lettre écrite à Saint-Christophe en mai 1682, le jésuite Jean Mongin décrit des commandeurs blancs qui attaquent sexuellement des femmes esclavisées en utilisant le pouvoir qu’ils ont de les délivrer de la faim, du travail ou du châtiment. Il présente ce pouvoir de commandement comme le moyen même de l’abus.

Domitille de Gavriloff analyse l’exploitation sexuelle des femmes esclavisées dans la Caraïbe française comme un mécanisme du pouvoir de propriété : le maître peut commander le travail, punir, vendre, déplacer et peser sur les unions. Dans cette relation de domination, une naissance métisse, un concubinage ou l’absence de plainte ne suffisent pas à établir un consentement libre.