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Esclavage aux Antilles

Source

Les pénitentes noires. Les missionnaires et l’exploitation sexuelle des femmes esclaves (Caraïbe française, XVIIe-XVIIIe siècle)

Domitille de Gavriloff

Étude · 2024

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Notion

L’exploitation sexuelle des femmes esclavisées

En Martinique, en 1722, Petite Rose et Isabelle, deux femmes tenues en esclavage, apportent leurs nouveau-nés au baptême. Des missionnaires veulent leur imposer une pénitence publique, une cérémonie d’humiliation dans l’église ; Jean Dubuc de L’Étang, qui les tient en esclavage, s’y oppose ; l’administration royale tranche. Les pièces ne permettent pas de reconstituer les relations à l’origine des naissances et ne prouvent donc pas une agression sexuelle précise. Elles montrent un autre aspect du contrôle exercé sur les femmes : après la naissance, les missionnaires conditionnent le baptême à une punition publique, Dubuc porte plainte et des agents du roi décident si cette peine relève des religieux ou de la justice royale.

7 min · 1664–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

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Domitille de Gavriloff analyse l’exploitation sexuelle des femmes esclavisées dans la Caraïbe française comme un mécanisme du pouvoir de propriété : le maître peut commander le travail, punir, vendre, déplacer et peser sur les unions. Dans cette relation de domination, une naissance métisse, un concubinage ou l’absence de plainte ne suffisent pas à établir un consentement libre.

Domitille de Gavriloff lit l’affaire martiniquaise de 1722 comme un conflit entre trois pouvoirs exercés sur les femmes esclavisées : les dominicains veulent imposer une pénitence publique avant le baptême ; Jean Dubuc de L’Étang défend son autorité de propriétaire ; le Conseil de Marine retire la pénitence aux religieux pour maintenir la juridiction royale. L’interdiction ferme la cérémonie publique sans établir une poursuite des hommes responsables ni l’application de l’article 9 de l’édit de 1685.