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Esclavage aux Antilles

Période

Expansion du système esclavagiste

Cette page rassemble les récits, les repères et les sources déjà publiés sur ce sujet. Elle sert d’index et ne remplace pas une lecture suivie.

Dans les dossiers

Les récits suivis qui abordent ce sujet.

XVIIe–début XIXe siècle — Traverser l’Atlantique à bord d’un navire négrier

La terre reste d’abord visible. Puis elle disparaît, tandis que le navire continue d’avancer jour et nuit. Sous le pont ou sur le pont, souvent entravés, des femmes, des hommes et des enfants cherchent à comprendre la destination que l’équipage leur impose, parlent, transmettent des messages, prennent soin les uns des autres, refusent et agissent.

Points établis dans les publications

Chaque point reprend un énoncé sourcé déjà employé dans un dossier ou une fiche. Sa réserve précise ce que les sources ne permettent pas de généraliser.

Le procès-verbal de La Flore rapporte que, le 17 décembre 1787 au mouillage près de l’île à Perroquet dans la rivière du Gabon, des personnes captives se libérèrent de leurs fers pendant la nuit, forcèrent les écoutilles et la porte de la rambarde, s’armèrent de pagaies, de couteaux, de bûches et d’outils du tonnelier, frappèrent des membres de l’équipage et que cinq d’entre elles tentèrent de s’échapper à la nage.

À garder en tête : Le récit est rédigé et signé collectivement par le capitaine et des membres de l’équipage, puis déposé six mois après les faits. Il permet de suivre des actions, mais ne nomme aucune personne captive, ne rapporte aucune de leurs paroles et attribue leurs intentions depuis le point de vue des négriers.

Dans le même procès-verbal, l’équipage rapporte avoir tiré un canon de la rambarde, tué une personne et blessé deux autres ; cinq personnes parties à la nage furent ramenées par le canot armé d’un autre navire, les captifs furent de nouveau ferrés deux à deux et ceux que l’équipage jugeait les plus impliqués reçurent cinquante coups de fouet.

À garder en tête : Les catégories de « chefs » et de personnes « les plus coupables » appartiennent à l’équipage, qui dit avoir fouetté pour obtenir des désignations. Le document ne permet ni d’identifier les personnes visées ni de mesurer ce type de répression au-delà de ce voyage.

Dans le récit qu’il publie en 1789, Olaudah Equiano raconte son arrivée devant un navire négrier, l’examen de son corps, la descente sous le pont, son refus de manger puni par le fouet, puis les questions qu’il adresse à des personnes de sa région sur leur destination et sur la marche du navire. Après le départ, il décrit l’enfermement, le manque d’air, trois hommes qui se jettent à la mer, les poissons volants et l’instrument de navigation, puis l’apparition de la Barbade et l’inspection devant Bridgetown.

À garder en tête : La naissance africaine d’Equiano et le statut autobiographique exact de sa traversée ont fait l’objet d’un débat renouvelé. Le récit est certain comme publication de 1789 et doit être présenté sous cette qualification ; il ne faut pas convertir silencieusement chaque détail en déposition indépendante contrôlée par un journal de bord.

Dans le récit qu’Ottobah Cugoano publie en 1787, les personnes conduites de Cape Coast vers la Grenade passent plusieurs jours enfermées à bord alors que la terre reste visible. Après le départ, elles concertent un projet pour mettre le feu au navire et mourir ensemble : Cugoano écrit que les femmes et les garçons doivent l’exécuter parce que les hommes sont enchaînés sous le pont ; le projet est révélé puis réprimé.

À garder en tête : Cugoano relie la révélation du projet à une femme de leur région que des responsables du navire faisaient coucher avec eux. Cette situation de violence sexuelle ne permet ni de connaître sa marge de choix ni de la réduire à une figure morale de trahison. Le récit ne donne pas le nom du navire ni une date précise de la traversée.

Dans le récit de vie que Venture Smith dicte et publie en 1798, le navire part d’Anomabu vers la Barbade ; une épidémie de variole éclate pendant la traversée et, sur 260 personnes parties d’Afrique, il en compte au plus 200 encore vivantes à l’arrivée.

À garder en tête : Les nombres appartiennent au récit publié et ne doivent pas être remplacés par les estimations de la base. SlaveVoyages rapproche le texte du voyage 36067 tout en examinant ses écarts ; cette validation de route ne transforme pas toutes les précisions du récit en journal de bord.

Alexander Falconbridge, ancien chirurgien de navires négriers, décrit en 1788 des hommes attachés deux par deux, des espaces séparés pour les femmes et les garçons, des personnes couchées sur le côté et parfois sur des plateformes, des montées sur le pont sous chaîne lorsque le temps le permet, deux distributions quotidiennes de nourriture et d’eau, ainsi que le retour sous le pont par mauvais temps. Il décrit aussi le refus de manger réprimé par la violence, la danse et le chant imposés, les violences sexuelles des officiers, la fermeture des ouvertures, la maladie et les blessures causées par le frottement du navire.

À garder en tête : Falconbridge écrit depuis son expérience de chirurgien dans le combat abolitionniste britannique. Il décrit des pratiques qu’il présente comme courantes et plusieurs situations observées, non un règlement appliqué sans variation sur tous les navires, toutes les routes ou toute la durée de la traite.

  • An Account of the Slave Trade on the Coast of Africa — p. 19–20 pour les fers, les espaces et les plateformes ; p. 21–23 pour les montées, les repas, le refus de manger, la danse et le chant ; p. 23–25 pour les violences sexuelles, les ouvertures et les maladies ; p. 28–29 pour les blessures des malades et les personnes ferrées aux morts

Sur le Hudibras, parti de Liverpool vers Old Calabar puis la Barbade et la Grenade en 1786–1787, le récit du marin William Butterworth décrit des garçons transportant des messages entre les espaces séparés des hommes et des femmes. Un garçon appelé Bristol sert d’interprète entre plusieurs langues de la région. Une femme appelée « Boatswain Bess » et d’autres femmes préparent avec les hommes un soulèvement prévu à trois heures du matin : les cloisons doivent être abattues pour gagner le pont et les femmes comptent s’armer près de l’espace où les repas sont préparés. Une autre femme, que Butterworth ne nomme pas, parle et chante au centre de cercles de femmes et de filles qui lui répondent.

À garder en tête : Butterworth publie son récit plusieurs décennies après le voyage et précise qu’il n’avait pas tenu de journal. Il observe depuis l’équipage et interprète les intentions et les émotions des personnes captives. Bristol et « Boatswain Bess » sont des appellations conservées dans son texte, non nécessairement les noms que ces personnes se donnaient ; il ne note pas le nom de la femme qui parle et chante. Le catalogue Wellcome décrit en outre « Wm. Butterworth » comme un pseudonyme et liste Henry Schroeder parmi les contributeurs de l’édition de 1831.

La Diligent quitte Jakin le 27 novembre 1731 avec 256 personnes captives. La reconstruction de Robert Harms donne au pont qui leur est réservé environ 63 pieds de long sur 21 de large, avec des plateformes et une ventilation médiocre. Le 29 novembre, le capitaine fait fusiller devant les autres un homme qui a tenté d’entraîner des personnes dans une action immédiate ; Robert Durand écrit que cette mise à mort doit servir de leçon. Après des escales à Príncipe et São Tomé, le navire accomplit les soixante-six jours de passage vers Saint-Pierre, où il arrive le 15 mars 1732.

À garder en tête : Harms reconstruit le voyage à partir du journal de Durand, des comptes et d’autres sources contemporaines. Les dimensions et la mise à mort sont rattachées au navire ; les développements généraux de Harms sur la vie quotidienne à bord mobilisent d’autres voyages et ne sont pas attribués à la Diligent. Les soixante-six jours comptent le passage de São Tomé à la Martinique, après la première séquence Jakin–îles portugaises.

  • The Diligent: A Voyage Through the Worlds of the Slave Trade — p. 262–264 pour les 256 personnes, les dimensions, les plateformes, la ventilation et le départ du 27 novembre ; p. 267–270 pour l’action du 29 novembre, la fusillade et la phrase du journal de Durand ; p. 329 pour l’arrivée et les soixante-six jours

Sources reliées

Sources citées par les points publiés ou déjà repérées pour poursuivre l’enquête.