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Esclavage aux Antilles

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Le marronnage en Guadeloupe à la veille de la Révolution française de 1789

Vincent di Ruggiero

Étude · 1998

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Notice

Droits : Tous droits réservés © Société d’Histoire de la Guadeloupe, 2000 sur la page de diffusion ; article bibliographiquement daté de 1998. PDF diffusé par Érudit et soumis à sa politique d’utilisation. Citation brève et synthèse attribuée ; aucune reproduction des tableaux proposée.

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Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

En octobre 1781, une minute notariale de la Guadeloupe porte absents depuis plus d’un an, de l’habitation de…

Point 1 sur 4 · Pratique · minute d’octobre 1781

En octobre 1781, une minute notariale de la Guadeloupe porte absents depuis plus d’un an, de l’habitation de la Cousinière, Papillon, soixante et un ans, dit Congo, Angélique, sa femme, créole de cinquante-six ans, leur fille Elisabeth, vingt et un ans, enceinte au moment du départ, et leurs fils Antoine et Bonaventure, onze et neuf ans.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’acte inscrit les absents pour la valeur du bien ; il ne dit ni où la famille est allée ni comment elle vit. Le cas est connu par l’étude de di Ruggiero.

  • Le marronnage en Guadeloupe à la veille de la Révolution française de 1789 (cette notice) — PDF p. 7, liste des absents, note 19 (A.D.G., Me Mollenthiel, 2E 3/81, minute 110 d’octobre 1781)

En août 1788, lors de l’inventaire de la caféière La Joyeuse, à Vieux-Habitants en Guadeloupe, le…

Point 2 sur 4 · Pratique · inventaire d’août 1788

En août 1788, lors de l’inventaire de la caféière La Joyeuse, à Vieux-Habitants en Guadeloupe, le propriétaire survivant déclare que Marie-Jeanne, qu’il dit « mulâtresse », âgée d’environ cinquante-cinq ans et partie depuis plus de vingt ans, est peut-être la marronne dont on vient de lui signaler la présence dans les hauteurs de Baillif, « accouchée pendant son marronnage de cinq enfants, qui étaient avec elle ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Déclaration intéressée d’un propriétaire qui rapporte des avis reçus : il « soupçonne » que la marronne de Baillif est Marie-Jeanne. Rien n’établit l’identité ni ce que sont devenus les cinq enfants.

  • Le marronnage en Guadeloupe à la veille de la Révolution française de 1789 (cette notice) — PDF p. 8-10, notes 26 et 33 (A.D.G., Me Dupuch, 2E 2/21, minute 29 d’août 1788)

Selon Vincent di Ruggiero, qui reprend un récit de Gabriel Debien tiré de du Halgouët, Mme d’Aoust voulut…

Point 3 sur 4 · Témoignage · date non établie

Selon Vincent di Ruggiero, qui reprend un récit de Gabriel Debien tiré de du Halgouët, Mme d’Aoust voulut faire transporter sur une autre habitation les esclaves de la sucrerie de Houëlbourg, au Petit-Cul-de-Sac de la Guadeloupe, gérée par son frère Léonard Villiers-du-Tertre. Au jour fixé, François Fillion, chargé du déménagement, ne trouva personne : ils s’étaient enfuis. Il en retrouva un, Janot, qui passait pour le plus raisonnable, et chercha à le convaincre. Janot répondit qu’« étant en possession d’une femme et de deux enfants chez le sieur de Villers, il fallait que le mandataire de Mme d’Aoust le vendit audit Villiers ou bien qu’il acheta sa femme et ses enfants, sans quoi il ne s’en irait jamais ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Le récit arrive par trois relais — du Halgouët, puis Debien, puis di Ruggiero — et il est cité d’après le troisième. Il n’est pas daté ; di Ruggiero le range au XVIIIe siècle. Le nom est écrit « Janot Frisob » puis « Frison » sur la même page. La réponse de Janot est rapportée au style indirect par le récit ; on ne sait pas si sa femme et ses enfants ont été achetés, ni s’il a été vendu.

  • Le marronnage en Guadeloupe à la veille de la Révolution française de 1789 (cette notice) — p. 35-36 et notes 139-140 (Debien, Le marronnage aux Antilles françaises au XVIIIe siècle, p. 40, citant du Halgouët)

Le 18 décembre 1788, la Gazette de la Guadeloupe publie un avis qui recherche Lavigne, cinquante-cinq ans,…

Point 4 sur 4 · Événement · 1788–1788-12-18

Le 18 décembre 1788, la Gazette de la Guadeloupe publie un avis qui recherche Lavigne, cinquante-cinq ans, et Marie-Catherine, cinquante ans, tous deux créoles, « marrons depuis 4 mois ». L’avis situe leurs « allures » sur les habitations des pères dominicains et sur celle de M. cadet Blanchet, « où ladite négresse a sa mere », et promet deux moëdes à qui les conduira chez M. Pagesy, à la Pointe-Noire, ou chez M. Mathieu Baujean, à la Basse-Terre.

Précisions nécessaires à l’interprétation

L’avis ne dit pas d’où Marie-Catherine et Lavigne sont partis : Pointe-Noire et Basse-Terre sont les lieux où l’on doit les ramener. Il ne nomme pas non plus la paroisse des habitations où on les voit ; Vincent di Ruggiero les situe au Baillif. L’avis indique des lieux fréquentés et la présence de la mère ; il ne prouve ni que rejoindre celle-ci soit le motif du départ, ni que les deux aient toujours circulé ensemble, ni leur sort après l’avis.

  • Gazette de la Guadeloupe, 1788 — numéros du 29 mai au 25 décembre (n° XXII-XXXII et XXXIX-LII), exemplaire BnF FOL-LC12-13 — n° LI, 18 décembre 1788, p. 114, première colonne ; vue 108 du volume relié BnF FOL-LC12-13 (Gallica, ark cb327804505), lue sur l’image en pleine définition le 11 octobre 2026 : âges, « marrons depuis 4 mois », habitations des dominicains et de M. cadet Blanchet, mère de Marie-Catherine, récompense et lieux où les conduire
  • Le marronnage en Guadeloupe à la veille de la Révolution française de 1789 (cette notice) — p. 13 puis p. 36 et annexe 2 p. 57 : analyse de l’avis du 18 décembre 1788, qui situe au Baillif les habitations nommées et rattache les deux personnes à l’habitation Pagésy de Pointe-Noire
  • La France et ses esclaves : de la colonisation aux abolitions, 1620–1848 — chapitre VI, passage sur le marronnage individuel, appel de note 58, dans un exemplaire non paginé : reprise du trajet de Marie-Catherine et Lavigne vers le Baillif et du lien avec la mère