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Esclavage aux Antilles

Source

Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises

Ministère de la Marine et des Colonies

Source imprimée · 1844

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Notion

Le pécule : argent, biens et rachat de liberté

Dans cette fiche : Compilation ministérielle des rapports du patronage, 1840-1843 : marchés dominicaux de la Martinique.

8 min · 1664–1848 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +3

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Dans son rapport du 6 septembre 1841, le procureur du roi de Marie-Galante, en Guadeloupe, rapporte que des…

Point 1 sur 4 · Témoignage · 1841-09-06

Dans son rapport du 6 septembre 1841, le procureur du roi de Marie-Galante, en Guadeloupe, rapporte que des esclaves interrogés repoussent le mariage. Un homme, vivant depuis longtemps avec une femme du même atelier dont il a plusieurs enfants, lui répond que le mariage a été institué pour les Blancs, réponse que le procureur dit faite avec insouciance ; sur une autre habitation, une femme lui répond « que le mariage rendait les hommes trop despotes, et que dans l’état de concubinage les femmes dominaient les hommes et les trouvaient plus généreux ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les paroles sont rapportées au style indirect par un magistrat qui voit dans ce refus une « répugnance » et qui qualifie lui-même d’insouciante la réponse de l’homme ; ni l’homme ni la femme ne sont nommés. Arlette Gautier renvoie à tort à la p. 590 et prête aux femmes la réponse de l’homme.

  • Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises (cette notice) — chap. XII, p. 578-579

Dans la Martinique des années 1830 et 1840, des personnes esclavisées vendent le produit de leurs jardins…

Point 2 sur 4 · Pratique · 1830–1847

Dans la Martinique des années 1830 et 1840, des personnes esclavisées vendent le produit de leurs jardins dans les bourgs et villes. Le dimanche est le principal jour de marché ; Le Lamentin, Le François, La Trinité et Le Robert attirent des vendeurs venus de plusieurs parties de l’île. Manioc, patates, ignames, volailles, fruits, légumes, poissons, animaux et objets fabriqués y sont échangés avec des biens manufacturés, tandis que le marché sert aussi à se rencontrer, circuler et échanger des nouvelles.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Tomich compose cette description à partir d’observateurs, de responsables coloniaux et de statistiques qui ne donnent ni la fréquence des déplacements de chaque personne ni la part exacte du ravitaillement de la colonie fournie par ces ventes. Soleau rapporte que cinq à six mille personnes pourraient se réunir au Lamentin, mais cette estimation indirecte n’est pas reprise comme une mesure dans l’énoncé. Le marché ouvre des usages propres sans soustraire les vendeurs à l’esclavage ni aux contrôles policiers.

  • Slavery in the Circuit of Sugar: Martinique and the World-Economy, 1830-1848 — 2e éd., chapitre 3, p. 152-160, et chapitre 8, p. 387-390, particulièrement p. 387-389 sur les bourgs-marchés, les produits, les échanges et la sociabilité
  • Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises (cette notice) — p. 182 et 331-333, rapports martiniquais sur la culture et la vente de vivres, légumes, charbon, bois, herbe et autres produits à Fort-Royal, Saint-Pierre et dans les bourgs

À la Martinique dans les années 1840, l’organisation des jardins vivriers transfère aux personnes…

Point 3 sur 4 · Interprétation · 1840–1847

À la Martinique dans les années 1840, l’organisation des jardins vivriers transfère aux personnes esclavisées une partie du temps et du travail nécessaires à leur propre entretien, en dehors du temps consacré aux cultures commerciales. Elle réduit ainsi les dépenses alimentaires des propriétaires tout en laissant aux cultivateurs une maîtrise conditionnelle de parcelles, de récoltes et d’un éventuel surplus vendu ou échangé.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cette organisation ne s’applique pas partout de la même manière. Les terres sèches ou pauvres de plusieurs communes du sud limitent les cultures, des personnes incapables de pourvoir à leur nourriture continuent de recevoir une ration et certaines refusent le jardin parce qu’il ajoute du travail à leur journée. Les documents mobilisés par Tomich disent peu de la manière dont les intéressés organisent eux-mêmes cette activité ; la maîtrise du produit reste exposée aux retraits de temps, de terre ou de récolte.

  • Slavery in the Circuit of Sugar: Martinique and the World-Economy, 1830-1848 — 2e éd., chapitres 7 et 8, p. 367-370 et 376-388, notamment p. 381-386 sur le travail d’entretien, les jardins de case, les parcelles vivrières, les risques et les usages du produit
  • Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises (cette notice) — p. 180-188, 288-291 et 303-305, rapports martiniquais sur le samedi substitué à la ration, les cultures vivrières, les achats des propriétaires, le travail des jardins pendant l’interruption de midi et les variations communales

À la Martinique, l’ordonnance du 5 janvier 1840 prescrit aux magistrats du patronage de visiter les…

Point 4 sur 4 · Mesure · 1841–1843

À la Martinique, l’ordonnance du 5 janvier 1840 prescrit aux magistrats du patronage de visiter les habitations rurales et les maisons des villes et bourgs pour examiner notamment la nourriture, l’entretien, le travail, le repos et la discipline. Le tableau ministériel couvrant mai 1841 à mai 1843 réunit 968 visites : 514 dans des sucreries, 214 dans des caféières, 212 dans des habitations de vivres ou d’autres petites cultures et 28 dans des habitations mixtes. Beaucoup d’habitations ont été visitées plusieurs fois et une partie de la population rurale reste hors de cette inspection. Jusqu’en 1842, les rapports portent presque exclusivement sur les campagnes ; ceux de Saint-Pierre et de Fort-Royal déclarent ne pas avoir effectué de visites domiciliaires effectives.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Les 968 unités sont des visites, non 968 habitations distinctes ni 968 groupes distincts de personnes. Les grandes propriétés ont été privilégiées et la source reconnaît une couverture rurale incomplète ; cette série ne permet donc pas de calculer des proportions représentatives de toute la colonie. Les déclarations de Saint-Pierre et de Fort-Royal décrivent les actes consignés par leurs magistrats, non la preuve qu’aucune maison n’a jamais été visitée. Les instructions prescrivent aussi la manière de produire l’information : renseignement d’abord pris auprès du propriétaire, inspection en sa présence et plaintes entendues sans les provoquer. Enfin, le tableau des jardins imprime 200 comme total des jardins mal cultivés mais 49 et 159 dans les deux cellules d’arrondissement ; la pièce ne permet pas de corriger cette discordance.

  • Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises (cette notice) — ordonnance du 5 janvier 1840, p. 4-5 ; instructions et rapports sur l’exécution rurale et urbaine, p. 10-13 ; tableau des renseignements fournis par les magistrats de mai 1841 à mai 1843 et note de couverture, p. 89-90