Aller au contenu
Esclavage aux Antilles

Source

Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome II

Jean-Baptiste Du Tertre

Source d’époque · 1667

Cette page indique où la source est utilisée sur le site et quels points elle permet d’étayer.

Consulter la source en ligne

Notice

Droits : Œuvre du domaine public. Numérisation de l’exemplaire de la John Carter Brown Library diffusée par Internet Archive, sous licence CC BY 4.0 ; attribution de la bibliothèque et indication des modifications ; le crédit publié est « numérisation John Carter Brown Library, diffusée par Internet Archive sous licence CC BY 4.0 ». Vérifié le 4 septembre 2026 sur https://jcblibrary.org/permissions, et dans les métadonnées de l’exemplaire, qui donnent la John Carter Brown Library comme contributeur et mécène et ne portent aucun champ licenseurl. La notice précédente attribuait cette numérisation à la Bibliothèque nationale de France et imposait pour cette raison de vérifier les conditions avant toute reproduction de page : c’était une erreur de provenance. Aucun visuel n’est repris par ce lot.

Dans les fiches

Les formats courts qui citent cette source dans leur bibliographie.

Notion

Qu’est-ce qu’un engagé dans les Antilles françaises ?

Dans cette fiche : Histoire du missionnaire Du Tertre, tome II : vente des engagés par les capitaines, revente de leur temps, recrutement trompeur et calcul des maîtres sur la durée du service.

7 min · 1620–1789 · Petites Antilles et circulations intercoloniales, Martinique, +7

Points étayés

Les points publiés dont une preuve renvoie directement à cette source.

Du Tertre écrit, dans le tome II de son Histoire générale des Antilles (1667), que l’un des principaux…

Point 1 sur 4 · Témoignage · date non établie

Du Tertre écrit, dans le tome II de son Histoire générale des Antilles (1667), que l’un des principaux commerces des navires français venus aux îles de Dieppe, du Havre, de Saint-Malo, de La Rochelle et d’autres ports a été d’y faire passer de jeunes garçons engagés, qu’ils vendaient aux habitants pour les servir trois ans « comme des esclaves ». Le prix commun en était de mille ou douze cents livres de pétun, c’est-à-dire de tabac, et ils se vendaient bien plus cher quand ils savaient quelque métier.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Du Tertre décrit un commerce passé, sans date ni île précises, et le condamne comme un « detestable negoce » ; le prix est un ordre de grandeur qu’il donne, non un relevé d’actes de vente. « Comme des esclaves » est sa comparaison pour le service dû pendant trois ans : la vente porte sur un temps de service, non sur la personne pour la vie. Le passage ne dit pas quelle part des engagés passait par la vente d’un capitaine plutôt que par un contrat signé avec un colon.

  • Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome II (cette notice) — traité VII, p. 464, PDF p. 498, dernier paragraphe : navires de Dieppe, du Havre, de Saint-Malo et de La Rochelle, jeunes garçons engagés vendus aux habitants pour trois ans, prix commun de mille ou douze cents livres de pétun, prix plus élevé pour qui sait un métier

Du Tertre ajoute que les capitaines qui faisaient ce commerce avaient des gens qui « les prenoient à toutes…

Point 2 sur 4 · Témoignage · lettre de Poincy, 1640

Du Tertre ajoute que les capitaines qui faisaient ce commerce avaient des gens qui « les prenoient à toutes mains », et qui enjôlaient bien souvent de pauvres écoliers et des enfants de famille, « leur faisant croire mille merveilles du pays, où ils les alloient reduire à l’esclavage ». Il imprime à l’appui une lettre écrite en 1640 par le général de Poincy aux seigneurs de la Compagnie, pour obtenir qu’ils empêchent ce commerce et poursuivent un capitaine : selon cette lettre, un nommé Jonas et son frère Lantery ont attrapé par leurs artifices deux cents jeunes Français, les ont retenus trois mois à « S. Servais proche de S. Malo », puis engagés pour cinq, six et sept ans, à raison de 900 livres de coton chacun, à l’île de la Barboude.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Ce sont les accusations de Du Tertre et de la lettre qu’il imprime, sans procédure connue ni parole des jeunes gens eux-mêmes ; « reduire à l’esclavage » est son jugement sur un service à terme, non un changement de statut. Le cas de 1640 est un abus dénoncé — un convoi vers une île hors des colonies françaises et des engagements de cinq à sept ans — et ne décrit pas la forme ordinaire du recrutement. L’issue de la plainte n’est pas connue.

  • Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome II (cette notice) — traité VII, p. 464-465, PDF p. 498-499 : gens qui prennent « à toutes mains », écoliers et enfants de famille trompés sur le pays ; lettre de Poincy de 1640 sur Jonas et Lantery, deux cents jeunes hommes, trois mois à « S. Servais », engagements de cinq à sept ans, 900 livres de coton, la Barboude

Du Tertre présente comme « une loy inviolable & fondamentale dans les Isles » que ceux qui y passent aux…

Point 3 sur 4 · Témoignage · date non établie

Du Tertre présente comme « une loy inviolable & fondamentale dans les Isles » que ceux qui y passent aux dépens d’un autre, hommes, femmes, garçons ou filles, doivent servir trois ans à compter du jour où ils mettent pied à terre, sans qu’un contrat écrit soit nécessaire. Celui qui a payé le passage peut se servir de l’engagé trois ans mais aussi le vendre à qui il veut, et l’acheteur à un autre : on a vu, écrit-il, de jeunes garçons français, souvent de meilleure maison que ceux qu’ils servaient, changer sept ou huit fois de maître pendant leurs trois ans. Le seul moyen de se racheter est de trouver des amis qui achètent un autre engagé pour servir à sa place, échange que les gouverneurs imposent alors aux maîtres.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Du Tertre décrit une coutume des îles qu’il a connues — le passage suit une description de Saint-Christophe — et non une loi écrite ; « sept ou huit fois » est un cas qu’il dit avoir été vu, non une fréquence. Le rachat par un remplaçant suppose des amis capables de payer un passage : le texte ne dit pas combien d’engagés y parvenaient. Il ajoute que les femmes, plus rares, ne sont pas soumises aux mêmes rigueurs.

  • Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome II (cette notice) — traité VII, p. 454, PDF p. 488 : service de trois ans dû par qui passe aux dépens d’un autre, sans contrat écrit nécessaire ; droit de vendre l’engagé ; « sept ou huit fois de maistre » ; rachat par un remplaçant imposé par les gouverneurs

Du Tertre explique que certains maîtres ménagent moins les engagés français que les personnes esclavisées…

Point 4 sur 4 · Témoignage · date non établie

Du Tertre explique que certains maîtres ménagent moins les engagés français que les personnes esclavisées parce qu’ils ne détiennent les premiers que trois ans tandis que l’achat des secondes engage un intérêt patrimonial durable. Son raisonnement fait de la durée de propriété un calcul de conservation, non une mesure indépendante des violences subies.

Précisions nécessaires à l’interprétation

Cette explication appartient à Du Tertre et ne démontre pas que les personnes esclavisées sont mieux traitées. Elle éclaire le calcul qu’il prête aux maîtres.

  • Histoire générale des Antilles habitées par les François, tome II (cette notice) — traité VII, chapitre II, p. 477, PDF p. 511 : trois ans d’engagement, propriété durable et ménagement différencié