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L’arrivée du Diligent et les ventes à Saint-Pierre
Point 1 sur 7 · Interprétation · arrivée à Saint-Pierre le 15 mars 1732 · vente du 18 mars à avril 1732, jusqu’au lot vendu à Lamy
Le journal tenu par l’officier Robert Durand, qui écrit « La Diligent », porte l’arrivée du Diligent à Saint-Pierre de la Martinique le 15 mars 1732, après soixante-six jours de traversée, avec 247 personnes captives vivantes. La reconstruction de Robert Harms suit ensuite leur inspection et leur mise en vente : cinq meurent dans l’entrepôt et les 96 dernières sont vendues en un lot au revendeur Lamy, négociant de Saint-Pierre, au prix de 400 livres chacune, moitié payée immédiatement et moitié payable un an plus tard. Harms en déduit par soustraction que les 146 autres ont été remises en gratification à des officiels locaux, ou vendues une à une ou par petits groupes à des planteurs et à des marchands de l’île.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le journal de Durand établit directement l'arrivée, les nombres, les cinq morts et le lot Lamy ; Harms identifie Lamy comme revendeur et reconstruit le reste de la séquence à partir du journal, d'états de compte et d'autres archives produites par les négriers. Il signale lui-même, p. 409–410, que ces sources ne livrent presque aucune identité captive et ne permettent pas de suivre les personnes après leur vente. Le nombre de 146 n'est pas relevé dans une pièce : Harms l'obtient en retranchant de 247 les 96 du lot final et les 5 mortes. Il ne désigne donc aucune phase particulière de la vente, mais réunit toutes les cessions antérieures au lot final, y compris les personnes prélevées en gratification le premier jour. L'acheteur du lot final n'est connu que par son nom de famille — Harms écrit « un marchand d'esclaves de Saint-Pierre nommé Lamy » et Durand « un certain M. Lamy » : son prénom n'est nulle part.
- The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 329 pour les 66 jours ; p. 350 pour l’arrivée et les 247 personnes ; p. 333–350 pour l’inspection et les ventes, particulièrement p. 349–350 pour Lamy, les cinq morts dans l’entrepôt et le calcul par soustraction des 146
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 66 pour les 256 personnes au départ ; p. 92–93 pour l'arrivée à Saint-Pierre le 15 mars après soixante-six jours et les 247 personnes vivantes ; p. 94 pour les cinq morts des 13, 15, 17, 21 et 22 avril et le lot final de 96 personnes à 400 livres chacune avec paiement fractionné
Faute d’acheteurs au prix demandé, le capitaine de la Diligent loue, huit jours après son arrivée à…
Point 2 sur 7 · Pratique · 1732-03-23
Faute d’acheteurs au prix demandé, le capitaine de la Diligent loue, huit jours après son arrivée à Saint-Pierre, un entrepôt fortifié proche du lieu où se réunissent les marchands, et y fait transférer les personnes captives en chaloupe puis en remontant la rivière. Robert Harms rappelle que les entrepôts à esclaves de Saint-Pierre étaient réputés puants, surpeuplés et mal protégés des pluies, et qu’ils avaient fait l’objet d’ordonnances royales de réforme en 1708, 1718 et 1723, restées pour l’essentiel sans effet.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le transfert et le caractère fortifié de l'entrepôt sont directs dans le journal. L'état général des entrepôts est établi par la répétition des ordonnances de réforme mobilisées par Harms, non par une inspection de celui que loue ce capitaine. Ni Durand ni Harms ne décrivent l'intérieur de cet entrepôt précis ni toutes les actions qui s'y déroulent pendant le séjour des personnes transférées.
- The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 338–339 : location de l’entrepôt fortifié le huitième jour, transfert des captifs par la rivière, état des entrepôts de Saint-Pierre et ordonnances de 1708, 1718 et 1723
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 93–94 : transfert le 23 mars des personnes invendues par chaloupe puis par la rivière jusqu'à un entrepôt fortifié proche des marchands
Le mercredi 19 mars 1732, au deuxième jour de la vente de la Diligent, des marchands d’esclaves de…
Point 3 sur 7 · Pratique · 1732-03-19–1732-03-23
Le mercredi 19 mars 1732, au deuxième jour de la vente de la Diligent, des marchands d’esclaves de Saint-Pierre montent à bord ; Robert Harms les décrit comme des revendeurs, qui achètent par gros lots à bas prix pour revendre ensuite par petits nombres plus cher. Ils inspectent les personnes captives comme les fonctionnaires l’avaient fait la veille, puis offrent beaucoup moins que le prix demandé pour ouvrir le marchandage. Le capitaine Pierre Mary, qui espère approcher 950 livres par homme, refuse de baisser ; les marchands abandonnent la négociation, et Robert Durand note le soir que beaucoup sont venus mais que peu ont acheté. La nouvelle des prix demandés se répand, les marchands cessent de venir ; quelques acheteurs, revendeurs ou habitants, viennent encore en barque le jeudi, le vendredi et le samedi et achètent très peu, et le dimanche aucun ne rame jusqu’au navire. Un rapport publié par le juge et les consuls de la juridiction commerciale de Nantes le 30 janvier 1732, six semaines avant l’arrivée de la Diligent en Martinique, estimait à cinq cents livres le prix de vente moyen d’une personne esclavisée dans les îles.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le journal de Durand établit le prix, la raréfaction des achats et l'ordre des journées, mais non la qualification de tous les visiteurs comme revendeurs ni l'estimation nantaise. Le prix moyen de cinq cents livres est une estimation de la juridiction consulaire de Nantes à un moment donné, non un tarif ni une mesure : il sert de repère de grandeur, pas de référence. Harms écrit lui-même que l'on ne peut que s'interroger sur l'obstination de Pierre Mary ; ce jugement lui appartient. Aucune des personnes exposées pendant ces journées n'est nommée.
- The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 337–339 : venue des revendeurs le mercredi, marchandage rompu, note de Durand, rareté des acheteurs du jeudi au samedi et absence totale le dimanche ; p. 338 pour le rapport nantais du 30 janvier 1732 et le prix moyen de cinq cents livres
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 93 : le 18 mars, plusieurs personnes vendues à 950 livres ; le 19 mars, venue de plusieurs marchands mais peu d'achats ; les jours suivants, achats très rares
La Diligent quitte Jakin le 27 novembre 1731 avec 256 personnes captives.
Point 4 sur 7 · Interprétation · 1731-11-27–1732-03-15
La Diligent quitte Jakin le 27 novembre 1731 avec 256 personnes captives. La reconstruction de Robert Harms donne au pont qui leur est réservé environ 63 pieds de long sur 21 de large, avec des plateformes et une ventilation médiocre. Le 29 novembre, le capitaine Pierre Mary fait hisser au bout de la vergue du mât avant, puis fusiller devant les autres, un homme qui avait appelé d’autres captifs à se soulever immédiatement ; Robert Durand, premier lieutenant du navire, écrit que cette mise à mort doit servir de leçon. Après des escales à Príncipe et São Tomé, le navire accomplit les soixante-six jours de passage vers Saint-Pierre, où il arrive le 15 mars 1732 avec 247 personnes vivantes.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Le journal de Durand établit le départ, l'appel au soulèvement, la répression, les escales, la durée et l'arrivée. Les dimensions de l'espace réservé aux captifs et la ventilation restent celles que Harms reconstruit à partir du journal, des comptes et d'autres sources contemporaines. Ses développements généraux sur la vie quotidienne à bord mobilisent d'autres voyages et ne sont pas attribués à la Diligent. Les soixante-six jours comptent le passage de São Tomé à la Martinique, après la première séquence Jakin–îles portugaises.
- The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 262–264 pour les 256 personnes, les dimensions, les plateformes, la ventilation et le départ du 27 novembre ; p. 269–270 pour l’action du 29 novembre, l’homme hissé au bout de la vergue du mât avant, la fusillade et la phrase du journal de Durand ; p. xi et xiv pour les charges de Pierre Mary, premier capitaine, et de Robert Durand, premier lieutenant ; p. 329 pour les soixante-six jours et les neuf personnes mortes en mer ; p. 350 pour l’arrivée du 15 mars 1732 et les 247 personnes débarquées vivantes
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 66–68 : total de 256 personnes, départ de Jakin le 27 novembre et action suivie de l'exécution du 29 novembre ; p. 70–78 pour les relâches à Príncipe et São Tomé ; p. 92–93 pour l'arrivée du 15 mars après soixante-six jours et les 247 personnes vivantes
À Axim, commercer de nuit sous la menace de capture
Point 5 sur 7 · Témoignage · 1731-08-09
Le 9 août 1731, devant Axim, sur le littoral de l'actuel Ghana, Robert Durand écrit que des habitants peuvent apporter des personnes captives à bord du Diligent seulement de nuit, parce qu'ils seraient eux-mêmes capturés s'ils étaient vus. Des gens venus à bord depuis le fort d'Axim, qui appartient aux Hollandais, proposent aussi un garçon ; Durand écrit que l'on ne s'accorde pas sur son achat.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Durand ne nomme ni les personnes qui apportent les captifs, ni le garçon proposé, et ne dit pas qui capturerait ces porteurs s'ils étaient vus. Son énoncé décrit le risque qu'il comprend à Axim ; il n'établit pas à lui seul une pratique générale de toute la côte.
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 33, entrée du 9 août : commerce nocturne parce que ceux qui apportent les captifs seraient eux-mêmes pris s'ils étaient aperçus ; garçon proposé à bord depuis le fort, sans accord sur son achat ; fort d'Axim appartenant aux Hollandais ; pages manuscrites consultables dans le fac-similé Yale, objet 2007542, lié à la notice
Après les enlèvements attribués à Demarais
Point 6 sur 7 · Témoignage · 1731-08-30
À l’escale que son journal nomme « Ceuta », le 30 août 1731, Robert Durand explique que le capitaine français Demarais avait enlevé plusieurs personnes captives et emporté des marchandises sans les payer dans plusieurs escales. Depuis ces actions, écrit-il, les vendeurs craignent de monter à bord des navires français : les officiers doivent descendre à terre avec leurs marchandises. Pierre Valteau, second capitaine du Diligent, passe une nuit à terre dans une case et doit veiller les armes à la main contre des hommes qui, selon Durand, attendent que ses compagnons et lui s’endorment pour forcer la case et le voler ; Durand ajoute que ces hommes ne cherchent qu’à venger l’enlèvement de leurs camarades. Durand rapporte ensuite que les canotiers qui devaient conduire Valteau jusqu’au canot du navire font des difficultés et que Valteau y parvient dans la pirogue d’un bâtiment hollandais. Valteau leur paie pourtant un fusil, en plus de plusieurs bouteilles d’eau-de-vie, pour éviter des difficultés avec eux ; Durand écrit qu’on ne leur aurait pas donné tout cela si on ne les avait pas craints. Le journal ne dit pas si ces canotiers sont ceux qui voulaient venger leurs camarades.
Précisions nécessaires à l’interprétation
L'enlèvement, les impayés, la nuit de Valteau à terre et le motif de vengeance sont rapportés par Durand, qui n'en est pas témoin direct et défend aussi la sûreté et le commerce de son propre équipage. Il ne nomme aucune des personnes enlevées ni leurs camarades, et son récit ne permet pas de confondre l'ensemble des habitants de l’escale appelée « Ceuta » dans le journal, d'Axim et d'Accra.
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 1 et p. 5 pour le rang de second capitaine de Pierre Valteau ; p. 49, entrée du 29 août, pour la case que Valteau va prendre à terre ; p. 50–51, entrée du 30 août : enlèvements imputés à Demarais, insécurité à bord, commerce français déplacé à terre, nuit de Valteau dans sa case, veille armée contre ceux qui attendent le sommeil de ses occupants pour la forcer, vengeance des camarades, difficultés des canotiers, passage par la pirogue hollandaise jusqu’au canot, fusil et eau-de-vie payés aux canotiers par crainte ; pages manuscrites consultables dans le fac-similé Yale, objet 2007542, lié à la notice
Le Diligent arrive à Saint-Pierre
Point 7 sur 7 · Témoignage · 1732-03-15
Le journal de Robert Durand situe l’arrivée du Diligent à Saint-Pierre de la Martinique le 15 mars 1732.
Précisions nécessaires à l’interprétation
Durand écrit « La Diligent » dans son journal ; le dossier reprend la forme « le Diligent » pour ce même navire. Pour l’inspection et les ventes après l’arrivée, voir Robert Harms, The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade (2002), p. 333–350.
- Journal de bord d'un négrier : Guinée / Lieutenant Durand, 1731–1732 (cette notice) — p. 92–93 : arrivée à Saint-Pierre de la Martinique le 15 mars 1732
- The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 350 pour l’arrivée à Saint-Pierre le 15 mars 1732 ; p. 333–350 pour la suite des inspections et des ventes