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Esclavage aux Antilles

Source

Décisions au sujet des pénitences publiques imposées aux femmes noires non mariées qui présentent leurs enfants au baptême

Conseil de Marine et Régent

Pièce d’archives · 1722

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Notice

Droits : Licence ouverte Etalab 2.0 (décision ANOM 2018-1) : réutilisation libre sous réserve de la mention d’origine et du respect de l’intégrité des informations. Crédit : « FR ANOM, Aix-en-Provence, COL C8 B 8, no 110 ter · Archives nationales d’outre-mer (France) · licence ouverte Etalab 2.0 ».

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

L’exploitation sexuelle des femmes esclavisées

En Martinique, en 1722, Petite Rose et Isabelle, deux femmes tenues en esclavage, apportent leurs nouveau-nés au baptême. Des missionnaires veulent leur imposer une pénitence publique, une cérémonie d’humiliation dans l’église ; Jean Dubuc de L’Étang, qui les tient en esclavage, s’y oppose ; l’administration royale tranche. Les pièces ne permettent pas de reconstituer les relations à l’origine des naissances et ne prouvent donc pas une agression sexuelle précise. Elles montrent un autre aspect du contrôle exercé sur les femmes : après la naissance, les missionnaires conditionnent le baptême à une punition publique, Dubuc porte plainte et des agents du roi décident si cette peine relève des religieux ou de la justice royale.

7 min · 1664–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Points étayés

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Le 30 novembre 1722, le Conseil de Marine conclut que les pénitences publiques imposées en Martinique ne conviennent pas. La pièce porte ensuite la mention « fait et arrêté » au 14 décembre 1722 et les marques d’approbation : l’avis du 30 novembre et sa formalisation du 14 décembre sont deux moments du même dossier.

Domitille de Gavriloff lit l’affaire martiniquaise de 1722 comme un conflit entre trois pouvoirs exercés sur les femmes esclavisées : les dominicains veulent imposer une pénitence publique avant le baptême ; Jean Dubuc de L’Étang défend son autorité de propriétaire ; le Conseil de Marine retire la pénitence aux religieux pour maintenir la juridiction royale. L’interdiction ferme la cérémonie publique sans établir une poursuite des hommes responsables ni l’application de l’article 9 de l’édit de 1685.