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Esclavage aux Antilles

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Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848

Arlette Gautier

Étude · 2000

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Selon Arlette Gautier, les listes d’esclaves des recensements et des inventaires notariés donnent toujours…

Point 1 sur 14 · Interprétation · date non établie

Selon Arlette Gautier, les listes d’esclaves des recensements et des inventaires notariés donnent toujours prénom, sexe et âge, mais n’inscrivent les liens que de trois manières : un homme suivi de « sa femme » et des enfants, un homme suivi d’une femme et d’enfants, une femme suivie d’enfants. Les esclaves sont souvent énumérés par famille au XVIIe siècle, plus rarement au XVIIIe, au profit de blocs « mères et enfants », puis au XIXe siècle hommes, femmes et enfants à part, « sans doute pour faciliter les séparations ». Ces notations changent avec les notaires, non avec les pratiques des esclaves : les 10 % de couples mariés et 10 % de couples concubins que Vanony-Frisch compte dans 1 269 familles guadeloupéennes de 1760 à 1789 seraient ainsi sous-estimés.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Interprétation de Gautier fondée sur la comparaison de listes de plusieurs plantations (Gautier 1984) ; « sans doute pour faciliter les séparations » est son hypothèse. Les 10 % sont la lecture que Gautier donne de Vanony-Frisch, dont l’étude relève 123 couples mariés.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 979-980

Selon Arlette Gautier, près de 60 % des esclaves adultes vivent en couple dans les sucreries guadeloupéennes…

Point 2 sur 14 · Mesure · XVIIIe siècle ; listes de 1763 pour Birmingham et Bisdary

Selon Arlette Gautier, près de 60 % des esclaves adultes vivent en couple dans les sucreries guadeloupéennes de Birmingham et de Bisdary en 1763 et dans celle de Galbaud du Fort à Saint-Domingue, et 72 % dans la sucrerie martiniquaise étudiée par Debien (1960). Elle refuse de généraliser : ces plantations sont anciennes, grandes, à population créole et à mortalité moins forte — Bisdary n’a que 5 % d’Africains en 1763, contre un quart dans l’ensemble de la Guadeloupe — et le fait même d’avoir dressé des listes par familles montre des maîtres favorables, ou du moins pas hostiles, aux familles.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Pourcentages repris par Gautier de plusieurs études et de ses propres comptes ; ils valent pour ces grandes plantations anciennes, non pour les trois colonies.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 980

À Bisdary, grande sucrerie de la Guadeloupe vendue par les Jésuites en 1763 avec 312 esclaves, l’inventaire…

Point 3 sur 14 · Mesure · 1763–1793

À Bisdary, grande sucrerie de la Guadeloupe vendue par les Jésuites en 1763 avec 312 esclaves, l’inventaire de cette année-là compte, selon Arlette Gautier, 71 familles : 19 couples mariés, 29 couples concubins et 23 familles monoparentales. Les familles légitimes ne forment qu’un quart des familles de 1763 à 1793. De 1768 à 1778, quatre mariages ratifient une longue vie commune, les mariés ayant de nombreux enfants ; les inventaires n’enregistrent plus aucun mariage après 1783, jusqu’au dernier, de 1793.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Comptes de Gautier sur les inventaires de Bisdary (Gautier 1984), dont les blocs familiaux sont recopiés d’un inventaire à l’autre ; une plantation ne représente pas la Guadeloupe.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 990

À Bisdary, en Guadeloupe, selon Arlette Gautier, parmi les 48 couples de l’inventaire de 1763, 14 ont été…

Point 4 sur 14 · Mesure · 1763–1793

À Bisdary, en Guadeloupe, selon Arlette Gautier, parmi les 48 couples de l’inventaire de 1763, 14 ont été séparés avant que la femme ait 45 ans, sans que l’on sache si c’est par décès ou par vente ; une femme mariée est laissée au service d’un abbé et ne reparaît plus auprès de son mari. Les foyers nucléaires restent les deux tiers de 1763 à 1793 si l’on compte tous ceux où un homme a vécu, et 80 % des esclaves nés sur la plantation y ont vécu avec leur père et leur mère.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Comptes et lecture de Gautier sur sept inventaires d’une seule plantation. Gautier écrit que ces enfants ont été « élevés » par leurs deux parents (p. 991) ; ce que les inventaires attestent, et qu’elle résume p. 994, c’est qu’ils vivent avec eux dans le même foyer, non la part de chacun dans les soins. Le cas de l’épouse laissée à l’abbé est rapporté sans nom.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 991 et 994

À Bisdary, en Guadeloupe, 259 des 312 esclaves ont en 1763 de un à huit parents proches ou alliés sur la…

Point 5 sur 14 · Mesure · 1763–1783

À Bisdary, en Guadeloupe, 259 des 312 esclaves ont en 1763 de un à huit parents proches ou alliés sur la plantation, surtout dans des familles nucléaires. En 1783, 69 esclaves forment quatre groupes familiaux de 12 à 26 membres et 76 autres une famille étendue de neuf ménages ; le nombre moyen de parents consanguins ou alliés d’un esclave passe de 3,5 à 25,5. Selon Arlette Gautier, Bisdary devient ainsi un réseau de relations familiales qui donne un tout autre sens à la vie sur la plantation.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Reconstitution de Gautier à partir des listes ; elle avertit qu’on ne peut pas dire avec certitude comment cette parenté était vécue, et qu’il est risqué de fonder une analyse sur une seule liste.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 992-993

Dans les six listes de Bisdary du XVIIIe siècle, en Guadeloupe, le prénom d’un parent n’est donné qu’à 14…

Point 6 sur 14 · Mesure · date non établie

Dans les six listes de Bisdary du XVIIIe siècle, en Guadeloupe, le prénom d’un parent n’est donné qu’à 14 enfants de sept familles, dont 9 reçoivent celui de leur père ; dans neuf cas l’adulte occupe une position respectable, comme le maître charpentier, sa femme accoucheuse et leur gendre charpentier. Arlette Gautier rappelle qu’on ne connaît que les prénoms transcrits par les Blancs, non ceux que les esclaves pouvaient se donner.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Indicateur construit par Gautier ; la faiblesse des connaissances sur les réseaux de parenté peut faire sous-estimer la transmission des prénoms.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 993

À Case-Pilote, en Martinique, le curé note de 1760 à 1762 l’identité des pères des enfants baptisés : 49…

Point 7 sur 14 · Mesure · 1760–1762

À Case-Pilote, en Martinique, le curé note de 1760 à 1762 l’identité des pères des enfants baptisés : 49 esclaves du même atelier que la mère (36 %), dont 20 mariés, 56 esclaves d’autres maîtres (41 %), les autres pères étant libres (23 %), blancs ou de couleur. Selon Arlette Gautier, la présence d’un père d’un autre atelier ne peut être que lointaine : il n’a, au mieux, que le dimanche de libre.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Comptes de Bernard David repris par Gautier ; Case-Pilote est l’un des seuls endroits où ces mentions sont connues, et la paternité déclarée au curé ne dit rien de la vie commune.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 994 (d’après David 1975)

Selon Arlette Gautier, certains colons refusent de laisser se marier des esclaves qu’ils ne pourraient plus…

Point 8 sur 14 · Interprétation · date non établie

Selon Arlette Gautier, certains colons refusent de laisser se marier des esclaves qu’ils ne pourraient plus vendre séparément, et refusent aussi le mariage d’esclaves de maîtres différents, parce qu’ils seraient « toujours sur les routes » pour visiter leur conjoint et parce que la famille de l’esclave est tenue pour une partie dépendante de celle du maître.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Synthèse de Gautier, sans citation de la pièce qui porte l’expression « toujours sur les routes » à cet endroit de l’article.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 985

À Bisdary, en Guadeloupe, les ouvriers qualifiés forment 36 % des hommes célibataires, 48 % des concubins et…

Point 9 sur 14 · Mesure · 1763–1783

À Bisdary, en Guadeloupe, les ouvriers qualifiés forment 36 % des hommes célibataires, 48 % des concubins et 69 % des époux, alors qu’ils ne sont que 38 % des hommes ; en 1763, l’homme marié a en moyenne trois ans de plus que sa femme, et le concubin un an et huit mois. Pour Arlette Gautier, le type de vie familiale des hommes dépend fortement de leur place dans la hiérarchie de la plantation.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Comptes de Gautier sur une seule plantation.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 992

Aux Abymes, en Guadeloupe, selon Arlette Gautier, la moitié des couples qui prennent le même nom en 1848…

Point 10 sur 14 · Mesure · 1848

Aux Abymes, en Guadeloupe, selon Arlette Gautier, la moitié des couples qui prennent le même nom en 1848 n’habitaient pas la même plantation pendant l’esclavage.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Sondage de Gautier sur les premières inscriptions des Abymes, dont la répartition n’est pas publiée ; le résultat vaut pour ce sondage, non pour toute la Guadeloupe.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 995 et tableau 1

Selon Arlette Gautier, après l’abolition de l’esclavage, 40 000 mariages, 20 000 légitimations et 30 000…

Point 11 sur 14 · Mesure · 1848–1858

Selon Arlette Gautier, après l’abolition de l’esclavage, 40 000 mariages, 20 000 légitimations et 30 000 reconnaissances d’enfants ont lieu en moins de dix ans dans les quatre « vieilles colonies » (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion) ; en Guadeloupe, le nombre annuel de mariages passe de 61 en 1838 à 101 en 1846 et à 907 en 1856.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Chiffres d’Augustin Cochin repris par Gautier, pour quatre colonies réunies dont deux hors du périmètre principal ; ils ne séparent ni les îles ni les anciens esclaves des autres habitants.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 985 (d’après Cochin 1861)

Plus d’hommes que de femmes au XVIIIᵉ siècle, moins au XIXᵉ, parmi les personnes asservies des Antilles françaises

Point 12 sur 14 · Mesure · 1659–1847

Arlette Gautier relève que, vers 1659, les négriers amènent aux Antilles françaises une femme et un enfant pour un homme adulte, mais que dès le début du XVIIIᵉ siècle les armateurs conseillent d’acheter deux hommes pour une femme. Selon elle, il en résulte 120 à 130 hommes pour 100 femmes parmi les personnes asservies de la Martinique jusqu’en 1764, environ 113 pour 100 en Guadeloupe de 1719 à 1740 puis 115 en 1772, et 150 pour 100 à Saint-Domingue de 1713 à 1754. Au XIXᵉ siècle, dans les colonies restées françaises, le rapport tombe au-dessous de 100 hommes pour 100 femmes, alors que la traite reprise à partir de 1810 amène encore deux hommes pour une femme.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les rapports sont ceux que Gautier tire des recensements et d’auteurs antérieurs, sans série continue ; les bornes diffèrent d’une colonie à l’autre. Ils décrivent la population asservie présente, non les seules arrivées, sauf pour la traite du XIXᵉ siècle.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 982 du PDF JSTOR ; Gautier cite Petit-Jean-Roget pour 1659, Newton pour le conseil des armateurs et les recensements des Archives nationales d’outre-mer pour les rapports par colonie

La part des personnes nées en Afrique parmi les personnes asservies, de Saint-Domingue aux Petites Antilles

Point 13 sur 14 · Mesure · 1750–1848

D’après Arlette Gautier, les personnes nées en Afrique forment plus de 60 % des personnes asservies de Saint-Domingue entre 1750 et 1790, surtout dans le Sud et l’Ouest, alors qu’elles sont près de la moitié dans le Nord. En Guadeloupe, entre 1760 et 1789, elles ne sont qu’un quart ; en Guadeloupe comme en Martinique, leur part tombe à 10 % entre 1830 et 1848.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Ces parts sont des ordres de grandeur tirés d’inventaires et de recensements partiels, non des comptes exhaustifs. Pour Saint-Domingue en 1789, l’estimation pondérée de Geggus sur 352 plantations donne 53,47 % de personnes nées en Afrique : les deux mesures ne portent ni sur les mêmes listes ni sur les mêmes dates.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 982 (vue 9 du PDF JSTOR) : « près de la moitié dans le Nord » ; Gautier s’appuie pour Saint-Domingue sur Debien 1974, p. 56-65

Une population asservie qui croît par la traite

Point 14 sur 14 · Interprétation · 1751–1791

Arlette Gautier écrit qu’au XVIIIᵉ siècle la croissance de la population asservie de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui fait plus que doubler dans les quarante ans qui suivent 1751, « est essentiellement due à la poursuite de la traite ». Elle le rattache aux deux effets de la traite sur les familles : la part des personnes nées en Afrique et le surnombre des hommes.

Précisions nécessaires à l’interprétation

C’est l’analyse de Gautier, fondée sur les effectifs de Curtin (1967), aujourd’hui dépassés ; l’article ne chiffre ni les naissances ni les décès, renvoyés à sa thèse de 1986.

  • Les familles esclaves aux Antilles françaises, 1635-1848 (cette notice) — p. 981 du PDF JSTOR : population asservie de 1751 par colonie, doublement « quarante ans plus tard » pour la Guadeloupe et Saint-Domingue, et croissance « essentiellement due à la poursuite de la traite »