Chaque point reprend un énoncé sourcé déjà employé dans un dossier ou une fiche. Sa réserve précise ce que les sources ne permettent pas de généraliser.
Bien avant l’implantation française dans l’ouest d’Hispaniola, la colonisation espagnole commencée en 1493 avait imposé l’asservissement et le travail forcé aux Taïnos, contribué avec les maladies à leur effondrement démographique et introduit des captifs africains dès le début du XVIe siècle.
À garder en tête : Ce rappel précède la période principale du dossier et résume une histoire espagnole longue et complexe ; il sert à éviter de présenter l’arrivée française comme le début de la colonisation ou de l’esclavage à Hispaniola.
Avant qu’une traite française régulière ne soit installée, l’approvisionnement des colonies françaises en personnes esclavisées passe par plusieurs circuits : marchands étrangers, achats sur les côtes africaines, captures directes et prises sur des navires ennemis.
À garder en tête : Le poids de chaque circuit n’est pas établi pour chaque île, et les chroniques rendent mieux visibles les prises spectaculaires que les flux ordinaires.
À partir des années 1650, l’essor du sucre en Guadeloupe et en Martinique mobilise des capitaux, du crédit, des savoir-faire techniques, des terres et un travail servile plus nombreux et plus durable.
À garder en tête : Les réseaux néerlandais jouent un rôle majeur dans plusieurs de ces apports sans être une cause unique ; la chronologie et les acteurs varient selon les établissements.
À la Tortue et dans la partie française de Saint-Domingue, l’esclavage se développe selon une chronologie différente de celle des Îles-du-Vent : les engagés restent longtemps nombreux, les prises et le commerce interlope jouent un rôle important, et la traite régulière demeure limitée avant la fin des années 1680.
À garder en tête : Les estimations disponibles sont prudentes et ne permettent pas de traiter la Tortue, le Cap et les différentes côtes comme un espace uniforme.
Au début de mars 1670, alors que la Justice est encore au mouillage sur la côte d’Ardra, d’Elbée écrit que 434 personnes captives se trouvent à son bord ; il rapporte que certaines tombent malades tandis que la terre reste visible.
À garder en tête : D’Elbée désigne ces personnes comme des « Noirs » et interprète lui-même leur état comme de la « mélancolie » et de la « tristesse ». Son témoignage rend visibles l’enfermement et la maladie, mais ne donne pas directement accès à leurs paroles.
Dans sa description du marché d’Ardra en 1670, d’Elbée distingue des prisonniers de guerre, des personnes livrées par des royaumes voisins, des personnes nées dans l’esclavage et d’autres asservies à la suite d’une condamnation ou pour une dette impayée.
À garder en tête : D’Elbée propose les catégories générales d’un organisateur européen de la traite. Il ne relie aucune des 997 personnes embarquées sur la Justice et la Concorde à une catégorie, un village ou une circonstance individuelle de mise en captivité.
Le journal de d’Elbée décrit une expédition française partie en 1669 avec la Justice et la Concorde vers la côte d’Ardra. La Justice y embarque 434 personnes avant de partir en mars 1670 ; la Concorde en embarque 563, dont 443 sont signalées vivantes à son arrivée à la Martinique le 13 septembre 1670 : selon ce bilan, 120 personnes sont mortes pendant la traversée.
À garder en tête : Le volume compte les personnes embarquées et donne un bilan d’arrivée pour la Concorde, mais aucun nom ni devenir après le débarquement. La somme des arrivées des deux navires varie selon les compilations postérieures ; elle n’est donc pas utilisée ici.