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Esclavage aux Antilles

Source

Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation

J.-B. Rouvellat de Cussac, ancien conseiller aux cours royales de la Guadeloupe et de la Martinique

Source d’époque · 1845

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Notice

Droits : Texte de 1845 relevant du domaine public ; réutilisation de la numérisation selon les conditions de Gallica.

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Notion

Le pécule : argent, biens et rachat de liberté

Dans cette fiche : Témoignage de Rouvellat de Cussac, ancien magistrat aux Antilles, publié en 1845 : l’acompte absorbé par le loyer, l’homme du Marin qui rachète sa famille.

8 min · 1664–1848 · Martinique, Guadeloupe et dépendances, +3

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Rouvellat de Cussac rapporte qu’un homme de la Martinique, demeurant près du bourg du Marin, qui appartenait…

Point 1 sur 14 · Témoignage · date non établie

Rouvellat de Cussac rapporte qu’un homme de la Martinique, demeurant près du bourg du Marin, qui appartenait à l’atelier d’une habitation voisine, « parvenu à se racheter, a continué à travailler à la terre pour son propre compte », puis a racheté, « au prix de 1,600 francs, la femme avec laquelle il vivait et plusieurs de ses enfants » ; le couple, qui a affermé un terrain, attend d’avoir procuré la liberté à tous les enfants pour se marier et les légitimer en même temps.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cas que l’auteur dit connaître, sans nom ni date, dans un livre abolitionniste publié en 1845 ; le prix global ne distingue pas la femme et les enfants, dont le nombre n’est pas donné, et le texte ne dit pas combien de temps il a fallu pour réunir la somme.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 166-167 (vues 165-166)

Rouvellat de Cussac rapporte qu’un planteur de la Martinique, après avoir reçu d’une femme qu’il possédait,…

Point 2 sur 14 · Témoignage · date non établie

Rouvellat de Cussac rapporte qu’un planteur de la Martinique, après avoir reçu d’une femme qu’il possédait, que l’auteur ne désigne que par une initiale, « environ 500 francs à compte du prix du rachat de sa personne », l’envoya « en journée à Fort-Royal, en exigeant d’elle 20 francs par mois » ; de santé faible et souvent malade, elle avait peine à gagner cette somme, et le maître se paya sur la somme versée : « Dans trois ans, le chiffre de la somme d’abord comptée a été presque absorbé » ; menacée d’être renvoyée à l’atelier, elle « a perdu tout espoir d’arriver à la liberté ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cas rapporté par l’auteur, la femme n’étant désignée que par une initiale ; il ne nomme pas la pièce dont il le tient. Le livre est publié en 1845 et le cas n’est pas daté plus précisément.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 222-223 (vues 221-222)

Selon Rouvellat de Cussac, qui a lu la procédure, Maxime, homme de couleur libre, ancien esclave, économe…

Point 3 sur 14 · Événement · arrêt d’octobre 1839 ; disparition environ trois ans plus tôt

Selon Rouvellat de Cussac, qui a lu la procédure, Maxime, homme de couleur libre, ancien esclave, économe d’une habitation du Marigot, en Martinique, offre plusieurs fois, et chaque fois plus cher, d’acheter sa fille Capresse à la veuve de Saint-Pierre qui la possède ; elle refuse. L’enfant disparaît. Environ trois ans plus tard, un esclave que Maxime voulait faire fouetter l’accuse de l’avoir noyée ; jugés aux assises de Saint-Pierre en octobre 1839, les trois esclaves coaccusés sont acquittés, et Maxime, en fuite, est condamné à mort par contumace.

Précisions nécessaires à l’interprétation

La mort de Capresse n’est pas établie : l’accusation naît de la dénonciation d’un esclave menacé du fouet, et la condamnation est prononcée par contumace. L’auteur juge la preuve incomplète ; son hypothèse d’un père désespéré lui reste attribuée.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 227-229 (vues 226-228)

Le 6 avril 1843, sur une habitation de la Trinité, en Martinique, le soin du cheval du maître est confié à…

Point 4 sur 14 · Événement · faits du 6 avril, jugement du 9 août

Le 6 avril 1843, sur une habitation de la Trinité, en Martinique, le soin du cheval du maître est confié à Melchior, environ dix ans, fils de Jean-Louis. Jean-Louis s’était racheté, mais sa femme et son enfant restaient esclaves sur l’habitation, où il revenait les voir. Le maître juge le cheval mal soigné et ordonne au commandeur de fouetter Melchior, qui crie, « proteste qu’il a fait tout ce qu’il a pu et demande grâce ». Jean-Louis accourt et intercède ; le maître ordonne dix coups de liane de plus ; Jean-Louis veut arracher son fils au fouet et frappe le commandeur d’un coup de poing. Battu, lié, conduit à la geôle de Fort-Royal, il est condamné par défaut, le 9 août, à six mois de prison.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Récit d’un ancien magistrat qui ne nomme pas ses sources et tait le nom du maître ; le statut de Melchior, esclave par sa mère malgré le rachat de son père, est rappelé par Oudin-Bastide.

En novembre 1842, une maîtresse de Fort-Royal comparaît devant la cour royale de la Martinique pour avoir…

Point 5 sur 14 · Événement · audience correctionnelle de novembre 1842

En novembre 1842, une maîtresse de Fort-Royal comparaît devant la cour royale de la Martinique pour avoir écorché à coups de rigoise, un fouet de cuir, un enfant de huit à dix ans qui lui avait cassé trois assiettes ; le médecin de l’hôpital de la marine compte trente blessures. L’enfant s’était échappé chez sa marraine pour se faire panser et se faire ramener par elle, puis, ne la trouvant pas, était allé dans les halliers rejoindre sa mère, elle-même partie à cause des mauvais traitements. La cour juge qu’il n’est pas établi que la maîtresse ait donné plus de vingt-neuf coups, le nombre fixé par les règlements, et la renvoie. Quelques jours après, elle et son mari vendent la mère et l’enfant à plus de dix lieues de Fort-Royal, en refusant d’autres acheteurs de la ville.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Compte rendu d’audience par un ancien magistrat qui tait les noms ; la fuite chez la marraine puis vers la mère est connue par la déposition de l’enfant qu’il rapporte. Les accusations de la défense contre l’enfant sont des propos de témoins à charge, non des faits établis.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 113-116 (vues 112-115) ; rappel p. 125 (vue 124)

En octobre 1842, en Martinique, un homme qui avait pris à son service un enfant esclave appartenant à un…

Point 6 sur 14 · Événement · octobre 1842

En octobre 1842, en Martinique, un homme qui avait pris à son service un enfant esclave appartenant à un autre le soupçonne de lui cacher quelque chose d’une femme avec qui il vit, l’interroge, puis le frappe « plus d’une heure avec une liane, sans cesser », jusqu’à ce que la mère du propriétaire de l’enfant, prévenue par une voisine, accoure et fasse cesser les coups. Condamné en police correctionnelle à dix jours de prison et cinquante francs d’amende, il doit cent francs de dommages-intérêts au propriétaire de l’enfant.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Résumé d’affaire par l’auteur, sans noms ; l’âge de l’enfant n’est pas donné, seulement le mot « négrillon ». Les dommages-intérêts vont au propriétaire, non à l’enfant.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 116-117 (vues 115-116)

Le 6 février 1844, en Martinique, un planteur de vingt-deux ans est poursuivi pour châtiment excessif sur «…

Point 7 sur 14 · Événement · 1844-02-06

Le 6 février 1844, en Martinique, un planteur de vingt-deux ans est poursuivi pour châtiment excessif sur « le jeune nègre François, son esclave », de constitution faible et couvert d’ulcères, renvoyé à la terre après le fouet ; ses plaies s’étaient envenimées. Le maître reconnaît vingt-neuf coups ; des esclaves témoins disent qu’on ne lui en a donné que vingt-neuf, « deux fois douze et puis cinq ». François n’est pas entendu ; le planteur est acquitté.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Compte rendu d’audience par l’auteur ; l’âge de François n’est pas donné. Le motif allégué par le maître, une intrusion nocturne pour voler, n’est pas établi.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 124-125 (vues 123-124)

En janvier 1844, à Fort-Royal, en Martinique, deux garçons et une « petite capresse » de dix à douze ans,…

Point 8 sur 14 · Événement · janvier 1844 ; rassemblements de la fin de l’automne 1843

En janvier 1844, à Fort-Royal, en Martinique, deux garçons et une « petite capresse » de dix à douze ans, soupçonnés sans témoin d’avoir jeté des débris de verre dans une cour, sont conduits à la geôle malgré la défense de leurs maîtres. Sur proposition du maire, après que le directeur de l’intérieur a parlé du fouet, on les vêt d’une toile d’emballage couverte de papiers, on leur poudre les cheveux, on leur blanchit le visage, et on les promène menottés dans la ville un dimanche, précédés d’un homme de la chaîne qui agite une sonnette. Rouvellat de Cussac, qui les voit passer, écrit que l’un des garçons pleure, l’autre baisse la tête, et que la fille relève la tête et répond à ceux qui l’insultent.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Scène vue en partie par l’auteur ; la délibération des autorités est rapportée. Les mots de la fille ne sont pas transcrits ; l’auteur prête à cette enfant une précocité qu’il ne faut pas reprendre.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 66-70 (vues 65-69)

Selon Rouvellat de Cussac, une demoiselle de la région de Saint-Pierre, en Martinique, avait « mis à loyer…

Point 9 sur 14 · Événement · faits de juillet 1843, arrêt du 6 octobre, jugement de décembre

Selon Rouvellat de Cussac, une demoiselle de la région de Saint-Pierre, en Martinique, avait « mis à loyer ou placé » chez un maçon un petit esclave « âgé de huit à dix ans ». Au début de juillet 1843, le maçon le hisse à une solive de sa maison, à huit ou dix pieds de haut, et lui casse une cuisse en le laissant tomber sur le carreau. Porté chez sa maîtresse, l’enfant n’est pas repris : il reste couché devant sa porte jusqu’à ce que des passants et des voisins le portent chez le commissaire de police, qui le fait conduire à l’hôpital. La cour d’assises de Saint-Pierre condamne le maçon, le 6 octobre 1843, à deux ans de prison « pour traitement barbare et inhumain exercé sur un jeune esclave » ; la maîtresse est condamnée en décembre à une amende pour avoir refusé de recevoir son esclave blessé.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Résumé judiciaire d’un ancien magistrat qui tait les noms ; le montant de l’amende de la maîtresse se lit 30 ou 40 francs. Rien ne dit quel travail l’enfant faisait chez le maçon.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 121-122 (vues 120-121)

Rouvellat de Cussac décrit, au début des années 1840, « ces nuées de jeunes colporteuses qui courent les…

Point 10 sur 14 · Témoignage · séjour de l’auteur aux Antilles

Rouvellat de Cussac décrit, au début des années 1840, « ces nuées de jeunes colporteuses qui courent les rues dans toutes les villes de nos Antilles », vendant de maison en maison sirop, mabi, fruits et sucreries, et qui doivent rapporter chaque jour à leurs maîtresses une somme fixée, sous peine du fouet pour « les moindres mécomptes » ; il écrit que, pour combler ce qui manque, elles y ajoutent « le produit de leur prostitution ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Description générale, non chiffrée et sans personne nommée ; « prostitution » est le mot et l’interprétation de l’auteur pour l’argent que ces jeunes filles doivent trouver afin d’atteindre la somme exigée, non un fait établi cas par cas.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 25-26 (vues 24-25)

Victor Schœlcher écrit en 1842 que les quatorze frères de Ploërmel qui enseignent à Saint-Pierre,…

Point 11 sur 14 · Témoignage · 1840–1844

Victor Schœlcher écrit en 1842 que les quatorze frères de Ploërmel qui enseignent à Saint-Pierre, Fort-Royal, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre comptent 820 élèves, « et parmi eux il n’y a pas un esclave », alors que l’ordonnance du 5 janvier 1840 permettait aux maîtres d’y envoyer leurs enfants esclaves ; il rapporte qu’« il est défendu aux chefs d’écoles mutuelles comme aux frères de recevoir aucun enfant esclave ». Rouvellat de Cussac constate de même à Fort-Royal, au début des années 1840, que les écoles des frères et des sœurs de Saint-Joseph n’ont « pas un seul enfant esclave », les maîtres soutenant que l’esclave « n’a besoin que de savoir obéir à son maître ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Aucun des deux auteurs ne cite l’acte qui défendrait l’admission ; ce sont des constats d’abolitionnistes.

En juillet 1843, au Marin, en Martinique, le curé intérimaire fait venir devant Rouvellat de Cussac un petit…

Point 12 sur 14 · Témoignage · juillet 1843, veille du départ de l’auteur du Marin

En juillet 1843, au Marin, en Martinique, le curé intérimaire fait venir devant Rouvellat de Cussac un petit esclave de sept à huit ans appartenant à un voisin ; l’enfant récite Les Animaux malades de la peste, de La Fontaine, puis chante, d’une voix « juste ». Le curé précise qu’il est esclave mais que son père s’est libéré lui-même en se réfugiant à Sainte-Lucie, île anglaise.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Scène vue par l’auteur, qui ne nomme ni l’enfant ni son père ; la fuite du père est rapportée par le curé.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 56 (vue 55)

Rouvellat de Cussac, ancien magistrat en Martinique, écrit au début des années 1840 qu’on voit « dans les…

Point 13 sur 14 · Témoignage · séjour de l’auteur en Martinique

Rouvellat de Cussac, ancien magistrat en Martinique, écrit au début des années 1840 qu’on voit « dans les pâturages de jeunes gardiens de bestiaux portant des carcans au col, de gros anneaux aux jambes », qui doivent courir après les animaux pour défendre les champs de cannes, et que « la moindre bouchée enlevée par le quadrupède est punie sur le pâtre du quatre-piquets », c’est-à-dire du fouet donné sur le corps attaché à quatre piquets.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Description générale d’un témoin abolitionniste, sans date, lieu ni enfant nommés.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 13 (vue 12)

Rouvellat de Cussac rapporte que, sur une habitation des environs de Fort-Royal, en Martinique, « une jeune…

Point 14 sur 14 · Événement · séjour de l’auteur en Martinique ; fait non daté

Rouvellat de Cussac rapporte que, sur une habitation des environs de Fort-Royal, en Martinique, « une jeune fille de douze ans avait été écrasée par le moulin », et que l’accident « fut attribué à l’imprudence de l’économe ».

Précisions nécessaires à l’interprétation

Fait rapporté sans date, sans nom de la fille ni de l’habitation ; l’auteur ne dit pas ce qu’elle faisait au moulin.

  • Situation des esclaves dans les colonies françaises ; urgence de leur émancipation (cette notice) — p. 43 (vue 42)