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Esclavage aux Antilles

Source

Observations sur le jugement du 10 octobre 1722 relatif aux pénitences publiques

Administration royale

Pièce d’archives · 1722

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Notice

Droits : Licence ouverte Etalab 2.0 (décision ANOM 2018-1) : réutilisation libre sous réserve de la mention d’origine et du respect de l’intégrité des informations. Crédit : « FR ANOM, Aix-en-Provence, COL C8 B 8, no 123 · Archives nationales d’outre-mer (France) · licence ouverte Etalab 2.0 ».

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

L’exploitation sexuelle des femmes esclavisées

En Martinique, en 1722, Petite Rose et Isabelle, deux femmes tenues en esclavage, apportent leurs nouveau-nés au baptême. Des missionnaires veulent leur imposer une pénitence publique, une cérémonie d’humiliation dans l’église ; Jean Dubuc de L’Étang, qui les tient en esclavage, s’y oppose ; l’administration royale tranche. Les pièces ne permettent pas de reconstituer les relations à l’origine des naissances et ne prouvent donc pas une agression sexuelle précise. Elles montrent un autre aspect du contrôle exercé sur les femmes : après la naissance, les missionnaires conditionnent le baptême à une punition publique, Dubuc porte plainte et des agents du roi décident si cette peine relève des religieux ou de la justice royale.

7 min · 1664–1789 · Martinique, Petites Antilles et circulations intercoloniales

Points étayés

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Les observations administratives sur le jugement rendu en Martinique le 10 octobre 1722 rapportent qu’il autorise provisoirement la pénitence publique pour les femmes qui s’y soumettraient volontairement, à condition de ne faire violence ni à elles ni à leurs maîtres.

En 1722, Anicet Mane décrit la pénitence que les dominicains de Martinique veulent imposer aux femmes esclavisées désignées comme noires ou mulâtresses après la naissance d’un enfant classé comme métis : venir à l’église au début de la messe paroissiale avec l’enfant dans les bras, porter une corde au cou et un cierge allumé, puis rester à genoux au milieu de l’église pendant toute la messe avant le baptême de l’enfant.

Dans sa remontrance de 1722, le procureur général Dumay conteste que la pénitence exigée des mères puisse être qualifiée de simple pénitence volontaire : selon lui, la mère y est contrainte parce que le religieux refuse d’administrer le baptême à l’enfant tant qu’elle n’a pas accompli l’amende honorable.

Domitille de Gavriloff lit l’affaire martiniquaise de 1722 comme un conflit entre trois pouvoirs exercés sur les femmes esclavisées : les dominicains veulent imposer une pénitence publique avant le baptême ; Jean Dubuc de L’Étang défend son autorité de propriétaire ; le Conseil de Marine retire la pénitence aux religieux pour maintenir la juridiction royale. L’interdiction ferme la cérémonie publique sans établir une poursuite des hommes responsables ni l’application de l’article 9 de l’édit de 1685.