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Esclavage aux Antilles

Source

Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises

Ministère de la Marine et des Colonies

Source imprimée · 1844

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Notice

Droits : Œuvre du domaine public. Fac-similé d'un exemplaire numérisé par Google Books, diffusé par Wikimedia Commons, Wikisource et Internet Archive ; conserver la provenance de la numérisation lors de toute réutilisation d'image.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Personne

Thisbé : « partir marronne » pour aller porter plainte

En 1847, devant la cour d’assises — le tribunal qui juge les crimes — où son maître comparaît, Thisbé raconte pourquoi elle est partie. Son fils Lindor, encore enfant, venait d’être battu ; elle dit l’avoir emmené pour aller porter plainte au maire, et n’être jamais arrivée jusqu’à lui. Dans ses mots, « partir marronne » désigne ici son départ de l’habitation sans l’autorisation du maître ; elle lui donne un but précis : atteindre le maire. Le greffier a consigné ses mots. Il a aussi consigné qu’elle témoignait en faveur de l’homme qu’on jugeait.

10 min · 1830–1848 · Guadeloupe et dépendances

Notion

Manger la terre, et le nom qu’on donnait au mal

Entre la fin du XVIIe siècle et les années 1840, des colons, des notaires, des médecins et des magistrats donnent plusieurs noms au fait de manger de la terre. Leurs textes le relient tour à tour à la maladie, à la nourriture, au prix des personnes ou à la discipline. Ils conduisent aussi aux gestes imposés aux corps : châtiments, bâillons et masques.

11 min · 1685–1848 · Martinique, Saint-Domingue, +2

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

En août 1841, le procureur du roi de Marie-Galante rapporte avoir vu, sur une habitation, un masque de fer-blanc fermé par un cadenas sur un enfant esclavisé et un autre sur Albert, âgé de vingt-cinq ans. L’épouse du propriétaire affirme que tous deux mangent de la terre ; Albert le nie. Elle refuse de retirer les masques parce que son mari, absent, en garde la clef. Dans une lettre du 28 septembre 1841, le gouverneur défend ensuite ces instruments auprès du ministre : les masques « ne sont employés que comme moyen curatif » contre le « mal d’estomac » et, selon lui, « quoique rigoureuse, cette entrave doit être imposée à l’esclave sous peine de le voir périr ».

  • Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises — p. 424, rapport du procureur du roi de Marie-Galante, août 1841, sur les masques vus sur un enfant et sur Albert, réponse d’Albert et refus de l’épouse du propriétaire ; p. 425, lettre du gouverneur au ministre du 28 septembre 1841 défendant l’instrument comme moyen curatif ; fac-similé contrôlé
  • Libres et sans fers. Paroles d’esclaves — chapitre 6 sur les mauvais traitements : raccord éditorial « Ce à quoi souscrit le procureur du roi chargé d’inspecter les habitations », citation de la défense des masques et note 36 renvoyant à l’Exposé général de 1844, p. 425